Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Haut-Lac (FR), juillet-août 2021

La présidente de paroisse de Cressier nous raconte en exclusivité ses magnifiques parcours pédestres…

TEXTE PAR ASTRID MULLER | PHOTO : DR

Avec mon amie Prisca, co-autrice de ce texte, nous avions déjà l’envie de parcourir ce chemin vers Saint-Jacques depuis de nombreuses années. Les raisons
ont été multiples tout en sachant que la principale était de dire humblement MERCI.

Nos vies professionnelles et familiales nous proposaient un voyage par étapes.

Parées de notre Credencial encore vierge et d’un sac à dos d’environ 9 kg, le 27 juin 2005, notre tout premier jour débute par une prière à la Cathédrale Saint-Pierre à Genève, le cœur en fête, la tête libre et heureuses de ce partage futur. Notre chemin peut commencer…

Les premiers kilomètres sous un soleil de plomb et un sac de plus en plus lourd ne nous découragent pas, même si le balisage des coquilles Saint-Jacques n’est pas au top. Entre les montées et les descentes, nos muscles n’ont pas le temps de se relâcher. Une moyenne journalière de 20 km encourage notre dos à supporter le poids du sac qui, parfois plus léger, semble être porté par saint Jacques lui-même ! Une allergie sournoise contractée par mon amie nous oblige à écourter notre séjour. On s’arrête à regret à Seyssel !

2e étape du 5 au 9 juin 2006 (Culoz – Grand-Lemps) : le sac s’est allégé de
2 kg et les parcours journaliers restent aux environs de 20 km. Dans mon journal j’écris « on s’améliore au niveau du paquetage mais géographiquement ce n’est pas encore ça (!) 4 km de détour… la rumeur sur les femmes est confirmée ! ». Le vent souffle mais le soleil est avec nous. La nature est magnifique, le chant des oiseaux nous accompagne… Les journées s’alternent entre soleil de plomb et pluie battante… parfois en fin de journée notre sac à dos semble avoir ramassé autant de kilos que nos jambes de kilomètres… !

Notre rythme de marche nous permet de jouir de ces moments uniques de recueillement et de vide pour écouter le silence et notre cœur… accompagnées par une ribambelle de papillons silencieux !

3e étape du 25 au 29 juin 2007 (vu nos papotages dans le train on oublie de sortir à Grenoble !) (La Côte-Saint-André – Saint-Julien) : dès le 2e jour, des douleurs foudroyantes de la jambe droite m’obligent à consulter un médecin qui diagnostique une sciatique. Complètement épuisées, nous cherchons un endroit pour se restaurer dans ce village, vide de ses habitants et ses restaurants tous fermés, de Saint-Julien-Molin-Mollette. Notre bonne étoile nous guide vers la porte d’un restaurant, normalement fermé, où le patron-cuisinier a eu pitié de nous et nous a offert le couvert. Notre mésaventure l’a ému et il nous propose de passer la nuit chez des amis de Saint-Jacques. Merci à Jacques et Odile.

4e étape du 24 juillet au 3 août 2008 (Le Puy-en-Velay – Conques) : 9 jours et 210 km. Conques ville moyenâgeuse, juste magnifique avec son Abbaye ; la citadelle est splendide avec ses ruelles en pavés. Les rencontres avec d’autres pèlerins venus des 4 coins de l’Europe sont toujours intéressantes et enrichissantes avec des bouts de chemin parcourus ensemble. Chaque département traversé est autant un plaisir pour les yeux que pour nos papilles !

Notre 5e étape du 28 septembre au
5 octobre 2009 (Figeac – Moissac) et notre 6e étape du 5 au 11 octobre 2010 (Lecoultre – Saint-Jean-Pied-de-Port) : les villages sont autant de baume au cœur que les fleurs aux fenêtres qui les embellissent. Notre sac à dos a été remplacé par une valise qui se laisse emporter de gîte en gîte. Les chemins de forêt, les montées et les descentes sont ainsi plus agréables avec juste un « petit » sac à dos pour la journée !

« Aimer, ce n’est pas faire de belles choses ni rendre service. Aimer c’est révéler la beauté, révéler à l’autre qu’il est précieux, qu’il a une valeur et qu’il a un sens à sa vie. Aimer quelqu’un c’est lui dire : je me réjouis de ta présence. »

Prochain départ prévu le 6 septembre 2021…

 

Jubilé des couples

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), juillet-août 2021

En la fête de la Trinité, dimanche 30 mai, la communauté de la Colombière fêtait six couples jubilaires. L’occasion de célébrer la fidélité mutuelle et sa source, l’amour de Dieu, qui n’a cessé de la nourrir au long des ans à travers joies et peines.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET | PHOTOS : PHILIPPE ESSEIVA

« Nous célébrons aujourd’hui l’amour ! Un amour tout particulier. Nous accueillons six couples qui fêtent cette année un anniversaire spécial dans leur parcours d’amour », a dit en guise d’accueil Magda Pedace, de l’équipe de préparation au mariage de la paroisse. En ce jour, la communauté honorait « un amour tout particulier, celui entre un homme et une femme qui se sont choisis et qui se choisissent chaque jour et qui se donnent l’un à l’autre chaque jour d’une façon exclusive. C’est possible ! C’est fou ! C’est vrai ! ». Et rendait grâce à Dieu « pour le cadeau que leur amour représente pour nous tous ! ». Les couples présents fêtaient 1, 20, 25, 35, 55 et 60 ans de mariage.

Porte ouverte à Dieu

Dans son homélie, l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, l’a rappelé aux jubilaires : « Dieu est présent dans vos parcours de vie, dans tous nos parcours de vie, présent avec son amour, avec sa lumière, avec sa force, aux jours clairs comme aux jours gris et même aux jours noirs ». « Le jour de votre mariage, vous avez ouvert la porte à Dieu, et vous avez continué à le faire tout au long de votre vie de couple, et avec vos familles, a-t-il relevé avec admiration. Vous avez ouvert la porte à Dieu, et il s’est engagé avec vous. Et aujourd’hui, votre cœur est plein de gratitude envers lui parce que, quelque part, vous reconnaissez qu’il n’a cessé de vous accompagner, de vous éclairer, de vous soutenir tout au long de ces années. »

« Quand on a saisi que Dieu est amour, qu’il y a en lui un partage incessant d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit, et que l’être humain est à son image, on comprend que la vocation humaine est d’aimer et non de dominer, a-t-il poursuivi. Ainsi, la famille est déjà une première image de Dieu. Dans un monde où dominent les revendications et la soif de libertés individuelles, nous oublions trop souvent l’importance et les bienfaits de l’amour familial. Une société juste et équitable est aussi à l’image de Dieu et c’est pourquoi la Bible insiste tant sur l’idée d’un univers où règnent le droit, la justice et le pardon. »

Ainsi, la vraie vie réside dans le don. Mais attention, « il ne s’agit pas de créer un cercle fermé sur lui-même où quelques-uns partagent entre eux en excluant les autres. Créons autour de nous des cercles ouverts pour que l’amour que nous partageons déborde sur les autres ! ».

Roses, prière et apéritif

L’assemblée a prié pour les jubilaires : « Que le Seigneur les garde tous les jours de leur vie dans le bonheur de l’amour mutuel, qu’il les soutienne dans l’adversité ou les épreuves, qu’ils sortent renforcés des temps de crise et qu’il répande en abondance ses bénédictions sur leur maison ». Sans oublier les familles en difficulté : « Père saint, Dieu fidèle, soutiens les familles dispersées, éprouvées, en difficulté à cause du chômage, des violences, des déplacements de populations qui mettent les foyers à l’épreuve ».

Après la communion, les maris jubilaires ont reçu une rose rouge qu’ils ont offerte à leurs épouses. Et chaque couple une prière d’action de grâce. A l’issue de la messe, les couples ont partagé un apéritif dans la cour de l’église.

La piété itinérante

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), juillet-août 2021

PAR PATRICK MULAMBA | PHOTO : F. THEYTAZ

Oser croire en Dieu comme valeur essentielle de nos vies n’est pas un acte banal. Il suppose un enracinement dans un contexte de valeurs qui sous-tendent toute notre existence. L’on ne peut sauter cette étape ni en faire l’économie, sans compromettre la qualité de la relation que le « Tout Autre » vient établir avec l’homme dans la diversité de contextes et les itinéraires historiques de ce dernier.

