Fabienne, notre vicaire !

PAR THIERRY SCHELLING 
PHOTOS : CATH.CH / BERNARD HALLET

Le 1er septembre, dans sa paroisse, Fabienne Gigon a été « missionnée » Représentante de l’évêque à Genève. Vicaire, en quelque sorte, parce qu’avec le pape François, les choses bougent : c’est le baptême vécu qui permet à un responsable d’Eglise locale de mandater un ou une collègue comme responsable, chef.fe. Qu’il ou elle soit ordonné.e. ou pas (même si le langage inclusif est encore non réalisé).

Une centaine de collègues et de paroissien.ne.s rassemblée à Notre-Dame-du-Peuple au Grand Lancy, a entouré celle qui succède à Pascal, Pierre, et d’autres prêtres appelés vicaires épiscopaux.

Nous aurons la chance aux Eaux-Vives /Champel de la rencontrer un samedi matin de novembre, pour créer du lien, écouter et se réjouir de servir le Seigneur chacun.e avec charismes et limites, enthousiasme et joie, et à sa place – celle confiée par notre évêque.

Avec Fabienne Gigon, l’évêque auxiliaire émérite Mgr Pierre Farine, Mgr Morerod, l’abbé Philippe Matthey (de g. à dr.) l’assemblée a récité le Credo.
De gauche à droite Mmes Ruffieux et Pohl-Henzen (FR fr. et all.), M. Barbey (NE) et Sœur Marie-Emmanuel (vie religieuse).

Un monument vivant

Le natif de Fully, ici en compagnie de Benoît XVI.

Les travaux de rénovation de la caserne de la Garde Suisse pontificale au Vatican débuteront en 2026. Christian Richard a été membre de la plus petite armée du monde pendant quinze ans. Durant ses années de service, le natif de Fully s’intéresse aux origines du corps militaire dont il fait partie. Nous avons saisi la hallebarde pour l’interroger sur la nouvelle caserne. Rencontre.

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER, OSSERVATORE ROMANO

La Cité du Vatican appartient intégralement au Patrimoine mondial de l’humanité. Qu’est-ce que cela implique pour la rénovation ?

Lorsque les bâtiments sont inscrits, cela devient difficile de les modifier. Il faut une vraie justification. Dans le cas de la caserne, le bâtiment absorbe l’eau de la nappe phréatique située sous la cité du Vatican, lors de fortes pluies. Cela devient donc extrêmement difficile de l’entretenir selon les conditions de l’UNESCO. On parle même d’un risque d’effondrement. Malgré cela, le dossier préparé par la Fondation (ndlr. pour la rénovation de la caserne), doit être examiné par l’UNESCO pour en obtenir l’aval.

L’aspect écologique de la rénovation de la caserne est également très important ?

Exactement ! Construire sans lien étroit avec le développement durable va contre le bon sens pour l’avenir. L’un des exemples : une grande partie des déchets de la démolition seront rebroyés et réutilisés pour la construction de la nouvelle caserne. Toutes les installations seront évidemment aux normes actuelles de durabilité. Il y aura aussi un système de recyclage de l’air permettant d’avoir de la climatisation naturelle. Le développement durable est d’actualité au Vatican. Cela fait déjà plus de 15 ans que des panneaux photovoltaïques ont été installés, sur l’aula Paul VI (ndlr. la salle d’audience). A l’époque, ce fut une petite révolution.

Est-ce que la nouvelle caserne pose des défis techniques, militaires ou sécuritaires ?

A plus d’un titre, c’est le cas. Le mur d’enceinte pose déjà un défi diplomatique, car il délimite la frontière entre deux états. A la base, on parle de raser un bâtiment et d’en construire un nouveau, mais les rapports entre le Vatican, l’Italie et l’international sont imbriqués. Cela nécessite donc énormément de temps. Un autre exemple : la hauteur du nouveau bâtiment ne devra pas dépasser celle des colonnades, afin de ne pas faire ombrage à l’œuvre du Bernin. Ou encore la volonté de déplacer l’actuelle fontaine de la Cour d’honneur, de percer une porte dans ce mur d’enceinte pour réhabiliter l’ancienne voie de pèlerinage qui passait au travers de la cour.

Des voix au niveau politique se sont élevées pour contester la contribution financière allouée par la Confédération…

La Garde Suisse peut être vue de deux manières différentes. Tout d’abord comme garde catholique suisse au service exclusif du Vicaire du Christ et d’autre part, comme « monument vivant », faisant office de « carte de visite diplomatique » au Vatican, dont le rayonnement est mondial. Si l’on se limite à l’aspect confessionnel, je peux comprendre que cela puisse froisser la sensibilité religieuse de certaines personnes. D’autre part, ce n’est pas la première fois que la Confédération soutient financièrement une construction suisse dans le Vatican. Au début du XXe siècle, la chapelle de San Pellegrino degli Svizzeri, rongée par l’humidité, a fait l’objet d’une campagne de soutien en Suisse. La Confédération, par l’intermédiaire du Département de l’Intérieur et du Comité de la Société suisse des Monuments historiques, avait octroyé une subvention fédérale pour la restauration de la chapelle.

En même temps, tout dans cette caserne relie d’une manière ou d’une autre à la Suisse…

Oui complètement ! On peut même parler d’un « petit morceau de Suisse » au Vatican.

Biographie express

Né à Fully en 1970, Christian Richard est ancien sergent de la Garde Suisse pontificale de 1993 à 2008. Durant ses années romaines, il étudie l’histoire de cette armée si particulière. Six mille heures de travail et de passion plus tard, il publie, en 2019, aux éditions Faim de siècle, La Garde Suisse Pontificale au cours des siècles. Aujourd’hui, il poursuit sa carrière dans le monde du livre en tant qu’employé de la Médiathèque-Valais à Sion, un ancien arsenal réhabilité. Le monde militaire se cache aussi où on ne l’attend pas !

Sortie paroissiale du samedi 8 octobre

PAR FRÉDÉRIC MONNIN
PHOTO : WIKIMEDIA

La destination de cette année est le Monastère Royal de Brou (Bourg-en-Bresse), monument historique parmi les plus beaux de France.

Les participants seront accueillis en matinée par les Sœurs Dominicaines du Cœur immaculé de Marie, pour la célébration de l’eucharistie et le repas de midi (pique-nique tiré du sac).

La visite du Monastère de Brou se fera dans l’après-midi, avant le retour à Saint-Paul en fin de journée.

