Jeux, jeunes et humour – septembre 2021

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Pourquoi mange-t-on de la tarteaux pruneaux au Jeûne fédéral ?
Le 3e dimanche de septembre, la Suisse est en fête. Catholiques et protestants célèbrent le Jeûne fédéral : toute la population est invitée à remercier Dieu pour les bienfaits accordés à notre pays et à prier pour les défis à relever. Autrefois, comme les gens passaient la plus grande partie de la journée à l’église, ils n’avaient pas le temps de cuisiner un vrai repas et grignotaient une tarte préparée la veille à base de pruneaux, fruits qu’on récolte à cette période.

par Pascal Ortelli

Humour

C’est un gars qui est malade et qui va voir son docteur. Alors qu’il patiente dans la salle d’attente, il voit sortir une religieuse de la salle de consultation. Elle a l’air effondrée et hagarde. Lorsque le docteur le fait rentrer, le gars lui demande :

– Je viens de voir sortir une religieuse de chez vous… Elle avait l’air vraiment mal en point. Je n’ai jamais vu quelqu’un avec une si mauvaise mine ! Le doc lui répond : 

– Ah oui ! Je venais de lui dire qu’elle était enceinte. 

– C’est pas vrai ?

– Non, bien sûr que non, elle n’est pas enceinte, mais ça lui a guéri son hoquet !

par Calixte Dubosson

Via Jacobi: Lausanne – Saint-Prex

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Saint-Prex, le long du Léman à la découverte d’églises romanes.

Départ depuis la gare de Lausanne, 4h40 aller simple, 19,5 km

1. Depuis la gare CFF, prenez le métro jusqu’à Ouchy. Longez les quais jusqu’à la Maladière.

2. Traversez le parc archéologique pour rejoindre la plage de Vidy. Ne manquez pas d’observer le panneau indicateur, haut lieu symbolique : vous êtes en effet au point de croisement de la Via Jacobi avec la Via Francigena !

3. Empruntez le petit pont sur la Chamberonne pour rejoindre les quartiers résidentiels de Saint-Sulpice. Ne manquez pas de vous désaltérer au restaurant du Débarcadère juste à côté du temple.

4. La suite du chemin en direction de Préverenges, toujours au fil de l’eau, offre de superbes points de vue, entre réserves pour les oiseaux et espaces pour la baignade. Vous traverserez la Venoge, rivière célébrée par le poète vaudois Jean Villard Gilles.

5. A Morges, Cité de la tulipe, ne manquez pas de vous prélasser dans le parc ombragé avant de continuer vers Saint-Prex par le Sentier de la truite.

6. Après Tolochenaz, remontez le Boiron et prenez à gauche le long des voies pour rejoindre le bourg.

Le retour se fait aisément en train. Attention, de nombreux tronçons le long du lac sont interdits aux vélos.

Curiosité

Le temple de Saint-Sulpice, église romane construite au XIe siècle et flanquée d’un prieuré qui dépendait de l’abbaye d’Aulps en Haute-Savoie et de Molesmes.

Coup de cœur

Le bourg de Saint-Prex et la tour de l’horloge, dominés au-dessus par une autre église romane dans laquelle repose le corps de saint Protais ou Prex (640-699), évêque de Lausanne et constructeur de la cathédrale, qui donna son nom à la localité.

En librairie – septembre 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Les entretiens de l’Aube
Georges Haldas

« L’aube, pour moi, ce n’est pas simplement le lever du jour… C’est tout ce qui participe du commencement : l’aube, l’enfance, la graine… C’est un mode d’appréhender le monde, de le surprendre dans sa nouveauté, sa fantastique nouveauté à travers la répétition quotidienne. » Magnifiques entretiens avec l’écrivain Georges Haldas, empreints de fraîcheur et de poésie, qui sont l’occasion d’évoquer le travail d’écriture, la mémoire, la foi, le corps, tout ce qui constitue en somme un être humain sensible.

Labor et Fides

Acheter pour 22.00 CHF

Vous avez dit Providence ?
Pierre Aguila

« On voit la providence partout ou nulle part ! » Oui, mais alors comment discerner ce qui vient de Dieu et ce en quoi il n’est pour rien ? Comment distinguer les coïncidences fortuites de ces « clins-Dieu » que nous semblons parfois entrevoir ? Et si Dieu intervient dans notre vie, sommes-nous vraiment libres ? Peut-on coopérer à sa volonté sans être des marionnettes soumises à son bon vouloir ? Enfin, comment percevoir l’action de Dieu dans nos vies lorsque nous sommes dans l’épreuve ? Se pourrait-il qu’il nous ait oubliés ? Comment comprendre son silence ? Toutes ces questions, le Père Pierre Aguila les a prises en compte et il nous donne des critères sûrs pour appréhender la providence de Dieu dans notre vie. 

Artège

Acheter pour 16.60 CHF

Ferme les yeux, ouvre ton cœur
Dominique Pérot-Poussielgue

Voici un merveilleux livre-CD pour faire découvrir aux enfants la méditation chrétienne : celle qui consiste à descendre au fond de son cœur pour y rencontrer Dieu. Douze méditations guidées sont proposées : l’enfant, après s’être plongé dans un moment fort de la vie d’un saint dont l’ambiance est rendue palpable par des bruitages, est invité à intérioriser ce qui l’a marqué puis à prier avec des mots simples. Magnifiquement illustrées et mises en musique, lues par les voix apaisantes de deux comédiens de talent, ces méditations sont un moyen sûr d’initier les enfants à la prière, tout en douceur ! Une contribution bienvenue dans un monde où l’on fait vivre aux enfants des « moments magiques » certainement bénéfiques mais sans cette ouverture à Dieu que permet la prière.

Mame

Acheter pour 27.90 CHF

Les derniers seront les premiers et vice versa
Adrien Louandre

Adrien Louandre, 25 ans, né dans une famille modeste de militants communistes, raconte son parcours de conversion à l’adolescence, et les années qui ont suivi. Il décrit comment sa foi se construit en conciliant ses engagements pour l’écologie et la justice sociale, le tout sur fond de pardon et de dialogue. Les derniers seront les premiers nous plonge dans ce récit étonnant où s’entremêlent les méditations des grands saints, les réflexions d’économistes et de philosophes.

Première Partie

Acheter pour 21.50 CHF

Pour commander

Moins pour plus?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), septembre 2021

PAR L’ABBÉ ALEXANDRE BARRAS, CURÉ DE CRANS-MONTANA
ILLUSTRATIONS : KIEFFER

Un matin, j’étais assis au bord de mon lit et je contemplais mon armoire à habits ouverte. Les étagères étaient bien remplies de vêtements. Je pris la décision d’y regarder d’un peu plus près. A ma grande surprise plusieurs éléments ne dataient pas d’aujourd’hui… De plus, la taille de certains éléments ne correspondait plus avec les quelques grammes supplémentaires d’aujourd’hui… Ni une ni deux, armé d’un sac poubelle et d’un sac pour le recyclage me voici paré pour le grand tri. A la fin du labeur, et à mon grand étonnement, je constatais un éclaircissement dans l’armoire. J’avais entassé et gardé tant de choses inutiles ou inutilisables depuis si longtemps. Vint à mon esprit cette réflexion sur la course effrénée à l’achat et au besoin de toujours plus alors que ce grand vide me procurait une joie. D’abord de nettoyer les lieux, mais aussi de faire plaisir en donnant mes habits que je ne mettais plus et qui auront certainement fait des heureux. Aussi parce que se déposséder c’est se libérer d’entraves, qu’elles soient matérielles, humaines ou spirituelles.

