Par Sabrina Faraone | Photo : Pascal Voide, Astrid Belperroud
Le samedi 1er avril 2023, la messe en famille des rameaux pour l’UP La Seymaz a été célébrée à l’église du Bon Pasteur à Puplinge.
Nombreux étaient les familles, enfants, paroissiens, paroissiennes, venus des quatre coins de l’UP et d’ailleurs, pour faire mémoire de l’arrivée triomphale de Jésus à Jérusalem, de l’entrée en Semaine sainte tout en apportant des rameaux de buis, d’olivier ou de palmier. La célébration a débuté à l’extérieur sous quelques gouttes de pluie… venues du ciel. Après la bénédiction des rameaux, petits et grands se mirent en marche, en procession, pour entrer dans l’église en agitant les rameaux et en chantant l’Hosanna. La messe était animée par la magnifique chorale africaine Amani, l’assemblée était enchantée.
A la sortie de la messe, les conseils de Puplinge-Presinge ont offert à tous les participants un magnifique apéro préparé par leurs soins. Pour marquer cette belle occasion, et avec l’aide des catéchistes, les enfants ont offert à chaque participant un mini-bouquet composé de buis, qui rappelle les rameaux, ainsi qu’une rose rouge rappelant la semaine de la Passion. Une célébration intense et un moment fort vécu par toute la communauté.
Un MERCI de tout mon cœur à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à ce que les Messes en familles dans notre UP pour 2022-2023 soient un succès apostolique et humain ! Les familles ont pu célébrer dans chaque église et par cela montré que la « migration » est possible quand on se concentre sur l’essentiel : venir à la rencontre de Celui qui nous appelle, et à la rencontre aussi des paroissien.ne.s locaux. On se réjouit de 2023-2024 ! Votre administrateur, l’abbé Thierry S.
Pour la 3e année consécutive, le Théocamp est de retour du 12 au 15 août. Ce camp est proposé aux enfants et adolescents du Chablais. On se réjouit de se retrouver sur les hauteurs à Revereulaz pour un camp de détente, de prière et de foi.
Par Sandrine Mayoraz | Photo : DR
Made in Chablais Le Théocamp est proposé aux enfants et adolescents engagés dans nos paroisses. Ces quatre jours ensemble allient jeux et moments ludiques, activités spirituelles et catéchétiques. C’est l’occasion de tisser des liens avec d’autres croyants de leur âge et de vivre des moments de partage dans un esprit de joie et de bonne humeur. C’est aussi quelques jours en communauté dans une ambiance détendue où Dieu a sa place.
Ce qui est différent des autres camps d’été ou pèlerinage, c’est la dimension « locale ». Les jeunes passent quelques jours avec les prêtres, les catéchistes et de jeunes animateurs de leur paroisse qu’ils ont l’occasion de côtoyer le reste de l’année. De plus, cette expérience commune, la bonne entente, encouragent les synergies et les collaborations durant l’année pastorale, comme par exemple, la rencontre commune pour les servants de messe.
1,2, 3… 4 jours ensemble ! Nouveauté, cette année, le Théocamp dure un jour de plus. En effet, nous profitons du congé de l’Assomption pour prolonger jusqu’au mardi et terminer comme l’an dernier par une messe à la Patronale de Vionnaz. En effet, nous clôturons notre camp sous la protection de Marie, notre Dame de l’Assomption. La messe est suivie d’une raclette conviviale et festive avec les familles et les paroissiens vionnérouds.
Si toi aussi tu veux passer la fin de tes vacances avec nous, inscris-toi. On t’attend.
Inscription et infos : Sandrine Mayoraz, 079 739 24 22 Stéphanie Reumont, 079 138 95 78 Date : du samedi 12 au mardi 15 août Lieu : Chalet Arc-en-Ciel, Reveurelaz Prix : Fr. 100.– / enfant
Les vocations religieuses et sacerdotales dans les pays occidentaux sont en baisse constante. S’il n’est pas facile de discerner les causes d’une telle situation, il est important de ne pas tomber dans des considérations simplistes et de rechercher les origines de la dévalorisation d’un idéal si apprécié et si recherché dans la vie de l’Eglise.
Par Calixte Dubosson | Photos : Bernard Hallet/cath.ch, DR
A la question de la baisse des vocations un peu partout en Suisse, le regretté Mgr Genoud *, a eu cette réponse surprenante : « Pour le nombre de pratiquants, il y a encore assez de prêtres. » Il ajoutait que les paroisses doivent devenir mères pour engendrer les pères dont elles ont besoin. Il faut qu’elles manifestent le désir d’une présence sacerdotale et religieuse, il importe qu’elles disent si oui ou non elles ont besoin d’un berger pour les conduire. Cette constatation plutôt réaliste n’empêche pas une réflexion sur la baisse des vocations religieuses et sacerdotales en Europe.
Un constat
Le nombre réduit de vocations dans la vie religieuse a des motivations de divers ordres. Motivations sociologiques tout d’abord : la diminution des naissances et le fait qu’il est toujours plus rare de trouver des familles nombreuses. Des études ont montré que nombre de vocations à la vie presbytérale et religieuse sont issues de familles ayant beaucoup d’enfants. Il est évident que sur un taux de naissance en Suisse qui frôle le 1.5 % par famille, on ne voit pas comment égaler le flux des générations précédentes.
Le moine italien Enzo Bianchi y voit aussi une dimension économique avec l’amélioration spectaculaire des conditions de vie. « Au niveau économique, dit-il, l’aisance généralisée a transformé radicalement le panorama par rapport aux années d’après-guerre qui ont vu naître de nombreuses vocations presbytérales et religieuses dans un contexte de pauvreté et de besoin. » Le confort actuel ne permettrait pas d’entendre l’appel de Dieu, car une société qui a tout ce qui lui faut au niveau matériel ne favorise pas ou moins le besoin de donner sa vie pour Dieu.
Enjeux de la vocation
« Dans le vaste panorama des possibilités infinies du monde moderne (professions de tout ordre, expériences de vie volontairement limitées dans le temps, voyages), la difficulté est grande pour les jeunes de choisir et de concevoir qu’un choix soit définitif, ainsi que celle de persévérer et vivre une fidélité » m’a confié un confrère dans le sacerdoce. On peut aussi relever par ailleurs leur appréhension devant la nécessité d’une ascèse et de renoncements à tant de choses passionnantes que nous propose le monde actuel.