Voyage en car (départ vers 8h30). Prix pour la journée : Fr. 20.– par personne (gratuit pour les enfants jusqu’à 12 ans).

Inscriptions auprès du secrétariat jusqu’au 5 octobre à midi.

Vitrail du baptême du Christ Jean Prahin, Saint-Pierre-et-Paul (Le Brassus)

Il y a certes deux fils, mais un seul amour du Père.

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

Proposer sur le même vitrail le baptême du Christ (Luc 3, 21-22) et le retour du fils perdu et retrouvé (Luc 15, 11-32) n’est pas forcément une évidence. Jean Prahin choisit pourtant de lier les deux scènes. L’artiste ayant une grande connaissance des textes religieux, ce ne peut être un hasard.

Au premier registre, le père accueille son fils dans une représentation que nous connaissons bien. En arrière-plan, sur la gauche, une servante présente « le plus beau vêtement » (Luc 15, 22), symbole de la fête des retrouvailles. Sur la droite, le fils aîné toise la scène de toute sa supériorité, refusant de prendre part à la joie.

Au second registre, Jean baptise Jésus. La main qui descend sur eux rappelle les Cieux ouverts et la voix du Père qui déclare : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » (Luc 3, 22)

Ce vitrail nous parle de deux fils. Un fils qui revient auprès de son père après avoir cédé à la tentation. Un autre fils qui va être envoyé au désert pour affronter la tentation dont nous savons déjà qu’Il sortira victorieux. Un fils qui est parti loin de son père et un autre qui lui restera fidèle jusqu’au bout. A première vue, tout les sépare. Il semble d’ailleurs que nous soyons invités à n’en imiter qu’un des deux.

Toutefois, c’est le plus important qui les lie. Il y a certes deux fils, mais un seul amour du Père. Un Père qui se réjouit de notre présence, quel que soit le chemin que nous ayons parcouru. Une joie que mentionnent les deux extraits d’Evangile.

Nous sommes certes appelés à suivre et imiter Jésus, mais il serait dommage d’écarter trop vite le fils perdu. Parce qu’au final, le seul fils que nous ne sommes pas invités à imiter, c’est le fils aîné, celui qui refuse de partager la joie de son Père. En effet, si le Christ est un exemple parfait de la relation au Père, le fils perdu est le rappel que quoi qu’il arrive, nous pouvons toujours revenir. Et Jésus est le Fils envoyé pour que nous puissions revenir au Père.

Sur le parvis du temple

A la Pastorale des Milieux ouverts, l’Eglise remplit pleinement son rôle prophétique, d’une part, en interpelant l’Etat et la société sur la grande précarité. Et d’autre part, en ne réduisant pas les personnes à leurs étiquettes, tout en les rendant acteurs du changement.

PAR MYRIAM BETTENS 
PHOTOS : PASTORALE DES MILIEUX OUVERTS

Les framboises du potager font le bonheur des petits comme des grands. 

« A Genève, si l’on est pauvre, c’est parce qu’on n’a pas réussi ou qu’on est à l’aide sociale. En bref, on est un poids pour la société », détaille Inès Calstas concernant le regard porté sur la grande précarité. Elle poursuit : « Il y a beaucoup de culpabilité et de honte, alors que la grande précarité n’est jamais un choix ! » Provoquée bien souvent par « des accidents de la vie, de grandes cassures, voire même des injustices sociales », cette misère s’est matérialisée dans les interminables files d’attente pour des biens de première nécessité, lors de la crise Covid. Les Genevois ont-ils pour autant pris conscience que derrière la façade d’une des villes les plus riches du monde se cache une vraie détresse ?

« Il est certain que cela dérange et questionne beaucoup. On peut vite tomber dans le refus de cette réalité ou la critique en se donnant des réponses pour éviter de se confronter à cette grande précarité. La question est de savoir comment réagir à cette misère ? Est-ce qu’on se barricade ou on choisit d’essayer de faire quelque chose pour changer la situation ? » A la Pastorale des Milieux ouverts, on a choisi la seconde option en rendant les personnes en situation de grande précarité acteurs de ce changement.

Par le biais de « cercles de conversation », toutes les activités de la pastorale ont été choisies et planifiées ensemble. L’atelier couture permet d’acquérir des compétences dans ce domaine et de vendre les créations sur la boutique en ligne de la pastorale. Les potagers urbains, quant à eux, offrent l’opportunité de partager la récolte tout en faisant connaître ceux qui vivent la précarité au quotidien. Outre cela, la pastorale « essaie de trouver des partenariats avec des associations ou des entreprises pour donner un espoir de sortie de la grande précarité. Ces personnes sont motivées et capables. Le rôle de l’Eglise est aussi de déceler l’immense potentiel que ces personnes possèdent ».

Au service, mais comment ?

Une chose que la Pastorale des Milieux ouverts accomplit et dont on ne se rend pas compte ?
Inès Calstas : Une des choses que l’on ne sait peut-être pas concerne les mendiants. J’ai vu certaines de ces personnes mendier à genoux à la rue de Lausanne. Actuellement, elles ont un emploi. Je n’affirme pas qu’elles soient complètement sorties de la précarité, il ne faut pas se méprendre. La Pastorale des Milieux ouverts n’est pas une baguette magique qui fonctionne sans effort. Par contre, je crois qu’il est possible de sortir des personnes de la grande précarité, si on n’y met les moyens, de la bonne volonté, que l’on croit en Dieu et dans l’être humain. Nous avons relevé ces personnes qui mendiaient à genoux. Aujourd’hui elles sont debout.

Quel « service » apportez-vous aux Genevois, de manière générale ?
IC : Nous renflouons les caisses de l’Etat ! (rires). Nous avons un système pour les personnes en grande précarité et très endettées. Elles peuvent effectuer un travail bénévole à la ville de Genève ou auprès d’associations. En contrepartie, nous recevons de l’argent de fondations et de personnes qui croient en nous. Par ce biais, nous pouvons payer des dettes, qui autrement auraient été transformées en jour de prison. Ce procédé coûte cher à l’Etat et brise des personnes. Dans cette démarche, nous acceptons aussi en stage des jeunes soumis à un travail d’intérêt général ou lors de l’exécution d’une peine sous forme de surveillance électronique [bracelets, ndlr.]. Les stagiaires sont donc parfois des personnes à qui nous évitons la prison.