Acte risqué, le fait de croire suppose un bouleversement de toutes nos échelles de valeurs et nos références vitales. Il en faut de l’audace pour dépasser la tentation du narcissisme culturel, et parfois cette tendance naturelle à vivre en autarcie, en prenant soin de garder un terrain conquis où le poids de l’habitude et le confort du statu quo nous empêchent de nous aventurer en terre inconnue, fermant la porte de nos vies à toute nouveauté et au mouvement. Le migrant, l’itinérant spirituel et le nomade sont souvent suspectés et perçus comme une menace, un danger pour la survie d’une foi qui ne s’interroge plus sur ce qui la fonde et la motive. Le risque à prendre est d’autant plus grand qu’il s’agit de nous laisser interpeller par des voix venues d’ailleurs, et pas toujours en phase avec nos canons d’interprétation du rapport intime au Transcendant, ni la façon de l’entretenir. Ce mouvement d’ouverture aux autres devrait s’inscrire dans une vraie dynamique d’échange qui est à l’origine de tout acte de « croire » authentique. Car la foi, de par son essence même, naît et s’épanouit à partir de l’écoute des « autres » comme témoins privilégiés et situés du donné révélé, une « Fides ex auditu ».

Il s’agit là, pour nos Eglises, d’un risque majeur qui devient un défi important pour notre foi et sa cohérence. Il faut absolument relever ce défi dans un monde devenu un « village global » où les discours du « tout sécuritaire », les intégrismes de tout bord, et les vents des nationalismes véhiculés par les extrémismes galopants, imprègnent et inondent la vie de nos sociétés.

Je crois que la vitalité et le dynamisme révolutionnaire de notre foi en Jésus résident dans ce mouvement d’échanges incessants de nos expériences de vie, dans le respect et l’acceptation de nos différences. Nos expressions diverses de la même foi feront de nous des « pèlerins » audacieux, humbles et lucides, en route pour la « montagne de Dieu ».

 

La Bible côté rire

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), juillet-août 2021

Sérieusement, c’était pour rire ! La quatrième soirée «Saveurs de Dieu», animée par le groupe de conteurs NaBi, a rassemblé jeudi 29 avril à l’église de la Colombière à Nyon une trentaine de paroissiens. Pour un voyage imagé à travers la Bible.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET
PHOTOS : DR

Autour de l’autel, sur les marches, près de l’orgue, sept conteurs, hommes et femmes du groupe NaBi (narration biblique et « prophète » en hébreu) prenant la parole à tour de rôle pour raconter, avec leurs propres mots, des histoires de la Bible que nous avons tous dans un coin de notre mémoire : la soirée « Saveurs de Dieu » du 29 avril, sur le rire, a tout à la fois ravi et surpris les paroissiens venus tendre l’oreille. Et les a renvoyés, par le biais du spectacle « C’est pour rire », à leur propre lecture de la Bible à travers des mots inédits en lien avec leur vécu.

D’Abraham à Samson

« Au commencement se tenait la vieille. » De son ventre, elle fait naître un rire. Ce rire façonne le ciel et la terre, et de leur amour les astres. Et lorsqu’elle creuse, la vieille, elle fait jaillir l’eau qui donne vie aux arbres et aux animaux; avec elle et un peu de terre, elle façonne l’homme et la femme, que le vent anime de son souffle. Vous n’avez jamais entendu la création du monde racontée ainsi ? Pourquoi pas ? Surprenant ! Mais tellement beau ! Un conte qui vous met plein d’images dans les yeux et vous invite, comme « la vieille », à tricoter, vous aussi, votre propre histoire.

Mais déjà viennent, du fond des âges, Abraham et ses visiteurs, cette histoire d’hospitalité racontée en Genèse 18 que nous avons tous entendue. Une histoire de rire, aussi, face à l’annonce incroyable du Seigneur : Sara, une femme stérile, engendrera une descendance. Alors elle rit. L’avez-vous entendu, ce rire ? Eh bien, il a résonné durant toute l’histoire racontée par NaBi ce soir-là à la Colombière et il a gagné les spectateurs… devenus acteurs: et si le Seigneur m’annonçait quelque chose d’impossible à mes propres yeux, comment réagirais-je ?

Puis c’est au tour du petit Simon, juif, d’entrer en scène, avec tous ses copains, pour « jouer au prophète Elie », « héros national, le prophète des prophètes ». Suivi du prophète Balaam avec son ânesse qui n’en fait qu’à sa tête, « mais, dans cette histoire, allez savoir qui c’est l’âne ». Et du prophète Jonas, qui tente de se dérober à sa mission dans la grande ville de Ninive et qui, une fois que ses habitants sont convertis, est contrarié : décidément, il ne comprend plus Dieu ! « Un prophète est mal payé, il n’est pas écouté et en plus, l’Eternel change d’avis ! » Pour clore la première partie du spectacle, consacrée à l’Ancien Testament, l’histoire de Samson, avec force péripéties dessinant l’opposition entre le bien et le mal qui traverse toute la Bible.

Dépasser la loi

Puis les conteurs emmènent les spectateurs après la Résurrection, en compagnie du gardien de la prison où se trouvent les disciples. Inquiet, il peine à trouve le sommeil… et pour cause: disparus, les disciples, ces « illuminés qui rassemblaient les gens sur les places », et retrouvés à prêcher dans le Temple de Jérusalem. Cela lui rappelle rudement le tombeau vide… « Où va-t-on si les prisonniers s’échappent sans qu’on sache comment et si les morts ne restent plus tranquilles dans leurs tombes ? »

Retour, en fin de spectacle, à l’Ancien Testament avec l’histoire des sages-femmes Shifra et Poua qui, contre l’ordre de Pharaon, laissèrent en vie les bébés hébreux mâles. « Elles obéissent à une loi plus haute que celle de Pharaon. C’est ainsi qu’elles sont mères et sauveurs en Israël. » Et pour boucler la boucle, NaBi est revenu à Abraham… parce que lui aussi, « tombant le visage contre terre », il avait ri !

Narrer la Bible

NaBi propose une ou plusieurs narrations bibliques articulées autour d’un thème qu’il choisit ou en réponse à une invitation. Le groupe est né suite à un week-end de formation à la narration biblique avec Alix Noble qui rassemblait des personnes de diverses communautés protestantes de Fribourg en mars 2008. Puis Alix Noble a mis en contact Débora Kapp, pasteure réformée, et Olivier Fasel, pasteur évangélique. Un week-end de formation à la narration biblique a été proposé et un groupe de cinq personnes a poursuivi ce travail d’oralisation des récits bibliques.

NaBi a commencé en racontant une seule histoire à quatre ou cinq voix, chacun prenant en charge un épisode ; ensuite, sous une tente à FestiBible, fête œcuménique et bilingue autour de la Bible à Fribourg en 2010, les conteurs ont mis bout à bout leurs histoires préférées et formé une association qui s’est dotée de statuts en 2012. Puis le groupe a choisi ses récits dans un seul évangile : ainsi est né « Nectar de Marc » en 2013. S’y sont ajoutés une légère mise en scène et un accompagnement musical. Sont venus « Bouchées de Sagesse » en 2014, « Regards croisés sur la Résurrection » en 2017 et le Festival de Pâques à Fribourg en 2018. En 2020, « C’est pour rire ».

Œcuménique et dynamique

NaBi est à géométrie variable selon les disponibilités: il est composé de chrétiens, mais il serait heureux de pouvoir accueillir des membres d’autres religions. « Pour que la voix plurielle continue à se chercher, se décliner, résonner », dit Débora. Avec deux éléments importants : l’oralité et les textes bibliques. Ceux-ci demandent une attention soutenue pour, relève-t-elle, « ne pas nous encroûter dans une forme de prise de parole et ne pas être trop sûrs d’avoir compris un texte biblique ».

Le groupe est œcuménique « parce que, relève Danilo, la Bible est donnée à tous les chrétiens et ce regard pluriel enrichit notre lecture, puis notre compréhension et notre narration. C’est du joyeux choc de nos idées que naissent les projets que nous aimons présenter ». L’occasion, pour chacun, de « relire la Bible avec un regard renouvelé ».

Un défi ? « Conter hors les murs, au bistrot ou sur la place publique par exemple, avance Débora. En cheminant vers plus d’intériorité dans la mise en scène et en quittant le patois de Canaan pour se risquer à une langue moins connotée. »

Une communauté éphémère

La rencontre se fait avec le public dans la complicité et la surprise et il se forme, au moment de la narration, une communauté éphémère et intense « dans une Parole qui nous traverse et nous élève », constate Débora. « La dimension éphémère me plaît, car elle apparente nos spectacles à de l’art performatif, ajoute Olivier : dans le même lieu, une rencontre est opérée entre les artistes et le public présent corporellement. C’est une sorte d’incarnation incontournable, véritable nourriture de l’âme. »

Des projets ? Les évangiles de l’enfance en novembre en lien avec la prochaine brochure sur l’évangile selon saint Matthieu pour les équipes de l’Evangile à la maison. Et un spectacle autour d’Abraham.