Il y a également l’exigence du célibat et de la chasteté qui est très difficile à vivre dans une société hypersexualisée. Même si beaucoup de catholiques pensent qu’il serait bon que le futur prêtre puisse choisir entre le mariage et le célibat et que cette option freinerait la chute inexorable des vocations, il n’en reste pas moins que la vraie raison du célibat et de la chasteté est mystique et non disciplinaire. Elle reste toujours valable : les représentants visibles du Christ invisible sont appelés à pratiquer son genre de vie.
Le message faussé
Impossible de ne pas évoquer la triste réalité des révélations d’abus sexuels ou psychologiques de la part du clergé qui impacte sérieusement et gravement le désir des jeunes de se lancer dans l’aventure du sacerdoce ou de la vie religieuse. Ce phénomène malheureux et sa médiatisation ne peuvent qu’instaurer une méfiance et un rejet inévitables. Un ami prêtre m’a confié que, dans le contexte actuel, une vocation religieuse tient carrément du miracle. A tel point qu’une mère de famille très engagée dans la pastorale de son diocèse et mère de nombreux enfants a confié à son amie : « Auparavant, je priais intensément pour que Dieu choisisse un de mes enfants pour une vie consacrée, mais depuis l’affaire des chanoines abuseurs révélée dernièrement dans la presse, je prie désormais pour que mes enfants ne choisissent pas cette voie. »
Des parents, parlons-en justement. Peu d’entre eux songent à une vocation consacrée pour leurs enfants. Jean-Marie et Geneviève Thouvenot, parents d’un prêtre du diocèse de Lyon n’y avaient pas pensé avant. « C’est comme les autoroutes. Il en faut, mais pas dans notre jardin ! »
Mais ne dit-on pas qu’une vocation peut naître, s’enrichir et se fortifier d’abord dans le terreau familial ?
Crise des vocations ou crise de la foi ?
La vocation est pour moi liée à la foi. Avant de réclamer des prêtres, des religieux, des religieuses, il faut demander au Seigneur, des croyants qui deviendront par la suite capables de faire le grand saut de la vocation. Aimer le Christ et le faire aimer doit être la préoccupation principale de tout chrétien, des parents jusqu’aux responsables d’Eglise. Une foi sincère et rayonnante est donc nécessaire. Pourtant, Jésus a posé la question : « Quand le fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la Terre ? » Notre monde occidental a-t-il perdu la foi ? Alain Houziaux, pasteur de l’Eglise protestante unie de France affirme : « Le plus souvent, on « perd la foi » quand on ne l’a jamais vraiment eue. On a fréquenté l’instruction religieuse, on a fait sa première communion, on a été enfant de chœur, éventuellement on a même eu quelques élans mystiques. Mais, par la suite, la foi est devenue une forme d’adhésion à une tradition et à une éducation. Adhérer à une religion et avoir la foi, ce sont deux choses très différentes. »
Depuis des millénaires, beaucoup de gens demandaient à Dieu ce que désormais ils peuvent, en partie, se procurer par eux-mêmes. Ils ne voient plus ce qu’une foi et une pratique religieuse apportent. Sans doute aspirent-ils, dans leurs attentes profondes, à passer d’une relation d’utilité à une relation de gratuité et d’amour avec le Dieu de l’Evangile. Mais ce passage est loin d’être réalisé. Le but de la catéchèse pour les enfants, c’est précisément de nourrir une relation d’amour avec le Christ qui a commencé au baptême.
Comment dépasser la crise ?
C’est une tâche difficile. Si nous n’avons pas prise sur la mutation de la civilisation, nous pouvons tout de même agir en Eglise pour enrayer certaines causes internes de la crise. Que toute l’Eglise soit convaincue que les prêtres sont et seront irremplaçables. Il ne peut y avoir d’Eglise, telle que le Christ la veut, sans ministres ordonnés (prêtres et évêques) qui la rattachent, elle qui est le Corps du Seigneur, à la Tête. Contrairement au slogan nocif des années 80 qui a causé beaucoup de tort, nous n’allons pas « vers une Eglise sans prêtres ». Que toute l’Eglise retrouve confiance, sans être ni culpabilisée ni prétentieuse. Aucune personne, aucune institution ne peut se réaliser sans confiance. La nôtre s’appuie non sur nous-mêmes, mais sur la vitalité du Christ Ressuscité et sur son Père, dans l’Esprit d’Amour. C’est le développement chez beaucoup de catholiques d’une authentique vie spirituelle, au sens fort, qui permet d’être et d’agir dans cette confiance reçue de Dieu.
Concrètement, nous pouvons :
Prier, car le Saint-Esprit n’a déserté ni l’Eglise ni notre monde. Malgré tous les obstacles actuels, des jeunes sont capables de répondre à son appel avec dynamisme, générosité et joie. Des réseaux de prière pour les vocations existent (cf. encadré).
Soutenir les jeunes qui s’interrogent sur une possible vocation. A l’heure actuelle, il faut beaucoup plus de temps pour choisir sa voie et mûrir une décision ferme. Sans doute, nous faut-il prendre des initiatives variées pour accompagner, de manière personnalisée, les jeunes qui se demandent comment discerner un éventuel appel de Dieu.
Parler, car tout ce qui est humain passe par la parole et ce qui ne se parle pas finit par dépérir. Il est important d’oser parler des vocations et de proposer aux jeunes d’y répondre, dans le respect de la liberté de conscience, bien entendu.
Encourager les vocations par la prière
En Suisse romande, nous avons la grâce de compter plus d’une quinzaine de communautés religieuses contemplatives et monastiques. Ces hommes et ces femmes prient aussi pour la vocation de tous les baptisés. Au sein du Centre romand des vocations, une délégation assure l’édition d’un petit fascicule trimestriel, qui s’appelait autrefois le « Monastère invisible » et qui se nomme désormais « Kairos ». Son but : encourager la prière pour les vocations et nourrir la réflexion autour de l’engagement en Eglise. Kairos est également un lien entre toutes les personnes qui, dans les paroisses, portent devant Dieu la prière pour les vocations.
Simone Previte a récemment prononcé ses vœux solennels à l’Abbaye de Saint-Maurice.En juin 2021, une journée particulière à Saillon en Valais. Deux frères sont ordonnés prêtres en même temps par Mgr Lovey.
Par Jean-François Bobillier | Photo : Myicahel Tamburini/Pexels
Selon son étymologie, le mot « vocation » fait référence à l’« appel ». Face à ce que l’on nomme la crise des vocations, je me questionne : sommes-nous vraiment en situation d’une baisse des appels de Dieu adressés aux femmes et aux hommes de notre temps ?
