Ohé les jeunes, des rendez-vous pour vous!

Les jeunes ne pratiquent plus ! Les jeunes boudent l’Eglise ! Faux ! Mais ils souhaitent des rendez-vous différents, des célébrations adaptées, de la musique plus moderne, etc. Présentation de nombreux rendez-vous qui leur sont proposés cette année.

Par Claude Jenny

Le grand rendez-vous des JMJ à Lisbonne

L’événement de l’année, ce sont évidemment les JMJ 2023 (Journées mondiales de la jeunesse) qui se dérouleront du mardi 1er août au dimanche 6 août à Lisbonne. Ce rassemblement sera honoré de la venue du Pape qui sera présent du jeudi au dimanche et célébrera notamment la messe de clôture. Les JMJ sont une occasion rare de rencontrer des jeunes chrétiens du monde entier. Après Cravovie en 2016 et Panama en 2019, ils seront nombreux les francophones à se rendre en terre portugaise. Les JMJ s’adressent aux catholiques de 16 à 30 ans. Il est encore temps de s’inscrire ! Pour le canton de Fribourg, renseignements sur www.jmj.ch ou sur www.cath.ch/région-dicésaine/pastotale-des-jeunes ou encore auprès de paul.salles@cath-fr.ch

Le festival Opensky à Fully

L’Opensky est sans doute le plus important festival destiné aux jeunes catholiques en Suisse romande. Il attire un bon millier de participants à Fully pour une journée riche d’un programme chaque fois alléchant ! Cette année, le rendez-vous est pris pour le samedi 18 mars. Ces jeunes vont conjuguer foi et festivités, avec une place importante consacrée à la musique mais aussi des témoignages, des jeux et une célébration conduite par deux évêques, Mgr Jean-Marie Lovey et Mgr Alain de Raemy.

Programme détaillé sur cette affiche.

Le festival Crossfire à Belfaux

Au niveau cantonal, un grand rendez-vous de l’année est le festival Crossfire dont la troisième édition aura à nouveau lieu à Belfaux, le samedi 17 juin dès 14h30.

Informations sur www.crossfire-festival.ch

A signaler que des messes Crossfire ont lieu régulièrement dans la région notamment le samedi 18 mars à 17h30 à Payerne et le dimanche 7 mai à 10h à Marly.

A signaler aussi :

Journée régionale de la jeunesse

La journée régionale des jeunes de la Broye aura lieu le samedi 3 juin à Notre-Dame de Tours.

De nombreux pèlerinages jeunesse

Les jeunes ont aussi la possibilité de participer à des pèlerinages organisés à leur intention, notamment un pèlerinage à Rome du 17 au 21 avril, un autre à pied à la découverte des chapelles, à Lourdes, etc.

Toutes informations utiles sur https://www.cath-fr.ch/region-diocesaine/pastorale-des-jeunes/ ou, au niveau régional, auprès de lazare.predakaj@cath-fr.ch ou auprès des aumôneries des CO et du gymnase de la Broye.

Une messe pour les amoureux!

Le 11 février a eu lieu en l’église de Vionnaz une messe pour les amoureux, une occasion de se sentir renouvelés et fortifiés dans son amour ! Le conseil de communauté avait pensé à tout, le choix des textes, la déco, les témoignages, quel beau moment ! A refaire.

Par Maryline Hohenauer | Photo : Vanessa Gonzales

C’est en 1496 que le pape Alexandre IV a décrété que saint Valentin serait le patron des amoureux, mais lors du concile Vatican II, la réforme liturgique ne l’a pas repris dans le calendrier des saints. Qu’importe, notre religion est la religion de l’AMOUR, alors à l’approche de la Saint-Valentin, nous célébrons les amoureux, de tous les âges, de toutes situations, ils étaient là, les fraichement amoureux, les fiancés, les amoureux non mariés, les jeunes mariés, les couples jubilaires mais aussi des amoureux de la vie, les amoureux de Dieu !

L’homélie a été riche en partage, dans la simplicité, plusieurs couples ont témoigné de leur joie et de leurs difficultés dans leur Amour. Ce fut un joli moment avec des clés pour être heureux ! Savoir se dire pardon, ne pas se coucher fâchés, garder en mémoire les beaux exemples des couples qui sont heureux, garder l’humour dans l’amour, diminuer son orgueil, oser se dire « oui » comme au premier jour, même si ce n’est pas évident.

Pour marquer la célébration en posant un geste concret, chacun a reçu un petit cœur pour y inscrire sa prière personnelle : que ce soit un pardon, un s’il vous plait, ou un merci, ces intentions ont été offertes et les petits cœurs attachés à des branches de noisetiers. 

Le 11 févier l’église célébrait aussi Notre Dame de Lourdes, nous lui avons confié tous les amoureux. 

La piscine de Bethesda

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Ce n’est pas l’exactitude archéologique qui fait la vérité des événements rapportés par les deux Testaments. Même si les fouilles n’ont pas trouvé de vestiges des colonnes constituant un « portique » dans la piscine probatique, ce qui compte, c’est la réalité de la guérison de l’infirme par Jésus, qui soigne l’homme tout entier (Jean 5, 1-18).

Le nom du point d’eau varie entre Bethesda, ou Bethsaïde en hébreu, c’est-à-dire « maison de la miséricorde (beth-hesed) et Bethzata en araméen. Si l’archéologie est précieuse, c’est pour signifier que la Révélation ne se situe pas en des lieux illusoires ou dans un temps mythologique, mais qu’elle est ancrée dans l’histoire et dans le temps, au nom même de l’Incarnation de notre Dieu dans la réalité des hommes.

Le cinquième portique, dont parle l’évangile de Jean, coupait le quadrilatère en deux espaces où se rassemblaient les eaux, utilisées ensuite au temple. Mais à côté de ces deux réservoirs se situaient encore d’autres bassins plus petits, rattachés notamment à un sanctuaire païen de guérison.

Jésus relève le paralysé, réduit depuis si longtemps (38 ans) à son état parce qu’il n’arrivait pas à être plongé dans la piscine au moment où l’ange du Seigneur descendait pour y faire bouillonner l’eau. Le Christ se présente ainsi comme le véritable guérisseur, celui qui donne et restitue la vie du corps et de l’âme. Lorsqu’il rencontre à nouveau l’infirme guéri dans le temple, le Fils de l’homme invite le bénéficiaire de l’acte salvifique à se convertir. Car rien ne sert de recevoir une grâce de libération corporelle si elle ne s’accompagne pas d’un changement de vie spirituelle. Le miracle accompli est donc le signe d’une résurrection globale de l’âme et de l’esprit.