Souvent, dans nos vies, nous « entassons » dans nos mémoires des soucis inutiles ou fabriqués, des mauvais souvenirs ressassés voire de vieilles querelles dont on ne sait plus bien qui, quoi, comment mais il ne faut surtout pas les oublier… Le Seigneur nous invite, sans cesse, à nous déposséder de tout ce qui nous empêche de le rencontrer et de rencontrer les autres. En « lâchant » les amarres, nous permettons à Jésus de nous emmener au loin, dans le calme, la paix et la vraie joie. Regardons nos frères et soeurs pauvres, combien ils sont généreux, attentionnés, joyeux. Ils n’ont presque rien mais ils donnent tout. Quel bel exemple de renoncement, certes pas voulu mais vécu avec courage et abnégation.

Rappelons-nous que, lorsque l’heure viendra de partir vers le Père, nous n’emporterons rien de matériel, mais seulement la vérité que nous aurons découverte et l’amour que nous aurons semé, partagé, accueilli.

Alors oui, beaucoup moins pour beaucoup plus !

Des personnes de notre secteur témoignent sur leur vécu durant la période du confinement

Petite escapade à Prabé (sur les hauts de la commune de Savièse) au-dessus d’une mer de brouillard qui plonge le Valais dans l’obscurité.

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), septembre 2021

En lien avec le thème de ce numéro, l’équipe de rédaction a demandé à des personnes de notre secteur de nous partager les points positifs et les enrichissements suscités par le COVID et la situation du confinement.

Riddes 

Propos recueillis par Jean-Christophe Crettenand auprès de Michaël, 39 ans

Force est d’avouer que le COVID ne m’a pas, de manière globale, apporté beaucoup de choses positives ni d’enrichissement. Le seul point positif que je pourrais citer serait le fait que, côté professionnel, on ait mis en place un système de travail par équipe. Ainsi, durant la première vague, je travaillais tous les jours de 6h à 14h ce qui m’a permis de profiter de mes après-midi. La vie associative dans laquelle je trouve énormément de plaisir à m’engager (football, CVAV, …) ayant été mise totalement en berne, j’ai découvert de nouveaux passe-temps tels que la marche ou encore le bricolage.

Distanciation sociale, arrêt des loisirs, méfiance… Je pense que le COVID a brisé beaucoup de choses et beaucoup de gens. Cette pandémie nous montre que l’on n’est jamais totalement à l’abri, tant au niveau social, professionnel, que sanitaire…

Saxon

Par Geneviève Thurre 

Covid plus pour moins 

Qu’est-ce que la période COVID vous a amené de positif ? J’ai posé cette question à plusieurs paroissiens : une jeune, un indépendant engagé en politique, une employée. La réponse est rapide et pour tous, elle dit en substance ceci : du souci, plus d’emm… ! Alors, est-ce qu’au fond, le fait de devoir réduire nos activités nous a fait du bien ? La question choisie par votre magazine paroissial n’est-elle pas naïve, voire hors réalité ? Pour ma part, j’ai été peu impactée par la pandémie. J’ai subi ce que j’appellerai des « tracasseries ». Je suis donc chanceuse. Pourtant, un des seuls points positifs que je retiendrai de cette période, c’est d’avoir trouvé une nouvelle formule pour Noël, qui a fait plaisir à toute la famille. Je pense que le lien social, entretenu à travers ma vie professionnelle et mes activités de loisir, est indispensable à mon bonheur. De même pour ma spiritualité, au demeurant intime, j’ai besoin de la communauté pour la rendre belle, vivante. 

Fully 

Propos recueillis par Alessandra Arlettaz  

Rencontre avec Léonard Dorsaz, quarantenaire marié, père de trois grands enfants, actif dans plusieurs comités

Avant le Covid j’avançais la tête dans le guidon, sans vraiment remettre en question la quantité, le sens et la qualité de mes engagements.

Pendant ce temps de crise sanitaire, la maison est devenue plus qu’un lieu de passage. Cette période m’a permis d’avoir de vrais temps de partage avec mes enfants et leurs amis, de vivifier la vie de famille et de couple, de revenir à l’essentiel. Avec mon épouse, nous avons pu accompagner nos jeunes qui, avec cette pandémie, perdaient leurs repères.

L’engagement musical a lui aussi pris un sens nouveau. Durant le semi-confinement, en famille, nous avons plusieurs fois joué pour nos aînés dans leurs jardins ou dans la cour du home. Aller partager ma passion auprès de personnes qui sont trop souvent délaissées a donné un sens profond à ma passion pour la musique.

Dorénavant, je ne vais pas forcément arrêter mes différentes activités. Cependant, je désire mettre davantage d’énergie et de temps dans celles qui ont du sens, être au service des personnes qui ont besoin, non plus faire des activités juste pour mon plaisir personnel.

Saillon

Propos recueillis par Laurence Buchard 

Rencontre avec Damien 

Quel enrichissement le COVID a-t-il suscité avec le moins d’activité ?

Le COVID a engendré un stop assez brutal de toutes les activités. Pour ma part, la saison de football a été interrompue et la reprise était incertaine. Au début ce fut un peu déconcertant et puis gentiment on s’y habitue. On s’entraîne seul, on passe plus de temps en famille. On s’est retrouvé tout à coup les cinq ensemble à table, ce qui était rare auparavant. Et finalement, on s’est également habitué à cette nouvelle situation et ça n’est pas si mal.

Quel côté positif gardez-vous de cette situation particulière ?

Le positif est qu’on relativise beaucoup plus qu’auparavant. Le fait de voir plus la famille était aussi bien. On a partagé beaucoup de moments ensemble. Je garderai donc avant tout cet aspect-là de cette crise.

Qu’est-ce qui a été changé pour une vie meilleure ?

Je ne vais rien changer de spécial mais j’aurais peut-être pris conscience de l’importance du temps passé en famille et aussi celui passé avec les amis car on n’a pas pu se voir beaucoup durant cette période. Dorénavant, je tâcherai à garder du temps pour eux.

Quelle redécouverte ?

J’ai redécouvert un peu de calme. Avant la crise, j’étais tout le temps à 100%, à faire mille choses par-ci par-là. Avec la crise, je suis resté à la maison et ai pu faire d’autres activités, prendre plus de temps pour moi et ma famille. 

Leytron 

Texte par Véronique Denis 

Ce que je retiens du confinement

Je me revois encore devant mon ordinateur, en train d’écouter la conférence de presse du Conseil fédéral. Le ton grave et solennel des conseillers fédéraux restera longtemps gravé dans ma mémoire. 

Ensuite, après avoir contacté les enfants et les parents de la confirmation qui devaient se rencontrer le lendemain, je me suis dit que j’allais avoir du temps pour moi : marche en plein air, mise en ordre de la maison, du bureau, lecture, détente… 

Je me suis rendu compte que ce temps offert gratuitement était une chance pour faire le point sur ma vie, mes engagements. Au lieu de courir de rendez-vous en rendez-vous, j’avais le temps pour réfléchir, me poser et poser un regard neuf sur les événements qui se déroulaient, en toute tranquillité. 

Les relations sociales en direct ont été coupées. Mais au niveau de l’équipe pastorale, nous avons su réagir : nous sommes devenus des « pros des vidéos-conférences, des messages WhatsApp » avec les enfants et parents de la catéchèse : autant de moyens qui ont permis de rester en contact, au-delà des distances et des interdictions en tout genre. Mais rien ne remplace les rencontres en « présentiel ». 

En conclusion, je dirais que ce temps du COVID m’a fait découvrir l’importance du temps. Mais je dois bien admettre que le rythme de la vie a tendance à s’accélérer. Il m’est difficile de ne pas me laisser entraîner dans le flot des activités qui s’enchaînent au quotidien. Mais le souvenir du COVID me titille toujours et m’invite à me poser et à prendre le temps pour la rencontre toute simple avec ma famille, mes amis… et avec Dieu ! 