 

En chemin…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Sacré-Cœur, Ouchy-Lausanne (VD), juillet-août 2021

PAR MARC DONZÉ
PHOTO : MARIELLA HEINZMANN

« Mon père était un Araméen errant », disait-on d’Abraham, et aussi de Jacob, son petit-fils. Pour suivre les appels du Dieu unique et miséricordieux, Abraham entreprit un long voyage. Parti d’Ur, au bord du golfe Persique, il remonta toute la Mésopotamie, traversa le désert de Syrie pour arriver enfin dans la terre de Canaan, aux alentours de Jérusalem. Il dut même aller jusqu’en Egypte. Jacob aussi dut entreprendre la marche jusqu’aux bords du Nil.

« Marche en ma présence et sois droit. » C’était l’appel de Dieu et Abraham mit toute sa foi et toute son énergie pour le vivre.

Si Abraham est le père de tous les croyants, comme l’affirme saint Paul, le chrétien d’aujourd’hui ne doit-il pas être un homme en marche ? Le pape François y tient beaucoup. Il aime à parler d’une Eglise en sortie, d’une Eglise en campagne, d’une Eglise qui va vers les autres avec amour, respect, douceur et générosité. Une Eglise qui se referme sur elle-même, qui protège ses acquis, qui regarde le monde avec méfiance, voire avec mépris, ce n’est pas une Eglise digne d’Abraham, ni de Jésus-Christ.

La paroisse devrait être un point de départ pour « aller vers ». D’ailleurs, suivant l’étymologie, le mot « paroisse » signifie le lieu où l’on passe, un lieu de transit, une halte sur le chemin. Mais, à travers les âges, elle est souvent devenue le lieu où l’on s’installe, le lieu de la stabilité sociale et morale. « L’église au milieu du village », c’est peut-être bien… mais pour aller où, pour aller vers qui ?

Alors, la paroisse du Sacré-Cœur : un sympathique refuge ? ou un point de départ pour aller à la rencontre des hommes d’aujourd’hui, avec leurs soifs de justice, d’amour et d’infini ?

« Viens voir les comédiens, voir les musiciens, voir les magiciens, qui arrivent… », chantait Aznavour. Ils viennent en offrant des beautés et des rires. Et nous, marchant en présence du Seigneur, qu’allons-nous offrir ?

 

Le difficile chemin vers l’amour

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), juillet-août 2021

Créé par amour pour aimer… Ces quelques mots tirés de la prière du pèlerin de la montagne résument tant l’origine que le but de chaque existence. Mais derrière la simplicité des mots se cache la complexité de la vie. Car l’amour a des concurrents, sérieux, innombrables et actifs. Entretien avec Mme Marylou Del Sordo Voutaz, aumônier à l’ERVEO d’Orsières, depuis 10 ans.

Par Michel Abbet | Photos : Annelyse Bérard, DR

Quelle est votre activité au sein de l’ERVEO ?

Je rencontre les jeunes tous les mardis sur le temps de midi. Ces échanges sont facultatifs. Les thèmes abordés sont l’amitié, apprendre à se connaître, du coup de foudre au grand amour, est-ce important de croire en Dieu, la mort, le spiritisme, les jeux vidéo, les addictions, les témoignages, etc. 

Des thèmes que vous proposez ?

Non, ce sont les jeunes qui me les demandent, et la sexualité est le sujet le plus récurrent. Je trouve ça normal, c’est à cet âge qu’on se pose beaucoup de questions. J’essaie de témoigner, quand je peux, que Dieu est le créateur de l’homme, donc de l’amour qui émane de l’homme.

Parler d’amour, c’est difficile…

Cela ne devrait pas, puisqu’il fait vivre le cœur de chacun. Dès son plus jeune âge, l’enfant se nourrit de l’amour de ses parents. Puis, progressivement, il est appelé à construire sa propre histoire d’amour.

Magnifique programme…

C’est sûr… si cette construction peut se dérouler dans de bonnes conditions. D’où le désir de donner au jeune des bases saines pour qu’il puisse faire son chemin de manière harmonieuse.

Qui dit chemin dit aussi durée…

Oui, l’amour se prépare, il a besoin d’une lente maturation pour s’épanouir. Laissons aux jeunes ce temps d’apprentissage si important.

Vous avez l’impression qu’ils n’ont plus ce temps ?

C’est plus qu’une impression, c’est une conviction et même une certitude.

Qu’est-ce qui vous fait penser cela ?

L’évolution de la technique a complètement modifié notre façon de vivre. Tout s’est accéléré. Il y a une satisfaction quasi immédiate des besoins. Si du point de vue matériel on peut y trouver des avantages, en amour c’est une tout autre question. L’amour a besoin de temps. De plus, il est exigeant et demande souvent des efforts. On est loin du plaisir tout de suite assouvi.

La technique a modifié les habitudes ?

Pas besoin de se cacher la face ni de prendre des chemins détournés. Cela fait longtemps que je côtoie les jeunes, j’ai pu me rendre compte que la transformation ne touche pas seulement leurs habitudes, mais aussi leur personnalité. Aujourd’hui, on donne presque un Natel à chaque jeune, alors qu’il n’est même pas encore adolescent. Et souvent, on le laisse se débrouiller, sans contrôler ce qu’il en fait. Avec ce qu’on trouve sur Internet, cela me semble irresponsable.

Vous n’exagérez pas un peu ?

Malheureusement non. Très tôt, les jeunes sont confrontés à la pornographie. Pour la construction de leur personnalité, ces images sont destructrices. De plus, elles créent très vite un sentiment d’addiction et une image perverse de l’amour. C’est exactement ce que recherchent les auteurs de ces films.

Qu’est-ce qu’il faudrait faire ?

Se révolter ! Ne pas accepter qu’on malmène ainsi notre jeunesse et l’ensemble des gens. La pornographie ne trouble pas seulement les jeunes, elle a un effet considérable aussi sur les adultes qui sont les plus grands consommateurs. 

Quel effet ?

D’abord, la pornographie réduit l’acte sexuel à un simple jouissance physique. C’est un mensonge. L’acte sexuel est le sommet d’une relation humaine, il exige une confiance et un amour absolus entre les deux partenaires. Ensuite, elle crée chez les individus une dépendance toujours plus forte. Toujours plus souvent, plus longtemps, plus violent, plus salace : ce sont les quatre règles du porno. La personne qui se laisse prendre va s’isoler toujours davantage et devenir dépendante de ces images : sa vie sociale et sa relation à l’autre vont s’en trouver très perturbées. Information importante : les filles sont autant touchées par ce phénomène que les garçons. 

Que faut-il faire pour lutter contre ce fléau ?

D’abord en parler : beaucoup, souvent, librement. Trop longtemps on a confondu intimité et silence. Aujourd’hui, il faut communiquer aussi sur le thème de l’amour, c’est une urgence. Avec ses enfants surtout ! Avant l’âge d’entrée au cycle, il est pratiquement certain que la plupart des élèves ont déjà vu des images pornographiques voire des films. Or, les professionnels sont unanimes : des images pornographiques vues avant l’adolescence sont assimilables à un viol visuel. Il faut les prémunir, les préparer, car pour eux, la première fois qu’ils verront ces images, ce sera comme une agression. Et c’est important qu’ils sachent que ce qu’ils ont vu ne correspond pas à la réalité. Formons-les. Les moyens existent. Utilisons-les ! 

Quelques mots avec M. Josué Lovey, directeur du CO d’Orsières

M. le directeur, quand on évoque la pornographie…

De plus en plus de jeunes y sont confrontés. Notre école, comme n’importe laquelle d’ailleurs, n’échappe pas aux problèmes de société. Nous devons en être conscients.

Alors…

Alors, il faut dire que les jeunes du CO dans leur ensemble vont bien. Mais la multiplication du temps sur les écrans mène à des dérives, dont celle que vous traitez dans cet article.

Ensuite…

Il est préférable de ne pas se focaliser sur ce seul aspect mais d’aborder la personne dans son ensemble. L’école met en place passablement d’activités  de prévention (ateliers SIPE, programme « Sortir ensemble et se respecter », cours sur les dangers liés à internet,…). A travers sa charte et la médiation par les pairs, notre école promeut des valeurs qui favorisent une vie commune agréable et un respect mutuel.