Plus les découvertes historiques permettent de situer concrètement les œuvres de Jésus-Christ, plus celles-ci apparaissent comme crédibles à nos intelligences contemporaines, plus notre connaissance s’étoffe. Reste que la vérité du texte scripturaire échappe aux recherches scientifiques et se place sur le registre théologique du salut que le Seigneur offre à l’humanité.

Témoignage d’espérance d’un apprenti missionnaire

« Karibu », c’est-à-dire bienvenue !

Par le Chanoine José Mittaz | Photo : DR

Depuis plusieurs mois, je vis une aventure missionnaire sur les pas de l’abbé Adrien Cishugi et Paul Bulyalugo en République démocratique du Congo dans la région de Bukavu. Alors que la Suisse situe en zone rouge le Nord et le Sud Kivu, je découvre combien cette terre meurtrie est riche d’une espérance vécue au quotidien, celle que je désire partager avec vous lors d’une soirée témoignage le mercredi 22 mars à 19h30 à la salle N.-D. des Champs à Martigny. 

A la prison de Bukavu ou au foyer Heri Kwetu, je suis témoin que la misère se laisse parfois traverser par une espérance, celle de tous ces visages humains qui, au jour le jour, choisissent la vie malgré tout. La rencontre avec les personnes vulnérables me transmet une douceur plus forte que le sentiment d’injustice. 

Avec la participation du Chœur des Familles. 
Un chapeau recueillera votre offrande en signe de solidarité. 
A découvrir : www.amisdebukavu.com

Premières impressions de mon séjour sabbatique au Togo

En joyeuse compagnie…

Cela fait maintenant un mois que je réside à Aneho, au Togo, au presbytère de la cathédrale Saint-Pierre et Paul où travaille l’abbé Antoine. J’avais déjà eu l’occasion de découvrir le Kenya, le Sénégal et le Togo par deux fois, mais c’est une expérience toute différente que je vis en ce moment. L’Eglise m’a permis de vivre un temps sabbatique de 3 mois : une chance, un cadeau ! Temps sabbatique pour me ressourcer, découvrir de nouveaux horizons, m’enrichir de nouvelles expériences !

Texte et photos Par Gérard Dévaud

En un mois, que de belles découvertes ! Ici, tout est vrai, direct. Le contact se fait très facilement. C’est ainsi que dès mon arrivée, je fus accueilli et intégré par les jeunes de la paroisse. Et très vite, je découvre la vraie réalité de ce si beau pays : la précarité des gens, mais aussi leur richesse intérieure. Et pour la plupart des personnes rencontrées, cette richesse est alimentée par une foi profonde en Jésus-Christ.

Toutes les journées commencent par la messe de 6h, pour confier au Seigneur le travail et les différentes activités. J’ai la chance de vivre à la cure avec une équipe de prêtres. Tout est ainsi confié à Dieu. 

J’accompagne un catéchiste pour des rencontres avec des enfants qui se préparent au baptême, ceci deux fois par semaine en fin de journée, à la sortie de l’école. Leçons très denses pour ces enfants qui doivent tout mémoriser par cœur ! Mais leur vie de foi ne s’arrête pas là. Le jeudi, après le caté, ils participent à l’adoration du Saint-Sacrement et le dimanche ils animent une des messes. Ils s’engagent également le samedi matin pour le nettoyage de la cour, du jardin, des salles et des couloirs de la cure ! 

Le mercredi, je vais au collège Saint-Pierre et Paul (le CO) pour des cours de religion et d’éthique. La deuxième semaine, j’ai été catapulté devant une classe de 45 jeunes pour animer un débat sur la sexualité, l’avortement et la grossesse non désirée ! Un vrai baptême du feu pour moi, mais un très beau moment d’échange et de partage avec ces jeunes.

Et le dimanche, je retrouve tout ce petit monde lors des messes très animées à la cathédrale.

Mais rassurez-vous : je sors aussi de la cure pour me promener et me balader dans les rues d’Aneho, au bord de l’océan et du lac Togo tout proche. Et là, le contact avec les gens se fait très facilement, surtout avec les enfants. On m’appelle papa, ou le Togolais blanc ! Ils m’ont déjà adopté !

Autres moments riches en émotion : les retrouvailles avec les filles-mères du centre God-is-love Saint-Laurent Estavayer créé par le père Antoine, la visite du dispensaire des sœurs hospitalières conduites par Sœur Elisabeth, la visite d’un centre socio-professionnel, visite de JB sérigraphe qui confectionne des ornements liturgiques, journée d’échange des jeunes sur le thème des réseaux sociaux, etc. Mais le plus riche et le plus fort, ce sont toutes les fois où l’on m’accueille dans la simplicité d’une pauvre maison, avec peu de choses, mais des sourires et une chaleur humaine incroyable.

Oui, le Père Guy Gilbert a raison : « L’Eglise renaîtra si nous puisons chez les pauvres la lumière de Dieu ! »

Aller vers les plus pauvres

« Aller vers les plus pauvres, c’est là que doit se trouver l’Eglise. … Jésus-Christ ne s’est pas entouré de savants, de super diplômés, il est allé chercher des pauvres types. L’Eglise catholique est née de cette pauvreté extraordinaire du Christ, elle renaîtra si nous puisons chez les pauvres la lumière de Dieu. »
Père Guy Gilbert

Le parcours Alpha sur le Haut-Lac

Qu’est-ce que le parcours Alpha? Réponse ici par une participante de ce parcours qui nous conduit à (re)découvrir ou à approfondir notre foi chrétienne.

Texte et photos par Vanessa Gonzalez

Depuis le 19 janvier 2022, un groupe de 15 personnes, des hommes, des femmes, un couple de fiancés, une mère et sa fille jeune adulte, des collègues de travail venant des paroisses de Port Valais, Vouvry, Vionnaz, Colombey-Muraz et même du Val d’Illiez se sont réunies pour vivre le parcours Alpha (à la cure de Vouvry).

Le parcours Alpha, c’est une dizaine de soirées et un magnifique week-end de retraite à Bex étalés sur une année pour parler de Dieu. Ce parcours est une façon simple de réfléchir au sens de la vie, une occasion de découvrir ou redécouvrir les bases de la foi chrétienne.

Chacune de nos rencontres a été incroyablement encadrée par Stéphanie et Christophe, qui nous ont guidés par leur conviction, leur foi, leur capacité à partager et leur douceur. Tout ça m’a beaucoup marquée parce qu’ils n’étaient pas dans le prosélytisme mais dans une démarche d’accueil. Nos animateurs nous ont tout de suite mis très à l’aise dans des réunions où aucune question n’est considérée comme trop simple ou trop taboue. 