La différence, un cadeau

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), septembre-octobre 2021

PAR AUDREY BOUSSAT
PHOTOS : DARREN IRWIN, PIXABAY

Le mois de septembre et la rentrée sont synonymes d’un remue-ménage généralisé dans la société. C’est souvent à cette période de l’année que de nouvelles têtes font irruption dans nos vies. Avec un peu de chance, nous aurons des affinités et des points communs avec ces inconnus qui ne le seront bientôt plus. Avec plus de chance toutefois, nous découvrirons des gens diamétralement opposés à nous, avec lesquels nous n’aurons guère ou pas d’atomes crochus.

Pour moi, côtoyer la différence est un cadeau et une chance de travailler sur soi afin de s’ouvrir encore plus au prochain. Accueillir ceux qui nous ressemblent ou avec qui le contact passe facilement ne relève pas de l’exploit. C’est au contraire dans les dissemblances qu’il est plus difficile d’accepter autrui dans son entièreté. D’accepter de découvrir l’enfant de Dieu qu’il est.

Pour cela, il faut déconstruire nos idées préconçues et avancer vers l’autre avec un regard pur. C’est un face à face entre deux êtres égaux avec des goûts, des opinions, des qualités et des défauts qui leur sont propres.

Vaccinés contre le coronavirus ou pas. Athées ou croyants. Engagés politiquement à droite ou à gauche. Omnivores ou végans. Les raisons de construire des murs, de nous isoler dans des cercles fermés avec des gens qui nous ressemblent sont nombreuses, mais trop souvent absurdes. En cédant à cette tentation, nous passons à côté de personnes magnifiques et du message fondamental d’amour réciproque du Christ. Le Seigneur nous a tous voulus tels que nous sommes sur cette terre. Et Il aime chacun d’un amour infini.

Dès aujourd’hui, nous pouvons célébrer à l’échelle individuelle la diversité de ce monde en cessant, par exemple, de juger ce qui nous est étranger. A la place, montrons-nous curieux et ouverts à ce que nous ne connaissons que trop peu. En nous confrontant à d’autres manières de faire et à de nouveaux points de vue, nous grandissons, nous faisons de belles rencontres et surtout, nous découvrons la richesse et la beauté du monde que Dieu a créé.

Visages de notre UP

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Saint-Protais (FR), septembre 2021

Par Lucienne Broillet-Page
Photos : lbp

1. Présentez-vous en quelques mots…
Maya : Maya Heimoz, étudiante au collège de Gambach en 4e année, option biologie-chimie.

2. Quel est votre engagement sur notre Unité pastorale ?
Maya : Je me suis engagée en tant que lectrice à la messe du dimanche à Rossens, après avoir été servante de messe depuis ma première communion.

3. Qu’est-ce qui vous a motivée à accepter cette tâche dans votre paroisse ?
Maya : Ma famille est bien engagée dans la paroisse, maman est sacristine, pour moi c’était logique de continuer mon service d’une autre façon après les servants de messe. De la même façon, ça permet de faire quelque chose durant la messe, on est plus motivé à y aller. 
On peut ainsi mettre sa pierre à l’édifice.

4. Quel est votre meilleur souvenir dans cette activité ? 
Maya : Quand j’étais toute petite, vers 9-10 ans, j’ai failli me brûler les cheveux à un cierge alors que je servais lors d’un enterrement…

5. Qu’est-ce que cette activité vous apporte ?
Maya : Cette activité me permet d’approfondir et de m’intéresser aux textes du dimanche, ce qui me fait mieux retenir les paroles inspirantes de la Bible lues.
Et aussi de mieux ensuite le faire comprendre. ça me donne
une occasion de transmettre vraiment quelque chose.

6. Pour vous aujourd’hui, l’Eglise devrait être…
Maya : … un lieu de tolérance, sans jugement, où chacun
a sa place. La bienveillance devrait être toujours présente.

1. Présentez-vous en quelques mots…
Lydia : Lydia Jaquier, étudiante au collège Saint Michel en 4e année, option biologie-chimie.

2. Quel est votre engagement sur notre Unité pastorale ?
Lydia : Je me suis engagée en tant que lectrice à la messe du dimanche à Rossens, après avoir été servante de messes depuis ma première communion.

3. Qu’est-ce qui vous a motivée à accepter cette tâche dans votre paroisse ?
Lydia : C’est pour rester active dans ma paroisse, pour changer un peu, je devenais trop grande pour servir la messe.

4. Quel est votre meilleur souvenir dans cette activité ? 
Lydia : L’encens me faisait toujours rire, un peu comme un gaz hilarant. Et il y a beaucoup de réactions lorsque nous le faisons brûler, certains n’aiment pas du tout ça, surtout les enfants, et c’est assez drôle !

5. Qu’est-ce que cette activité vous apporte ?
Lydia : J’adore le théâtre, et j’ai vu que certains lecteurs pouvaient rendre les textes plus vivants, plus intéressants, et j’ai eu envie de faire la même chose. J’aime beaucoup faire passer les émotions et les histoires vécues dans la Parole de Dieu. 

6. Pour vous aujourd’hui, l’Eglise devrait être…
Lydia : … un endroit de rencontre pour toutes les générations, pas seulement pour les personnes âgées. J’aimerais voir plus de jeunes de mon âge !

Le Serv’camp, la belle aventure

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), septembre 2021

Organisé la première fois en été 2002 par les prêtres Joseph Voutaz et Etienne Catzéflis, le Serv’Camp représente un encouragement et une reconnaissance aux servants de messe des paroisses du secteur.

PAR PATRICIA BARRAS, CATÉCHISTE-ANIMATRICE DES 19 DERNIERS CAMPS
PHOTOS : DR

Cette belle aventure commence avec 70 jeunes et une dizaine d’animateurs. Durant ces 19 ans, une cinquantaine d’animateurs, jeunes et moins jeunes, se sont succédés au fil des années pour la semaine, et environ 500 jeunes ont profité de ces magnifiques moments de partage et de prières. Accompagnés également, à tour de rôle, par les prêtres Joseph Voutaz, Etienne Catzéflis, Jean-Pascal Genoud et Pablo Pico, nous collaborions aussi avec la communauté de l’hospice.

Chaque camp se déclinait autour d’un thème. Le matin était réservé aux ateliers catéchétiques : des ateliers tournants permettaient aux servants de messe d’approfondir leur foi et leurs connaissances. La messe était célébrée chaque jour, soit à la chapelle de l’hospice, soit en plein air, là où nous nous trouvions. Le répertoire de chants était vaste et, à défaut de chanter toujours juste, nous y mettions tout notre coeur.

Je repense avec émotion aux belles nuits d’adoration, quand les enfants, qui dormaient, étaient réveillés en douceur pour se rendre en silence à la chapelle, en pyjama et avec leur duvet. Le Saint Sacrement les y attendait. Ces moments exceptionnels restent gravés en nous.

Les journées à l’extérieur, dans de ce magnifique site du col, et la traditionnelle sortie du mercredi : une balade en car aux Iles Boromées, à Milan, à Swissminiatur à Melide, à Locarno, à Orta et bien d’autres. Ces balades étaient, bien sûr, ponctuées par le traditionnel moment des « gelati ».

Les animations : jeux de piste, loto, bricolage, soirée film ou contes. Nous avons même eu la chance d’accueillir le clown Gabidou.

Préparation de nos fameux tee-shirts en batik aux différentes couleurs des équipes, que les jeunes avaient beaucoup de plaisir à porter et à ramener à la maison.

Depuis quelques années, les servants de messe sont de plus en plus rares. Nous avons alors décidé d’accueillir au camp tous les jeunes du secteur et d’ailleurs. Malheureusement, le Covid et notre temps toujours plus chargé ont été plus forts que l’enthousiasme. Le camp de cette année, qui devait être le vingtième, n’a pas eu lieu par manque d’inscriptions.

Un 20ème camp en l’an 2022 ?
La question est posée et la réponse plane encore dans l’air. Dans cette attente, je tiens à remercier toutes les personnes qui se sont engagées auprès des jeunes durant ces années pour que ces merveilleux moments passés ensemble puissent rejaillir dans nos vies, notre entourage et notre secteur et que chacun garde en son coeur cette aventure comme un cadeau.