En librairie – septembre 2022

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

La messe vécue pour les enfants
Maria Montessori

Si la pédagogie fondée par Maria Montessori est connue dans le monde entier, sa vision du catéchisme l’est beaucoup moins. Fervente catholique, elle s’est pourtant attachée à appliquer les grandes lignes de sa pédagogie à la transmission de la foi auprès des enfants. « La mère qui emmène son petit enfant avec elle à l’église, prépare un sens religieux en lui qui ne peut être suscité par aucun enseignement », déclare-t-elle notamment. Ainsi, Maria Montessori était convaincue de la grande capacité des tout petits à saisir le surnaturel, et de l’importance de leur parler de Dieu comme d’un père bienveillant et protecteur, tout amour. Dans ce livre, on retrouve l’intuition fondamentale de Maria Montessori : donner à un enfant non pas une instruction, mais un accompagnement de son développement pour s’unir au Christ.

Editions Artège

Acheter pour 26.30 CHF

Trois jours et trois nuits
Ouvrage collectif

« Les écrivains ont aimé Lagrasse. Là-bas, ils ont trouvé des amis, des conseillers, des guides, des hommes simples surtout. Personne n’était là pour convaincre l’autre. Mais le pari n’était pas gagné d’avance », écrit Nicolas Diat dans sa préface.

Que s’est-il passé dans cette abbaye des Corbières, entre Carcassonne et Narbonne ? A l’ombre de bâtiments immenses dont la fondation remonte au VIIIe siècle, quarante-deux jeunes chanoines mènent une vie de prière placée sous l’égide de la Règle de saint Augustin. Pendant trois jours et trois nuits, quinze écrivains les ont rejoints pour partager leur quotidien. Office, étude, travail manuel, promenade, repas, ils ont eu le privilège d’être sans cesse avec eux.

Voici les beaux récits de ces expériences inoubliables, pleines de péripéties et de surprises…

Editions Fayard

Acheter pour 37.50 CHF

Dieu n’est pas mort
Vance Null

Après une inspection du gouvernement local, le révérend Dave est appelé à Washington, DC pour défendre un groupe de familles chrétiennes mis en cause pour faire l’école à la maison. Convaincu que le droit d’éduquer ses propres enfants est une liberté qui vaut la peine d’être défendue, le révérend Dave s’engage dans cette affaire qui déterminera l’avenir de la liberté religieuse du pays tout entier. Après le succès des trois premiers volets, voici le quatrième de la série Dieu n’est pas mort. Ce film DVD se veut pourfendeur des idéologies dominantes qui se disséminent dans les programmes scolaires et dans les écoles, et comme le dit le révérend Dave, la Bible « barre la route au relativisme moral, à ceux qui confondent le bien et le mal ». Un film qui fait du bien en cette période afin de rappeler quelques fondamentaux.

Editions SAJE

Acheter pour 30.00 CHF

Le grand cahier de jeux catho
Camille Pierre et Sophie Mullenheim

Ce cahier de jeux est destiné à toutes les familles qui souhaitent découvrir et transmettre les grandes thématiques de la foi chrétienne en s’amusant. Chaque page propose des jeux de toutes sortes : rébus, mots fléchés, points à relier, arbres généalogiques à compléter, textes à trous, charades, devinettes… il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges (3 niveaux). Plus de 130 jeux à réaliser seul ou en famille !

Editions Mame

Acheter pour 15.80 CHF

Pour commander

Nominations

PAR L’ABBÉ PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL
PHOTOS : DR

Chères amies et chers amis des équipes pastorales et des Conseils des unités pastorales (UP) La Seymaz et Eaux-Vives-Champel,

Nous sommes très heureux de vous annoncer les nominations, pour vos deux UP, pour cette rentrée pastorale :

Mme Astrid Belperroud, animatrice pastorale, et l’abbé Sviatoslav Horetskyi, prêtre auxiliaire.

Tous les deux sont nommés sur les deux UP, avec la perspective d’un élargissement à une grande région « Rive gauche ».

Evidemment, les personnes déjà nommées, ne vont pas recevoir une nouvelle nomination, mais nous leur demandons, dès maintenant, de travailler à établir des synergies intra UP et entre UP. C’est ainsi que toutes et tous sont invités à vivre cette synergie sectorielle.

En vous remerciant de faire bon accueil à Mme Astrid Belperroud et à l’abbé Sviatoslav Horetskyi, et de continuer à apporter votre soutien à vos équipes pastorales, je vous adresse mes salutations fraternelles.

Une nouvelle jeunesse pour l’Eglise

PAR AUDREY BOUSSAT
PHOTO : JOAO CARDOSO

Réjouissons-nous, car notre Eglise est vivante, habitée par de jeunes paroissiens rayonnants d’enthousiasme. C’est l’heureux constat que j’ai dressé en préparant ce bulletin : des enfants ont récemment fait le choix d’être baptisés (p. 10) tandis que d’autres jeunes ont fait leurs premiers pas vers l’autel pour communier (pages 10, 13 et 17) ou sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (page 4). Souriants et épanouis, ils sont le visage de l’Eglise de demain, composant une grande famille universelle où il fait bon vivre.

Grandir en Eglise, c’est faire des rencontres nourrissantes qui nous accompagnent sur le chemin de l’existence. C’est se construire avec des personnes qui partagent nos valeurs, qui croient en Dieu et qui l’aiment ou apprennent à l’aimer. On s’y sent bien, accueilli, valorisé, avec la certitude de pouvoir vivre sa foi en toute simplicité et sans craindre d’être jugé. Les moments de partage et de convivialité jalonnés de rires sont nombreux; mais croire en Dieu signifie aussi disposer d’un refuge dans les épreuves ou quand on ressent le besoin de pleurer ou de se confier à quelqu’un.

Une nouvelle génération se construit, épaulée avec amour et patience par les précédentes. Accompagnés par leurs proches ou des personnes engagées en pastorale qui les inspirent et les façonnent, ces jeunes portent sur l’Eglise un regard neuf et authentique. Ils appuient leur foi sur les valeurs transmises par le Christ avec une vigueur et une détermination propres à un âge où l’on s’émerveille de tout. Le poids des ans n’a pas encore ridé leur perception de cette institution solide et fiable et ils répondent à l’appel de Dieu avec confiance.

Leur sincérité et leur curiosité sont leurs forces. Ils sont ancrés dans une Eglise qui leur accorde sa confiance et tente de leur offrir des espaces pour s’exprimer et développer leurs dons. Tant mieux, car ces jeunes sont le reflet de Dieu. Jésus n’a-t-il pas dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent » (Marc 10, 14) ?