Ce qu’en disent les jeunes

Je trouve que le monde a évolué de façon négative. Tout le monde peut avoir accès à des vidéos ou photos pornographiques. Tout est livré au public, même les petits peuvent avoir accès, ce qui ne devrait pas se faire. Le porno ne respecte pas l’image des femmes ou de l’humain.

Je trouve cool de pouvoir parler à l’aumônerie de sujets que l’on n’aborde pas forcément à la maison et de pouvoir donner son avis. 

J’apprécie d’avoir une heure comme l’aumônerie où l’on peut parler de tout. Au sujet de la pornographie, c’est dommage qu’il y en ait tant, partout. Mais si ça fait plaisir aux gens, pourquoi pas, mais sans abus.

A l’aumônerie, on peut parler de tout, c’est bien. Pour moi, la pornographie est faite pour les garçons et pas pour les filles. 

Présence auprès des Gens du Voyage

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte Marguerite Bays (FR), juillet-août 2021

En Suisse, les Gens du Voyage font partie d’une longue tradition. Ils sont appelés Yéniches; l’analyse linguistique de leur langue montre une base de rotwelsch, dialecte germanophone parlé dans la région de Bâle – Aarau – Zurich au 11e siècle déjà (cf. Ch. Bader, Yéniches, les derniers nomades d’Europe, éd. l’Harmattan, 2007).
Cela prouve leur présence sur notre territoire déjà avant la création de la Confédération.

PAR CR ET AUDE MORISOD
PHOTOS : AUDE MORISOD

Aujourd’hui, une partie d’entre eux se sont sédentarisés, tandis que d’autres sont toujours nomades ou semi-nomades.

S’ils voyagent dans le pays, jusque dans la Glâne, c’est d’abord pour des raisons de travail. Leurs métiers varient : ils sont rémouleurs, brocanteurs, vanniers, merciers, récupérateurs de métaux, etc. Nous avons interviewé Aude Morisod qui les accompagne depuis de nombreuses années dans le cadre de l’Aumônerie catholique suisse des Gens du Voyage :

Pourriez-vous nous dire ce qui vous a motivée à ce type d’engagement ecclésial ?

J’ai commencé par être marraine de confirmation d’une femme yéniche de mon âge environ. C’était en 1995. Un chef de famille avait demandé la confirmation pour nombre de personnes de sa parenté, et le frère Jean-Bernard Dousse OP avait préparé le groupe à recevoir le sacrement. Tout de suite je me suis sentie bien parmi eux. Avec le frère Jean-Bernard et une Petite Sœur de Jésus qui avait vécu parmi les Nomades, nous avons commencé à les accompagner, mais d’emblée dans une réciprocité, c’est-à-dire que tout de suite il y a eu parmi les Yéniches des personnes engagées en Eglise : nous avons grandi ensemble « à hauteur du regard ».

Pourriez-vous nous dire quelque chose de leur identité ?

Les Yéniches sont des Tsiganes. Cependant ils sont d’origine européenne.

Ont-ils des traditions ?

Oui bien sûr, et très importantes, car elles soudent leur appartenance au groupe familial.

Ont-ils une appartenance identitaire au pays, ou font-ils partie de l’ensemble des Gens du Voyage présents en Europe ?

On peut dire les deux ! Dans le sens qu’ils se sentent pleinement suisses, à juste titre, si l’on considère leurs origines (voir plus haut). J’ai coutume de dire qu’ils furent suisses avant moi, dont le canton d’origine, le Valais, n’est entré qu’en 1815 dans la Confédération. Mais encore davantage, si l’on sait que les chants populaires de notre Suisse profonde ont été composés par des musiciens yéniches. Je songe par exemple à Grüezi wohl, Frau Stirnimann ! Et oui encore, d’autre part, ils revendiquent une appartenance à l’ensemble des familles tsiganes qui sont en Europe. Nous en faisons la belle expérience en participant aux CCIT (Comité catholique international tsigane), qui rassemblent des Rom, des Manouches, des Sinti, des Travellers, des Gitans, bref, différents Tsiganes de toute l’Europe, engagés en Eglise.

Pourriez-vous nous décrire leur situation civique aujourd’hui dans notre pays ?

Leurs conditions de vie se sont sans doute améliorées dans leur quotidien, mais cependant le grave problème est le manque drastique de places de stationnement. En Suisse, à peine 50% des besoins en places est couvert. Pour ce qui est du canton de Fribourg, une action est en cours auprès du Conseil d’Etat, plus spécialement auprès du Département de l’Aménagement du Territoire, pour obtenir une seconde place permanente pour l’hiver, car la place de la Pila sur la commune d’Hauterive ne suffit plus. Les familles s’agrandissent très vite, on se marie jeune chez les Yéniches. Les citoyens suisses doivent faire de la place, au sens propre comme au sens figuré, à leurs concitoyens nomades. C’est juste une attitude civique envers d’autres concitoyens.

Pourriez-vous nous décrire le ministère de l’Aumônerie au sein de ce groupe ?

Par membres de l’Aumônerie, nous entendons à la fois des Sédentaires, – dont notre aumônier national, le Père Christoph Albrecht SJ –, et aussi des Voyageurs, qui désormais assurent les catéchèses d’enfants, leur préparation aux sacrements de la première communion, ou qui accompagnent les adultes en leurs partages bibliques, selon leur culture. L’Aumônerie assure donc le lien à l’institution Eglise catholique, dans les deux sens : à la fois en permettant aux Voyageurs de se retrouver comme catholiques inclus dans la communauté ecclésiale, et, dans un sens réciproque, en ouvrant les autres catholiques à la culture yéniche, en se laissant renouveler, rafraîchir, en quelque sorte, par leur manière sans doute plus directe, plus immédiate, de considérer la religion, la relation à Dieu et aux autres. Nous avons tous à apprendre des autres en leur différence.

Auriez-vous un message à donner au peuple glânois en leur nom ?

Oui bien volontiers ! Quand vous rencontrerez des Yéniches, si c’est à l’intérieur de votre église, laissez-vous interpeller par leur sens inné du sacré, par leurs chants
si joyeux, par leurs familles qui rassemblent 4 ou 5 générations. Et si c’est à la porte de votre maison, parce qu’ils vous demanderaient un travail que vous pourriez leur offrir, ne le leur refusez pas, accueillez-les : en ce temps de pandémie, ils ont grand besoin de gagner leur vie. Merci pour eux !

 

Jeux, jeunes et humour – juillet-août 2021

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Dieu prend-il des vacances ?
Dieu, cotrairement à nous qui devons prendre des temps de repos, est disponible 24h sur 24 chaque jour de l’année.
Il ne prend pas de vacances et demeure tout le temps là au fond de ton cœur pour t’écouter. A chaque instant, tu peux donc lui confier tes joies et tes peines, le remercier pour ce que tu vis de beau et lui demander de t’aider dans les situations difficiles.

par Pascal Ortelli

Humour

Un monsieur passait deux fois par semaine la frontière franco-suisse en vélomoteur.
Interpellé par le douanier pendant près de vingt ans, notre gaillard avait toujours la même réponse : « Rien à déclarer ! » Le douanier avait tout contrôlé : les sacoches, l’intérieur de la fourche, les pneus, la chambre à air, le dessous de la selle.
En vain ! Parvenu à un jour de la retraite, le douanier demanda au frontalier, en lui promettant de ne pas l’amender : « Allez, dites-moi, qu’est-ce que vous faisiez passer en douce ? » « Des vélomoteurs ! »

par Calixte Dubosson

Via Jacobi: Fribourg – Payerne

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Payerne à la découverte d’une variante officielle entre aqueduc et château.

Départ depuis la gare de Fribourg, 6h aller simple, 23, 7 km

1. Sortez en direction de la gare de bus pour rejoindre les escaliers du Guintzet. A leur sommet, poursuivez en direction de l’hôpital cantonal jusqu’à Villars-Vert. Entrez dans le bois de Belle-Croix par la sortie sud-est du double rond-point.

2. Continuez dans le bois de Moncor puis prenez à gauche au triage forestier pour rejoindre Village Suisse et la forêt de Verdilloud. Un sentier raide vous conduit sur les crêtes forestières de Seedorf.

3. Rejoignez le village de Noréaz puis au milieu de la descente, prenez la route agricole à droite et descendez jusqu’aux Moulins-de-Prez dans le magnifique vallon de l’Arbogne. Vous y découvrirez peut-être les vestiges d’un ancien aqueduc romain.