Ordinations à Saillon

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), septembre 2021

La foule était nombreuse à Saillon dimanche 27 juin dernier pour les ordinations de Valentin et Simon Roduit, ainsi que de Christian Thurre. La joie aussi était au rendez-vous : la joie d’accompagner ces trois hommes au cours de cette étape dans l’Eglise, au service du Peuple de Dieu ; mais aussi, en ces temps particuliers de pandémie, la joie toute simple de se rassembler et de se retrouver. Valentin nous est particulièrement proche par son année de stage pastoral vécue dans les paroisses de Collombey et de Muraz. Toute notre prière l’accompagne ainsi que notre reconnaissance pour son engagement comme prêtre pour le service de l’Eglise. Merci Valentin et bonne suite à toi !

PAR LES PÈRES DIDIER BERTHOD ET VALENTIN RODUIT | PHOTOS : COLLECTIF ORDINATIONS 2021

« Suis-moi » (Jn 21, 19). Ces deux mots résument ma vocation, et la raison pour laquelle j’ai été ordonné prêtre. Un appel du Seigneur à le connaître et l’aimer, pour le transmettre. Un appel qui passe par une mise en route permanente. L’ordination est un tournant entre le chemin qui m’a amené jusque-là, avec tous ceux qui m’y ont accompagné, et le chemin qui commence, avec ceux qui me seront confiés. Je m’en réjouis, ce sont de nouvelles aventures avec le Bon Dieu qui commencent ! » (Père Valentin Roduit)

Lourdes autrement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), septembre 2021

Du 19 au 23 juillet 2021, une vingtaine de jeunes se sont retrouvés à Saint-Maurice pour vivre le pèlerinage de « Lourdes autrement ».

PAR JUSTINE BAGNOUD ET AUDE MUDRY
PHOTOS : JUSTINE BAGNOUD ET AUDE MUDRY

Les « Jeunes de Lourdes » ont débuté cette semaine par un temps d’accueil puis ont animé la messe d’ouverture qui était retrans-mise en direct sur internet. Le lendemain, nous avons écouté les témoignages de membres du groupe afin de partager des mo-ments de vie. Après un bon repas, nous sommes allés à l’institut « La Castalie » pour célébrer la messe. Nous avons pu également chanter avec les résidents et, dans un second temps, nous avons partagé les délicieux gâteaux préparés par leurs soins. La journée du mardi s’est terminée par une veillée de prière.

Mercredi nous nous sommes rendus, avec le groupe des ados, à Fribourg pour vivre notre journée avec une communauté de « L’Arche ». Durant l’après-midi, tout le groupe, rejoint par quelques pèlerins, a célébré la messe à Notre-Dame des Marches. Ensuite, les scouts d’Europe nous ont accueillis, ados, jeunes et résidents, et nous ont fait découvrir leur quotidien. Cette belle journée s’est clôturée par une procession aux flambeaux jusqu’à la grotte à Grandvillard, réplique de celle de Lourdes.

Cet article est écrit alors que nous avons déjà vécu des rencontres enrichissantes et des moments émouvants, et pourtant nous ne sommes qu’à la moitié de notre semaine.

Nous remercions les instituts et les scouts d’Europe pour leur ac-cueil chaleureux, l’internat de Saint-Maurice pour avoir été notre foyer, la commune de Lens pour nous avoir fourni des masques, et tous les autres qui permettent qu’une telle semaine prenne vie.

Nous espérons nous retrouver l’année prochaine, du 18 au 23 juillet 2022, pour vivre le pèlerinage à Lourdes.

Ma foi sur le web

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), septembre-octobre 2021

Nous vous proposons une nouvelle rubrique intitulée « Ma foi sur le web ». Sans prétention à l’exhaustivité, nous vous suggérons de découvrir différentes offres existant dans le monde digital pour nourrir sa foi, l’approfondir, mais aussi la partager, se mettre en communion avec d’autres personnes, ou même de vivre un pèlerinage virtuel dans votre sanctuaire préféré.
Depuis la généralisation de l’accès à internet, puis l’avènement des réseaux sociaux au tournant des années 2000, l’ évangile s’est naturellement propagé sur ce que Benoît XVI appelait un « nouveau continent à évangéliser ». Ainsi de très nombreuses offres cohabitent et permettent cette présence des chrétiens dans le monde numérique.

PAR PAUL SALLES
PHOTOS : MEDIA TECH, PATRICK NOLLET

Pour commencer cette rubrique en douceur, nous vous proposons de découvrir la version numérique des biens connus outils qui nous aident à nourrir notre prière quotidienne.

Vous connaissez sûrement les petits livrets que l’on reçoit chaque mois et qui contiennent les textes bibliques de la messe du jour, ainsi que des petites méditations ou prières quotidiennes ou la présentation du saint du jour (Magnificat, Prions en Église, Parole et Prière, …). Toutes ces revues mensuelles disposent de leur version numérique, soit en ligne, soit avec l’application sur votre smartphone. Outre des tarifs d’abonnement moins élevés que pour la version papier, l’avantage de ces versions numériques est surtout pratique : vous avez en tout temps votre revue sous la main, ou plutôt dans votre téléphone.

Dans la même idée, d’autres applications ont été créées et n’existent qu’en ligne. Par exemple « youPray » (application lauréate en 2018 du prix Oremus lors de la soirée Pitch My Church, destinée à promouvoir l’innovation dans l’église) vous propose des neuvaines thématiques, des chapelets à l’école d’un saint, ou encore de créer vos playlists de chants pour nourrir votre prière.

Sans doute connaissez-vous aussi la prière de la liturgie des heures (laudes, vêpres, complies, …), celle que tous les religieux, consacrés, prêtres et diacres ont
choisie d’embrasser pour rythmer leurs journées. Le bon vieux bréviaire est maintenant disponible en ligne, et en application, par exemple l’App « Liturgie », « AELF », ou « iBreviary ».

Il va sans dire que cette présentation n’est qu’un petit échantillon de ce qui existe en langue française, tant les offres sont multiples… tant notre prière quotidienne est le ciment de notre vie chrétienne.

Un pas vers le désencombrement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), septembre 2021

PAR STÉPHANIE WALPEN

PHOTO : RAPHAEL DELALOYE

L’art du désencombrement, la méthode Marie Kondo, le minimalisme, la thérapie par le vide… Tant de mots pour définir des méthodes psychologiques très à la mode dans notre monde occidental consumériste et avide de possessions en tout genre.

On pourrait penser que la recherche de « l’allègement » est récente.

Et pourtant ! Depuis tant de siècles, sages de toutes religions et spiritualités, moniales et moines, ont fait ce choix radical de se détacher et de s’appauvrir pour offrir une place à l’Essentiel.

Jésus ne ménage pas l’homme sage, respectueux des commandements, qui lui demande ce qu’il doit faire pour avoir la vie éternelle en héritage. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » (Marc 10, 21)

Par ces paroles, Jésus lui a offert une méthode toute simple de mieux-être, de bonheur. Il lui a donné la clé d’un vrai chemin de Vie.

Mais qu’il est dur ce chemin pour cet homme de l’Evangile et pour nous tous, femmes et hommes de tous temps ! Si notre conscience ou notre foi nous invitent à faire ce choix, si notre cœur goûte déjà aux bienfaits d’une telle décision, notre éducation, nos peurs, les conseils de nos proches, notre besoin d’être rassurés nous emprisonnent et nous empêchent de nous lancer en toute confiance sur ce Chemin de Vie.