Quelle que soit la longueur de notre vie, il nous est toujours possible de prendre exemple sur les petits qui nous entourent, véritables sources de joie. A tout âge, on peut décider d’offrir à son regard une nouvelle jeunesse. Et se laisser porter avec sérénité et foi par la belle aventure qu’est la vie du croyant.

A l’école du Christ pédagogue

Le Christ pédagogue, un modèle d’enseignant.

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Construit en parallèle de l’épisode des disciples d’Emmaüs (Luc 24, 13-35) par le même rédacteur, le troisième évangéliste Luc, le récit du cheminement du diacre Philippe avec l’eunuque de la reine Candace offre également une séquence pédagogique spécialement bien adaptée aux écoles catholiques comme à toute entreprise catéchétique et pastorale (Actes 8, 26-40).

Sortir sur les routes du monde

Il s’agit d’abord d’écouter l’interpellation de l’ange du Seigneur, qui nous invite à sortir sur les routes du monde pour y trouver des élèves potentiels en quête de sens à leur vie (1re étape).
Puis de les rejoindre dans les interrogations qu’ils portent, puisqu’ils sont déjà habités par l’action de l’Esprit, lequel toujours nous précède là où il nous envoie. « Comprenez-vous ce que vous lisez et cherchez ? », pouvons-nous demander aux jeunes et à leurs parents, à l’exemple de Philippe à l’adresse de l’intendant (2e étape).

Ensuite, il convient de nous laisser inviter dans leur « char existentiel », afin de nous mettre à leur portée et de déterminer si ce que nous désirons leur offrir peut correspondre à leur attente et combler leur soif (3e étape). Si oui, un projet éducatif selon une charte respectueuse de l’identité de chacun·e peut être établi, au service d’un enseignement structuré et d’un accompagnement existentiel étoffé (4e étape). Viendront peut-être les occasions favorables où les étudiants demanderont à en savoir plus sur la figure du Fils de Dieu de manière à vivre une rencontre personnelle avec lui (5e étape), à partager ainsi la prière et les sacrements (6e étape).

Partage humain et spirituel

Quoi qu’il en soit, qu’il y ait ou non un catéchuménat sacramentel, le cheminement se termine par un effacement des éducateurs, semblable à celui du diacre des Actes, pour laisser s’en aller dans la vie les jeunes, d’où qu’ils viennent et où que se dirigent leurs orientations d’avenir, sous la conduite du Seigneur (7e étape).

Un véritable parcours d’« école buissonnière », auprès du buisson ardent du partage humain et spirituel avec d’autres, avec des formateurs et avec le Christ pédagogue.

Première pour la première des communions !

 

PAR THIERRY SCHELLING 
PHOTOS : DIVERS

Pour nos kids d’année de 1re des premières communions, ce fut… dépaysant : direction Choulex pour leur premier jour de retraite ! Idyllique hameau à l’église de pierres et de bois, à la cure libre attenante à un parc où potager et prairie se côtoient pour célébrer Mère Nature. Et échanger, prier, chanter, jouer, goûter, rire et faire silence… Programme encadré par Marianne et Anne-Marie, et votre curé Thierry S., trop contents de nous délecter de ce temps en campagne voisine.

Le lendemain, retour à St-Jo : salles du sous-sol et du premier étage, église et… Jardin Anglais, pour une 2e journée de prépa tous ensemble. L’esprit de groupe est assuré, et vers 16h, le départ à la maison des un.e.s et des autres témoigne que ce furent deux jours formateurs et ludiques tout à la fois !

Dimanche, grande fête, calme et recueillie… Les enfants avaient déjà fait une première communion en petit comité, à St-Jo (chapelle Saint-Victor) au 2e jour de la retraite, histoire de vivre l’intimité avec le Seigneur présent dans Sa Parole et Son pain. C’était donc la 2e communion, mais la première en présence des familles et de la communauté de St-Jo.

Et devinez quoi ? La troisième communion a eu lieu le mercredi suivant, lors de l’heure de caté : bilan en forme de remerciements, de gratitude, de joies et de souvenirs. Et une célébration de la Parole et de la communion a terminé, ou plutôt, envoyé, ces enfants témoigner dans leur quotidien de ce qu’ils et elles avaient reçu…

Enfants au Togo

 

TEXTE ET PHOTOS PAR L’ABBÉ JEAN-JACQUES AGBO

L’association Enfants au Togo est une association fondée en 2006 par l’abbé Jean-Jacques Agbo sur l’impulsion de quelques amis proches.

Notre but est de venir en aide à des enfants qui en ont besoin au Togo, dans les villes de Lomé ou d’Aneho. Notre volonté est de partager ce que nous avons pour permettre à ces enfants de pouvoir grandir dignement, donc d’avoir de quoi subvenir aux besoins du quotidien. Ainsi nous faisons le lien entre des familles désireuses d’être solidaires ici, en Suisse, avec les structures qui s’occupent des enfants au Togo. A Lomé nous finançons des frais d’écolage pour une centaine d’enfants et à Aneho nous soutenons principalement l’orphelinat Divine Providence qui accueille actuellement autour de 70 enfants. Nous y apportons une aide financière afin d’assurer constamment un minimum de nourriture, ainsi qu’une aide matérielle pour apporter des produits d’hygiène ou des produits plus difficile à trouver sur place.

Notre action est financée par la générosité des personnes qui nous entourent et qui nous connaissent. Nous sommes tous bénévoles et faisons en sorte de n’avoir presque aucun frais de fonctionnement afin de reverser tout ce qui nous a été confié.

Nous sommes sept personnes à faire fonctionner notre association. Nous nous réunissons tous les deux mois selon l’actualité. Cette organisation fonctionne et n’a du sens que si des personnes se sentent concernées par notre action et nous soutiennent financièrement.

Pour cela, vous pouvez retrouver toutes les informations nécessaires sur : www.enfants-au-togo.org

Catholique en quoi ?

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTOS : FLICKR, DR

Pour avoir enseigné dans une école secondaire catholique, je me suis souvent demandé quelles étaient les spécificités d’un tel établissement et en quoi il se distinguait du public. Certainement pas par la multiplication des dévotions extérieures. Et c’est tant mieux ! Mais peut-être par un style d’enseignement qui prend en compte l’intégralité de la personne par un accompagnement spécifique. Souvent, on nous disait : « Ici, on se sent comme dans une grande famille. » Les liens qu’ont gardés les élèves après leur passage témoignaient de cette force de proposition de la foi au-delà des stéréotypes.