A chacun d’y répondre, mais nul besoin d’entreprendre une étude sociologique poussée pour percevoir en nous et chez nos contemporains une immense soif de sens, d’absolu, de bonheur, d’amour. L’homme est-il donc assoiffé mais incapable de percevoir la Source, autrement dit d’identifier l’auteur de l’appel ? En toute sincérité je n’y crois pas.
Je suis très impressionné par la capacité qu’ont les personnes rencontrées, notamment à l’hôpital, à dire quelque chose de Celui que je nomme Dieu. Récemment, goûtant aux paroles d’une grande et profonde sagesse prononcées par une petite dame toute fragile, je ne pus m’empêcher de lui poser la question : « D’où cela vous vient-il ? » – « C’est la vie qui me l’a appris » me répondit-elle.
Je cite, en écho, ces paroles de Maurice Zundel : « Dieu ne se démontre pas, Il est la Vie et, dès que l’homme est attentif à sa propre vie, il se heurte à cette Présence merveilleuse, invisible, qui le dépasse infiniment. » Aujourd’hui, les cœurs humains habités de cette « Présence » seraient-ils moins nombreux ? N’y a-t-il pas en réalité abondance de vocations ? Et ne cherchons-nous pas trop à démontrer Dieu ?
A l’écoute de cette parole de Simone Weil : « Chaque être crie en silence pour être lu autrement », je m’interroge encore : les appels ressentis doivent-ils être écoutés, de notre part, autrement ? Sommes-nous encouragés à répondre à ce cri, à cette soif, autrement ? L’accès à la Source peut-il se dessiner autrement ? En somme, l’Eglise est-elle appelée à vivre sa vocation autrement ?
Pourquoi parler des Rogations ? Parce que récemment, j’ai lu un article d’un journal français « Valeurs actuelles » qui a attiré mon attention. Voici ce qu’on pouvait y lire en titre et en introduction de l’article (publié le 20 mars 2023) :
Perpignan : après une procession contre la sécheresse, il se met miraculeusement à pleuvoir.
Une procession religieuse organisée à Perpignan (Pyrénées-Orientales) samedi 18 mars 2023 pour invoquer saint Gaudéric, patron des agriculteurs et faire tomber la pluie, a vu ses prières exaucées. Des trombes d’eau se sont abattues sur la ville quelques heures plus tard.
Qu’est-ce donc que les Rogations ? Le mot « rogation » (venant du latin) a le même sens que le mot « litanies » (tiré du grec) ; ils signifient : prières, supplications, invocations.
En quoi consistent les Rogations ? Elles consistent durant les trois jours qui précèdent la fête de l’Ascension (lundi, mardi et mercredi) à prier, à supplier Dieu par des processions publiques, à travers champs et prés, afin d’obtenir de Dieu divers bienfaits : la protection contre différents fléaux (contre des maladies qui s’attaquent à la vigne ou aux arbres fruitiers, contre le ravage que des bêtes sauvages peuvent causer aux cultures, contre les orages violents, le gel ou la grêle, etc.) ainsi que la clémence du temps, des récoltes abondantes, etc. Au cours du trajet, à travers monts et vaux, l’on a coutume d’invoquer Dieu, de le prier car Il est le Souverain Roi du ciel et de la terre ; c’est Lui qui a créé notre monde, mais qui encore le conserve dans l’existence et le gouverne par ce qu’on appelle la divine Providence. On y prie en particulier la litanie des saints ou encore le chapelet. Et le prêtre s’arrête de temps en temps pour bénir avec l’eau bénite les régions traversées. Et une fois qu’on est arrivé à destination (auprès d’une croix, d’un oratoire ou d’une chapelle) une messe est souvent célébrée.
Est-ce une pratique dépassée ? Non, si l’on croit, si l’on reconnaît, qu’en dernier ressort, les dangers qui menacent par exemple nos campagnes peuvent être évités avec l’aide de Dieu, les bienfaits agricoles que nous attendons, peuvent être obtenus également de Dieu, lui qui est à la source de toute grâce et de toute bénédiction !
Anciennement, comment se passaient les Rogations sur Muraz ?
(merci à Laurette Granger pour ces indications !)
Le lundi matin, de bonne heure, avec les enfants des écoles, et sous la conduite par exemple du curé Défago ou du curé Margelisch, on se rendait en procession jusqu’à la chapelle d’Illarsaz. Le mardi l’on se rendait vers le Torrent du Pessot par la rue Saint Jean (du côté de Collombey). Et le mercredi l’on se rendait au village à la chapelle de Notre-Dame des Neiges.
Et comment les Rogations se déroulaient-elles sur Vouvry ?
Par Marc Mariaux
Voilà en quelques mots mes souvenirs des processions des Rogations.
Il y avait trois processions :
–> Le lundi : Pré Saint-Denis. Cette croix se situait à mi-distance entre le village et l’Avançon direction Vionnaz. Son parcours longeait la lisière de la forêt pour aboutir vers la route cantonale.
–> Le mardi : la croix du Bourg-Dernier dans le village et la croix de Proz située à mi-distance entre le Fossau et la Porte du Scex. Son parcours se faisait sur la route cantonale, elle fut abandonnée au milieu des années 60 car trop dangereuse à cause de la circulation.
–> Le mercredi : montée à Miex par la vieille route de Miex avec messe à la chapelle.
Les processions étaient destinées à toute la population et les enfants des écoles participaient par classe accompagnés de leur maître ou maîtresse. Des gonfanons étaient portés par des adultes.
Les deux premières processions se faisaient le soir et celle de Miex le matin aboutissait à la chapelle pour la messe. Les enfants mangeaient leur pique-nique et redescendaient ensuite au village et retour à la maison.
Les enfants de la petite école des filles cueillaient préalablement des fleurs destinées à embellir les croix.
Il y avait encore une autre procession, qui n’avait rien à voir avec les Rogations, c’est la procession de Saint-Marc le 25 avril.
Parmi les œuvres extraordinaires de la Collégiale de Romont se trouve un décor peint du XVIIe siècle. Il représente une descente de croix qui nous invite à méditer cet « entre temps » entre la mort et la Résurrection.
La composition de l’œuvre épouse l’architecture. Le mouvement nous entraîne dans la partie haute, sous l’arc brisé, en passant de l’obscurité à la lumière.
Dans les parties basses, les anges portent les instruments du supplice, ou Arma Christi. A la droite du visiteur, les clous et la lance (Jean 19, 23. 34). A la gauche du visiteur, la colonne sur laquelle Jésus a été attaché et le fouet (Jean 19, 1). Ces objets mettent en évidence deux temps de la Passion : d’un côté la mort et de l’autre les outrages survenus pendant les étapes du procès.