Nos attaches sont si nombreuses : argent, biens matériels, certitudes, orgueil, agendas trop remplis, sollicitations infinies, réseaux sociaux chronophages…

Il ne s’agit pas de nous débarrasser du jour au lendemain de tout ce qui nous encombre. La tâche serait trop ardue. Et si vous me ressemblez, après deux jours, les bonnes résolutions se seraient déjà envolées. Mais je vois en ce début d’année pastorale et scolaire, l’occasion de faire un choix, un petit pas vers ce désencombrement bienfaisant que Dieu ne manquera pas de combler de ses bénédictions.

Belle année pastorale désencombrée et lumineuse à tous !

La famille dans tous ses états

Une approche biblique

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), juillet-août 2021

Ce que nous vivons dans nos familles nous met parfois dans tous nos états, nous agite, nous déplace, nous dépasse, nous fait souffrir. C’est alors que l’on peut s’ouvrir à l’inattendu, à l’autre, au Tout Autre.

PAR MONIQUE DORSAZ | PHOTOS : PIXABAY

Le terme « famille »

Dans la Bible, on ne trouve pas exactement le mot « famille ». On parle plutôt de maison, clan ou tribu. La famille biblique est une entité plus large que la famille nucléaire à laquelle nous pensons spontanément aujourd’hui. Dans les Écritures, la famille est une réalité concrète et ouverte qui évoque la cohabitation et la mise au monde.

Diversité des situations et états de vie

Dans la Bible on trouve beaucoup de diversité. Dieu intègre toutes sortes de situations familiales dans son projet. Les prophètes de l’Ancienne Alliance, ou même les ascendants de Jésus ne sont pas toujours dans une situation « normale » ou « idéale » : stérilité (Genèse 18), veuvage (Ezéchiel 24,
15-27), infidélité (Osée 1-3), manipulation (2e livre de Samuel 11), prostitution
(Josué 2) sont finalement des situations assez communes. Et c’est peut-être ce que l’on peut retenir en premier : la famille dans la Bible n’est pas un idéal, mais plutôt le réel de situations alambiquées, souffrantes, et en fait assez ordinaires. Justement, Dieu vient à la rencontre de ces réalités, il fait avec et se révèle au travers. Dieu assume nos plans B ! Souvent même c’est dans les épreuves que tout se joue, que Dieu se dit, se laisse rencontrer et peut agir.

Intérêt de la Bible pour la relation

homme-femme

Dès le début et jusqu’à la fin, la Bible s’intéresse de façon très particulière à la rencontre entre l’homme et la femme et à leur relation. « Dieu créa l’homme à son image, homme et femme il les créa » (Genèse 1, 27). Dieu dit encore : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je vais lui faire un secours, comme un vis-à-vis. » (Genèse 2, 18) Une rencontre homme-femme, c’est mystérieux : elle dit quelque chose de Dieu, comme témoigne saint Paul (Epître aux Éphésiens 5, 22-23). Ça c’est l’objectif, le plan d’ensemble. Reste que dans la réalité concrète des histoires des personnages bibliques, c’est moins évident : Abraham peine à reconnaître que Sara est sa femme (Genèse 12, 20), Jacob est fou amoureux de Rachel, mais se retrouve avec deux femmes (Genèse 9, 18ss), la femme de Potiphar tombe amoureuse de Joseph (Genèse 39, 7ss), Elqana aime sa femme qui est stérile (1er livre de Samuel 1, 5), Abigaïl est mariée avec un fou puis rencontre David (1er livre de Samuel 25, 3). David commet l’adultère avec Bethsabée (2e livre de Samuel 11, 2-4), Joseph le juste est invité à épouser une femme enceinte et la Samaritaine que Jésus rencontre et qui évangélise tout son village a déjà eu plusieurs maris… Dieu assume même les plans C !

Les parents et les enfants

Dans la Bible, on parle aussi volontiers de « fécondité ». C’est d’ailleurs la première Parole que Dieu adresse à l’homme et à la femme : « Fructifiez et multipliez-vous » (Genèse 1, 28). Mais quand on lit la suite, on voit que cela se passe difficilement. Les matriarches sont presque toutes stériles. Qu’y a-t-il à apprendre à travers toutes ces histoires de stérilité ? Peut-être que Dieu veut venir remplir nos incapacités humaines et leur donner une perspective que lui seul peut donner.

On voit aussi des parents qui luttent pour la vie de leur enfant. Hagar doit fuir au désert et pleure pour son fils Ismaël (Genèse 21). La Cananéenne lutte pour sa fille malade (Matthieu 15, 21-28), le Centurion pour son enfant-serviteur (Matthieu 8, 5-13). Jésus dira d’eux qu’ils ont une grande foi. Avoir la foi ce serait donc lutter pour la vie de l’autre et laisser Dieu en placer une ! La Bible nous montre comment les parents font tout pour leur enfant et aussi comment ils doivent les laisser aller. Nous trouvons à répétition la scène d’un père qui « envoie » son fils : Abraham renvoie Ismaël (Genèse 21, 10 ss), Isaac envoie Jacob (Genèse 28, 5), Jacob envoie Joseph (Genèse 37, 13), Jessé envoie David (1er livre de Samuel 17, 17).

La relation avec nos propres parents est aussi un défi ; Joseph, par exemple, va prendre soin du vieux Jacob pendant 17 ans
en Égypte (Genèse 37, 2 ; 47, 28). Ruth s’occupe de sa belle-mère et Tobie de son père âgé. Les parents, il faut aussi s’en détacher, ceci est affirmé depuis le texte de la création : « l’homme abandonnera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme » (Genèse 2, 24). Jésus lui-même aura des paroles difficiles par rapport aux personnes de sa famille et aux parents (Luc 14, 26). Quant à avoir des frères, on voit bien que là aussi, c’est parfois compliqué, et ce depuis le début avec Caïn et Abel, mais encore avec Isaac et Ismaël, Jacob et Esaü, Joseph et ses frères, David et ses frères,… Quant à Jésus, il pose la question de « qui sont mes frères ? » (Matthieu 12, 48)… et il nous dit ensuite que nous sommes tous frères (Matthieu 23, 8).

Dans la Bible, il y a un parti pris pour la réalité. Les relations homme-femme, les relations entre frères sont considérées dans leur complexité et dépeintes avec réalisme. On n’a pas peur d’évoquer ces réalités difficiles, c’est justement là que Dieu devra être convoqué. Dans les Évangiles, Jésus va au-devant des uns et se laisse aborder par les autres quelle que soit leur situation matrimoniale et familiale. Il offre un accueil inconditionnel aux personnes blessées par la vie. Dieu veut venir à notre rencontre pour nous sauver. Il vient là où l’on pourrait avoir envie qu’il ne vienne pas, ces lieux que l’on penserait indignes de Dieu. C’est justement là qu’il veut aussi nous rejoindre.

Les mêmes mots sont utilisés pour parler de Dieu

Si les mêmes mots sont utilisés pour dire la réalité des relations humaines, « père », « fils », « époux-épouse », « frères » et les réalités de Dieu, c’est parce que tout amour humain trouve en Dieu sa source et sa deuxième naissance. Les choses humaines sont habitées par ce qui se vit en Dieu. Celui qui écoute la Parole est amené à comprendre encore plus profondément ce que signifie être fils, être père, mère, épouse, etc.

– Que la relation parent-enfant soit belle ou difficile, elle nous ouvre à un autre Père qui veille sur nous.

– Les relations fraternelles ou de cousinage ne constituent pas le tout de notre vie, nous pouvons être amenés à découvrir des liens de fraternité plus forts que les liens du sang. C’est une réalité très présente dans le Nouveau Testament. Nous avons une multitude de « plus que frères ».

– Si nous accordons tant de prix aux « noces humaines », c’est parce qu’elles sont habitées par un projet plus grand. Elles s’intègrent dans le grand projet des noces de Dieu avec l’humanité. Jésus le célibataire s’est souvent présenté comme « l’époux », nous sommes faits pour entrer avec lui dans ces noces éternelles auxquelles tous sont largement invités : « Heureux les invités aux noces de l’agneau .» (Apocalypse 19, 9)

 

Une quête Dieu point zéro

Fini de fouiller ses poches à la recherche de pièces à glisser dans le panier de la quête. La paroisse Saint-François de Sales, à Genève, propose à ses ouailles de dégainer leurs smartphones durant la messe… pour faire un don. Depuis cette proposition innovante, le paiement sans contact est devenu « monnaie courante » !