Nos soirées débutaient par un repas pris ensemble, suivi d’une courte vidéo sur un thème comme : « Qui est Jésus » ou « Comment prier ». 

Après la vidéo, la soirée se poursuivait par un échange entre tous les participants pour partager notre ressenti et notre démarche personnelle en rapport avec le thème. Nous avons réfléchi, entre autres, sur la grâce de Dieu, le salut, la foi, l’espérance, la charité, la miséricorde, le pardon, la solidarité, le bien et le mal, l’Esprit Saint, la lumière, les ténèbres et la Bible.

Pendant nos échanges, j’ai nourri ma foi grâce aux apports de chacun. J’ai pris énormément de notes et écris pleins des mots clés qui me permettent d’avancer dans les pas de Jésus.

Ce qui m’a particulièrement intéressée avec le parcours Alpha est qu’il ne se concentre pas sur la doctrine et ne cherche pas à enseigner le caractère ou les attributs de Dieu, mais permet d’une manière décontractée d’échanger, discuter et découvrir Dieu quels que soient nos opinions, notre âge, notre confession, croyance. Nous avons pu argumenter sur nos divers points de vue en parlant librement et simplement sans peur du jugement et c’était rafraichissant. 

La convivialité, le non-jugement et l’empathie qui ont marqué nos rencontres m’ont été infiniment précieux… Ces moments informels, sans engagement et hors du temps ont été le lieu de rencontres que je n’aurais pas eues sans cela. Les participants m’ont touchée par leurs doutes et leur fragilité. Nous étions vraiment un chouette groupe et nous avons construit une communauté d’amis. 

En conclusion, à la fin du parcours, personne n’a envie de dire stop, et nous voulons continuer cette fantastique expérience et nous avons des projets pour continuer à approfondir notre foi ensemble autour de soirées « spaghetti philosophiques » par exemple. 

Parce qu’ensemble avec l’amour de Dieu c’est plus facile ! To be continued…

Les paroisses catholiques du Haut-Lac proposent également deux autres parcours :

Evangile à la maison et Vie et Foi 
Infos : secrétariat – 024 481 65 28

Le prochain parcours Alpha commence le vendredi 17 mars 2023 à 19h à la maison de paroisse de Vionnaz. Pour tous renseignements, contactez Christophe au 079 427 54 94 ou Stéphanie au 079 610 90 24.

La foi qui nous rassemble et nous réunit.

La connaissance comme antidote

La « confession de Saint-Pierre » est une chapelle de la basilique Saint-Pierre qui est, selon la tradition, édifiée sur le tombeau de l’apôtre Pierre.

Par Thierry Schelling | Photos : DR

En février 2022, le pape François écrit une lettre pour le bicentenaire de la naissance du grand archéologue de l’histoire des premiers temps chrétiens, de Rossi, rappelant que la connaissance de l’histoire de l’Eglise est le meilleur antidote contre les extrémismes de tous acabits, et qu’il est du devoir de Rome de préserver son histoire dans la pierre, innombrable et riche.

Catacombes et nécropoles

C’est Pie IX déjà qui avait senti l’importance de sauvegarder les catacombes romaines… C’est lui qui institua une commission d’archéologie sacrée pour prendre soin des lieux anciens liés aux chrétiens de Rome.

Parmi ces lieux, immanquablement, les catacombes et nécropoles, dont… la tombe de Pierre. 

Tombe de Pierre : acte 1

Des restes d’ossements humains et animaux, une inscription – un graffiti, plutôt – sont d’abord retrouvés en 1942. Pie XII les fait placer dans sa chambre,
en demandant le secret absolu… et de plus amples analyses !
Puis, c’est la découverte de la nécropole sous la basilique, par Kaas, utilisée les tout premiers siècles pour y enterrer aussi des chrétiens… Un journaliste « cafte », et Pie XII doit annoncer publiquement qu’« on a retrouvé la tombe de saint Pierre » alors même que la science n’a pas terminé ses investigations.

Tombe de Pierre : acte 2

En 1953, dans la même nécropole, un autre ensemble d’os est mis à jour, qui se révèlent être ceux d’un homme de 60-70 ans : serait-ce Pierre ? L’archéologue en chef pousse l’enquête plus loin et acquiert la conviction que les os sont bien d’un sexagénaire vieillissant…

En 1968, Paul VI annonce que les reliques sont bien celles de saint Pierre, « de manière convaincante ».

Tombe de Pierre : acte 3

C’est Paul VI qui, en 1968, pourra annoncer que ce sont les reliques de saint Pierre « de manière convaincante ».

Et depuis, l’ostension de ces ossements à la messe de clôture de l’année de la foi (2013) et le cadeau de fragments au patriarche Bartholomée de Constantinople, en signe d’espérance d’une union des deux Eglises (2019) font écho au chant grégorien « Pierre, tu es pierre… » !

Bâtissons des ponts

Par Pascal Tornay | Photos : Marion Perraudin, Pascal Tornay

Un pont, ça relie ; ça ouvre des possibilités ; ça permet de franchir des obstacles. C’est le lieu du passage entre deux univers. C’est, potentiellement aussi, le lieu de la rencontre et de la réconciliation. C’est donc tout naturellement à l’aide de ce symbole que les paroisses réformée et catholique ont proposé une petite démarche lors des messe et culte célébrés conjointement les 22 et 29 janvier derniers.

Chacun était invité à se demander : « Quelle pierre à l’édifice puis-je apporter à l’unité entre les chrétiens ? » Il s’agissait concrètement d’inscrire sur des briques symboliques un mot significatif ou son propre prénom et de le coller sur le pont de manière à le voir se façonner au fil des célébrations. Au centre du pont, figurait un cœur. La clé de voûte de ce pont de l’unité : c’est le Christ Jésus. Pas d’unité possible, que très superficielle sans lui. « La pierre d’angle qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle » dit le psalmiste. Ps 117 (118).

Démarche lors de la messe du 29 janvier à Martigny-Ville.

L’abbé Darius fait l’éloge du sport… raquette à la main !

Samedi 11 mars prochain, nous proposons aux servants de messe de notre paroisse un tournoi de tennis de table. C’est une manière de chercher les jeunes là où ils sont. L’activité physique et sportive est propre à leur âge et contribue à leur croissance. C’est une bonne occasion pour nous tous, chers lecteurs, de mettre en évidence les valeurs du sport.