4. L’arrivée à Montagny-les-Monts avec son imposante tour médiévale ne manque pas de souffle. Poursuivez le long de la route principale jusqu’à Cousset. Prenez sur votre droite jusqu’à la STEP où, après une courte montée, il vous sera facile de rejoindre le sanctuaire Notre-Dame de Tours

5. Suite à la décision de détruire la chapelle, on raconte que la statue de la Vierge de Tours déplacée à Montagny serait revenue miraculeusement et à plusieurs reprises à son emplacement d’origine.

6. Continuez en direction de Corcelles pour rejoindre Payerne en ne manquant pas de visiter la collégiale.

Le retour se fait aisément en train. Il est possible de réaliser cette étape à vélo en sortant du bois de Verdilloud par la gauche pour prendre la route de Seedorf et non les crêtes, moyennant un passage plus technique avant les Moulins-de-Prez.

Curiosité

La tour médiévale de Montagny pour son panorama.

Coup de cœur

La place de pique-nique au-dessus de Seedorf pour une grillade en famille.

En librairie – juillet-août 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Si je n’annonce pas l’Evangile…
Odile Pruvot

« Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ! » Depuis le soir même de leur mariage, il y a 25 ans, Mawa et son mari Tobie suivent à la lettre ces mots de saint Paul. Contre vents et marées, le week-end ou pendant leurs vacances, Tobie est juché sur sa caisse, Mawa distribuant des versets de la Bible dans les rues, sur la plage et autour d’eux. A travers un journal sincère et plein d’humour, Mawa partage les souvenirs d’une année d’évangélisation. Joies, difficultés, rencontres ou désillusions s’égrènent au fil des pages, livrant un portrait touchant des missionnaires des rues. Un livre délicat, profond et drôle, qui donne envie de se lancer sur les chemins et de rejoindre ces messagers du Christ au XXIe siècle.

Mame

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Les catholiques, c’est pas automatique
Jean-Pierre Denis

Que nous arrive-t-il ? Quel est le sens de cette pandémie ? Que reste-t-il de nos visions de la vie, du monde, de l’homme ? Où allons-nous ? Et où est passé Dieu dans tout ça ? Répondant du tac au tac à son contemporain dépressif ou dubitatif, Jean-Pierre Denis lui oppose les leçons de la Bible. Lui déniant de réduire la foi à un fidéisme ou à un fanatisme, il montre la fulgurante actualité de l’Evangile. Un dialogue enlevé, lumineux, frappant. Un essai ravageur d’humour et pétillant de profondeur. L’irrésistible appel à la lucidité d’une grande voix spirituelle d’aujourd’hui.

Cerf

Acheter pour 25.50 CHF

Les grands-parents, trésors irremplaçables
Guy Gilbert

Guy Gilbert, prêtre-éducateur, met en lumière la joie et l’utilité qu’il y a à être grands-parents dans la société actuelle. Il explique que ces personnes sont en pleine forme, pouvant ainsi mettre leur énergie au service de leurs petits-enfants et qu’elles ont tout le loisir de raconter l’histoire des familles ou des villages tout en prêtant une oreille attentive à leurs petits-enfants. Un livre fort sur l’utilité et la joie d’être grands-parents aujourd’hui. 

Philippe Rey

Acheter pour 13.60 CHF

L’Odyssée de saint Paul
Dominique Bar

Connaissant parfaitement les écritures, Saul veut défendre la doctrine juive contre les enseignements de ces illuminés qui se prétendent prophètes et messies, le pire étant bien sûr ce Jésus, crucifié il y a quelques années. Intransigeant, Saül participe aux persécutions des premiers chrétiens. C’est sur le chemin de Damas, où il devait purifier la ville des sectes chrétiennes que Saul est terrassé par le Christ. Toute son énergie et sa force de conviction vont être maintenant au service de l’annonce de l’Evangile. Cette BD entraîne le lecteur à la suite de l’apôtre des gentils, sur le chemin de Damas de la conversion aux routes de l’évangélisation.

Editions du Triomphe

Acheter pour 29.90 CHF

Pour commander

Lourdes autrement… aussi en Suisse !

PAR CHANTAL SALAMIN | PHOTOS : BERNARD HALLET

Toutes les infos sur pele-ete-lourdes.ch

Quand vous demandez à une personne qui revient d’un pèlerinage à Lourdes: « Alors, raconte ? », vous vous entendrez probablement répondre: « Lourdes cela ne se raconte pas, cela se vit ! Viens avec nous l’année prochaine. »

Alors que les trois derniers pèlerinages interdiocésains à Lourdes ont dû être annulés en 2020 et mai 2021, qu’un pèlerinage en juillet 2021 comme avant ne peut pas avoir lieu, la commission pastorale qui prépare les célébrations et veille à ce que l’esprit du Christ souffle dans le cœur des pèlerins a pris la décision de proposer « Lourdes autrement » : à Lourdes, en pérégrinant dans les différents cantons romands et même depuis chez soi !

Des rencontres en présence-ciel

S’il est impossible de raconter Lourdes, c’est qu’on y goûte déjà le ciel. L’été, toutes les générations se rencontrent autour des malades… avec eux nos visages s’illuminent.

Chaque « groupe » – enfants de 7 à 12 ans, ados de 12 à 15 ans et jeunes de 16 à 25 ans, familles avec des enfants en bas âge, hospitalier-ères, chanteur-ses, pèlerin-es, malades – vit des moments qui lui sont propres, de petits pèlerinages adaptés, et se retrouvent pour célébrer ensemble dans une grande famille qui chemine avec le Christ, Marie et Bernadette.

Un pèlerinage depuis chez soi

A l’heure où paraît cet article les inscriptions sont closes pour aller à Lourdes ou participer aux journées en Suisse.

Mais vous pouvez le vivre avec des amis, en famille, en visite à l’hôpital ou dans un home… grâce au carnet de route du pèlerin et à la diffusion des principales célébrations sur internet.

Les liens de téléchargement et de visionnage sont disponibles sur le site du pèlerinage pele-ete-lourdes.ch

Lourdes autrement… depuis là où vous serez, ne manquez pas l’occasion de faire découvrir
l’esprit de Lourdes en le vivant en famille et avec vos amis !

PASAJ de témoin

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), juillet-août 2021

Cet été, une page se tourne pour la Pastorale d’animation jeunesse (PASAJ) de Nyon-Terre Sainte. Après six ans en tant qu’animateur du groupe de jeunes, Stéphane Ernst passe le témoin à Charlotte Obez. Il avait succédé à Roberto De Col, aujourd’hui responsable cantonal de PASAJ. Témoignages.

Par Roberto De Col, Stéphane Ernst et Charlotte Obez
Photos : Audrey Boussat, Roberto De Col, Charlotte Obez et DR

Des amitiés pour la vie

Pour Roberto De Col, les jeunes d’aujourd’hui ont pour mission d’être la lumière du monde.

Par Roberto De Col

J’ai été animateur jeunesse dans l’Unité pastorale Nyon-Terre Sainte de septembre 2006 à août 2015. J’en garde des souvenirs incroyables. Parmi les plus mémorables, il y a la rencontre de Taizé à Genève, le Festi’Flash, les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à Madrid, une aventure solidaire au Togo, un camp de marche en Islande, les rencontres de groupes de jeunes et la mise sur pied de dimanche 19h, la messe mensuelle des jeunes à la Colombière. Mais ce qui m’a le plus marqué, ce sont les relations humaines et les amitiés nouées pour la vie !

Le défi pour aujourd’hui ? Celui de toujours, mais plus d’actualité que jamais : « Etre la lumière du monde ». En ce temps d’incertitude, nous avons tous besoin de nous projeter vers l’avenir avec confiance. Les jeunes chrétiens, remplis d’espérance, ont un rôle central à jouer dans ce projet.

Des expériences inoubliables

C’est dans le cadre d’une reconversion professionnelle que Stéphane Ernst est devenu animateur jeunesse.

Par Stéphane Ernst

Après 23 ans dans l’univers de l’informatique bancaire, j’ai décidé d’effectuer un changement de cap drastique dans ma vie professionnelle. C’est ainsi qu’en 2014 j’ai vécu une année de discernement avec Roberto De Col à Nyon et avec le groupe de jeunes (dont Charlotte faisait déjà partie).