A la fin du XIXe siècle, l’Eglise clamait qu’elle avait perdu la classe ouvrière. Aujourd’hui, avec le nombre d’écoles catholiques qu’elle a laissé fermer, on pourrait en dire tout autant du tissu éducatif. C’est dommage ! Les jeunes qui nous étaient confiés faisaient à leur niveau une expérience de foi qu’ils n’auraient certainement pas faite ailleurs ; ce n’est pas forcément eux qui usaient les bancs paroissiaux…

L’école catholique n’est pas un petit séminaire, qu’on se le dise. A l’heure de l’évangélisation aux périphéries, il importe paradoxalement de redéployer des lieux « refuges » à visage humain qui, étant donné leur petite taille, favorisent une annonce personnalisée de la foi au-delà de tout repli et fonctionnarisme.

Ensemble à l’Auberge du Verger

Au courant de l’automne 2021, un petit groupe œcuménique voit le jour. Ses membres souhaitent devenir les compagnons de personnes marginalisées ou en situation de précarité. Grâce à l’engagement de quelques «aubergistes», un lieu de convivialité a été ouvert. Il l’est le jeudi soir de 18h à 20h environ. On y sert un repas simple, on y discute de ses joies et de ses peines, on y partage un moment cordial et fraternel. Vient qui veut.

PAR ROSELYNE RIGHETTI | PHOTO : DR

En route ! Il faut bouger : sortir de ce qui nous enferme, se remuer hors de nos tombeaux ! Le Christ, le Ressuscité, lui, est sorti ! Dans l’Evangile, Jésus bouge sans arrêt : il ne tient pas en place. C’est en marchant qu’il parle. C’est lui qui marche vers nous, où que nous (en) soyons…
« Deux hommes sont en route vers un village du nom d’Emmaüs. Ils discutent. Ils sont tristes, préoccupés, ils ruminent les événements qu’ils viennent de vivre. »

Récemment, un groupe soutenu par les paroisses protestante et catholique ainsi que des membres de l’Eglise évangélique locale s’est lancé dans une nouvelle manière de faire chemin, de s’accompagner les uns les autres et de se soutenir. N’est-ce pas aussi ce qui se passe pour nous ici – comme sur le chemin d’Emmaüs – où, à la place des cailloux du chemin, se trouvent les maladies, les soucis, les tristesses, les questions, les colères, la solitude et tout ce qui peut blesser, séparer ou exclure. On y trouve toutes les souffrances liées à une vie dite marginale, mal vue, mal aimée, dont on s’écarte par effroi, tellement elle nous est étrangère, tellement elle réveille en nous d’anciens démons…

« Ils avancent sur le chemin, mais c’est comme si leur discussion les empêchait d’aller de l’avant. « De quoi parlez-vous ensemble ? » demande l’inconnu qui s’est joint à eux en cours de route. »
Eh bien, du moral qui n’est pas bon ! Car en fait, il s’agit simplement de consoler, rassurer, serrer dans ses bras, accueillir, écouter, se réjouir d’être ensemble, comprendre…

« Un inconnu s’est aussi mis à discuter avec eux des événements du passé, de leurs espoirs et de leurs déceptions. »
Une pastorale de la rue à Martigny ? La P.A.S.T.O. où, sous ce sigle, se cache le désir d’être en Présence, en Accompagnement, en Solidarité avec Tous les Oubliés : ceux qui se sentent oubliés et ceux qu’on a oubliés ! Un lieu où, semaine après semaine, pas à pas, sans autre but que de cheminer ensemble, on poursuit l’aventure. En route aussi dans les ruelles parfois plus sombres de la vie de chacun, mais toujours avec ce mystérieux Compagnon qui écoute si bien, qui comprend si bien…

« Devant l’auberge, sur la place, l’inconnu veut continuer son chemin, mais les deux amis le retiennent : « Allez, reste avec nous encore un moment ! » »
Tous les jeudis, à la salle du Verger (rue d’Oche 9), on s’arrête un peu. On se retrouve pour un repas. On a l’impression de mettre un moment son cœur à la Maison : c’est l’Auberge du Verger.

« Pareil pour cet inconnu, tout près de Jérusalem ! Il a beau être inconnu, oublié du monde, mais la manière dont il écoute et dont il parle, a révélé aux deux amis qu’il était pour eux comme un frère de cœur. »
N’est-on pas tous sur la route d’Emmaüs ? On est tous invités à l’Auberge du Verger, toi, moi, d’autres encore… Et on se rencontre autour de la table ! Une paroissienne est venue un de ces jeudis soir avec un gâteau qu’elle avait confectionné à l’occasion des 50 ans de sa fille qu’elle n’a finalement pas pu voir… Epaté par ce geste, un des gaillards présents s’écrie : « Je peux être votre fils, madame, j’ai 50 ans ! » Joie du matin de Pâques ! Irruption de ce Seigneur qui, dans nos éclats de rire, n’en finit pas de venir… tous les jeudis soir.

Nos ados à Lourdes

Cette année le pèlerinage des « ados de Lourdes » a rassemblé une trentaine de jeunes venus principalement du diocèse de Sion mais aussi de celui de Lausanne-Genève et Fribourg. Ils étaient encadrés par cinq animateurs et deux prêtres. Martine Pannatier et Louna Pincemin de Saint-Léonard y ont participé et nous partagent ce qu’elles ont vécu.

Ados au service
Ados au service

C’est en car que nous avons quitté le Valais vendredi soir vers 19h pour nous retrouver à Lourdes samedi matin à 9h. A peine arrivés, nous avons pris possession de notre campement au « Village des Jeunes ». Les ados logeaient sous tentes alors que les animateurs dormaient dans le chalet attenant, privilège de l’âge ! Les repas de midi étaient pris au réfectoire et préparés par notre formidable équipe cuisine. Quant à ceux du soir, nous les mangions autour du feu de camp.

Sur les pas de Bernadette

Comme nous étions arrivés deux jours avant le reste des pèlerins romands, nous en avons profité pour visiter la région, notamment les grottes de Bétharram. La partie ouverte au public s’étend sur 2,8 km et comprend une impressionnante dénivellation de 80 m. Avec la canicule qui nous guettait à l’extérieur, cette sortie fut très appréciée par l’ensemble du groupe. Nous nous sommes également rendus à Bartrès, petit village à 3 km de Lourdes, où se situe la bergerie, endroit où Bernadette gardait ses moutons.