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTO : DR

Pionnière en Suisse romande, la paroisse Saint-François de Sales s’est appuyée sur une application développée par une start-up française. L’application La Quête, disponible en version Androïd ou Iphone compte déjà soixante diocèses et plus de 12’000 paroisses à son actif. En Suisse, l’application intéresse d’autres paroisses mais demande plus de temps pour s’implanter qu’en France. A la différence de notre voisin, où la totalité des dons sont gérés par le diocèse, chaque Eglise romande doit faire une demande d’adhésion individuelle destinée à la récolte de ses propres dons.

Les paroissiens de Saint-François de Sales sont encouragés à sortir leurs téléphones durant la messe. Une hérésie ? Que nenni ! Le smartphone sert, depuis l’été 2018, une juste cause : la diversification des moyens de dons. Gregory de Foy, trésorier de la paroisse, en dresse d’ailleurs un bilan plutôt encourageant : « Les paroissiens ont réalisé que l’application est facile à installer et à utiliser. Nous sommes passés d’une quinzaine de familles qui l’utilisent de manière régulière à une trentaine. » Autre point positif, « nous avons aussi amorcé un réel dialogue avec les paroissiens sur l’état des finances de la paroisse », clarifie Gregory de Foy. Il ajoute, « parler d’argent reste souvent un tabou et cette application nous a donné l’opportunité d’aborder ce sujet ouvertement ». Aujourd’hui, outre la quête via smartphone, la paroisse propose aussi de faire des dons par le bais d’un module online permettant d’utiliser une carte de crédit. « Cette révolution numérique a vraiment facilité l’accès aux dons. En plus, les donateurs peuvent, comme avec le traditionnel panier, rester totalement anonymes », avance le trésorier de Saint-François de Sales. Pour ceux, au contraire, ne sollicitant pas l’anonymat, il est possible de déduire de la déclaration fiscale l’obole faite à la paroisse. « Cette nouveauté a donné une réelle impulsion à la récolte de dons. »

Des vacances ressourçantes?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), juillet-ao û t 2021

PAR L’ABBÉ ALEXIS MORARD, DOYEN
PHOTOS : PIXABAY, AM

Comment abordons-nous ces deuxièmes vacances d’été sous l’ère Covid? Avons-nous fait émerger une liberté qui s’épanouit en dépit des contraintes? Un philosophe romain, qui n’est autre que l’empereur Marc Aurèle, a des paroles de sagesse qui nous font redire que tout n’est pas dans la plage ou la balade : c’est un pèlerinage en direction du cœur qui nous ressourcera…

Nulle part l’homme ne trouve de retraite plus tranquille que dans sa propre âme.

« Ils se cherchent des retraites, chaumières rustiques, rivages des mers, montagnes : toi aussi, tu te livres d’habitude à un vif désir de pareils biens. Or, c’est là le fait d’un homme ignorant et inhabile, puisqu’il t’est permis, à l’heure que tu veux, de te retirer dans toi-même. Nulle part l’homme n’a de retraite plus tranquille, moins troublée par les affaires, que celle qu’il trouve dans son âme, particulièrement si l’on a en soi-même de ces choses dont la contemplation
suffit pour nous faire jouir à l’instant du calme parfait […]. Donne-toi donc sans cesse cette retraite, et, là, redeviens toi-même. Trouve-toi de ces maximes courtes, fondamentales, qui, au premier abord, suffiront à rendre la sérénité à ton âme et à te renvoyer en état de supporter avec résignation tout ce monde où tu feras retour. » *

Bel été !

* Marc Aurèle, Pensées, in Les Stoïciens, trad. E. Bréhier, Paris, La pléiade, Gallimard, 1962, IV.

Une année avec saint Joseph

Il y a quelques mois, le Pape a ouvert une année consacrée à saint Joseph, patron des familles et des travailleurs. Méconnu, ce grand saint est un soutien particulier pour traverser les périodes troublées.

PAR BÉNÉDICTE DROUIN-JOLLÈS | PHOTO : DR

Le Pape veut « dépoussiérer » saint Joseph ; sa décision de le remettre à l’honneur est le fruit d’une méditation mûrie pendant le premier confinement. Il nous la partage dans la lettre Patris corde. Beaucoup comme Mgr Alain de Raemy l’ont remarquée et saluée. « Comme toutes les lettres, elle pourra être lue et relue, ce ne sera pas du temps perdu, je n’ai jamais vu en si peu de pages un si grand condensé de sagesse chrétienne… Il est tout sauf compliqué, écrit aux jeunes l’évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. »

Le pape François présente Joseph, un peu comme un grand-père livre ses trésors à ses enfants et petits-enfants. « Chaque malade, chaque pauvre, chaque père de famille soucieux, chaque époux inquiet est un enfant dont Joseph se préoccupe… » Il est tellement discret qu’on peut l’oublier. « Il nous rappelle que tous ceux qui sont apparemment en « deuxième ligne » jouent un rôle inégalé dans l’histoire du salut. » Joseph, père adoptif du fils de Dieu est aussi l’époux et protecteur de la Vierge Marie. Dommage d’aller vers l’un ou l’autre sans le rencontrer.

A une époque où la paternité est parfois difficile à assumer sereinement, le Pape propose celle de cet homme qui reçoit sa force et sa tendresse de Dieu. Malgré les contrariétés, il avance confiant et obéissant et les surmonte avec un « courage créatif ». A l’heure où les relations entre hommes et femmes sont parfois tourmentées, le Pape montre en exemple cet homme empreint de respect et de délicatesse, fidèle et présent malgré les difficultés. Tout comme Marie à l’annonciation, il croit à l’appel reçu de Dieu. Qu’il nous aide à avancer avec la même confiance au cœur de nos familles.

Symboles chrétiens et Seigneur des Anneaux

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juillet-août 2021

Comme le disait Tolkien lui-même, «Le Seigneur des Anneaux est une œuvre fondamentalement religieuse et catholique… L’élément religieux est absorbé dans l’histoire et le symbolisme.» Voici quelques thèmes et symboles chrétiens dans le roman.

PAR BERNARD HÉRITIER
PHOTOS : YASMINA POT, CHŒUR DES COLLÈGES DE SION 2019

Le symbole est un signe qui transfigure. Il jette un pont entre notre matérialité et une signification plus grande afin d’aboutir à une illumination divine. Les religions font grande place aux symboles pour saisir intuitivement le divin. Ainsi, le visible devient reflet de l’invisible et le terrestre fait face au céleste.

« Le Seigneur des Anneaux est une œuvre fondamentalement religieuse 2 », mais pas un livre de religion. Tolkien voulait écrire un roman d’inspiration « chrétienne », non faire œuvre de « religion ». La religion est d’ailleurs singulièrement absente de son roman. Les thèmes chrétiens sont donc comme « cachés » dans l’œuvre. Car dans le roman il n’y a pas de prêtres mais des sorciers : Gandalf, Saroumane ; pas d’église : Fondcombe évoque l’au-delà celtique mais est d’abord sanctuaire de paix ; et le mariage d’Arwen et Aragorn se célèbre sans prêtre ni liturgie.

La Quête contre le Mal

La Quête de la Communauté de l’Anneau entrevoit (Révélation) la Victoire finale contre le Mal (le Jour du Jugement) par le Retour du Roi (la Parousie, retour définitif du Christ) qui ouvre l’accès aux Havres gris (Paradis). Cette Quête démarre un
25 décembre et s’achève un 25 mars, jours de Noël et de la Crucifixion. Elle suit donc la mission terrestre du Christ.