Le second registre fait place à de nombreux personnages. Tout à droite, sainte Véronique présente le Voile de la Sainte-Face. Elle fait le lien entre la condamnation et la crucifixion. En effet, si l’épisode n’est pas attesté dans la Bible, la tradition tient que Véronique a essuyé le visage du Christ alors qu’Il portait la croix.
Aux pieds de Jésus se trouve Marie-Madeleine. Sa chevelure est particulièrement soignée. Avec elle, plusieurs des femmes représentées tiennent des mouchoirs. Elles rappellent la parole du Seigneur : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. »(Luc 23, 28) Laissons-nous interroger par cette interpellation : quelles sont nos émotions devant la croix ? Sommes-nous à la place de Marie-Madeleine qui ne voit que le corps de celui qui n’est plus ? Sommes-nous comme le personnage tout à gauche (probablement le donateur) qui est certes à genoux, mais loin de la scène et loin de la lumière ? Ou sommes-nous comme Marie qui n’a pas peur de s’approcher de la réalité de la Passion. Elle porte le corps de son Fils, ne faisant pas l’économie de la mort. Mais, elle est dans la lumière.
Et là est peut-être l’apport le plus intéressant de l’œuvre. La partie la plus lumineuse est celle où se trouve la croix. L’obscurité qui a recouvert la terre (Matthieu 27, 45) se dissipe pour faire place à la Victoire. Une victoire déjà là et pas encore.
Après trois années perturbées, la soirée des bonnes nouvelles renaît. Le mercredi 8 février dernier, au rectorat de l’église du Bourg, une quarantaine de personnes se sont rencontrées et ont médité une parole de vie éditée par le Mouvement des Focolari: «Apprenez à faire le bien, recherchez la justice.»
Texte et photo par Florian Boisset
Dans notre marche quotidienne, nous avons toujours quelque chose à comprendre, à améliorer et nous pouvons recommencer en cas d’erreur. Pratiquer la justice nous aide à apprendre à faire le bien.
Dans un deuxième temps nous avons reçu le témoignage d’un responsable de l’institution « Terre des Hommes » qui, par son engagement, contribue à aider les enfants dans quarante pays dans le monde, à guérir de leur maladie. Terre des Hommes à Massongex accueille des enfants de ces pays pour un séjour de convalescence à la suite d’une opération chirurgicale dans notre pays.
Terre des Hommes est particulièrement active au Burkina Faso où la majorité des enfants souffrent de la faim ou de malnutrition. Un responsable local a écrit dans le Journal Courage ce témoignage : « Nous travaillons avec fierté à rendre leur dignité aux personnes déplacées. Lorsque nous prenons en charge un malade et que nous le retrouvons quelque temps après, il nous témoigne de la reconnaissance parce que nous l’avons aidé à aller mieux. Je tire une profonde satisfaction de notre engagement. »
La prochaine soirée des bonnes nouvelles aura lieu le 26 avril à 19h30 au rectorat de l’église du Bourg avec le thème « Contemplation et action ». Bienvenue à chacune et chacun !
Lors de la messe de la Veillée pascale (cette année c’est le Samedi saint au soir, 8 avril), la liturgie invite les fidèles à renouveler leurs promesses de baptême. En outre, depuis les premiers siècles de son histoire, l’Eglise y voit un moment privilégié pour conférer le baptême. C’est ainsi que nous avons voulu donner la parole à Noémie : en tant que catéchumène, elle se prépare à recevoir le baptême, le samedi de l’octave de Pâques, en l’église de Reveurelaz.
Propos recueillis par François-Xavier Mayoraz | Photo : Noémie
Qui es-tu ? Je m’appelle Noémie et je suis maman d’une adorable et magnifique princesse de quelques mois.
Pourquoi souhaites-tu être baptisée ? Je demande le baptême pour diverses raisons.
Je ressens un besoin de renouveau, un besoin d’appartenance, de sentir ma place au sein d’un groupe. Un besoin de me sentir aimée, peu importe mes choix de vie. Un besoin d’écoute sans que l’on puisse me juger. Le besoin d’un nouveau départ… Le baptême saura m’apporter tout cela.
Ta fille recevra le baptême au cours de la même célébration. Qu’est-ce que cela représente pour toi ? C’est pour moi un événement divin. Partager cet instant d’amour ensemble est magique. C’est justement un départ à nous. Une aventure dans laquelle nous sommes unies et où je pourrais l’accompagner, sans être dans l’ignorance.
Concrètement, comment se déroule le catéchuménat sur nos paroisses ?
Par F.-X. Mayoraz
« Les adultes qui demandent le baptême (et qu’on appelle des catéchumènes) participent à cinq soirées de préparation, au cours desquelles les différents mystères de la vie chrétienne sont abordés. Les jeunes se regroupent également entre eux avec des préparations plus adaptées. Les enfants ont une préparation moins dense, étant donné qu’ils s’inscrivent par la suite dans un cheminement sacramentel avec les préparations aux autres sacrements : pardon, communion et confirmation. »
Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Vaudoise Malika Schaeffer.
Malika Schaeffer.
Par Malika Schaeffer Photos : cath.ch / Bernard Hallet, DR
Depuis près de deux ans, les catholiques du monde entier sont appelés par le pape François à vivre une démarche synodale, c’est-à-dire à cheminer ensemble (le mot « synode » vient du grec synodos signifiant « le chemin commun ») pour découvrir et discerner ce que Dieu attend de l’Eglise du IIIe millénaire. Un projet à la fois ambitieux, stimulant et porteur d’espérance dans une société dans laquelle les questions religieuses suscitent bien souvent des réactions contrastées.
Ce « chemin commun », j’ai eu la chance de l’expérimenter de manière concrète comme déléguée en ligne et en compagnie de dix autres délégués suisses dans un ancien couvent bénédictin à Wislikofen (AG) et dans le cadre de l’étape continentale du Synode. Cette étape a réuni à Prague, du 5 au 9 février dernier, 39 régions d’Europe, 150 participants (dont 3 Suisses !) et plus de 500 délégués en ligne pour échanger et débattre autour de l’avenir de l’Eglise.
Ce condensé d’expérience synodale s’est révélé être un apprentissage intense d’écoute et de décentrement. Derrière mon écran, je me suis en effet trouvée devant une Europe mosaïque, dans laquelle notre Eglise présente une grande diversité d’idées et de mentalités. Toutes vivent cependant une prise de conscience profonde et bouleversante de leurs fragilités, notamment celles liées aux abus.
En compagnie des autres participants, je vis chaque jour et en direct un déplacement salutaire, émouvant et parfois révoltant. L’Esprit Saint est invité et plane au centre des réflexions, car un consensus se dégage : il est nécessaire que l’Eglise reconnaisse rapidement la vocation et la dignité de tous les baptisés et de tous les charismes. Sans craindre de se briser, l’Eglise devra désormais avoir le courage de vivre avec une série de tensions nécessaires et inévitables dans notre monde sécularisé pour, telle une fine équilibriste, « être dans le monde sans être du monde ».
Dans le jardin de l’angoisse avec Lui, Il faut descendre dans la nuit, Avec Lui dans le silence, Dans le jardin des souffrances, Malgré le poids de la fatigue, Posons notre regard sur Lui, veillons et prions avec Lui.
Dans le jardin de l’angoisse avec Lui, Il faut descendre dans la nuit, S’agenouiller avec Lui, Dans le jardin des ténèbres et de l’aridité Il nous enseigne à faire la volonté, Du Père de Miséricorde, d’Amour et de Tendresse.
Dans le jardin de l’angoisse avec Lui, Il faut descendre dans la nuit, Pour accueillir la promesse du Salut Dans le jardin des larmes et du désarroi, Levons les yeux vers ses bras étendus sur le bois du supplice Pour entrer dans l’attente de l’Aube nouvelle.
Dans le jardin du matin nouveau, Il faut descendre à l’aurore, Pour attendre la Lumière sans déclin, Qui a vaincu toute mort, Dans le jardin de la joie Il nous attend pour nous donner sa Vie.
Dans le jardin du renouveau et de l’allégresse, Par cette aube nouvelle, Elevons nos cœurs et nos mains, Le Christ nous rejoint pour nous faire revivre. Dans le jardin de nos aujourd’hui, Portons la Lumière du Christ Ressuscité, Pour faire de chaque matin l’aube nouvelle du matin de Pâques.
Oui, la Lumière a vaincu les ténèbres Oui, la Vie a vaincu la mort Alléluia, Christ est Vivant.
Au cœur de la nuit, la Veillée pascale fête, honore, célèbre le passage de la mort à La Vie ! C’est une longue messe et pourtant si belle si nous la vivons intensément au rythme des quatre symboles, comme quatre étapes, comme quatre passages.
Par Sandrine Mayoraz
Ce que Dieu a fait pour l’Humanité cette nuit est… incommensurable, inimaginable, indicible. C’est un mystère. Tellement difficile à saisir pour notre esprit humain, que l’Eglise nous a donné quatre symboles pour nous aider à passer de la mort à la Vie.
Le feu
Dehors, tard, dans la nuit noire, les gens arrivent, s’amassent autour d’un feu. Le prêtre allume le Cierge pascal. La nuit n’est plus « nuit ». Fragile, la Lumière est là. Elle se transmet. Chacun allume sa bougie au grand Cierge Pascal, qui signifie que Jésus, le Christ est notre Lumière. Nous marchons à Sa Suite. Dieu nous fait passer de la nuit à la Lumière.
La Parole de Dieu
Nous ouvrons le grand livre de la Bible et prenons pied dans la famille de tous ceux à qui Dieu se révèle. C’est long… Elle raconte le passage du néant à la création, de l’esclavage à la liberté du peuple hébreu, les prophètes qui ont annoncé la venue du Messie. Au fil des pages, Dieu parle, Dieu agit, Dieu fait alliance, Dieu aime, Dieu sauve ! Accomplissement des Ecritures, Celui que nous avons cherché est ressuscité : « Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. » (Mt 28)
L’eau
Puis, vient le moment de faire le lien entre la Résurrection du Christ et notre propre baptême. Le prêtre nous asperge d’eau bénite pour que nous nous souvenions de notre baptême, de ce passage à une vie renouvelée avec Dieu. Ainsi, la Veillée pascale est la nuit privilégiée pour les baptêmes : cinq adultes de nos secteurs sont baptisés à la Cathédrale de Sion, tandis que deux adolescentes et dix enfants scolarisés seront baptisés dans nos paroisses.
L’eucharistie
Comme l’aboutissement de tout ce qui a précédé : nous rendons grâce au Père qui a ressuscité Jésus. Nous vivons le passage mystérieux du pain et du vin qui deviennent le Corps et le Sang de Jésus Christ. Il se donne à nous en nourriture pour qu’en le recevant nous vivions de Sa vie !
Ces quatre symboles sont des indicateurs de la grandeur de ce que Dieu Trinité a réalisé par Amour pour l’Humanité et pour chacun personnellement. Non seulement Dieu est Lumière mais il veut que nous soyons Lumière. Ce que Dieu a, il nous le donne, il nous l’offre par Amour. Sa Vie, Jésus nous l’a donnée pour que nous vivions de cette Vie en plénitude. Incroyable ? et pourtant véridique. Un mystère à contempler avec gratitude.
A tes crayons ! Colorie les quatre symboles de la Veillée pascale.
Cicéron montre que le terme religio (religion) vient de legere (« cueillir, ramasser ») ou encore religere (« recueillir, récolter »). Nature et religion sont donc liées et ne sont rien sans le vivant : les dernières recherches scientifiques sur les végétaux nous indiquent qu’ils possèdent un langage, une communication, qui en fait des êtres vivants à part entière faisant partie intégrante du monde religieux.
Quels sont les éléments principaux du langage des plantes ?
Les couleurs et les formes
Nous savons que les fleurs violettes ou bleues attirent plus facilement les abeilles, car celles-ci perçoivent très bien les couleurs dans cette partie du « spectre visible ». Les fleurs blanches en revanche sont plus visibles la nuit et attirent les papillons de nuit.
La chimie
Les plantes envoient et reçoivent des signaux souvent au moyen de composés organiques. Il s’agit d’informations destinées à les protéger, elles ou leurs congénères, ou à permettre leur reproduction. Dans le sol, les poils fins des racines des plantes peuvent par exemple reconnaître les signaux chimiques d’autres plantes. Les racines de certaines plantes cessent de croître dans la direction de leurs congénères. Des arbres et d’autres plantes vivent en symbiose avec les champignons : les champignons rendent les aliments difficilement disponibles dans le sol accessibles pour la plante, qui en retour produit dans ses feuilles des composés organiques qu’elle met à disposition des champignons comme nourriture via ses racines. Ce réseau relie même des plantes entre elles. Par exemple, les haricots peuvent avertir leurs congénères s’ils sont attaqués par des pucerons, via le réseau de racines et de filaments de champignons, afin que les haricots sains puissent produire aussi les substances de défense correspondantes.
Les sons
Les racines font des sons en émettant des bruits dans la fréquence des ultrasons. La question que se posent les scientifiques est de comprendre comment les autres végétaux peuvent capter ces signaux sonores. Une telle découverte nous permettra d’enrichir notre approche de la communication entre les êtres vivants en incluant les végétaux.
Retrouvons le dialogue avec les végétaux : les végétaux nous donnent une leçon d’humilité, nous rappelant que l’être humain n’est pas le sommet du monde vivant, mais une composante de la vie. Comme saint François d’Assise, nous disons : « Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur, notre mère la Terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »
Ayant notre origine en Dieu, nous les humains, nous avons – lors de toute notre vie – une faim de Lui. Notre nostalgie du Créateur ne peut être comblée que par Lui-même.
La résurrection du Christ, et en Lui la nôtre, est une preuve que Dieu ne s’est pas moqué de l’homme en le créant comme un être ayant faim de plénitude de la vie. La résurrection est une réponse définitive de Dieu à notre faim, à notre nostalgie de Lui. Là se trouve également une réponse à la question : qui est l’homme ?
Il est une merveille ! Il est unique, créé par Amour. Grâce à sa liberté, il peut entrer en relation avec son Créateur, mais il peut aussi gâcher sa vie, aller vers la mort. Chaque matin, nous recevons des nouvelles chances, de sanctifier ou détruire les instants de notre vie.
Croyant à la résurrection, nous croyons en nous-mêmes, créatures venant de l’Eternel, de l’Immortel. Chacun de nos pas, ainsi que nos œuvres, nos efforts, nos gestes et sourires reçoivent une valeur infinie.
Croyant à la résurrection, j’apaise ma faim de Dieu et je me dirige droit vers une communion définitive avec Lui.
Grâce à la résurrection du Christ, ma vie brille de la lumière de l’espérance : Mon Maitre m’assure que je vivrai à jamais, comme Lui, car je suis aimé !
Joyeuses et fructueuses fêtes de Pâques, chères paroissiennes et chers paroissiens !
Propos retranscrits par une maman (Isabel) | Photo : Nicolette Micheli
Avec Cay, Mats et Nola.
Depuis août 2022, Cay (une fille) et Mats (un garçon), des jumeaux d’une dizaine d’années, servent la messe dans les paroisses du Haut-Lac. On les rencontre aussi bien à Vionnaz qu’à Vouvry, au Bouveret qu’à Port-Valais. Leur maman les a interrogés. Ils nous parlent avec spontanéité et fraîcheur de leur récent engagement.
Pourquoi as-tu décidé de devenir servant.e de messe ? Cay : parce que je trouve que c’est plus intéressant de participer à la messe en haut des marches que de rester assise dans les bancs. Mats : j’ai toujours été curieux de regarder derrière les coulisses et j’ai voulu mieux comprendre ce qui se passe autour de la préparation d’une messe.
Est-ce que tu as eu des modèles chez tes amis ou dans ta famille ? C. : j’ai quelques cousins et cousines et mon parrain en Allemagne qui ont été servants de messe. Ma mère n’avait pas le droit de le faire à l’époque, les filles n’étaient pas admises dans les années 80. M. : mes deux grands-pères étaient déjà servants de messe et j’ai aussi des amis en Allemagne qui le sont.
Quel est le moment de la messe que tu préfères ? C. : j’aime bien la partie de la Sainte communion et la préparation qui précède. M. : j’aime beaucoup souhaiter la paix du Christ aux gens en passant dans les bancs.
Selon toi, que devrait-on changer dans la messe ? C. : la musique et les chants pourraient être un peu plus dynamiques et modernes. L’homélie est toujours difficile à suivre. Le message n’est parfois pas clair pour moi. M. : ce serait sympa de pouvoir participer encore plus pendant la messe. Parfois on est juste debout ou assis à ne rien faire.
Quels mots te viennent spontanément à l’esprit quand tu penses à « servant de messe » ? C. : l’hostie… et le chocolat à la fin. M. : les clochettes… et l’apéro à la fin.
Avec Lucas
Propos recueillis par Nicolette | Photo : Caroline Andenmatten
Avec Lucas (portant la croix) à droite de la photo.
« Suite à ma première communion, j’ai décidé de m’engager en tant que servant de messe à la paroisse du Haut-Lac. Cette expérience m’a permis de servir Dieu, d’apporter mon aide aux prêtres et de participer à des moments clés de la vie de la paroisse : comme la messe du 200e de l’église de Vouvry avec Mgr Lovey et la Fête-Dieu. J’ai participé à l’adoubement des servants de messe ou encore à la confirmation des plus jeunes. Chaque année, il y a la soupe de carême préparée par les enfants de chœur, la veillée du Jeudi saint. J’ai apprécié les rencontres avec les servants d’autres paroisses, le Théocamp à Revereulaz, les moments de partage ou de jeux avec les autres servants.
Lucas est un jeune ado. Il sert fidèlement la messe depuis plusieurs années à Vouvry. Il nous partage ses réflexions sur son riche parcours et aussi le plaisir qu’il a eu lors des rencontres avec des servants d’autres paroisses, lors des sorties annuelles et des camps d’été.
A l’occasion de cet article, je remercie toutes les personnes qui nous accompagnent durant l’année dans ces moments de partage et aussi les personnes qui m’ont fait grandir au cours de tous mes parcours : pardon, première communion et confirmation. »
C’est un pays meurtri par près de 60 ans de guerre civile que le pape François a visité lors de son voyage apostolique, en 2017. Lors d’une rencontre de prière, il a exhorté la Colombie à la réconciliation et a honoré la mémoire de Pedro Maria Ramirez Ramos. Ce prêtre, mort à cause de sa foi, fait partie des huit millions de victimes du conflit.
Portrait de Pedro Maria Ramirez Ramos lors de la célébration de béatification.
Par Myriam Bettens | Photo : Citizenship Word
Pedro Maria Ramirez Ramos n’avait que 49 ans. Le 10 avril 1948, il est trainé sur la place centrale de la ville d’Armero, où il dirige une paroisse. Les insultes des insurgés fusent. Ils ne veulent pas seulement tuer le prêtre, mais réclament pour lui une mort douloureuse et spectaculaire.
Fosse anonyme
Après avoir été lynché, son corps frappé à coups de machette a été laissé sur place jusque tard dans la nuit. Il a ensuite été dépouillé de ses attributs religieux et traîné à l’entrée du cimetière, dans une fosse anonyme : les fidèles ayant été empêchés de lui offrir une sépulture chrétienne.
