Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), novembre 2020
Par Véronique Denis | Photo: Edition Saint-Augustin

L’Eglise propose deux fêtes le 1er et le 2 novembre. Pour des raisons de commodités et permettre à un plus grand nombre de personnes d’y participer, nous groupons généralement la fête de la Toussaint avec celle de la commémoraison des fidèles défunts prévue normalement le lendemain. A l’issue de la messe de la Toussaint, nous nous rendons au cimetière pour faire mémoire de nos proches défunts.
Mais au fait, c’est quoi la Toussaint ?
Contrairement aux grandes fêtes liturgiques (Noël – Pâques – Pentecôte…) la Toussaint n’a pas une origine biblique. Elle a été célébrée pour la première fois dès le IVe siècle, au temps des persécutions : les chrétiens souhaitaient fêter les martyrs qui avaient donné leur vie dans le sang, puis avec le temps, cette célébration s’est étendue à tous les saints et a été fixée au 1er novembre.
Qu’est-ce qu’un saint ?
Le pape François dans son exhortation apostolique « l’appel à la sainteté dans le monde actuel » apporte un éclairage intéressant sur la sainteté. Les saints que nous fêtons le 1er novembre sont déjà parvenus en la présence de Dieu : « Ils nous encouragent et nous accompagnent, car ils gardent avec nous des liens d’amour et de communion. » 1 Ayons à cœur de prier et d’invoquer les saints : ils nous guident dans notre marche vers le Royaume.
Mais n’oublions pas « les saints de la porte d’à côté », « car l’Esprit Saint répand la sainteté partout, dans le saint peuple fidèle de Dieu… » 2 Soyons donc attentifs à tous ceux et celles que nous côtoyons au quotidien : humblement, en vérité, ils rendent actuelle la présence du Christ, car l’Evangile est au cœur de leur existence.
En conclusion, le pape François nous invite à vivre les Béatitudes, cet évangile proclamé le jour de la Toussaint : « Le mot heureux ou bienheureux devient synonyme de « saint », parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole, atteint dans le don de soi, le vrai bonheur. » 3
Le 2 novembre, une journée de souvenir et d’intercession pour les morts
C’est une manière pour nous de nous rappeler de tous ceux qui nous précèdent sur le chemin du Royaume et que nous n’oublions pas. Les tombes de nos cimetières sont embellies et sont le signe de notre communion avec tous ceux qui nous sont chers.
C’est aussi l’occasion de prier pour les morts. Cette prière d’intercession relie en quelque sorte le ciel et la terre dans la communion des saints : nous prions avec et pour les morts. Il y a, dans le Christ, une solidarité qui nous unit par-delà la mort, pour la vie éternelle.
1 Cf. pape François, Gaudete et exsultate, nos 3-4.
2 Cf. pape François, Gaudete et exsultate, no 6.
3 Cf. pape François, Gaudete et exsultate, no 64.
Les veillées funéraires
La mort concerne chacune et chacun. Pour accompagner les personnes endeuillées, l’Eglise propose plusieurs étapes, notamment la célébration des funérailles chrétiennes avec les rites accomplis (l’eau, en souvenir du baptême ; la croix, signe de l’amour infini de Jésus ; l’encens, signe de respect du corps et de la prière qui monte vers Dieu).
D’autres étapes peuvent rythmer le chemin du deuil, notamment la visite à la crypte qui permet à la communauté d’honorer, en signe de respect, la vie du défunt. Certaines paroisses proposent, durant la visite à la crypte, des veillées funéraires.
C’est l’occasion, en méditant la Parole de Dieu, de rendre grâce pour la vie du défunt. Veiller et prier auprès du défunt est une manière pour ceux qui restent de se soutenir les uns les autres et de manifester la foi en la vie éternelle.
Quelques personnes de l’équipe pastorale du secteur, formées pour animer ce type de veillée auprès des défunts, sont disponibles. Au moment du contact avec le prêtre célébrant les funérailles, celui-ci fera cette proposition de veillées funéraires. La famille pourra y donner suite, si elle le souhaite.
Ces propositions sont des invitations pour accompagner les familles dans la souffrance et redire avec humilité que la mort n’est pas une disparition ou une rupture, mais un passage vers la Vie éternelle. Ces veillées funéraires mettent en évidence tous les liens tissés durant la vie et qui continuent au-delà de la mort.






Jean est originaire de St-Gingolph où il a grandi. Ensuite, Jean épouse Françoise. Ils élisent domicile à Vouvry et ce jusqu’à récemment où ils se sont établis à Martigny-Croix,… non loin de l’église ! Le jour où je les rencontre, Jean et Françoise m’accueillent sur la terrasse de leur maison en compagnie de Yasmine, leur fille et de Carmen, leur fille de cœur. Le soleil darde ses rayons et je sens un parfum d’hospitalité et de paix. Qu’il fait bon être là !
Le tutoiement est rapidement de mise avec Pierre-André. Un bon vivant, prolixe et généreux. Originaire de Bovernier, Pierre-André a épousé Martine, une femme du Cameroun, il y a près de 20 ans. Ensemble, ils ont adopté 3 enfants, aujourd’hui adultes… Pierre-André aime raconter ses épopées… Et Dieu sait s’il en a des anecdotes dans sa poche… « Au départ, je voulais faire mécanicien : j’étais allergique à l’huile, c’était foutu, alors je suis allé bosser chez mon père, menuisier, comme chauffeur-
à 87 ans, il s’est dit que, peut-être, après 20 années de fidélité à la préparation des liturgies dans notre secteur, il serait temps de laisser cet engagement à d’autres personnes… Et sa femme Liliane confirme largement de la tête ! « Je m’entendais bien avec les prêtres qui m’ont engagé, explique José, et je me suis dit que ce serait une action de grâce au Seigneur que d’accepter ce travail. Ça m’a rendu très fidèle à l’eucharistie. Mais aujourd’hui, continue-t-il, c’est vrai que ma mémoire me fait défaut. Je préfère laisser la place. J’avais d’ailleurs dit au chanoine Klaus Sarbach de chercher une autre personne ! » Avare de paroles, discret et fidèle, j’entends le Seigneur dire à José à travers la parabole des talents : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur ! »