La lutte finale se déroule autour de Minas Tirith, symbole de la Jérusalem céleste : sept cercles l’entourent comme les sept ciels des Anciens, rappel des sept planètes, degrés permettant de monter vers Dieu : être au
7
e ciel, Gloire à Dieu au plus haut des cieux, tout en évoquant notes de musique et couleurs de l’arc-en-ciel. On le voit, ce roman de Quête est extrêmement complexe et fouillé.

Les vertus

Le livre est construit sur les vertus. Les
vertus cardinales sont une force qui pousse à faire le Bien, comme les points cardinaux qui orientent nos choix. Le cœur du message de Tolkien est cette phrase jaillie dans l’obscurité de la Moria (Enfer) : « Tout ce que nous avons à décider,
c’est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti ».
Commentée ainsi : « Oh ! C’est par ici… ! L’air est moins nauséabond. »

Gandalf (Jésus) définit la liberté chrétienne comme ce choix du Bien à réaliser dans nos vies.

La prudence choisit les justes moyens pour accomplir le Bien : choix des chemins (passer par la Moria), aides habilement requises (Fangorn).

La patience maîtrise les instincts : les hobbits doivent dépasser appétits, curiosités primaires et joyeuses insouciances, à l’image de nos petites vies humaines qui doivent dépasser leurs conforts pour trouver du Sens. Pippin, joyeux luron, va devenir garde d’élite et tue un Troll. Merry, amateur de vin, d’herbe à fumer, de fêtes et de siestes, devient écuyer de Théoden et aide Eowin à tuer le Roi-Sorcier d’Angmar. Sam vaincra naïveté et timidité, trahisons et déceptions. L’esprit aventureux de Frodon est trop téméraire. Mais il provoquera la défaite du Mal.

La force d’âme résiste aux tentations, surmonte les obstacles. Car il faut du courage contre Cavaliers noirs, gobelins, Uruk-hais de Saroumane et armée de Sauron.

La justice donne ce qui est dû. Ainsi, en conclusion du drame, les biens reçus correspondent au profil des héros : Aragorn, sacré roi du Gondor, son amour pour Arwen est enfin célébré. Le courage d’Eowyn rencontre l’amour de Faramir. Loyauté et fidélité de Sam lui permettent de consacrer sa vie à son jardin et au service de son pays. Elu maire de Hobbitebourg, nommé conseiller du Royaume du Nord, il rejoint Tol Eressëa. Et Frodon, blessé mais pardonné, va au Paradis.

Mais ces vertus cardinales ne suffisent pas. Elles sont transcendées par les vertus théologales.

Car seul Dieu peut aider à vaincre le Mal. Le nom adolescent d’Aragorn était Esteln, synonyme de Foi et d’Espérance. Ce qu’il exprime ainsi : Il nous faut partir chagrins, mais non point désespérés. Vois donc, au-delà il y a bien plus que le souvenir ! Sa Quête voulait plus que récupérer son royaume, car sa Foi en la Victoire était Espérance de Vie éternelle.

Sam, l’humble jardinier, est le plus pur symbole de ces vertus divines. Perdu au cœur du Mordor, tout espoir éteint, il veille sur le corps de Frodon. Soudain, le ciel s’entrouvre sur une étoile brillante qui fait de l’Ombre : Une petite chose transitoire : il y avait à jamais hors de son atteinte de la lumière et une grande beauté. Et il s’endort, confiant (Foi). Car il reste toujours l’Espérance : après la défaite, la victoire finale. Et la motivation de Sam, c’est son amour désintéressé (Charité) pour Frodon.

Le Mal et la Grâce

La mission de Frodon est un échec, celui de nos pauvres volontés face à la convoitise (péché originel). Incapable de résister au Mal, il en gardera blessure.

C’est là qu’intervient Gollum, si corrompu par le Mal. En arrachant le doigt de Frodon, l’anneau lui revient mais, dans la lutte qui suit, précipité accidentellement dans la fournaise, il détruit l’anneau. Ainsi même le Mal joue un rôle dans le plan du Salut : D’un Mal, Dieu peut toujours tirer un plus grand Bien, dit la théologie. La finale du Seigneur des Anneaux affirme que la Grâce de Dieu advient même au plus sombre de nos vies et les trois aigles qui recueillent les rescapés rappellent l’Exode : Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi. Car l’Egypte est le lieu symbolique du Mal et de tous les esclavages, et l’aigle, l’Amour infini de Dieu pour l’être humain, son Image.

1 Lettre 142, tiré de J.R.R. Tolkien, Lettres, réalisé par Humphrey Carpenter
et Christopher Tolkien, éditeur français Christian Bourgois, 2005

2 Lettre 151

Un mot sur l’auteur de l’article

De Vouvry par sa mère, de Savièse par son père, Bernard Héritier fait une maturité à Sion, une licence en théologie et un diplôme de chant à Fribourg. Il fonde le Chœur Novantiqua, dirige la Schola, fonde le Chœur des Collèges de Sion puis la Maîtrise de la cathédrale. Plusieurs prix à son actif : Ville de Sion, Etat du Valais, municipalité de Savièse, médaille « Bene merenti ».

Compositeur, il a écrit près de deux cents œuvres pour la liturgie et enregistré une trentaine de disques. Père de six enfants, il est ordonné diacre en 1998.

Bernard Héritier vient d’écrire un ouvrage sur Hildegarde de Bingen ; voir notre suggestion de lecture en page 19.

 
Bernard Héritier au milieu des étudiants du Chœur des Collèges de Sion.

Emaux de la Création, Jean Prahin…

…église Saint-Victor, Ollon

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

« Au commencement, Dieu créa… »

Ces quelques mots ouvrent le champ de tous les possibles. Et ce sont eux qui ont guidé Jean Prahin : l’œuvre qu’il a réalisée pour l’église d’Ollon est un extraordinaire hymne à la création. Elle nous invite à ouvrir notre Bible et à méditer le récit fondateur.

Tourné vers l’extérieur

Le deuxième jour, Dieu sépare les eaux du dessus et les eaux du dessous. Ces eaux du ciel et de la terre sont représentées par les bandes bleutées en haut et en bas.

Le troisième jour, Dieu fait paraître la terre ferme et fait pousser les arbres et les buissons. A première vue très similaires, les végétaux de Prahin révèlent peu à peu leurs différences.

Le quatrième jour, Dieu crée les grands luminaires qui rythment les jours et les années. Ils sont fixés à gauche et à droite dans la bande de ciel.

Le cinquième jour, Dieu remplit le ciel et la mer d’une myriade d’êtres vivants. Poissons, coquillages, étoiles de mer pour les eaux de la terre ; oiseaux pour les eaux du ciel. L’œuvre de Prahin commence à prendre vie.

Le sixième jour, Dieu crée ceux qui habitent la terre ferme : les animaux et l’être humain. L’être humain est au cœur de l’œuvre, comme il est au cœur de la création. Le mouvement n’est pas égocentrique, mais tourné vers l’extérieur. Il semble que la vie part du centre pour se répandre dans chaque coin, réponse à l’invitation du Créateur : « Remplissez la terre. » (Gn 1, 28) L’être humain est béni pour bénir à son tour.

Harmonie des origines

Le cercle qui entoure les êtres vivants semble symboliser cette harmonie des origines, lorsque chacun avait sa place et son rôle à jouer. Mais il résume aussi le mouvement Créateur, partant de la main de Dieu pour y retourner. Tel le souffle qui planait sur les eaux (Gn 1, 2), souffle qui ne retourne pas au Père sans avoir porté du fruit.

« Cela était beau »

En hébreu, le même mot signifie à la fois beau et bon. « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. » (Gn 1, 31) Et l’artiste vit que cela était beau.