J’ai vécu durant toutes ces années des moments magnifiques. Certains m’ont particulièrement marqué : tout d’abord, le voyage à Cracovie (Pologne) pour les JMJ 2016, ma première grosse expérience en tant qu’animateur; dans la foulée, l’organisation des JMJ romandes en 2017 à la Colombière, une rencontre qui a attiré plus de 250 participants ! Nous avons repoussé nos limites sportives lors d’un pèlerinage sur le chemin de Compostelle en 2017 et d’un itinéraire à vélo de Delémont à Nyon, accompagnés en partie ou entièrement par notre évêque, Mgr Charles Morerod. Je garde enfin un souvenir indélébile du voyage incroyablement enrichissant que nous avons effectué en 2019 en Arménie avec une guide locale.

Durant ces années, j’ai rencontré des jeunes super motivés et motivants. Je suis reconnaissant à Dieu pour les richesses qui se vivent et qui sont encore à vivre !

Une vocation à explorer

Charlotte Obez souhaite se mettre au service de Dieu. Où et comment ? Elle va vivre une année de discernement.

Par Charlotte Obez 

Il y a quelques années, lors d’une retraite, une femme s’est approchée de moi pour me bénir. Elle a dit ces mots dans sa prière : « Seigneur, donne-lui la grâce de témoigner dans le monde et de rayonner auprès des jeunes ». Pendant de nombreuses années, cette phrase est restée dans un coin de ma tête sans prendre une véritable importance.

Le temps a passé et je n’ai cessé de grandir dans ma foi. Je me posais toujours la même question : « Quel projet Dieu a-t-il pour ma vie ? Quelle est ma vocation ? ».

Mon parcours m’a toujours orientée vers la jeunesse. J’ai d’abord souhaité être éducatrice de la petite enfance, puis pédiatre ou encore psychologue scolaire. J’ai finalement choisi l’enseignement et je termine ma formation cette année. Etant engagée dans le groupe de jeunes depuis presque dix ans et ayant pris part activement à la vie de notre Eglise toutes ces années, j’ai eu le sentiment que je devais faire davantage. Dieu m’a fait comprendre, de bien des manières, que je devais lui faire confiance et répondre à ses appels. J’ai alors eu la conviction que je devais consacrer une année à discerner ma vocation dans l’Eglise.

Par mon engagement auprès des jeunes, je souhaite que le groupe qui m’a accompagnée dans la foi continue de porter des projets qui nous rapprochent du Christ. Je veux permettre aux jeunes d’approfondir leur foi et de découvrir l’amour intense que Dieu porte à chacun d’entre nous. C’est un grand défi, mais je suis pleine d’enthousiasme et prête à le relever. Je me réjouis de vivre des moments intenses et enrichissants avec les jeunes.

PASAJ en bref

La Pastorale d’animation jeunesse (PASAJ) existe depuis 2002. Elle fêtera ses 20 ans lors des JMJ romandes à Lausanne les 7 et 8 mai 2022.

• PASAJ emploie une vingtaine d’agents pastoraux principalement répartis dans deux secteurs d’activité : la coordination et l’animation jeunesse dans les unités pastorales du canton de Vaud et l’aumônerie dans les gymnases, les écoles professionnelles, l’EPFL, les universités et l’Ecole hôtelière de Lausanne.

• PASAJ organise aussi divers événements qui rassemblent les jeunes au niveau cantonal : les JMJ (romandes, suisses ou internationales), des voyages à Taizé, les montées vers Pâques pour les jeunes de 13 à 25 ans.

Le groupe de pèlerins qui s’est rendu à Saint-Jacques-de-Compostelle tout sourire au départ de Porto.
Le groupe de jeunes à la découverte de Karahunj, un ancien site d’observation des astres en Arménie.
Une partie des bénévoles des JMJ 2017 portant un tee-shirt dont le logo a été réalisé par Charlotte (à gauche sur l’image).

Catholique et franc-maçon ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), mi-juin – août 2021

PAR JUDITH BALET HECKENMEYER

(SOURCES/INSPIRATION :
WWW.MASONIC.CH ET WWW.JEPENSE.ORG)

PHOTOS : JUDITH BALET HECKENMEYER, PIXABAY

La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la fraternité.

Elle constitue une alliance d’hommes et de femmes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, toutes nationalités et de toutes croyances. Le but est d’aider au perfectionnement de l’individu et de l’humanité.

Longtemps, les relations entre la Franc-Maçonnerie et le catholicisme ont été houleuses. Pourtant les sources de la Franc-Maçonnerie sont authentiquement chrétiennes. Mais comme dans leur pratique, ils utilisent d’autres outils de connaissance comme la philosophie, les mythes et les religions antiques ou des références à d’autres religions, cela a déplu au Vatican.

Au XIXe siècle (dans le sillage de la révolution française) certaines loges maçonniques sont devenues anticléricales avec la même virulence que des catholiques s’opposaient à la Franc-Maçonnerie. L’affaire Léo Taxil a jeté de l’huile sur le feu : entre 1885 et 1887 il a monté un canular anti-maçonnique de grande ampleur en faisant croire qu’ils s’adonnaient à des cultes sataniques. Cette intox a fortement encouragé les diffamations, les injures, les tensions dans les deux camps.

Un retour à un dialogue se fera après la Deuxième Guerre mondiale. Le concile Vatican II appelle alors à l’œcuménisme.

Pourtant, si la nature des démarches maçonnique et catholique est différente, elle n’est pas incompatible et peut même être vue comme complémentaire.

La quête de sens, du sens de sa vie et du sens de la vie met en route de nombreuses personnes. Cette noble quête ne pourrait-elle prendre diverses formes, divers « emballages » ?

Si des tensions émergent entre différents courants, différentes idéologies, différentes religions, ne seraient-elles pas tout simplement des luttes de pouvoir bien humaines ?

Pourtant, à y regarder de plus près, ne poursuivons-nous pas tous un même but : aimer mieux : soi-même, les autres et le monde qui nous entoure ?

 

Jésus, seul chemin ? (Jean 14, 6)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT PHOTO : PXHERE

J’ai discuté parfois avec des connaissances affiliées de près ou de loin à la franc-maçonnerie. Pour elles, Jésus est-il LA voie, LA vérité et LA vie, tel qu’il se présente lui-même au début de son testament laissé aux apôtres ? (Jean 14-17) Ou alors le chemin franc-maçon est-il compatible avec le message chrétien et peut-il se combiner avec lui ?

Le discernement est délicat dans nos conversations, nos fréquentations comme notre accompagnement pastoral : comment demeurer à la fois totalement respectueux de l’orientation spirituelle de chacun·e et affirmer clairement notre enracinement dans le Fils de Dieu comme « unique voie de salut » ? L’enjeu est donc bien celui-ci : comment vivre un dialogue vrai et inclusif ?

Le Christ invite les Douze à ne pas se troubler, il leur promet
de les prendre là où il est sur le point de s’en aller et de leur préparer une place (Jean 14, 1-4). C’est lorsque Thomas lui objecte : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ? » qu’il lui répond : « Nul ne vient au Père sans passer par moi. » (14, 5-6)

L’exégèse et la traduction chrétiennes interprètent ce verset comme, d’une part, l’affirmation de l’unicité salvifique de Jésus-Christ en tant que « passage obligé » vers le Royaume définitif. Mais, d’autre part, cette perspective est inclusive, et non exclusive. C’est-à-dire qu’elle ne signifie pas que seuls ceux qui adhèrent explicitement au Christ et le reconnaissent comme seul Maître seront associés au salut, mais que même ceux qui ne connaissent pas le Christ, ou le refusent, ou choisissent une autre orientation spirituelle, ou sont indifférents envers lui, ou combinent leur foi en lui, parfois vague, avec une autre tradition religieuse, tous et toutes passent par le Christ pour aller vers le Père dans l’Esprit, s’ils sont reconnus dignes de partager le bonheur éternel. Même sans le savoir.

D’où une perspective de dialogue interreligieux lui aussi inclusif, y compris avec les francs-maçons : il s’agit de prendre en considération les parts de vérité lumineuse qui existent réellement dans cet univers initiatique, selon l’action mystérieuse de l’Esprit Saint qui nous échappe. Et de leur montrer en même temps qu’une double appartenance totale et plénière s’avère, en réalité, théologiquement impossible. C’est le Seigneur qui démêlera le tout.

Montée vers Pâques des enfants de Charrat

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : DR

Une trentaine d’enfants se sont réunis durant le Triduum pascal. Ils ont mis toute leur imagination et tout leur cœur à vivre ces 3 moments. Le jeudi saint avec l’aide des animatrices et du chanoine Jean-Michel Girard, ils ont approfondi l’eucharistie. Le vendredi, la communauté les a rejoints pour le chemin de croix qu’ils ont animé. Le samedi, ils ont réalisé chacun une mini-tenture de Carême. Ces tentures sont devenues des croix. Lors de la veillée pascale, la communauté a découvert tout le chemin parcouru par les enfants… Partir de son cœur, passer par la marelle des psaumes avec dans sa main la lumière pascale, arriver au ciel et tremper sa main dans l’eau nouvellement bénite, s’incliner devant la croix en signe de remerciements et de reconnaissance devant l’immense amour Seigneur.