Le crime du père Ramirez ? Alors que de violents affrontements font rage entre conservateurs et libéraux, déclenchés par la mort du dirigeant libéral Jorge Eliecer Gaitan à Bogota, des émeutes éclatent à Armero.
Le prêtre est pris à parti par les partisans de Gaitan qui accusent l’Eglise de soutenir les conservateurs aux dépens des libéraux. Le maire de la ville lui avait conseillé de fuir pour préserver sa vie. Pedro Maria Ramirez Ramos refuse d’abandonner ses fidèles et les religieuses d’Armero à leur sort. Il paie ce choix de sa vie et pourtant il pardonne. Avant que ses bourreaux ne l’achèvent, des témoins l’entendent dire : « Père, pardonne-leur… tout pour le Christ. »
Une foi vécue avec « héroïsme »
Les restes de sa dépouille, exhumés un mois plus tard par sa famille, sont aujourd’hui au cimetière de La Plata, son village natal, à environ 400 km d’Armero et devenu un important lieu de pèlerinage.
En le béatifiant lors de la visite apostolique du pape François, en 2017, l’Eglise a reconnu une foi vécue avec « héroïsme » et une mort en « haine de la foi ». Le pontife a également exhorté à la réconciliation nationale après plus de soixante ans de guerre civile.
Au début septembre 2022, un nouveau départ pour le parcours de la confirmation a été proposé à tous nos jeunes de la paroisse. Ils sont 40 jeunes à avoir demandé de suivre ce chemin. La confirmation est agendée au samedi 23 septembre prochain à 15h à Cugy et à 17h à Estavayer. Notre vicaire général, l’abbé Bernard Sonney, leur donnera ce sacrement.
Par Jean-Pierre Cantin, diacre | Photo : Pierre Donzallaz
Pour pouvoir accompagner ce groupe, nous sommes trois personnes adultes, Mélanie Dutoit, l’abbé Bernard et moi-même, diacre. Mais en plus, cette année nous avons le bonheur d’avoir aussi trois jeunes qui viennent nous épauler. Ces jeunes prennent le temps de la découverte pour devenir animatrices et animateur de groupe. C’est pour cela que nous devons les accompagner, les aider et leur proposer une formation ad hoc. Cette aspect jeunesse nous permet aussi d’avoir un regard différent sur le déroulement des animations de groupes lors des rencontres. Un tout grand merci à eux pour cet engagement !
Une rencontre, une retraite, des journées Cross Fire
Mais avant la grande journée, nous vivrons diverses rencontres pour qu’ils puissent découvrir ce que signifie ce sacrement. Par exemple, une rencontre avec leur marraine et leur parrain, pour faire connaissance autrement, une retraite de confirmation de deux jours pour prier et préparer la confirmation. Il y a aussi des journées Cross Fire. Ce sont des moments plus spécifiques pour eux. En effet, ces rencontres permettent aux jeunes de la Broye de se retrouver pour vivre leur chemin de découverte du sacrement avec une version plus animée, musique, chant et divertissements.
« Faire » sans natel !
Voilà en quelques lignes ce que nous proposons à nos jeunes de la paroisse. Le but étant la découverte d’un Dieu vivant qui nous parle à travers sa parole. C’est pour cela aussi que nous avons beaucoup d’activités très différentes. Les jeunes, vous le savez, ont besoin de « faire des choses », de rencontrer les autres autrement qu’avec des natel !
Alors merci de prier pour chacune et chacun l’Esprit Saint, de penser à ceux et celles qui se forment parce qu’ils ont choisi le Christ comme compagnon de vie !
«A quoi sert un servant de messe?» Un jeune va nous expliquer son service tout au long de la messe.
Par Nicolette Micheli, en faisant parler un jeune servant de messe Photos : Vanessa Gonzalez, Stéphanie Reumont
On est trois servants. On se prépare dans la sacristie. Le prêtre nous accueille avec joie. On met l’aube blanche, rappel de notre baptême, et on enfile la croix, signe du chrétien. Moi, j’ai pris celle avec un cordon rouge, car je suis servant depuis quelque temps, tandis que les deux filles ont un cordon blanc car elles viennent de commencer. On se regroupe au fond de l’église.
La messe commence par une procession. Quand c’est une grande fête, un servant porte la croix, un autre l’encensoir, un autre le livre. Aujourd’hui, c’est un jour « normal ». On avance dans l’allée, les mains jointes pour la prière. Le prêtre est le dernier. On s’incline devant l’autel parce que c’est un endroit sacré, il représente le Christ au milieu de nous. On a la chance d’être dans le chœur, tout près du prêtre.
Au début, on ne bouge pas beaucoup : on prie, on chante, on écoute les lectures, on ne comprend pas tout… Mais on doit rester calme pour aider les personnes à bien écouter et ne pas les distraire.
Le prêtre va lire l’Evangile. On est debout, prêt à écouter Jésus lui-même qui nous parle. Comme sa Parole est lumière pour notre vie, on entoure le prêtre avec des cierges. Puis, on les range et on s’assied. Le prêtre nous aide à comprendre la Parole. Il nous dit comment mieux vivre en chrétien. On écoute, on réfléchit en silence.
Tous debout pour dire notre foi dans le « Credo ». C’est une prière très ancienne. On dit qu’on croit en Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit qui agit dans le cœur de tous. Après, on prie pour toutes les personnes ici et partout.
Le prêtre prépare l’autel avec les objets liturgiques et les offrandes qu’on lui apporte : le calice et la grande hostie sur un plateau, puis la burette pleine de vin qu’il verse dans le calice, puis l’eau. Il n’en met qu’une goutte qui représente nos vies unies à celle du Christ. Puis le prêtre chuchote une prière : « Purifie-moi ! » pendant qu’on lui verse de l’eau sur les mains et qu’il les essuie à un linge.
Le prêtre offre le pain et le vin et après le chant « Saint le Seigneur » on se met à genoux devant l’autel. Le prêtre reprend les gestes et les paroles de Jésus pendant son dernier repas. Lorsqu’il élève le Corps et le Sang du Christ, on agite chaque fois la sonnette et aussi lorsqu’il se redresse après avoir adoré Jésus présent parmi nous.
Après la prière du Notre Père, le prêtre nous donne la paix du Christ et on va la partager avec les autres. Puis, dès qu’on a communié, on reprend les cierges, pour honorer Jésus présent dans l’hostie et on entoure celui qui donne la communion.
La messe va finir. On présente de l’eau pour purifier le calice, on range les objets. Le prêtre dit « Allez dans la Paix » : ça veut dire qu’on est envoyé en mission.