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Photo : LDD

Saint Paul aime bien se servir d’un langage faisant référence au sport. En encourageant Timothée, son compagnon d’évangélisation, il dit : « Demeure maître de toi-même. » N’est-ce pas une des exigences pour une réussite dans notre vie humaine, bien indispensable également dans le domaine de toute compétition sportive ? Et l’Apôtre des nations poursuit : « J’ai combattu un bon combat, je suis allé jusqu’au bout de la course, j’ai gardé la foi. Et maintenant le prix de la victoire m’attend : c’est la couronne de justice… » (2 Tim 4, 5.7-8). La victoire sportive est également précédée de nombreuses victoires sur soi.

Le pape Jean-Paul II a dit : « Le sport c’est l’activité secondaire la plus belle du monde. C’est un instrument important de construction de l’homme et d’édification d’une société plus fraternelle et solidaire… »

Le 23 novembre 2013 au Vatican, le pape François a reçu l’Ordre olympique d’or (une distinction créée par le Comité International Olympique en mai 1975) en reconnaissance de sa compréhension du bien que le sport peut apporter aux jeunes et à l’édification de la paix. Et voilà son propos : « Je souhaite encourager des organisations comme les vôtres, qui font la promotion du sport – notamment auprès des jeunes générations – comme moyen d’encourager la paix, le partage et la coexistence harmonieuse des peuples. »

Le sport est très précieux pour la croissance intégrale d’une personne. Il aide à se dépasser et à combattre l’égoïsme. Il peut créer l’esprit de sacrifice et favoriser la loyauté dans les relations, l’amitié et le respect des règles, comme le respect des autres compétiteurs.

«Laudato Si’», un cri d’alerte venu du Saint-Siège

La Lettre : Le film La Lettre illustre le message de l’écologie intégrale.

L’encyclique Laudato Si’ est un document central dans le pontificat du pape François. Le cheminement qui y est exposé s’inspire directement de la réflexion et de la vie de saint François d’Assise. Huit ans après sa publication, le texte fondateur de l’écologie intégrale est toujours autant d’actualité.

Par Caroline Stevens | Photos : DR, Dustan Woodhouse Unsplash

Publiée en mai 2015, l’encyclique Laudato Si’ est un document de 184 pages. Compte tenu de sa densité, cela vaut la peine de la relire plusieurs fois. Son propos se concentre sur la protection de l’environnement naturel et de toutes les personnes, ainsi que sur des questions plus larges concernant la relation entre Dieu, les humains et la Terre. Le pape François accorde une place importante aux conséquences des changements climatiques sur les plus pauvres d’entre nous : « La logique qui ne permet pas d’envisager une préoccupation sincère pour l’environnement est la même qui empêche de nourrir le souci d’intégrer les plus fragiles, parce que dans le modèle actuel de « succès » et de « droit privé », il ne semble pas que cela ait un sens de s’investir pour que ceux qui restent en arrière, les faibles ou les moins pourvus, puissent se faire un chemin dans la vie » [Chapitre 5, IV, 196, 139].

Le titre de cet appel, « Laudato Si’ » (Loué sois-tu Seigneur), fait écho au Cantique des créatures de saint François d’Assise, rédigé au début du XIIIe siècle. Dans cet hymne à la nature, saint François pose un regard intime sur tous les éléments de la Création. Il y exprime avec force l’élan irrépressible de désappropriation qui lui a permis de se tourner vers Dieu et de fraterniser avec ses créatures. Ainsi, François ne connaît plus le soleil, le vent, l’eau et le feu mais « frère Soleil », « frère Vent », « sœur Eau » et « frère Feu ».

Saint François d’Assise représente pour le pape « l’exemple par excellence de la protection de ce qui est faible et d’une écologie intégrale ».

L’encyclique est divisée en six parties :

Chapitre premier : Ce qui se passe dans notre maison. Cette partie résume l’ampleur des problématiques liées à l’environnement. Les questions de la pollution, du changement climatique, de la rareté de l’eau, de la perte de la biodiversité et des inégalités y sont évoquées.

Chapitre deux : L’évangile de la Création. Les récits de la Création dans la Genèse sont ici interprétés comme une incitation à l’agriculture responsable et à la protection de la nature. L’idée d’une domination de l’homme sur la nature est confrontée à la sagesse de la Bible.

Chapitre trois : La racine humaine de la crise écologique. On s’intéresse aux modes de pensée et aux tendances sociales à l’origine de la crise climatique. L’utilisation irréfléchie de la technologie, la volonté d’asservir la nature, les théories économiques et le relativisme social sont incriminés.

Chapitre quatre : Une écologie intégrale. Ce chapitre propose une solution à la crise grâce à l’écologie intégrale. Celle-ci soutient que les humains font partie d’un ensemble bien plus vaste qu’eux. Partant de ce principe, il faut considérer aussi bien les interactions des systèmes naturels que sociaux. 

Chapitre cinq : Quelques lignes d’orientation et d’action. L’application de l’écologie intégrale à la politique implique un plus grand souci des pauvres, davantage de transparence et d’inclusivité dans la gouvernance et un souci pour le bien de toutes et tous.

Chapitre six : Éducation et spiritualité écologiques. La partie conclusive met l’accent sur les initiatives à mettre en place au niveau personnel. Il s’agit de s’extraire de la logique consumériste, génératrice de déchets, et de s’attacher à des valeurs durables et intemporelles. La conversion écologique est aussi celle du cœur, à travers la rencontre avec Jésus qui amène à communier avec Dieu, le monde de la nature et les autres.

Au lendemain de sa publication, les opinions à propos de Laudato Si’ divergent : certains observateurs y voient une ingérence du pouvoir spirituel dans le temporel alors que d’autres y décèlent une audace inespérée. 

À l’occasion du cinquième anniversaire de l’encyclique, une table ronde interdicastérielle sur l’écologie a été constituée afin de proposer des pistes d’action sérieuses, soutenues par le pape François. Publié le 18 juin 2020, le document « En chemin pour le soin de la maison commune » est né avec pour objectif « d’inspirer des choix et des comportements permettant de regarder l’avenir avec confiance et espérance ».

En octobre dernier, le documentaire La Lettre a été mis en ligne sur la plateforme Youtube. Porté par le Mouvement Laudato Si’, ce film illustre le message de l’écologie intégrale à travers quatre voix : celle de la nature, des peuples autochtones, de la jeunesse et des pauvres. Chacune d’entre elles est représentée par une personne directement concernée par le changement climatique.

Dans un prochain article à paraître dans L’Essentiel, nous vous présenterons les différentes actions entreprises au niveau du diocèse et au-delà.

L’encyclique nous demande de prendre soin de notre maison commune.

La foi, archéologie fondamentale

L’écrivain anglais Chesterton s’émerveille du lien avec le passé.

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Par Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF | Photos  : cath.ch, DR

Ce numéro de L’Essentiel traite d’archéologie et on m’invite à y écrire… 

L’archéologie, comme toute connaissance du passé, est très utile à la compréhension du présent. Elle répond en partie à la question de notre origine. Elle montre le caractère transitoire des réalités humaines : de grandes civilisations n’ont laissé que peu de traces et ce fait nous laisse songeurs sur notre futur et ses incertitudes. Certains pensent d’ailleurs que l’Eglise est en train de s’orienter vers un futur archéologique, ou au moins de devenir un musée de croyances passées.

Certes la foi de l’Eglise n’est pas nouvelle et on en trouve des traces archéologiques. Je trouve personnellement un vrai bonheur dans ce contact vivant avec le passé : notre foi est celle de personnes qui ont vécu longtemps avant nous et elle est aussi celle de personnes qui vivent maintenant dans des régions très différentes. L’écrivain catholique anglais Chesterton, s’émerveillant de ce lien avec un passé qui nous forme, disait qu’« il est évident que la tradition est seulement la démocratie étendue à travers le temps » (Orthodoxie, chapitre 4) : nous intégrons la voix de nos ancêtres dans la foi. Ceci dit notre regard est aussi tourné vers l’avenir, car le même Dieu qui a agi dans le passé agit dans le présent et dans l’avenir, qui pour Lui sont un. En ce sens, notre foi est une archéologie fondamentale : elle répond le plus profondément à la question de notre origine. Nous existons parce que Dieu a créé le monde, parce que Dieu veut que nous soyons avec Lui, parce qu’Il nous aime. Si la foi est une archéologie fondamentale, c’est parce qu’elle répond (à son niveau) à une préoccupation des historiens : quel est le lien entre ces faits ou objets passés et ce qui suit ? Quel est le lien entre un passé lointain, un passé proche, le présent et le futur ? Nous approchons de Pâques. Ce lien est que « Jésus Christ est le même hier et aujourd’hui, Il le sera à jamais ». (Hébreux 13, 8)

Car Aime

Texte et photo par Marion Perraudin

Se mettre en marche et prendre le chemin,
Pour descendre dans son cœur,
Qui comme une terre en jachère,
Attend le temps des labours et des semailles
Rejoindre la terre de notre cœur et l’ouvrir à un temps de prière,
Pour la laisser se renouveler par l’Amour infini
Et laisser graver en son cœur « Car Aime »

Se mettre en marche et prendre le chemin,
Pour descendre dans son cœur,
Prendre le temps de se retrouver au désert avec Lui,
Et se mettre à l’écoute de sa Parole,
Pour s’en nourrir plus que du pain,
Et la laisser rejoindre notre vie.
Et laisser graver en son cœur « Car Aime »
Se mettre en marche et prendre le chemin,
Pour descendre dans son cœur,
Apprendre avec Lui à se défaire du superflu,
Pour accueillir l’Essentiel,
En ouvrant ses mains et en partageant le pain de l’amitié
Avec celui qui a faim de réconfort
Et laisser graver en son cœur « Car Aime »

Se mettre en marche et prendre le chemin,
Pour descendre dans son cœur,
Prendre le temps de se retrouver dans le silence avec Lui,
Pour se nourrir de sa Miséricorde
Et laisser son pardon embaumer le cœur,
Pour oser des paroles de réconciliation et de pardon
Et laisser graver en son cœur « Car Aime »

Quarante jours Seigneur, pour t’accueillir dans le silence de la prière.
Quarante jours, Seigneur, pour te suivre au désert, et s’ouvrir à ta Parole.
Quarante jours Seigneur, pour redécouvrir ta Miséricorde dans le pardon donné et reçu
Quarante jours, Seigneur, pour se délester de ce qui alourdit notre marche avec toi.
Quarante jours, Seigneur, pour se tourner vers toi, pour se priver du superficiel afin de s’ouvrir à l’Essentiel

Prière à Joseph mon ami

Prière proposée par Nicolette Micheli
Auteur inconnu (extrait de la revue « Oratoire »)
Photo : DR

Joseph, on t’appelle le juste, le charpentier, le silencieux ;
moi, je veux t’appeler « mon ami ».
Avec Jésus, ton fils et mon Sauveur,
avec Marie, ton épouse et ma Mère,
tu as ta place dans mon cœur, tu as ta place dans ma vie.

Ta présence sur mon chemin, elle est discrète comme ton silence ;
mais je te reconnais bien à ton regard attentif,
à ton cœur disponible, à ta main secourable.
Prends ma main et conduis-moi,
lorsque l’ombre et la nuit rendent mes pas incertains.

Toi qui as cherché le Seigneur, toi qui l’as trouvé, dis-moi où il est.
Dis-moi où il est, quand l’épreuve et la souffrance sont le pain quotidien.
Dis-moi où il est, quand l’espérance relève mon courage
et m’invite à avancer avec plus d’entrain.
Dis-moi où il est, quand on vient près de moi
chercher réconfort, amitié et joie.

Joseph mon ami, toi qui as cheminé à travers les rayons et les ombres,
Apprends-moi à rencontrer le Seigneur dans le quotidien de ma vie.

Toi le témoin étonné de l’action de l’Esprit. 
aide-moi à reconnaître ses merveilles et à lui être soumis.

Toi le grand attentif à tous les besoins des tiens,
garde bien ouverts mon cœur et ma main. 

Amen.

Ecologie intégrale à Fribourg : donner un sens à son engagement chrétien

Par Jean-Marie Monnerat | Photos : Pixabay

Avoir une sensibilité écologique ne rime pas forcément avec religion. Mais si l’on considère, en tant que chrétien que nous avons la responsabilité de la Création, et que cette approche fait partie intégrante de notre foi, alors nous donnons un sens à nos actions pour un développement durable et viable pour notre génération et nos enfants. Au mois de janvier, à Fribourg, s’est déroulé le premier atelier d’écologie intégrale du décanat, c’est-à-dire des paroisses du Grand-Fribourg. Une trentaine de personnes, sous l’égide de l’abbé Philippe Blanc, de Caroline Stevens, chargée de communication pour le décanat et de Reto Dörig, aumônier dans les collèges de la ville, ont cherché à mieux donner un sens chrétien à notre engagement écologique. 

« Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse, cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne » écrit le pape Francois dans Laudato Si’. Dans l’encyclique, publiée en 2015, le pape lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté pour une conversion intérieure et concrète. Il s’appuie sur toute la pensée sociale de l’Église et appelle à une « révolution culturelle » en faveur de l’écologie intégrale. La démarche du texte s’enracine dans une analyse des crises écologiques et sociales de notre temps, puis dans un retour sur la théologie de la création, pour en venir à la mise en évidence des racines spirituelles des maux dont nous souffrons. 

Dans cette encyclique, l’Église parle d’écologie intégrale pour bien faire comprendre que nos démarches ne peuvent pas se limiter aux seules questions environnementales. Dans un souci de cohérence globale, la dynamique de l’écologie intégrale intègre la vie spirituelle, le respect de la dignité de la vie et l’exigence de fraternité et de justice sociale. « Une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, pour écouter tant la clameur de la terre, que la clameur des pauvres » peut-on lire dans l’encyclique. 

La Lettre, pour vivre Laudato Si’

Tout le monde n’a pas lu Laudato Si’. Près de huit ans après la publication de l’encyclique, son message n’est toujours pas connu et la crise écologique de notre maison commune s’est aggravée de manière considérable. Comment atteindre plus de monde ? C’est ainsi que l’idée de réaliser un film documentaire est née. Réalisé sous l’impulsion du Saint-Siège, il est sorti en octobre 2022. Selon le scénario, pour vivre Laudato Si’, le pape François invite à Rome, des protagonistes représentant la voix des périphéries. La voix des pauvres, de ceux qui sont mis de côté avec Arouna Kaudé du Sénégal, la voix des peuples indigènes avec le chef Dada Odair de l’Amazonie, la voix des jeunes avec Ridhima Pandey d’Inde et enfin la voix de la nature sauvage avec Robin Martin et Greg Asner de Hawaï. 1h20 de film pour dire que l’avenir ne sera bâti que si nous sommes soudés.

Le documentaire La Lettre a été présenté par Caroline Stevens et Reto Dörig en prélude à l’atelier d’écologie. Avec un constat, partagé par bon nombre : le sentiment d’impuissance face à l’ampleur de la tâche et que la minuscule action que chacun n’aura pas un grand impact sur l’amélioration de la planète Terre. 

Les mains dans la terre

D’où l’intitulé de cet atelier sous le signe « mes mains dans la terre » pour cibler les actions concrètes que chacun peut être amené à faire dans sa vie et son domaine d’activité afin d’éviter la désillusion et l’inaction. « Il faut faire, mais il faut savoir pourquoi nous le faisons. Le but de Laudato Si’ est de donner un sens à nos actions écologiques » explique l’abbé Blanc. D’autres ateliers vont suivre durant cette année.

« Le pape a fait son travail, à nous de faire le nôtre » encourage Philippe Blanc. Les idées ont fusé : la mobilité, la sobriété énergétique, l’utilisation d’internet ou la responsabilité des multinationales. Mais c’est surtout le sentiment que cette lutte pour un monde meilleur doit venir des fidèles  « d’en bas », pour reprendre les mots d’une participante, qui prédomine. Avec d’abord une meilleure prise de conscience du message du pape et ensuite des actions locales, voici la route à suivre pour celles et ceux qui ont choisi de passer une soirée à penser un monde meilleur. 

« On s’habitue aux naufrages, aux décès et aux échecs et cette attitude est terrible » affirme le pape dans La Lettre. Il nous faut donc trouver une forme de confiance pour éviter ce qu’un jeune affirme avec une certaine forme de découragement : « On nous questionne, mais l’on ne nous écoute pas. » Comme l’affirme une participante : « l’Église c’est nous et si nous voulons que l’Église change, c’est à nous de changer ». 

En tant que chrétien, nous avons la responsabilité de la Création.

La solitude des prêtres

PAR JUDITH BALET HECKENMEYER
PHOTOS: JUDITH BALET HECKENMEYER, FRANK JULLIARD

Lorsque ce terme est évoqué, de suite vient à l’esprit le sujet du célibat des prêtres. Mais vivre avec quelqu’un au quotidien est-il gage de ne pas ressentir de la solitude? Même au milieu d’une foule, il est possible de ressentir une solitude extrême.

Mais la solitude peut aussi être une bénédiction, car elle permet de mieux se relier au fond de son être. Jésus n’est-il pas parti pour 40 jours dans le désert avant sa grande épreuve ?

Certains religieux vivent en communauté, mais bien souvent les prêtres vivent seuls.

Ils ne manquent certainement pas d’occasions de réunions, de conseils de tous ordres, de rencontres privées avec leurs paroissiens, mais la fonction qu’ils occupent mettrait-elle une barrière à de solides relations amicales, ou à oser demander de l’aide ?

Lorsque des difficultés surviennent dans la vie d’un prêtre, vers qui peut-il se tourner pour partager ? Comment se fait-il accompagner lorsque de grandes remises en questions le taraudent ? Car il ne doit pas toujours être facile d’accueillir les souffrances des autres, de porter leurs malheurs, de les accompagner dans la peine, les deuils, les maladies, leur propre solitude. Comme pour tous les frères humains, les prêtres ne sont pas à l’abri des dépressions, des dérapages (dont l’opinion publique avide de scandales se délecte tant actuellement), des suicides. Bref, des maux qui touchent au fond tous les êtres humains. Et lorsqu’il y a maladie, dans la fin de vie, la solitude leur est-elle plus grande encore ?

Ce n’est que lorsque la solitude est pesante, qu’il est nécessaire de la rompre. Pour aider, il faut une demande. Pour répondre, il faut une question.

Il est donc de la responsabilité de chacun, prêtre ou non, de chercher de l’aide, des soutiens lorsque la solitude devient difficile à vivre ! De même que lorsqu’elle est nécessaire, bienvenue ou appréciée, de la savourer avec délectation.

De la solitude à l’épanouissement

PAR ROMAINE CARRUPT
PHOTO: PHOTO VAL, ST-PIERRE-DE-CLAGES

Le sentiment de solitude ne doit pas fermer le cœur mais l’ouvrir. Le Seigneur appelle à la vie consacrée celui qui garde son cœur ouvert. « »Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.» (Mt 4, 19-20). C’est dans le discernement et en expérimentant des instants de silence dans la solitude de la prière que l’appel prend sens.

Un cœur détaché de soi-même, débarrassé de tout attachement, peut apporter le sens de la solitude, l’ouvrir au désir d’en vivre régulièrement. Un cœur vide se remplit de Dieu et le rend disponible pour aimer comme Jésus nous le demande.

L’amour divin conjugué à l’amour humain est la rencontre au centre de nous-mêmes. Le mystère de la solitude permet d’atteindre la liberté du cœur, il s’ouvre à Dieu et aux hommes.

Le pape François invite les prêtres qui vivent des périodes de ténèbres à ne pas se replier sur eux-mêmes. Il les invite à sortir d’eux-mêmes, à rayonner la joie, à aller vers le monde et apporter la lumière de Dieu qui est en eux pour rejaillir sur le peuple.

Dans le monde actuel du tout, tout de suite, poser des temps de cœur à cœur avec le Seigneur offre une respiration dans la solitude pour libérer le cœur et l’ouvrir à l’abandon, au lâcher-prise, et permettre à Dieu d’œuvrer en nous.

Vivre le célibat dans l’amour du Seigneur ne ferme pas l’accès aux véritables amitiés. C’est l’ouverture à la découverte de pouvoir aimer quelqu’un pour ce qu’il est, comme le Christ l’a aimé, et ainsi s’épanouir au-delà de l’érotique et du charnel.

Le besoin de relations humaines est légitime, Dieu est Dieu, il peut sembler parfois éloigné. Le confrère, le collègue, une personne avec laquelle nous sommes liés par une amitié profonde, avec laquelle nous partageons une véritable amitié spirituelle dans un dialogue chaste et constructif peut combler ce besoin.

Le prêtre. Qui est-il ?

PAR DANIÈLE CRETTON-FAVAL | PHOTO: ALPHONSE DARBELLAY

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon appelé Pierre, et son frère André occupés à pêcher. Il leur dit: «Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt laissant leurs filets, ils le suivirent, et il les envoya pour que se répande la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre.»

Comme eux, le prêtre s’est senti appelé, un jour, et il a répondu « oui ». Il a fait don de sa vie, qui englobe son avenir, ses facultés, ses joies, ses souffrances, ses rêves de foyer, enfin, l’offrande totale de son soi. Le prêtre accepte cet « Allez » de Jésus avec les scénarios et les défis toujours inconnus de cette vocation au service de Dieu et des autres.

Le prêtre vit aujourd’hui dans une société où les inquiétudes sont nombreuses, avec ce sentiment de ne plus être entendu, lorsqu’il parle d’évangélisation. On pourrait affirmer avec Isaïe : « Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler de toi. » Hélas, souvent, la Bonne Nouvelle se dilue dans les forces incontrôlables dues à la fuite en avant de la mondialisation, de l’économie, des technosciences, des médias, des réseaux sociaux, de la perte de notre culture judéo-chrétienne, qui fut à l’origine de notre démocratie, et résultat : ce tout amalgamé vient nous embrumer le cœur et l’esprit.

Le prêtre, en plus de semer le riche trésor de la Parole avec foi, pour faire croître le Royaume de Dieu ici-bas, doit encore trop souvent avoir des facultés entrepreneuriales pour que la paroisse fonctionne bien dans ses besoins et services matériels qui sont nombreux en ce temps de complexités tout azimut.

Le prêtre, comme le dit notre pape François, est celui qui doit veiller jalousement à ne pas se laisser voler l’enthousiasme missionnaire, la joie de l’Evangile et l’espérance ! Il est chargé de nous arracher au pessimisme ambiant, et nous aider à reprendre conscience des trésors et des ressources contenus et offerts lors de la célébration de l’Eucharistie, par les sacrements et dans les Evangiles. Semer, ressemer sans fin la Parole par l’écrit, par la voix, par la patience, tel est le charisme du prêtre. Servir et encore et toujours servir dans la fidélité à la Parole donnée le jour de l’ordination, dans un combat personnel que la vie impose.

Le prêtre, il est vrai, reçoit la grâce et la miséricorde du Père pour être son disciple, et que Sa Grâce est toute-puissante, mais, j’ose penser quand même que « prêtre » est un sacré job !

Pour conclure : revisitons la prière que sainte Faustine a reçue de Notre Seigneur : « Aujourd’hui, amène-Moi les âmes sacerdotales et religieuses ; immerge-les dans mon Insondable Miséricorde. Elles m’ont donné la force d’endurer ma douloureuse Passion ; c’est par elles, comme par des canaux, que ma Miséricorde et mon Amour se déversent sur l’humanité souffrante. »

Témoignages de nos quatre prêtres

La solitude par Bernard Maire

Photo: Robert Zuber

D’après le dictionnaire, est solitaire non seulement celui qui est seul par obligation, mais aussi celui qui aime à être seul ou à vivre seul par désir ou par besoin. La solitude est donc l’état d’une personne seule, retirée du monde, qui la subit ou qui la cherche.

Je l’imagine pourtant comme une personne tout de noir vêtue : elle me rencontre lorsque je suis vulnérable, lorsque je n’ai pas pris le temps de méditer la parole de Dieu, ou encore de prier l’Office divin.

Elle est ingrate, sournoise et elle se trouve cachée quelque part en moi. Je n’ai pas de remède infaillible, ni de médicaments, aucune potion… rien si ce n’est de me remettre en route et de retrouver la puissance de la prière et de l’Evangile dans le quotidien de ma vie ! ou encore de me laisser faire par Dieu.

C’est Jean Rostand qui a dit : « Etre adulte, c’est être seul ! » On ne le dira jamais assez fort : cette solitude-là peut être féconde et enrichissante quand elle est choisie, souhaitée, voulue, à l’instar du Maître qui aimait à se retirer loin de la foule, pour méditer et prier.

Un temps pour soi par Bruno Sartoretti

Photo: Camp Biblique Œcuménique de Vaumarcuse

Est-il bien judicieux de parler de la solitude du prêtre ?

Le ministère qui nous est confié nous invite à la rencontre des personnes de la communauté afin de répondre à leurs désirs spirituels. Et ils sont nombreux ces désirs, et variés. Pour mieux réaliser la mission, il faut sortir des sentiers battus, de nos églises bâtiments afin de rencontrer l’Eglise vivante, donc prendre le temps d’aller en commissions au village, de prendre un café avec une personne rencontrée sur le chemin, de prendre le temps de discuter, … Il n’y a pas de sentiment de solitude, mais plutôt un sentiment de vie partagée, d’accompagnements mutuels, de soutiens et d’échanges comme dans une grande famille.

Mais il faut aussi des temps pour soi. Des temps pour se ressourcer, pour prier, pour lire la Parole de Dieu,… Des temps pour prendre soin de son corps afin de garder une santé qui permette les rencontres. Si ces temps demandent une certaine solitude, ils sont surtout des temps pour mieux vivre ensemble.

La solitude du prêtre n’est pas un poids qui m’opprime, mais des temps qui m’invitent à mieux préparer la vie de la grande famille de Dieu. La solitude n’est pas un temps où je me sens persécuté ou oublié, mais un temps que je mets à profit pour mieux laisser la place à Dieu, pour qu’Il puisse mieux vivre en moi afin que je puisse mieux le proclamer et en témoigner plus.

