Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.
Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)
Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.
Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !
Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement.
Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !
Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?
Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.
Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.
Rencontre avec des passionnés de la parade
Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)

La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !
C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.
En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des
reposoirs par quartier.
J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année !
Journée type d’un paradeur à Vionnaz :
Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.
18h30, assemblée et souper.
Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.
Contact : Raphaël au 079 285 54 11.

Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)
La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.

Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)
J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession.
Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.
J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes.
Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse !
Journée type d’un paradeur de Vouvry
A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare.
Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).


Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?
« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François