Merci les enfants, avec votre aide la communauté a vécu une très belle veillée pascale et vos jolies voix ont aidé à exprimer et à accueillir la joie de la résurrection.

Un ancien franc-maçon

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), mi-juin – août 2021

INTERVIEW RÉALISÉE PAR UN MEMBRE DE L’ÉQUIPE DE RÉDACTION,
AVEC MARCO, ANCIEN FRANC-MAÇON (PRÉNOM MODIFIÉ)

PHOTO : PIXABAY

Pourquoi as-tu rejoint la maçonnerie ?

Je pressentais qu’il existe un autre monde au-delà du monde terrestre et matériel. J’étais à la recherche de spiritualité, d’une certaine profondeur. Et l’idée d’avoir accès à certains «secrets» était excitante.

Qu’est-ce qui t’a attiré ?

L’idée de suivre une tradition me plaisait, de même que le sentiment de faire partie d’une communauté existant tout autour du monde… Autant d’éléments que je retrouve pleinement dans l’Eglise, et de manière approfondie !

Y a-t-il des similitudes avec la foi catholique ?

Ce sont deux univers très différents. En principe, la franc-maçonnerie est adogmatique et respecte chaque croyance religieuse de ses membres. Cela dit, certaines loges, en particulier en France, se sont montrées, et continuent de se montrer hostiles au catholicisme. La Franc-Maçonnerie propose de travailler à la gloire du «Grand architecte de l’univers», qui est un dieu éloigné du Dieu chrétien, beaucoup plus abstrait et distant, un dieu assurant l’ordre cosmique. La Trinité, la rédemption par la Croix ou les Sacrements ne font pas partie du système de pensée maçonnique. En définitive, la maçonnerie propose à l’Homme de travailler sur lui-même pour accéder à la Lumière: chacun peut se sauver lui-même par une démarche d’effort, de méditation et d’approfondissement de la connaissance. Au sein de l’Eglise catholique, les choses sont très différentes puisque sans Dieu, l’homme ne peut rien.

Pourquoi l’as-tu quitté à un moment donné ?

Au fond de moi-même, j’ai senti assez vite que je n’étais pas sur le bon chemin: sans doute le Seigneur m’a-t-il guidé et a-t-il agi en silence en moi? La maçonnerie est une démarche intéressante, notamment au niveau des méthodes de travail, mais c’est une voie de garage, car elle ne mène pas au Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie. Certains éléments me posaient problème : la maçonnerie prétend apporter la Lumière, mais les enseignements sont marqués par un certain secret, les rituels se déroulent dans une ambiance sombre; cette incohérence m’a frappé. Au fond, mon cœur restait froid et le vide que je ressentais n’a été comblé qu’en présence du Christ.

Les structures changent, mais la mission continue

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-août 2021

LE BILLET DE PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL | PHOTO : DR

Notre évêque a décidé de remplacer les vicaires épiscopaux par des délégués/es épiscopaux/les laïques pour la conduite des cantons. Ce changement a été amorcé l’an passé avec la nomination de la déléguée épiscopale Marianne Pohl pour la partie alémanique du canton de Fribourg. Il se poursuit cet été pour la partie francophone de Fribourg, ainsi que pour les cantons de Vaud et de Neuchâtel. Pour Genève, la mutation se fera en 2022. J’ai en effet proposé à notre évêque d’aller jusqu’au bout du mandat de cinq ans qu’il m’a confié à plein temps en 2017, car j’ai la conviction que cela permettra une meilleure transition pour notre Eglise cantonale, en intégrant progressivement la nouvelle organisation diocésaine.

Pourquoi un tel changement ? La première idée forte de notre évêque est de « remettre » ses vicaires épiscopaux en paroisse, pour qu’ils puissent animer des pôles paroissiaux attractifs « où les gens ont envie de revenir ». Il souhaite aussi plus de « transversalité » diocésaine. A l’instar de la cellule Covid qui fait un travail remarquable, il devrait y avoir, par exemple, une commission diocésaine pour les nominations.

Les structures changent. Mais nous savons que le plus important est la mission, confiée à chacune et chacun, au service des femmes et des hommes de ce canton, pour l’annonce de l’Evangile, l’aide aux plus pauvres et la sanctification par la liturgie et les sacrements. Nous pouvons continuer de nous laisser inspirer par nos Orientations cantonales 2019-2023, afin que la Bonne Nouvelle puisse se déployer, en soignant l’hospitalité à la suite du Christ, en posant des gestes pastoraux visibles et créatifs qui reflètent la profondeur de l’Evangile, et en prenant des moyens pour rester heureux-se dans notre engagement en Eglise.

C’est bien ainsi que la mission se poursuivra dans la future « Région diocésaine du canton de Genève » !

Action « Caddies pour tous »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Les 25, 26 et 27 mars derniers a eu lieu l’action « Caddies pour tous ». Une action caritative impulsée par Anouck Wehrli et Jean-Marc Richard de la RTS qui a mis en marche plus d’une centaine d’associations en Suisse romande dans le but de collecter des denrées de première nécessité.

PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

A Martigny, sous l’égide la paroisse, c’est grâce à des dizaines de bénévoles venus notamment des chorales de Martigny, mais aussi grâce au groupe de jeunes BCBG que cette collecte à été un succès. Durant trois jours, ils se sont passé le relais dans un climat joyeux et enthousiaste, hélant de leur liste de courses les clients des supermarchés Migros Quartz et Manoir, alors que, en parallèle, des collectes avaient aussi lieu sans bénévole dans le supermarché Aldi de Martigny et dans cinq épiceries Edelweiss Market de la région.

« Avant qu’ils n’entrent faire leurs courses, raconte une bénévole, nous accueillons les clients en leur annonçant l’action. Nous leur donnons une liste des produits dont nous avons besoin. Nous incitons les donateurs potentiels à nous fournir tel ou tel produit qui nous manque. Par exemple, des produits de soins corporels, de la viande en boîte ou des légumes en conserve… Sans cela, les gens n’achèteraient que des pâtes et de la sauce tomate (rires) ! »

Quelques jeunes du groupe BCBG s’expriment à leur tour au sujet de l’action :

« Je trouve cette action intéressante car nous aidons des gens. Nous pensons que le Valais n’est pas touché par ce problème (pouvoir s’acheter de la nourriture de base), mais c’est faux ! » Eliott

« Je trouve bien de participer à cette action car c’est pour aider des gens dans le besoin ou démunis. De plus, les personnes que j’ai croisées et qui nous donnaient les produits achetés avaient l’air elles aussi contentes de participer à cette action et c’est génial. C’est vrai que ce n’était pas forcément évident d’aller vers les gens car des fois j’ai eu l’impression d’être transparent… mais bon, on s’habitue ! » Baptiste

« Je suis content d’avoir pu participer à cette belle expérience. Anecdote : une personne nous a dit qu’elle ne pouvait pas participer, car elle avait juste assez d’argent pour vivre. » Noé

« Je suis venue pour aider ceux qui en ont besoin et qui n’ont pas notre chance. Je trouve normal de consacrer un peu de son temps quand je peux. » Anonyme

Un immense merci aux bénévoles sans qui l’action n’aurait pas eu le tour qu’elle a eu !

En faveur des Tables du Rhône. – Les marchandises collectées à Martigny ont été mises à disposition de l’association Tables du Rhône. Fondée en 2005 et basée à Monthey, l’association a pour mission de récolter les surplus alimentaires dans les commerces de détail pour les distribuer ensuite chaque semaine aux plus démunis.

« PARTAGER plutôt que GASPILLER ». – Tel est le mandat que l’association « Tables du Rhône » s’est donné en récoltant et en distribuant gratuitement les produits alimentaires excédentaires aux plus démunis. Chaque jour, des camionnettes frigorifiques sillonnent le Valais et le Chablais pour s’approvisionner auprès des grands distributeurs et livrer ensuite des marchandises de première qualité aux tables et auprès d’institutions sociales. En Valais, au courant 2019, 267 tonnes de denrées ont été distribuées.