La majorité de nos activités se passait au sanctuaire ou dans les environs. Pour certaines d’entre elles, notre groupe se séparait. Les plus âgés ont eu la possibilité, tout au long de la semaine, de seconder les hospitaliers et brancardiers auprès des malades et personnes en situation de handicap. Quant à nous, dont c’était la première fois à Lourdes, nous sommes allées marcher sur « les pas de Bernadette » en visitant les lieux où elle a vécu. Nous avons aussi appris à mieux la connaitre grâce à la comédie musicale qui est jouée à Lourdes durant tout l’été.

Lourdes, lieu de grâces

Marie avait dit à Bernadette : « Viens boire à la source et t’y laver. » Nous avons pu passer plusieurs fois à la grotte, boire à la source ainsi que nous rendre aux piscines pour y effectuer le geste de l’eau (l’immersion n’est actuellement plus possible en raison du Covid). Pour accompagner nos prières, nous avons brûlé des cierges aux intentions qui nous avaient été confiées. Au cœur de notre pèlerinage, nous avons vécu un moment fort de communion avec l’ensemble des autres pèlerins lors de la procession mariale.

Notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, était aussi du voyage et a passé la soirée du jeudi en notre compagnie, au « Village des Jeunes ». Nous avons pu lui poser des questions et partager librement avec lui autour d’une raclette.

Vendredi matin, le réveil fut plus difficile que les jours précédents car il était synonyme de rangement du camp. Après la célébration mariale d’envoi et avant de monter dans le car pour rentrer chez nous, nous avons rempli une dernière fois nos gourdes à la source de la grotte en promettant à Marie et Bernadette d’y revenir l’année prochaine mais cette fois avec nos amies.

Notre Dame de Lourdes, prie pour nous !

Ecole buissonnière

Le paysage éducatif romand a longtemps été composé d’écoles et d’instituts confessionnels. Leur nombre s’est fortement réduit. Entre fermetures et reprises par l’Etat, les établissements qui subsistent cherchent à préserver la liberté de développer un projet de société autre que celui de l’Etat, tout en coexistant avec celui de l’école publique.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : FLICKR, PXHERE, DR

Les petits Romands ont repris le chemin de l’école. Près de quatre cents d’entre eux, tous degrés primaires et secondaires confondus, ont été confiés par leurs parents aux bons soins d’un des treize établissements gérés par Instruire.ch, un réseau romand d’écoles privées chrétiennes de sensibilité évangélique. « Les parents ont certaines convictions de foi et souhaitent que leurs enfants soient aussi instruits avec ces valeurs-là », indique Martine Pahud, présidente du réseau Instruire.ch. Le choix des parents de Philippe Walker s’est effectué de manière beaucoup plus prosaïque : « Le Cycle d’orientation avait alors très mauvaise réputation. Ils ont préféré m’envoyer à Florimont durant ces trois ans. » Maintenant lui-même enseignant au secondaire I et II à Genève, il note toutefois que cette option était aussi motivée par le caractère catholique de l’école, correspondant aux convictions de ses parents.

Une liberté de choix ?

« Aujourd’hui, l’optique est davantage d’offrir une meilleure formation à ses enfants ou de les mettre à l’abri d’un certain type de socialisation », relève Sarah Scholl, historienne et maître-assistante à la Faculté de théologie de Genève. Cette sélection éducative stratégique reflète aussi le phénomène de la liberté de choix dans tous les domaines de la vie. Or, à l’heure actuelle, il est possible de choisir son fournisseur téléphonique, mais pas l’établissement scolaire de son enfant. En théorie garanti par le Pacte de l’ONU relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, en vigueur depuis 1992 en Suisse, ce droit est difficilement applicable pour nombre de parents, surtout financièrement. Si cet aspect n’entrait pas en ligne de compte, peut-être que Philippe Walker réfléchirait à scolariser sa fille en privé, « mais avec beaucoup d’hésitations ». D’une part, parce qu’il trouvait ce monde « trop clos » et, d’autre part, à cause de la prise de distance avec l’aspect confessionnel. « Je pense qu’il y a une structure, une organisation et un sérieux vis-à-vis de l’éducation dans l’école confessionnelle, liés à certaines valeurs aujourd’hui estompées. »

En Suisse romande, aucun canton hormis Genève ne différencie les écoles privées confessionnelles des autres.

Une responsabilité collective

« Pendant longtemps, si l’enfant allait bien, il était normal qu’il aille à l’école publique. Le privé était réservé, soit à des enfants de riches, soit à des enfants qui avaient besoin d’un cadre spécifique. Maintenant, beaucoup de chrétiens sont soucieux de savoir à qui ils délèguent l’éducation de leurs enfants », affirme Nicole Rosset, responsable pédagogique à la Bergerie. Egalement associée au réseau Instruire.ch, l’école située à l’Isle (VD) offre des possibilités de soutien pour les familles à plus bas revenus. Martine Pahud relève toutefois que « depuis quelques années, de nombreuses familles sont soutenues par les grands-parents ou les parrains-marraines ». La scolarité des plus jeunes semble donc devenue une responsabilité collective. En réalité, « cette responsabilité collective sur l’instruction des enfants date du XVIe siècle au moins. L’école était aux mains de l’Eglise et avait alors pour objectif premier de former l’identité confessionnelle et les valeurs morales des enfants. L’Etat, a depuis, récupéré cette prérogative », nuance Sarah Scholl. Elle estime d’ailleurs que la coexistence de différents projets éducatifs sert au maintien du pluralisme tout en posant des garde-fous à l’Etat lui-même. De plus, « l’existence d’écoles alternatives peut aussi être une source d’inspiration pour l’école publique et d’innovations pédagogiques ».

La scolarité des plus jeunes semble devenue une responsabilité collective.

Panorama du privé en Romandie

Au niveau cantonal, Vaud remporte la palme avec le plus grand nombre d’écoles privées situées sur son territoire. Suit Genève, le Valais, Fribourg, Neuchâtel et le Jura. Aucun de ces cantons, hormis Genève, ne différencie les écoles privées confessionnelles des autres. Sarah Scholl y voit un indice d’une laïcisation de ces écoles pourtant « nées avec une visée de préservation de la transmission confessionnelle ». Chaque canton « a son propre curseur » quant à la gestion de ces écoles, par ailleurs encadrées dans les lois cantonales. A Genève (2016 et 2017) et dans le canton de Vaud (en cours), ces législations ont été revues, suite à des controverses concernant les écoles privées confessionnelles et l’enseignement à domicile. La polémique a émergé en 2014 lorsque les écoles privées chrétiennes ont été accusées d’enseigner le créationnisme en cours de sciences. Bien que blanchies de tous soupçons, le « dégât d’image a été important », se désole Nicole Rosset, dont l’école est membre du réseau incriminé. De plus, la Loi sur l’instruction publique (LIP) a été revue et durcie après cela.