On rentre heureux à la sacristie, on range l’aube et on reçoit un chocolat. On sert le prêtre, l’assemblée et surtout Jésus qu’on apprend à mieux aimer. Les gens trouvent que la messe est plus belle quand on est là et comme on fait plein de choses, elle nous paraît moins longue…
Notre devise : fidèle serviteur, toujours et partout !
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Vivre avec nos morts Delphine Horvilleur
« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… » A travers ses expériences d’accompagnement des familles de défunts et par le recours aux rites et légendes du judaïsme, D. Horvilleur nous livre une réflexion sur la fin de vie, au-delà des croyances et des religions. Un petit livre précieux à s’offrir à soi ou à une personne chère.
« Aller au ciel » : voilà qui résume l’espérance de beaucoup de chrétiens. Depuis deux mille ans, la question de l’au-delà trouve bien des réponses dans la Tradition. Vingt siècles de sainteté ont fourni des milliers de pages traitant ces questions qui se posent à tout homme venant en ce monde, et auxquelles la lumière de Pâques et la foi en Jésus-Christ apportent une solution inédite pour le monde. Le Père Max Huot de Longchamp nous livre ici les plus beaux textes des grands auteurs spirituels sur la vie après la mort.
Avec pour toile de fond l’évangile de la Visitation, Chantal Lavoillotte et Raphaël Buyse rendent compte de leur mission : accompagner des personnes marquées par la maladie, la fragilité ou la vieillesse. A ces récits sur le quotidien d’une aide chrétienne en milieu hospitalier répondent divers témoignages de malades ou de professionnels de la santé. Ils font apparaître au fil des pages, tel un fin murmure, cette présence mystérieuse du Christ qui ne s’impose pas mais qui, discrètement, vient encourager, fortifier, relever.
Pour te parler de la mortet de la résurrection Sophie Furlaud – Charlotte Roederer
Comment parler de la vie, de la mort et de la Résurrection aux petits ? Comment leur parler de ces grands mystères de la vie et de la foi chrétienne ? Voici un livret, très proche des sensations et émotions des enfants, qui aidera les parents à aborder avec douceur et tact, l’espérance d’une vie après la mort.
Depuis très longtemps, les catéchistes de la paroisse cheminent avec des groupes d’enfants vers la vie eucharistique. Cette route a évolué au fil des années car le contexte dans lequel nous vivons a changé. Eclairage.
Par Marianne Berset, responsable de la catéchèse au niveau paroissial Photos : Georges Losey
Pendant très longtemps, seuls les enfants vivaient une retraite en plus de la catéchèse qui leur était transmise en classe. Aujourd’hui, les enfants que nous rencontrons chaque semaine ont beaucoup de joie il me semble à vivre les rencontres de catéchèse. Chance ou douleur ? Voici la question que je me pose… Oui chance… car ils découvrent Jésus-Christ qui donne sa Vie pour nous, la force de son Esprit Saint pour aider à avancer dans la vie ainsi que Sa Présence quotidienne. Mais aussi douleur, car nous savons que nous ne les voyons pas dans nos eucharisties. Personnellement, je pense que cela ne nous appartient pas car nous ne savons pas à quel moment le Seigneur va les rejoindre ou plutôt comment Il touche leur cœur…
Accompagner aussi les parents
Notre but à nous, catéchistes, c’est de prendre les enfants où ils en sont sur leur chemin de vie et de faire un bout de route avec eux, en se rappelant que les parents sont les premiers éducateurs de la foi de leur enfant. Depuis un an, nous vivons des rencontres personnelles avec les parents des premiers communiants, ceux-ci nous accueillent volontiers et découvrent que le cheminement n’est pas si astreignant et ainsi les soutient mieux dans cette démarche.
Une préparation maison
Pour nos rencontres, mais aussi pour le cheminement vers la vie eucharistique, le Service cantonal de la catéchèse nous transmet des documents à partager avec les familles. Ils sont très bien préparés mais cette année, j’ai souhaité faire un pas de plus avec les catéchistes, car je me suis rendu compte qu’elles avaient besoin de s’approprier les rencontres pour pouvoir transmettre ce qui les habite. Ainsi tout en restant dans la ligne proposée par le canton, nous prenons beaucoup plus de temps entre nous, pour prier, pour préparer les temps forts. De ce fait, ceux-ci deviennent leur temps fort, les enracinent aussi plus dans la foi et leur permettent d’être des témoins qui parlent avec le cœur.
Deux voix suivies
Cette manière de cheminer, j’ai eu la chance de la vivre lorsque mes enfants étaient petits et cela m’a apporté beaucoup de motivation, de joie et l’envie d’aller à la Source. Le fait de s’approprier les rencontres procure aux catéchistes une autre dynamique. Cette année, ce sont les disciples d’Emmaüs et le bienheureux Carlo Acutis qui nous aident à avancer sur la route. L’approfondissement donne envie à chacun et chacune de s’enraciner toujours plus profondément. Nathalie Kamoo, catéchiste à Estavayer, s’est rendue à Assise sur les pas de Carlo Acutis pour s’imprégner de ce Bienheureux.
Merci aux catéchistes qui se donnent sans compter pour soutenir ces enfants, ces familles dans ce cheminement vers la vie eucharistique et faire un petit bout de route avec eux.
Rafaelle Marcaro en train de préparer des documents qui seront utilisés durant les rencontres avec les enfants et les parents.
En ce numéro de Pâques Spéciale famille, nous vous proposons un poème de Marie Noël, de son vrai nom Marie Rouget. Cette «Berceuse de la Mère de Dieu» exprime tout à la fois l’émerveillement d’une mère, l’humilité, la joie d’avoir donné la vie et la douleur…
Proposé par Yasmina Pot | Photo : Jean-Michel Moix
Poème par Marie Noël (1883-1967)
Mon Dieu qui dormez, faible entre mes bras, Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat, J’adore en mes mains et berce, étonnée, La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.
De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas. Vierge que je suis, en cet humble état Quelle joie en fleur de moi serait née ? Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.
Que rendrai-je à Vous, moi sur qui tombe Votre grâce ? Ô Dieu, je souris tout bas, car j’avais aussi, petite et bornée, J’avais une grâce et Vous l’ai donnée.
De bouche, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas Pour parler aux gens perdus d’ici-bas… Ta bouche de lait vers mon sein tournée, Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée.
De main, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las… Ta main, bouton clos, rose encore gênée, Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée.
De chair, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas Pour rompre avec eux le pain du repas… Ta chair au printemps de moi façonnée, Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée.
De mort, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas Pour sauver le monde… ô douleur, là-bas, Ta mort d’homme, un soir, noire, abandonnée, Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.
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