Ecoute en vacance…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-ao û t 2021

PAR THIERRY FOUET | PHOTO : DR

Après une année de diverses vagues de confinement, de périodes d’ouverture, de fermeture… et les beaux jours qui arrivent… les gens se pressent, se bousculent sur les terrasses, pour partir à l’étranger. C’est comme du temps de Jésus, les gens se pressent, se bousculent dans l’attente… d’une réponse; à la recherche d’un regard apaisant ; en quête d’une guérison, d’une consolation ou d’une bénédiction. Curieux de voir, d’approcher, de toucher.

Les foules ! Effervescence, grouillement, tohu-bohu. Quand règne l’agitation fébrile, quand les frissons font vaciller les esprits, comment faire entendre la Bonne Nouvelle, une parole dont le but exclusif est de labourer les cœurs et d’y jeter des graines de liberté, d’amour ?

Jésus peut-il accepter que nous nous prenions au jeu du factice, du superficiel, de l’extraordinaire, de l’émotionnel au point de n’être plus capables d’écouter en vérité ?

Il n’est d’autre lieu d’intense fécondation que le désert. A l’écart donc ! En rupture avec tous les bruits qui rendent sourds. En rupture avec tous les mots qui sonnent creux. Faire le vide autour de soi, et même en soi, pour être avec soi-même. Pendant un temps. De temps en temps. Le matin, le soir. Peu importe l’heure du jour. Gravir une dune ou un chemin de montagne ou un sentier forestier et s’y asseoir pour écouter le silence du désert. La parole ne change le cœur et l’esprit que si l’on a pris rendez-vous avec soi-même et donc avec LUI.

Etre à l’intérieur de soi pour un temps, de temps en temps. C’est alors l’heure de l’écoute de la Parole qui fait renaître.

Très belle pause estivale.

What’s Up en KT ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Depuis plusieurs mois maintenant, les messes peuvent être à nouveau célébrées dans les églises mais avec une contrainte de 50 personnes au maximum. Impensable dans ce cas d’exiger que les enfants viennent aux « Ateliers de la Parole » pendant les messes (c’est la base de notre catéchèse) ! Alors, ce sont les « Ateliers de la Parole » qui viennent à eux !

PAR L’ÉQUIPE DES CATÉCHISTES | PHOTOS : DR

Depuis le mois de novembre, toutes les personnes qui le souhaitent, reçoivent chaque semaine un message par l’application WhatsApp ! Un message vocal présentant l’Evangile du dimanche – joliment imagé avec les vidéos de Théobule – accompagne une réflexion et une prière. Les messages, préparés par l’une des six catéchistes qui ont accepté de faire partie du tournus, sont envoyés chaque semaine par Marie-Claire Gay-des-Combes. Comme l’a relevé une maman : « C’est l’Evangile qui sonne à nos natels ! »

Les familles sont invitées à écouter ensemble cette Parole et à s’en nourrir pour la semaine. Les enfants peuvent ensuite relever sur une feuille de route ce qu’ils retiennent de l’Evangile du jour. Parfois beaucoup de choses les frappent, parfois il n’y a rien à noter.

Martina (9 ans), elle, écoute en famille plusieurs fois cet Evangile, elle se laisse du temps pour y réfléchir et note ensuite dans la semaine les éventuels éléments qu’elle a retenus.

Destinés au départ aux enfants, ces messages WhatsApp aident également les parents à grandir dans leur foi. « J’apprends plein de choses », nous confie cette autre maman, « et nous les écoutons ensemble avec mon mari ».

Ces messages enthousiastes et les mercis font chaud au cœur et encouragent toute l’équipe.

Ces échanges demeurant virtuels, les enfants nous manquent !

Bien que notre catéchèse à Martigny soit fondée sur le fait de la vivre en famille et en lien avec la vie de la Communauté (les enfants s’inscrivent accompagnés de leurs parents aux activités proposées selon ce qui se vit en paroisse), nous avons mis sur pied depuis la mi-février des rencontres de catéchèse destinées uniquement aux enfants.

« C’est dommage ! nous confie une maman de deux jeunes enfants, personnellement, j’apprécie de partager ces moments de catéchèse avec mes enfants. C’est une ressource personnelle pour tous. C’est aussi le seul endroit, hormis à la maison, où je peux bricoler, prier ou partager quelque chose avec mes enfants et avec d’autres familles. L’école, le sport,… ce n’est que pour eux… En plus, le fait de pouvoir rester avec eux durant ce temps de catéchèse supprime tout stress ! Pas besoin de vite les amener, venir les rechercher… »

L’une des activités phare de nos propositions catéchétiques a été bien évidemment la Montée vers Pâques ! Avec comme fil rouge le thème de l’eau et la création d’un jardin de Pâques, une vingtaine d’enfants (de 6 à 14 ans) ont participé fidèlement à ce Triduum pascal,… même au rendez-vous bien matinal de 7h30 le dimanche de Pâques !

Jeudi, nous nous sommes rappelés du dernier repas de Jésus avec ses disciples et avons réfléchi en petits groupes à ce Pain de vie que nous donne Jésus. Puis, sur la base de l’Evangile du lavement des pieds, nous avons échangé sur ce que signifie se mettre au service et donner l’exemple en évoquant des situations de notre vie quotidienne. Le vendredi, nous avons prié et médité à l’extérieur grâce aux différentes stations du chemin de croix. Samedi, en se remémorant la rencontre de Jésus avec la Samaritaine, nous avons essayé de comprendre quelles étaient nos soifs et surtout où se trouvaient les ressources (Parole de Dieu, prière, sacrements, don de soi) pour les combler, pour trouver cette Eau Vive qui ne tarit jamais et qui nous donne la Vie éternelle. Dimanche, dans les dédales sombres des caves de la Maison St-Bernard, éclairées par la seule lueur de nos bougies (… et tenant par la main les plus jeunes peu rassurés par l’obscurité), nous sommes arrivés au tombeau de Jésus… vide ! Il ne restait plus que les linges posés à plat et le suaire qui avait entouré la tête de Jésus roulé à part à sa place. Alléluia ! Christ est ressuscité ! C’est avec un cœur comblé de joie par cette bonne nouvelle que… nous avons pris le petit-déjeuner tous ensemble et rempli notre estomac de délicieuses tartines de tresse et confitures maison !

Toujours en lien avec la liturgie, et en attendant de pouvoir à nouveau vivre ces moments de partage avec l’ensemble de la communauté, notre catéchèse se poursuit et vous propose de belles rencontres. N’hésitez pas à consulter régulièrement le site de la paroisse (www.paroissemartigny.ch) et vous inscrire aux activités que nous vous proposons.

* Autrement dit « Quoi de neuf en catéchèse ? »

 
 

Témoignage : la catéchèse, à travers les yeux d’Angela, maman de 2 enfants

Les ateliers de catéchèse ont bien évolué depuis que je les suis avec mes enfants – ils sont plus participatifs pour les parents – mais je les ai toujours vus comme des moments de découvertes ou de redécouvertes des passages de la bible, des explications des rituels, des symboles, des partages en famille, mais aussi d’échanges avec les autres intervenants (prêtre, catéchiste, parents, enfants).

Il s’agit de moments de partages ou d’entraide dans la communauté. Je me rappelle la fois où nous avions été au home des Tourelles pour prier avec les pensionnaires : il y avait une dame qui tricotait car, depuis son enfance, elle le faisait ainsi avec sa mère. Ou encore, la confection de cartes pour soutenir et réconforter les personnes qui souffrent en prévision de la journée des malades. J’ai vu les enfants choisir les couleurs, dessins, textes pour faire ces cartes, leur donner des petits coups de main et surtout j’ai constaté qu’ils se donnaient de la peine en les confectionnant.

C’est sûr que la covid est venue bousculer les habitudes ! Plus d’ateliers de la Parole, pas toujours facile de proposer des choses compatibles avec les normes de sécurité qui changent, mais on nous a proposé de recevoir chaque semaine par Whats App du matériel pour échanger avec les enfants.

Depuis plusieurs années, on participait à la préparation de la crèche. Chaque année, il y a un thème commun repris dans les communautés du secteur et après l’imagination et les échanges d’idées interviennent. Les enfants et les parents participent à cette création et c’est toujours un
moment un peu magique quand on voit le résultat final, fruit de la collaboration de tous, et qu’on se réjouit de faire découvrir à l’ensemble de la communauté. Cette année était différente : on ne savait même pas si les messes pourraient avoir lieu. Mais on était contents de pouvoir participer au projet commun, de décorer des pots pour ensuite pouvoir éclairer le parvis de l’église pour la fin de l’année. Vu le nombre de pots récoltés, on n’était pas les seuls,… Cela a permis de créer du lien, même avec la distance !

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