Merci donc à vous, les paroissiennes et paroissiens, qui êtes de ma famille. Vous me donnez beaucoup d’espoirs et d’envies par vos paroles et vos présences, par vos bonjours et vos questions, par vos sourires et vos saluts. Merci de faire de moi un homme debout, ressuscité, parce que vous me donnez la présence qui supprime la solitude.

La solitude par Robert Zuber

Photo: Robert Zuber

La solitude je l’ai vraiment rencontrée au moment du Covid où elle est devenue très négative, lourde et presque invivable. Il a fallu l’apprivoiser en donnant un sens à cette nouvelle réalité. Cela a été possible car j’ai osé ouvrir mon cœur à des proches et à un frère prêtre.

Ce qui m’a tenu et qui me pousse à continuer mon ministère dans la joie et la confiance ce sont tous les regards échangés, les sourires, les partages et les rencontres. Et aussi tous ces moments de prière, de célébration, de méditation de la Parole.

Pour moi l’essentiel c’est de rester en relation avec Dieu et avec les autres, c’est aussi la certitude que Jésus conduit son Eglise, les communautés et donc mon ministère.

Aujourd’hui la solitude est un chemin que je prends avec Jésus et Marie, en communion avec celles et ceux qui peinent et qui sont en souffrance.

J’ai encore mieux saisi qu’au cœur de ma solitude, il y a une Présence d’amour qui m’invite à m’ouvrir à Lui et aux autres pour mieux vivre et pour mieux aimer.

Apprivoiser la solitude par Rémy Delalay

Photo: Rémy Delalay

Durant mes 20 années de vie monastique, j’ai appris à apprivoiser la solitude. Comme dans ma cellule monastique, je n’ai à la maison ni radio ni télévision. Le silence à la maison apaise et aide à écouter son cœur et l’Esprit qui parfois se manifeste. J’ai l’habitude des repas en silence et du travail solitaire. Le silence extérieur n’est pas synonyme de solitude intérieure. Bien au contraire, il aide à porter ses proches et le monde dans la prière et les laissent se rendre présents par la communion des saints. Je ne me sens ainsi pas seul.

Dans le ministère, je suis bien entouré par les Conseils de communauté et les Conseils de gestion des différentes paroisses dont j’ai la référence. Les catéchistes, les sacristains et sacristines sont aussi importants et je les rencontre très souvent. On partage toujours un moment fraternel avant les célébrations.

Paradoxalement, c’est quand je suis avec beaucoup de monde que je peux me sentir très seul. Quand l’église est pratiquement pleine et que presque personne ne répond, quand je dois prier le Notre Père pratiquement seul au micro, alors oui, je me sens horriblement seul et triste. Quand je me suis retrouvé plusieurs fois à la messe de semaine seul avec la sacristine, alors oui, je me sens seul et triste. Ces moments sont des instants dans le brouillard, comme sur la photo, mais ils ne durent pas longtemps car le soleil brille en dessus. Et autour de moi, bien des personnes ont des fardeaux bien plus lourdes à porter.

Seigneur, à quoi bon ?

PAR LE PÈRE LUDOVIC LÉCURU | PHOTO: PIXABAY

Rien de ce que j’ai accompli pour toi ne semble porter du fruit.

Jusqu’à présent, j’ai cherché à te suivre.

Finalement je ne sais plus où est le chemin.

J’ai prié davantage, et je ne suis pas plus fort(e) qu’avant.

Je me suis rappelé ton amour, et je me sens bien seul(e).

Je sais que Jésus aussi a connu l’insuccès.

Après son discours dans la synagogue de Nazareth, les gens ont voulu le précipiter du haut de la falaise.

Ses concitoyens ont voulu le lapider.

Les Pharisiens ont conspiré contre lui et fomenté de faux témoignages pour le perdre.

Les gens lui ont préféré Barabbas le bandit.

Jamais, cependant, il ne s’est laissé décourager par les événements.

Il ne s’est pas scandalisé de ce qui lui arrivait.

Il a aimé les siens jusqu’au bout.

Pardonne-moi quand je ne m’appuie plus sur toi avec foi.

Même quand je suis découragé(e), ta grâce est toute-puissante.

Même quand je suis fatigué(e), tu es ma force.

Même quand je compte plus sur moi que sur toi, tu ne m’abandonnes pas à mes pauvres forces.

Assure mes pas sur le chemin de ma vie. Tout est bien, Père, car tu es là.

Amen.

La solitude du prêtre

PAR L’ ABBÉ LÉONARD BERTELLETTO, CURÉ
PHOTO: RAPHAEL DELALOYE

«Il n’est pas bon que l’homme soit seul» (Ge 2, 18) dit Dieu dans le premier des livres de la Bible, le livre de la Genèse. Selon saint Paul, l’apôtre est «mis à part» pour exercer sa mission. Comment concilier ces deux injonctions de l’Ecriture? L’Eglise latine a tranché depuis longtemps, imposant à ses ministres la loi du célibat sacerdotal. Le prêtre est un homme «seul». Ainsi le veut la Tradition. De plus, la communauté, les confrères, ne sont plus aussi porteurs qu’auparavant.

Souffre-t-il parfois de solitude ? Morale, affective ? Poser la question, c’est y répondre. Une disponibilité plus grande est sans conteste laissée à qui choisit cette façon de vivre. Il y a des prêtres qui ne comptent pas leur temps. Mais d’immenses difficultés surgiront dans l’existence de ces hommes seuls si l’équilibre n’est pas trouvé. L’histoire de l’Eglise est affligée d’incessants problèmes à ce propos, de scandales, même. Ces comportements déviants n’évangélisent personne.

Dans l’Eglise de Rome, on ne sait, on ne veut résoudre ces problèmes récurrents. On préfère que l’Eglise se meurt et se suicide petit à petit plutôt que de réformer ce qui doit l’être. Que restera-t-il de notre Eglise d’ici 20 ans ? J’imagine – mais qui suis-je pour me permettre un avis sur la question – l’existence d’un clergé marié, sur le modèle de celui qui anime les paroisses de l’Eglise d’Orient, ce qui n’empêcherait pas que des prêtres célibataires déploient leur charisme, dans le cadre de communautés fraternelles suivant une règle.

Vivons dans la sérénité et l’harmonie, quel que soit notre état de vie, en cultivant l’essentiel, notre foi en Jésus-Christ, dispensateur de vie et d’amour. Que celui-ci comble chacun !

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