Mainmise sur les esprits et les âmes

L’expression « école buissonnière » date du XVIe siècle où plusieurs écoles clandestines avaient été créées dans les campagnes en opposition aux écoles des villes dirigées par le clergé. Luther, qui avait du mal à répandre cette nouvelle religion, s’est mis à prêcher dans les bois.

« Il est intéressant de voir à quel point cela a été difficile de reprendre l’école aux églises et c’est ce qui explique la plus grande crise religieuse du XIXe siècle qu’on connaît sous le nom de Kulturkampf », détaille Sarah Scholl. En Occident, le secteur privé a longtemps été dans le giron presque exclusif de l’Eglise, catholique ou protestante. Au XVIe siècle, Luther plaide pour l’instruction des croyants afin de leur donner directement accès à la Bible pour les libérer de la tutelle du clergé. La Contre-Réforme lui réplique par la création de collèges gérés par les Jésuites et des petites écoles chrétiennes. « L’émergence de la laïcité des Etats, au XIXe siècle, est intimement liée à celle de l’école publique obligatoire et du suffrage universel » rappelle l’historienne. « Il y a un réel enjeu d’organiser la liberté d’opinion, la diversité confessionnelle et idéologique. Il faut des instances neutres permettant la coexistence, ce qui explique la laïcité. Même les cantons les plus catholiques sont tenus, à partir de la fin du XIXe siècle, de permettre cette diversité. Ce qui amène à ce que le fait religieux devienne facultatif à l’école et au compromis que constituent les écoles confessionnelles. »

L’apparent silence de Dieu

TEXTE ET PHOTO PAR MARION PERRAUDIN

Dans l’apparent silence,
Où le cri de la prière,
Semble tomber au creux de la terre stérile.
Comme une pluie bienfaisante,
La douceur de la paix irrigue le cœur telle
une ondée apaisante.

Dans l’apparent silence,
De l’absence de Dieu
Lorsque tout semble être néant,
Comme le souffle léger de la brise
Une présence se révèle enveloppant
le cœur de tendresse.

Dans l’apparent silence,
Du souffle créateur du Père,
Lorsque la flamme de l’espérance vacille,
Telle la clarté d’un feu dans la nuit,
La Parole de vie vient éclairer le cœur
par le pardon donné.

Dans l’apparent silence,
De la présence de Dieu,
Cheminant à nos côtés sur le chemin de la vie,
Comme un secret d’amour, simple et discret
Cette présence, sa présence, devient rencontre
du Père et de son enfant.

Dans l’apparent silence,
De la prière qui rejoint le cœur de Dieu,
Dans l’apparent silence,
De l’abandon entre les mains du Père,
La force de l’amour devient réponse
qui relève et raffermit.

C’est dans l’apparent silence,
D’un simple morceau de pain et d’une coupe de vin
Entre les mains du prêtre,
Que le silence de Dieu devient présence.

Ecole buissonnière…

… la conversion de Pinocchio

VICAIRE DENIS LAMON
PHOTO: CC ANDERTOONS

Une nouvelle année pastorale commence, notre histoire avec Dieu continue, rythmée par nos chutes et nos relèvements. C’est un peu comme dans le conte de Carlo Collodi. Le vieil artisan Geppetto décide de créer une marionnette à l’image d’un garçonnet (le corps). La Fée bleue l’anime (l’esprit), Jiminy le criquet devient sa conscience (l’âme). Pinocchio souffre. Bien que marionnette animée, il désirerait être comme les autres humains. Sans doute ne se trouve-t-il pas beau ? Habité par ce malaise, il va tomber dans plusieurs pièges : paresse à l’école, mensonges qui provoquent l’allongement de son nez, fuite au pays merveilleux des jeux pensant trouver la liberté absolue, mais se retrouvant changé en âne et devenant animal de cirque. Pinocchio pensait devenir plus beau en devenant plus libre, et le voilà devenu captif et laid : un animal ! Suite à une blessure son patron le jette à la mer. C’est là que la baleine l’engloutit et qu’il retrouve et sauve Geppetto en faisant du feu pour faire éternuer la baleine et être recrachés sur le rivage. C’est à travers ces actes de bravoure et la droiture de vie qu’il va mener par la suite que la marionnette deviendra un vrai garçon ! Pinocchio est maintenant comme les autres enfants, de pâte humaine.

Belle métaphore de notre condition de créature, de nos blessures et de notre péché.

Belle image de la patience de Dieu dans l’histoire du salut et du travail de la grâce ! C’est en donnant et en se donnant que l’on grandit et que l’on devient meilleur.

Et si notre vraie beauté dépendait de nos actes, de notre sincérité, de notre bienveillance, de notre générosité et de nos efforts. Il nous appartient de l’accueillir comme un don de Dieu qui nous a fait à son image et à sa ressemblance.

Est-ce que Dieu a un genre?

PAR BERNADETTE VON NIEDERHÄUSERN | PHOTO : GEORGES LOSEY

Comment est-il Dieu au féminin ? Quelle image vient à mon esprit ?

Tout d’abord, je me pose la question : « Est-ce que Dieu a un genre ? » Il n’est pas plus masculin que féminin. Parce que Jésus est masculin, j’aurais tendance à imaginer un dieu masculin. En disant notre père aussi, on pense spontanément qu’il est masculin. Il y a en chacun de nous un côté féminin et un côté masculin. Je pense que pour Dieu c’est la même chose, vu qu’on a été créé à son image. Parfois, c’est le côté féminin qui ressort, parfois c’est le masculin. Dans la réalité actuelle, Dieu se manifeste à travers les plus pauvres et les plus humiliés comme ces femmes et ces enfants ukrainiens qui fuient la guerre.

Comme nous dit l’Evangile de Matthieu 25 : « 35 Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; 36 j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. 37 Les justes lui répondront : Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ? 40 … toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. »

Dieu est puissant par l’intensité de son amour pour chacun. Il a un regard compatissant et se met au service. Contrairement à ce qu’on peut s’imaginer, la puissance de Dieu se manifeste grâce à nos faiblesses. Dieu est amour, il est autant féminin que masculin.

Par conséquent, Dieu au féminin, c’est sa miséricorde inconditionnelle.

« L’obéissance est une vertu d’homme libre »*

A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour de Pauline de Gromard (25 ans), étudiante en droit à Fribourg et future carmélite, de prendre la plume.

PAR PAULINE DE GROMARD
PHOTO : DR

Nous commençons par comprendre ce que signifie la liberté, avant même de nous poser la question de son lien avec l’obéissance.

Chaque homme nait avec le libre-arbitre, il est libre de choisir dans le champ des possibles qui s’étend devant lui. Mais la liberté est plus que cela. Celui qui est vraiment libre, selon Thomas d’Aquin, est celui qui réalise effectivement ce qu’il veut et cherche véritablement, à savoir le bien. Et plus haut est le bien atteint, plus il est libre. Seul donc ceux qui réalisent le bien sont dit véritablement libres (Liberté).

Par exemple, nous recherchons une amitié dans le but d’atteindre le bien qu’est l’amour. Or, il arrive que nous nous trompions en prenant pour un bien ce qui n’en est pas un. Ainsi la recherche du luxe à tout prix ou le plaisir de la drogue ne rendent pas heureux, ils ne sont pas des biens que nous voulons vraiment et ne nous rendent pas libres.

Maintenant que nous avons une définition plus claire de ce qu’est la liberté, nous pouvons nous interroger si l’obéissance s’oppose ou, au contraire, permet d’être libre.

Obéir signifie renoncer à sa volonté propre pour accueillir et faire la volonté de celui à qui on se soumet. Cela s’oppose peut-être au libre-arbitre, car cela réduit le champ des possibles. Mais cette obéissance n’est pas accordée à n’importe qui. L’obéissance est due à Dieu, et à l’Eglise que le Christ a instituée. Et concrètement, c’est par l’obéissance aux supérieurs religieux que le religieux obéit à Dieu.

Dieu choisit des médiations pour nous communiquer sa volonté. Par exemple, Dieu s’adresse à la Vierge Marie à travers l’ange Gabriel. Au moment de leurs vœux, les religieux remettent leur volonté dans les mains de leur supérieur et posent comme acte de foi de prendre ce dernier comme médiation de la volonté de Dieu. Celui-ci a été nommé et reconnu par la hiérarchie de l’Eglise à qui il doit obéir et rendre des comptes. Sa mission est de permettre aux religieux qui lui sont confiés, de suivre la voie qu’ils ont choisie. Le supérieur est là non pas pour écraser mais pour élever. Pour obéir vraiment, il faut être capable de désobéir !

Ainsi, le fruit d’une juste obéissance est la liberté, car obéir à Dieu, par l’intermédiaire des supérieurs, nous fait mûrir dans le bien.

* Labourdette

La dignité d’être

Je connais de significatif seulement ce qui est porté par une dimension de réel. Le réel trouve son fondement dans le Livre de la Vie. La Bible révèle l’identité de l’homme, son origine, sa dignité.

TEXTE ET PHOTO PAR OLIVIER TARAMARCAZ

La dignité humaine n’est pas fondée seulement subjectivement, selon des valeurs humanistes, mais objectivement, selon les principes de vie établis par le Dieu Créateur. La dignité prend racine dans la Parole qui porte le réel. La Bible est le seul livre qui exprime une telle estime à la vie humaine, de la conception à la mort, de la vie passagère sur terre à la vie éternelle.

Le poids du réel. – Si nous ne sommes pas reliés à ce qui constitue l’ADN de notre vie, nous nous perdons. Nous ne discernons plus ce qui nous concerne de près, ce qui est important, digne de confiance, bon. Ce qui constitue notre vie, c’est en premier lieu notre identité spirituelle. Annuler le réel de notre dignité spirituelle, c’est se comporter comme si le réel naturel autant que le réel spirituel n’existaient pas. Nous pouvons gonfler des bulles, nous forger une identité par préférence personnelle. Il n’est pas besoin d’analyse poussée pour observer que nous avons incorporé un désordre des choses, avec tout son poids de perte, de confusion, substituant l’illusion au réel. Notre temps est marqué par des goûts qui portent de moins en moins de saveurs. Le savoir est au service d’idéologies imposant comme nouvelles bornes, les normes subjectives, au fondement sans fondement de vérité autre que soi-même.

Culture libidinale. – Après avoir évacué le Dieu relationnel, qui confère à l’être humain sa dignité, l’inscrivant dans une identité de filiation avec son Créateur, l’homme, maître de lui-même, prétendument libéré de la Loi intérieure, est déboussolé. Il a perdu le nord. Il s’ingénie à redéfinir les pôles d’attraction hors de la réalité des lois de la physique, hors de la réalité des lois spirituelles, révélées dans le Livre par lequel Dieu parle, la Bible. Il cherche son équilibre hors du réel, dans le déséquilibre du sentimentalisme.

Le nouveau jardin d’Eden, sans Dieu, devient un laboratoire libéré des lois antérieures à soi. Il faut tout refondre, partir de zéro. Il convient en premier lieu de labourer, d’extraire toute racine spirituellement inconvenable, comme la pensée d’un Dieu créateur, personnel, qui aurait quelque chose à dire sur notre manière de vivre. La laïcité reconnaît les lois de la Babel inclusive, mais exclut ce qui vient la questionner dans ses fondements. Tout devient possible dans ce champ d’expérimentation, à l’instar de l’arc-en-ciel, signe de l’alliance entre Dieu et les hommes, détourné de son sens réel, premier, récupéré par les tenants d’une culture libidinale. A défaut de porter une Parole d’alliance transformatrice, la cause rassemble autour d’un alliage performatif, les enfants rois criant à tout va, pancartes et poings levés.

Etre au monde. – J’ai choisi pour ma part de préserver l’alliance de Dieu, la vie relationnelle à laquelle le Seigneur de la vie m’invite. J’ai choisi de suivre Jésus-Christ, qui a donné sa vie pour racheter mon être séparé, pour régénérer ma nature marquée par le péché et par la mort. En ouvrant la porte de mon cœur au Dieu Saint, en me repentant devant Dieu d’avoir vécu selon la loi de mes désirs, j’ai expérimenté ce qu’est la dignité. Jésus m’a lavé de mes fautes, libéré de mes errances. Il a pris sur lui la tache qui m’aveuglait. Dieu m’a donné une nouvelle identité. Je vis dans la dignité d’être qu’il m’a donnée, acceptant de me laisser transformer intérieurement par le Jésus-Christ.

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