Ciao Antonella !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juillet-août 2021

Antonella Scaffidi est animatrice du MADEP et des Relais dans notre paroisse depuis 2007. Elle a accompagné une dizaine d’équipes et cheminé avec certains jeunes pendant plusieurs années d’affilée. Après 23 ans passés en Suisse, elle retourne dans sa Sicile d’origine.

PAR SANDRINE MAYORAZ
PHOTO : DR

Antonella a commencé par aider Myriam Crausaz aux Fenêtres catéchétiques. Petit à petit, elle s’est laissée embarquer dans l’animation des Groupes MADEP et Relais 1. Elle a toujours aimé le contact avec les jeunes et les enfants ainsi que l’état d’esprit et les valeurs véhiculées par ce mouvement. « Les jeunes sont notre futur. Je trouve important qu’ils aient des lieux de retrouvailles où ils sont libres de s’exprimer sans jugement » explique-t-elle.

Un cœur ouvert

Bénévole fidèle, elle s’engage sans compter avec cœur et joie. « Je donne sans attendre en retour, mais au final, dans ces groupes, je reçois énormément. Aux Relais, nous cheminons tous ensemble, animatrices compris. Nous apprenons les uns des autres », résume Antonella. Elle partage ses expériences, témoigne de sa foi à cœur ouvert. Les jeunes apprécient ses bons conseils, son empathie et son écoute. Généreuse, motivée et infatigable, elle a œuvré aussi au comité Cantonal du MADEP, elle a organisé de nombreuses sorties et week-end pour les Relais du secteur sans oublier les Montées Vers Pâques. Tant de beaux souvenirs qu’elle peut emporter avec elle.

Ciao !

C’est le cœur gros mais avec une grande reconnaissance pour le temps consacré à la jeunesse de nos paroisses que nous faisons nos adieux à Antonella. En effet, après 23 ans en Suisse, Antonella et son mari partent écrire un nouveau chapitre de leur vie en Sicile. Fidèle à elle-même, elle nous glisse qu’en Italie l’Action catholique (ACR 2) existe aussi. Elle compte bien s’engager dans sa paroisse de Catane et pourquoi pas, y importer le Relais, forte de sa riche expérience.

1 Mouvement de l’Action Catholique pour
les enfants (MADEP) et les jeunes (Relais)

2 Azione cattolica dei Ragazzi

 

Par Mary-Lou Rapin, coanimatrice

Merci Antonella pour tout ce que nous avons eu la chance de vivre avec toi. Malgré la distance qui va nous séparer, rien ne pourra nous faire oublier ton si joli accent, tes succulents spaghettis, ton sens de l’organisation, nos fous rires, nos prières, nos loups-garous et tant de beaux souvenirs qui sont à jamais gravés dans nos cœurs.

 

Par Céline Sallin

Antonella a construit avec notre groupe un environnement de respect, de joie, de communauté. Après 6 ans de Relais, les souvenirs avec Antonella sont multiples… Nous avons tissé une relation de confiance, une amitié qui a perduré jusque dans ma vie d’adulte.

 

Une interview virale

Le dernier ouvrage de Shafique Keshavjee, La Couronne et les virus – Et si Einstein avait raison ? propose un autre éclairage sur la crise actuelle en convoquant les trésors de sagesse des grandes religions. A cette occasion, le pasteur et théologien, nous livre aussi son regard sur la pandémie, la grâce divine et la fin du (d’un) monde.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER

Ce que nos contemporains demandent «c’est une spiritualité universelle soft», selon vos propos. N’est-ce pas un peu ce que vous proposez avec ce livre?
Une « spiritualité soft » met toutes les convictions sur un plan d’égalité. Tel n’est pas mon propos. Je cherche à rejoindre des personnes en recherche constatant qu’il existe des éléments de sagesse dans toutes les traditions. Mon intention n’est pas de faire un peu de taoïsme, un peu de Jésus et un peu d’hindouisme. L’affirmation très claire qui traverse tout le livre, c’est la centralité du Christ !

Il est beaucoup question de virus (péché) et de couronnes (grâce) dans votre livre, mais vous dites détester les discours sur une «grâce à bon marché».
Cette grâce, critiquée par le théologien Bonhoeffer, est celle d’un Dieu qui aime tout le monde, pardonne tout, accepte tout sans aucune exigence. Il n’y a là aucun appel à dire que la grâce nous met en route. Je crois profondément que le Christ nous accueille tels que nous sommes, et que cette grâce nous entraîne dans un processus radical de changement.

Vous revenez dans cet ouvrage sur les propos tenus dans L’Islam conquérant, ce qui vous a valu beaucoup de critiques virulentes…
Il y a eu des critiques très virulentes, surtout de réformés libéraux et de certains acteurs du dialogue interreligieux. Par ailleurs, j’ai reçu beaucoup plus de soutien que ce que les médias laissent penser. Le sujet me tient à cœur. Je continue de penser qu’un des très grands défis à venir pour l’Occident, parmi d’autres, concerne l’islam politique et je persiste à croire que beaucoup de personnes ne le voient pas encore.

La pandémie nous a donné le souci des plus faibles. Vous évoquez la sélection surnaturelle comme étant la réussite des plus fragiles. C’est-à-dire?
Dans une perspective darwi­nienne, les plus forts gagnent, donc aucune raison de sauver les plus faibles. Notre société est tiraillée entre cette logique et la tradition judéo-chrétienne qui dit tout autre chose. Il y a un renversement des valeurs dans la tradition biblique. Dans la Bible, Dieu choisit les plus faibles pour confondre les forts et il protège les plus faibles pour les rendre forts.

Quels sont selon vous, aujour­d’hui, les virus qui détruisent l’Amour et la Vie?
L’autocentrement est un virus très dangereux. Nous peinons à nous décentrer pour aller vers plus grand que soi, ou vers autre que soi. Concernant l’Occident, le plus grave danger serait de perdre le trésor qu’est la foi chrétienne. L’héritage judéo-chrétien a fait vivre l’Occident et, bien vécu, il peut guérir nos sociétés. Cette intuition d’Einstein a inspiré ce livre.

Biographie express

Les dates qui ont marqué Shafique Keshavjee.

1955 : Naissance au Kenya dans une famille indienne ismaélienne.

1963 : Arrivée en Suisse.

1974 : Adhésion au Christ lors d’un voyage en Inde.

1983 : Mariage avec Mireille, puis naissance de quatre garçons.

1991 : Consécration comme pasteur à la cathédrale de Lausanne.

1993-2010 : A côté de l’engagement pastoral (ministère œcuménique
et interreligieux), enseignement dans divers milieux universitaires.

1998-2021 : Travail d’écriture.

La pandémie, signe de fin du (d’un) monde ?

Certains croyants entrevoient dans la pandémie les signes de fin du monde décrits dans l’Apocalypse. Une position que Shafique Keshavjee peine à partager complètement. « Il y a certes un processus similaire à ce qu’on trouve dans l’Apocalypse, mais il demeure toute la question de son interprétation. Nos sociétés ont vécu de nombreux bouleversements (guerres mondiales, crises), mais de là à dire qu’un nouveau monde a réellement commencé après eux… Des prises de conscience fortes ont lieu dans de multiples milieux. Cela dit, le mystère de la liberté humaine subsiste : dès que le monde ira mieux, retournerons-nous à nos travers ou entendrons-nous l’appel à respecter la sainteté de la vie ? Les crises sont toujours un appel à nous arrêter et à revenir à la Source de la vie. » Quant à l’Apocalypse, le « mystère de Dieu s’y exprime. A la fois dans son amour et la mise en lumière de nos dysfonctionnements. D’une certaine manière, Dieu se retire pour laisser à l’humanité le loisir d’aller jusqu’au bout de ses orientations déviantes. Cela afin de mieux révéler le vide qui appelle sa Présence ». Le théologien relève que ce processus de mise en lumière de nos péchés (virus) comporte toujours un horizon de libération et de révélation de la grâce de Dieu (la Couronne).

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp