Prière composée et proposée par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : J.-M. Moix
Ô Marie, vous êtes le chef-d’œuvre de Dieu !
Vous êtes ce que Dieu a fait de plus grand, de plus saint, de plus pur, de plus humble.
Béni soit votre sainte et immaculée conception dans le sein de votre mère, sainte Anne.
Béni soit votre naissance qui a ravi de joie les anges.
Béni soit le jour de l’Annonciation, où vous êtes devenue la sainte Mère du Fils unique de Dieu, de Jésus, notre Sauveur et notre Dieu.
Béni soit le jour où votre divin Fils s’immolant pour nous sur la croix, vous donne à Jean comme Mère, et en lui à chacun de nous !
Merci, Ô Marie, d’étendre votre sollicitude maternelle à nous, pauvres pécheurs.
A la chapelle de la rue du Bac, à Paris, en 1830, vous vous êtes manifestée à Sœur Catherine Labouré, vous lui avez demandé de faire frapper une médaille avec l’invocation qui vous tient tant à cœur :
« Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! »
A Lourdes, en 1858, vous êtes apparue à une pauvre enfant de 14 ans, Bernadette, qui ne savait ni lire ni écrire et vous lui avez révélé votre nom : « Je suis l’Immaculée Conception. » Vous avez fait de Bernadette votre messagère, nous invitant à prier et à faire pénitence !
Ô Marie, en ce mois de mai qui vous est consacré, ravivez en nous un grand désir de vous prier, de vous invoquer avec foi, avec confiance, avec ferveur et persévérance, Ô vous, notre sainte Mère du ciel, Ô vous qui connaissez mieux que quiconque notre misère et nos épreuves, Ô vous qui êtes investie de la toute-puissance divine pour nous venir en aide et pour nous faire Miséricorde. Amen !
Pourquoi parler de « table de la Parole » pour qualifier les lectures de la messe ? * Bien que nous ne lisions pas les lectures de la messe sur une table, mais à l’ambon, parler de « table de la Parole » fait écho à la table du Corps du Seigneur, l’eucharistie célébrée sur l’autel. Il s’agit de deux lieux où le Seigneur se rend présent – dans la Parole et dans le pain – certes sous deux modes différents, mais lors d’une même célébration.
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
Lors d’une promenade, un paroissien voit son curé en train de jardiner. – Bonjour, M. le Curé. Alors, on travaille la terre ? – Oui, mon cher, c’est une détente bienvenue après le ministère du dimanche. – Et vous faites quoi maintenant ? – Oh, je mets un peu de fumier sur les fraises. – Ah, ben moi, M. le Curé, sur les fraises, je mets du sucre !
Pour ce numéro du mois de mai, nous avons voulu parler de la piété mariale, puisque le mois de mai est appelé traditionnellement aussi le mois de Marie (cf. pp. 9-11). Nous avons recueilli en outre des témoignages « d’enfants de Marie ». Et nous y parlons du pèlerinage de la Suisse romande à Lourdes.
Notons que cette année, nous fêtons le centième anniversaire des pèlerinages à Lourdes. Rappelons-nous. Là-bas, au pied des Pyrénées, au bord du Gave, dans la niche d’une grotte, Notre Dame apparaît à une enfant de 14 ans, Bernadette, qui ne sait ni lire, ni écrire et qui aspire à faire sa première communion. Qu’à cela ne tienne, Marie elle-même, lui fera son catéchisme et la préparera à recevoir ainsi Jésus-Hostie. Marie lui apprend à faire avec application le signe de la croix. Elle accueille avec joie les « Ave Maria » que Bernadette lui adresse en égrenant son chapelet. Et sur la demande instante de Bernadette, Notre Dame consent à lui dire son nom : je suis, lui dit-elle, « l’Immaculée Conception » ! Confirmant ainsi le dogme proclamé quatre ans plus tôt par le pape Pie IX à Rome, en 1854. Les années ont passé. Mais le message de Notre-Dame à Lourdes demeure toujours d’actualité : « Priez, faites pénitence pour vos péchés, venez vous laver à la fontaine… » Alors mettons-nous à nouveau à l’écoute de Notre Dame, notre sainte Mère du Ciel !
En lien avec le thème central (cf. pp. 16-17) des « fausses couches », nous avons aussi rapporté les impressions de ces mamans qui ont vécu une telle expérience douloureuse (cf. p. 15).
Et puis en ce mois de mai, nous vivrons les fêtes de l’Ascension et des premières communions solennelles, de la Pentecôte et même de la Fête-Dieu (le 30 mai). A ce propos, nous nous sommes intéressés sur le Haut-Lac à la participation des parades (militaires) à la Fête-Dieu, de l’hommage public qui est rendu à notre Seigneur Jésus-Christ, réellement présent dans le Sacrement de l’Eucharistie.
Puisse la lecture de notre magazine paroissial vous apporter une bonne nourriture spirituelle !
Placé sous l’égide de la communication, le dimanche des médias (26 mai) invite à réfléchir aux enjeux d’une communication en harmonie avec l’enseignement de l’Eglise et respectueuse de la dignité humaine. Entretien avec Monseigneur Josef Stübi, responsable du dicastère des médias pour la Suisse.
Par Myriam Bettens Photos: Jean-Claude Gadmer
A l’occasion du dimanche des médias, quels seraient vos souhaits ou recommandations à leur égard ? Qu’ils continuent à percevoir et à accomplir leur mission comme un service à la communauté humaine, qu’ils ne « surutilisent » pas leur liberté rédactionnelle et journalistique tout en restant conscients des exigences éthiques des médias. Les médias, c’est-à-dire les professionnels des médias, portent une très grande responsabilité dans notre société démocratique, mais aussi dans le cadre du processus synodal qui est en cours dans notre Eglise à l’échelle mondiale.
Que pensez-vous du traitement réservé à la religion dans les médias en général (ceux n’étant pas spécialistes du fait religieux) ? Les religions font de temps en temps l’objet d’articles dans les médias. Toutefois, j’aimerais parfois que les reportages soient un peu plus fondés et différenciés. Mais je ne veux pas en faire le reproche aux journalistes. Ils sont sous pression et doivent constamment fournir des informations, même sur des sujets pour lesquels ils n’ont pas les connaissances nécessaires. Il y a quelques années, ces connaissances étaient encore présentes dans certaines rédactions. Il y avait par exemple aussi des experts sur les religions et les églises. De ce point de vue, les églises et les religions sont également concernées, car dans la mesure du possible, elles doivent aussi mettre ces connaissances à disposition.
Vous avez été récemment choisi en tant qu’évêque des médias pour la Suisse. En quoi ce mandat consiste-t-il ? Je n’ai pas reçu de cahier des charges (rires). J’ai une grande liberté dans l’organisation de cette tâche et je peux fixer moi-même les priorités. Il s’agit en grande partie de réseautage. Je me considère comme une personne de contact entre la Conférence des évêques et les médias ecclésiastiques. Il est important de connaître les journalistes ecclésiastiques et de les écouter, eux et leurs préoccupations. C’est aussi pour cette raison que j’ai invité les rédactrices et rédacteurs de bulletins paroissiaux de Suisse alémanique à une rencontre, à Soleure, l’automne dernier. Dans le contexte des défis médiatiques actuels dans le milieu ecclésial, cette rencontre a été une bonne chose pour moi et, je pense aussi, pour les journalistes présents. Le souhait exprimé de poursuivre sur cette voie sera bientôt suivi d’une rencontre thématique.
La frontière entre journalisme et communication est mince. Quelle posture les médias catholiques doivent-ils prendre vis-à-vis de l’Eglise pour conserver leur indépendance journalistique ? Je vois effectivement un besoin de clarification, car des attitudes très différentes s’affrontent. D’une part, on peut se demander si les médias de l’Eglise sont encore ecclésiastiques, mais d’autre part, ils ne sont pas non plus des « rapporteurs de cour ». Au vu des comptes rendus de certains journalistes catholiques, on pourrait plutôt conclure à la première hypothèse. A l’inverse, on ne peut pas non plus exiger de ces journalistes qu’ils fassent les yeux doux aux évêques et aux instances de droit public ecclésiastique. Personnellement, je considère le journalisme et la communication comme deux choses différentes, mais néanmoins essentielles dans le réseau de communication de l’Eglise.
Le droit à la critique, quitte à fâcher ou déplaire, doit rester un pilier de l’indépendance journalistique. Approuvez-vous cela ? Je suis tout à fait d’accord avec cela. Je voudrais toutefois ajouter que cela doit toujours se faire avec le respect qui s’impose.
Bio express
Josef Stübi est originaire de Lucerne.
Monseigneur Josef Stübi est né le 26 mars 1961 à Lucerne. Après avoir obtenu sa maturité à Immensee, il a étudié la philosophie et la théologie à Lucerne et à Munich, puis a été ordonné diacre et prêtre en 1988. Le pape François a installé le curé et chanoine Josef Stübi en qualité de nouvel évêque auxiliaire dans le diocèse de Bâle le 20 décembre 2022. Sa consécration épiscopale a eu lieu le 26 février 2023 à Soleure. Il a été nommé, dans un premier temps, responsable du dicastère des médias pour la Suisse allemande en mars 2023. Depuis, sa responsabilité a été étendue au reste de la Suisse.
Jeudi, 16h, la cloche des écoles sonne ! Vite, c’est l’heure pour une quarantaine d’enfants et une vingtaine de jeunes plus motivés que jamais de se préparer pour leur Montée vers Pâques. Pendant quatre jours, ils se réunissent pour cheminer ensemble vers Pâques ! Au programme, jeux, prière, amitié !
Par Lucie Jacquemettaz et Céline Sallin | Photos : Aloïs Morel, Mauro Cortese
Du côté des enfants
Jeudi saint 28 mars, une belle célébration autour du dernier repas de Jésus nous rassemble. Mime, prières et chants viennent ajouter de la ferveur à ce moment. Vendredi, après avoir partagé la soupe de Carême concoctée par les confirmands, nous nous tournons vers le chemin de croix. Les enfants l’ont préparé en ouvrant grand leur cœur afin de rédiger des intentions de prières pour le monde entier. Ils ont tant d’idées qu’il est impossible de les arrêter ! Arrive déjà le samedi… c’est le jour des confessions et de la décoration de l’église. Des croix fabriquées avec beaucoup d’application ornent les bancs. Le soir, les plus grands participent activement à la Veillée pascale en prêtant leur voix pour des lectures. C’est déjà dimanche ! L’ambiance est à la fête lorsque parents et enfants se retrouvent pour déguster un déjeuner canadien… et se lancer dans une chasse aux œufs mémorable avant de rejoindre l’église pour le grand moment de la messe de Pâques !
La joie est communicative lorsque les enfants chantent ensemble de tout leur cœur. Chacun repart rempli de gratitude pour ces moments partagés au son des cloches qui sonnent à toute volée !
Du côté des jeunes
Quel est le moment fort de ta journéedu vendredi ? « Quand on est retourné à l’église après le chemin de croix, quand Florian – l’animateur – lisait, on s’agenouillait à chaque fois et c’était facile à comprendre, facile d’écouter et méditatif. » Florian
Et ta journée du samedi ? « Après la prière du matin, on a accueilli les plus grands de la MVP Kids. On a essayé de les motiver à venir l’année prochaine, c’était trop bien. Ensemble, on a fabriqué un symbole – par exemple la paix – qu’on aimerait retrouver après s’être confessé. L’après-midi nous avons lu les textes de la Veillée Pascale avec une des sœurs du monastère pour essayer de les comprendre et représenter ce qu’on avait lu sur une pièce de puzzle. » Claire « J’ai beaucoup aimé participer à la Veillée Pascale, d’habitude elle est longue mais là on ne sent pas le temps passer parce qu’on participe, on anime en chantant. Et vu qu’on était un groupe soudé et qu’on était tous ensemble c’était génial et beau. » Staicy
Quel est pour toi le moment le plus marquant de la MVP ? « C’est la confession, on peut dire tout ce qu’on a fait de mal, il n’y a pas de jugement et Dieu nous pardonne. » June
En somme, la MVP des jeunes c’est… « Un chouette moment à passer dans la foi tous ensemble dans un endroit superbe. J’ai bien aimé me réveiller à 4h pour aller prier les vigiles avec les sœurs et entendre les oiseaux chanter, c’est quelque chose d’unique à vivre. » Staicy « C’est du partage jeune et c’est chouette à vivre une fois. » Flavie
La deuxième édition de la MVP kids rassemble une quarantaine d’enfants.
Les jeunes de la MVP avec leurs accompagnateurs.
Les stations sont illustrées par les jeunes lors du chemin de croix à Vionnaz.
La chevelure bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque.
Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer
Quel est le rapport entre une statue du XVIe siècle et un compositeur néo-classique défenseur de l’avant-garde ?
La réponse se trouve à Blonay.
Sous ses apparences de chapelle ancienne, l’église Sainte-Croix date en réalité des années 1960. En quelques années, le nombre d’habitants catholiques ayant fortement augmenté, un lieu de culte était nécessaire. Il était toutefois impératif que l’église ne dénote pas avec le château, ce qui explique son style, à une époque où l’architecture était plus audacieuse.
En 1968, une statue de la Vierge à l’Enfant rejoint le chœur. Elle a été offerte par Gertrud Hindemith (décédée en 1967).
L’épouse du compositeur allemand Paul Hindemith est chrétienne, mais ses racines juives lui imposent de fuir la guerre. Le couple se réfugie en Valais, puis aux Etats-Unis. Il ne rentre en Europe qu’en 1953 et s’installe alors à Blonay.
Toute l’Europe ne connaît pas simultanément les mêmes courants artistiques. Alors qu’en Italie la Renaissance entraîne la réalisation d’œuvres d’une finesse sans pareille depuis le XIVe siècle, la France et notamment la Champagne proposent encore des sculptures de style gothique au XVIe siècle.
La chevelure dorée et légèrement bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque. Les émotions ne sont pas l’affection ou la joie d’une mère. On lui trouverait presque quelque chose de triste, ce qui est très fréquent à la période gothique.
L’Enfant porte une grande grappe de raisin (disproportionnée par rapport à sa taille à lui). Cet attribut est fréquent dès le XIVe siècle. Le fruit évoque bien évidemment l’Eucharistie. On pourrait mentionner que dans l’Evangile selon saint Jean, c’est Marie qui – d’une certaine manière – provoque le premier miracle lors du mariage à Cana. Alors que les mariés n’ont plus de vin, c’est elle qui invite son Fils à faire quelque chose.
En regardant la photo – ou la statue – de près, on remarque les traces de polychromie. Elles nous rappellent les couleurs chatoyantes qui recouvraient les statues alors.
Le règne de l’Esprit malin. Tel est le titre d’un roman que Ramuz écrit entre 1914 et 1917. Le travail sur ce roman accompagne donc « l’apocalypse » de la Première Guerre mondiale ; c’est le récit d’une catastrophe touchant un village valaisan dans lequel on reconnaît Lens.
Par Benjamin Mercerat | Photos : DR
C. F. Ramuz, poète hanté par l’Absolu, n’en est pas pour autant enfermé dans sa tour d’ivoire. La prégnance de l’Absolu dans l’homme, il la trouve dans le lien social, la communauté, dont l’idéal qu’il s’en fait n’est pas étranger à la Communion des Saints. Or Ramuz, comme il l’écrit dans son Journal, se considère comme un « chrétien sans Christ ».
Dans Le règne de l’Esprit malin est décrite l’action du diable sur une communauté. Le malin, comme dans les légendes, a pris les traits d’un certain Branchu, cordonnier qui arrive au village au début du récit. Son talent et ses prix le font rapidement accepter par la population ; mais une série de malheurs coïncide avec son installation. Des bêtes meurent, des enfants tombent malades ; Lude se révolte contre sa condition et décide d’aller déplacer les bornes limitant ses champs : il fuit ensuite son foyer, laissant sa femme et sa fille Marie.
Or l’emprise de Branchu augmente : il ramène à la vie la vieille Marguerite ; mais d’autre part il jette de mauvais sorts aux jeunes femmes. Il faut que son action cesse. Au moment où il doit être cloué au mur par la foule en colère, un rire effrayant sort de sa bouche et tous s’enfuient. Le diable, même s’il peut faire croire à certains qu’il est le Christ, s’en différencie fondamentalement en ceci qu’il rejette la Passion.
Branchu réunit à l’auberge communale les habitants peu scrupuleux, leur offre tout ce qu’il est souhaitable d’avoir comme biens de ce monde. Le curé du lieu a fui, on le retrouvera pendu. D’où viendra le salut ? Au début de la crise, la jeune Marie Lude, son père ayant fui après son forfait, a quitté le village avec sa mère. Y revenant pour faire paître sa chèvre, elle est appelée par une voix qui semble être celle de son père. Elle s’approche et constate la désolation des lieux ; les derniers résistants lui intiment de ne pas approcher de l’auberge. Alors que Branchu sort pour se confronter à elle, elle fait le signe libérateur, le signe de la croix. Le village est sauvé.
Ce qui frappe ici d’un point de vue chrétien, c’est l’absence de toute médiation christique. Si le signe de croix est efficace, c’est parce que le Christ a accepté ce supplice pour nous sauver ; or le Christ n’est à aucun moment présenté comme le Sauveur. C’est sur la jeune fille que se reporte en quelque sorte toute la vertu salvifique ; et cela annonce le roman suivant de Ramuz : La Guérison des maladies, dans lequel une jeune fille alitée prend sur elle tous les maux d’une communauté, qu’elle finit par sauver par sa mort. Là encore, dans ce récit inspiré par la vie de sainte Lydwine de Schiedam que Ramuz transpose dans son système de pensée, le Christ n’a guère de réalité spirituelle.
Bibliographie :
C. F. Ramuz, Le règne de l’Esprit malin (1917) in Œuvres complètes, tome 2, éditions Rencontre, 1967.
« Vue de Lens, mulet blanc », Albert Muret, Association « Les Amis de Muret ». C’est grâce au peintre Muret que Ramuz a découvert Lens.
Assise devant son bureau de Saint-Maurice, Emmanuelle Bessi avoue d’emblée : « Je suis bavarde. Très bavarde même. » Puis, levant un sourcil en même temps que ses mains, elle commente : « Je suis née comme ça. »
Faut-il y voir une relation de cause à effet ? En janvier 2022, elle est la première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion… voire en Suisse. « Et peut-être même en Francophonie ! Le journal La Croix m’avait même interviewée à l’époque. »
Cette mission, elle en dessine rapidement les contours. « Cela ne consiste pas seulement à aller lire à la messe. A l’origine, le Lectorat et l’Acolytat étaient les premiers pas que faisaient les futurs prêtres avant d’être ordonnés dans leur ministère. Cela implique de transmettre la parole de Dieu, par l’écrit, par l’oral, mais aussi dans la vie de tous les jours. »
Catholique en terre vaudoise
Née au Togo – « mes parents y travaillaient pour une ONG » – en 1973 d’un père d’origine italienne et d’une mère valaisanne, Emmanuelle revient en Suisse à l’âge de 14 mois. « Mes grands-parents m’ont fait grandir dans la foi. Toute petite déjà, je ne dépassais guère de l’ambon, j’allais lire à Saint-Guérin à Sion. Alors que j’avais à peine trois ans, je demandais de m’expliquer ce qu’est la Trinité. J’ai sans doute traumatisé mes catéchistes, rigole-t-elle franchement. Puis, nous avons déménagé juste en-dessus d’Ollon. Une catholique en terre vaudoise… »
Une soif d’absolu
De manière naturelle, la recherche des réponses à ses questions l’a conduite à faire des études de théologie. « J’ai toujours eu une soif d’absolu. A Huémoz, je racontais que je voulais devenir religieuse. Mes copines d’école se tordaient de rire… » Mais la vocation était là. « J’ai voulu entrer à l’Abbaye de la Maigrauge, mais des problèmes de santé m’en ont empêchée. C’est alors que j’ai découvert la vocation de Vierge consacrée. Je me suis dit que ça correspondait parfaitement à mon style de vie. Une religieuse en liberté en quelque sorte ! »
Ce qui lui permet aujourd’hui de donner des cours d’histoire de l’Eglise en Ardèche, mais aussi de travailler, à temps partiel, pour la congrégation des Sœurs de Saint-Augustin à Saint-Maurice. « J’y organise et reconditionne les archives. J’aimerais poursuivre cette tâche et montrer tout ça aux Sœurs d’Afrique, basées au Togo. » Une manière de boucler la boucle ? « Peut-être un nouveau départ… »
Emmanuelle Bessi • Née au Togo en 1973. • En janvier 2022, première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion, voire en Suisse.
Candice Udressy a fait sa première communion lors de la récente veillée pascale à Collombey. Aux côtés des trois nouveaux baptisés, elle portait aussi fièrement son vêtement blanc en rappel du baptême. Suite à sa première communion, nous l’avons revue à la messe et lui avons posé quelques questions.
Propos recueillis par Valentin Roduit Photo : Jade Dransart
Candice, tu as fait ta première communion à Pâques cette année, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as fait ce choix ? Mon choix de faire ma première communion était purement personnel. Hormis le baptême à ma naissance, mes parents ne m’ont pas vraiment éduquée religieusement et ne m’ont jamais forcée à rien. Je recevais des signes de Dieu mais j’étais souvent réticente à son appel.
Est-ce que tu as eu des témoins sur ton chemin de foi, des amis qui t’ont aidée à mieux connaître Dieu ? Je fréquentais une amie chrétienne avec qui j’ai fait ma première prière. Elle m’a beaucoup aidée et c’est notamment grâce à elle que j’ai assisté à ma première messe. Depuis je m’efforce de suivre l’enseignement puissant de Jésus-Christ.
Qu’est-ce que tu trouves de plus parlant dans le message de Jésus pour nous ? Ce que je trouve le plus beau dans la religion c’est le sacrifice de Dieu pour nous: il a envoyé son Fils unique non pas pour nous juger mais pour nous sauver.
Qu’est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui ont des doutes au sujet de la foi ? Je pense que suivre Jésus n’est pas toujours facile. Soyez convaincu qu’il est parmi nous tous ! Lisez la parole et priez sans cesse. Que le Seigneur nous fortifie dans nos chemins de foi !
La question du lien des mathématiques et de la foi est ancienne : les mathématiques nous fournissent les outils nécessaires à la compréhension de notre Univers. Citons trois réflexions sur le sujet qui, sans être exhaustives, nous éclairent sur cette interrogation des mathématiciens eux-mêmes.
Lorsque Galilée publie « L’Essayeur » (Il Saggiatore) en 1623, il nous livre sa vision des mathématiques et de leurs liens avec la Création de l’Univers : « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je dis l’Univers), mais on ne peut le comprendre si, d’abord, on ne s’exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d’autres figures géométriques, sans lesquels il est impossible humainement d’en saisir le moindre mot ; sans ces moyens, on risque de s’égarer dans un labyrinthe obscur. »
Albert Einstein déclare : « N’importe qui de sérieusement impliqué dans la poursuite de la science devient convaincu qu’un esprit est manifeste dans les lois de l’Univers. Un esprit largement supérieur à celui d’un homme et en face duquel nous, avec nos modestes pouvoirs, devons nous sentir humbles. »
Laurent Lafforgue, mathématicien contemporain lauréat de la médaille Fields en 2002, mais aussi fervent catholique, nous donne sa vision des mathématiques et en particulier leurs liens avec la foi. « Avec le langage auquel elles sont intimement liées, les mathématiques font partie du propre de l’Homme, de ce dont Dieu l’a rendu capable, seul parmi ses créatures. Ceci ne doit pas manquer d’interroger les croyants que nous sommes. Il est écrit que l’Homme est créé à l’image de Dieu et aussi que tout ce qui existe a existé par le Verbe, parole éternelle de Dieu. Donc, le désir de connaître Dieu ne peut ignorer les mathématiques. […] Je me dis à la réflexion qu’il existe, pour caractériser l’activité du mathématicien […], un mot plus juste et beaucoup plus profond […], un mot pleinement biblique aussi, un mathématicien est un serviteur. […] Il est, selon le mot du Christ, un « serviteur inutile » : […] ce qu’il fait, un autre aurait pu le faire à sa place. »
Patricia Granger et Thierry Fournier ont reçu récemment leur mandat d’auxiliaire de l’Eucharistie, respectivement à Collombey (le samedi 23 mars, lors de la messe du Dimanche des Rameaux) et à Muraz (le dimanche de Pâques, 31 mars). Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui a motivé leur démarche ? … en voici un petit compte-rendu, sous forme d’une interview.
Chère Patricia, cher Thierry, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Patricia : Je suis arrivée à Collombey en 2017, la foi faisait déjà partie de ma vie. C’est naturellement que j’ai commencé à participer à la vie de la paroisse. Thierry : J’ai 46 ans, je suis marié depuis 18 ans avec Carolina. Sur le plan professionnel, je travaille depuis 23 ans à la banque Raiffeisen de Monthey. Pendant mon temps libre, je m’adonne essentiellement à la lecture et au cinéma ; j’aime également écouter de la musique classique et baroque avec un penchant certain pour les œuvres de Bach. Je sers la paroisse de Muraz en tant que lecteur, mais j’ai également fait partie du conseil de gestion de la paroisse de Muraz pendant huit ans, dont quatre en tant que secrétaire.
Comment en êtes-vous venus à devenir auxiliaire de l’Eucharistie ? P. : Je suis devenue auxiliaire de l’Eucharistie en réponse à l’appel du Père Valentin. Mais cela prend d’abord sens dans mon chemin de foi. L’Eucharistie est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous : elle est cette présence mystérieuse souvent cachée, mais bien réelle de Jésus dans la vie des hommes et des femmes. Donner l’Eucharistie, c’est comme créer un pont entre notre vie humaine et l’infini de Dieu. T. : Si j’en suis venu à devenir auxiliaire de l’Eucharistie, c’est parce que l’abbé Valentin Roduit me l’a proposé un soir après la Lectio divina. J’ai accepté car c’est, à mes yeux, le plus beau service que peut rendre un chrétien laïc pour ses frères en Dieu, puisqu’il s’agit de commémorer et d’actualiser chaque dimanche la rédemption offerte par le sacrifice salvifique et définitif du Christ.
Qu’est-ce que vous admirez ou qu’est-ce qui vous fascine dans le mystère de l’Eucharistie ? Avez-vous une parole, une scène de l’évangile ou une anecdote qui vous vient en mémoire ? P. : Un texte biblique qui me touche beaucoup est « les pèlerins d’Emmaüs » (Luc 24). Fatigués, blasés, déçus, ces deux hommes acceptent de marcher avec Jésus sur leur chemin de tristesse, ils acceptent de se laisser enseigner par Lui, ils ouvrent leur porte à cet étranger qui se fait connaître à la fraction du Pain. Et ce fut la JOIE. T. : En outre, ce qui me fascine dans le mystère de l’Eucharistie, c’est la nécessité constante que je ressens de me laisser transformer et guérir de mes péchés par la présence réelle du Christ. Je m’émerveille aussi que nous soyons tous aimés par un Dieu compatissant qui ne nous laisse pas seul face à nos misères au point de s’être incarné et d’avoir partagé nos pires souffrances. Enfin, l’obéissance jusqu’à la mort du Christ est une extraordinaire et salutaire leçon d’humilité et d’abnégation qui permet de remettre constamment en question ma manière d’agir envers les autres, surtout de nos jours où la société prône constamment un développement personnel qui nous enferme dans un individualisme pernicieux. J’aime beaucoup le chapitre 1 de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens et plus particulièrement le verset 21 : « Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. »
Une remarque, un commentaire ou une prière à rajouter ? P. : J’espère, je souhaite que mon service d’auxiliaire de l’Eucharistie apporte cette Joie à ceux qui la recevront.
« Le bon berger », tant de tableaux, de gravures, d’images rassurantes d’un homme portant sur ses épaules un mouton. Dieu est là, on ne se perdra pas…
Par Françoise Besson Photos : DR, Pexels
Souvent ignorée ou « invisible », cette petite céramique est accrochée à une paroi du prieuré de Martigny…
Un berger qui prend soin d’un troupeau : une réalité quotidienne pour des hommes, des familles, qui marchent à longueur de jour, prennent soin, cherchent les points d’eau, la meilleure nourriture et reviennent le soir au village ou bien montent un campement dans lequel leur sommeil sera léger, car pour eux, chaque bête compte…
« Compter » : ce mot est bien équivoque ! Il veut en même temps dire « énumérer » : un, deux, trois, quatre… cent brebis ET avoir une valeur qui ne se traduit pas en chiffre : ces brebis comptent pour moi, je les connais, je leur consacre ma vie, mes heures, mes efforts, mon souci, elles ne manqueront de rien, aucune ne se perdra…
Etre une « brebis » on peut rêver mieux comme idéal de foi, mais compter pour quelqu’un, ça nous parle au cœur ! Et dans le cœur de Jésus, tout le monde comptait et ce troupeau innombrable lui nouait la gorge, comme au jour de la multiplication des pains… Pour tout le monde, sans discrimination, il a donné librement sa vie, son temps, son attention, sa compassion.
La vie donnée de Jésus, on a pris l’habitude de la voir sur la croix, seulement voilà : la vie donnée de Jésus, elle est aussi dans tout le reste de l’évangile, sur l’ensemble du parcours, dans les partages, les dialogues, les rencontres des « laissés-pour-compte ». A hauteur de société, c’est sûr, un type comme ça qui ne respecte ni les notables, ni la Loi, ni les rites, il faut l’enfermer, le faire retourner dans sa famille qui arrivera peut-être à en faire façon. Mais à hauteur du Fils de l’homme, la tâche est infinie, personne n’échappe à sa préoccupation, puisque tout le monde compte ! Les malades, les fous, les femmes, les lépreux, les enfants, les « pris en flagrant délit » dont la vie ne tient à plus rien, mais aussi les « normaux » de la société, ceux qui s’intéressent à lui, qui l’invitent en prenant le risque de se faire moucher devant tous les invités, ceux qui sont un peu corrompus, comme Zachée, mais dévorés de curiosité, ceux qui viennent le voir en cachette et bien sûr, tous ceux, innombrables, dont l’évangile n’a pu garder de trace…
Et voilà que Jésus, revenant du monde obscur, fait cette folle demande à ceux qui le reconnaissent, à ceux qui, aujourd’hui encore, reçoivent la Bonne Nouvelle : sois toi aussi un berger, un bon berger et non un mercenaire : prends soin de mes brebis, de mes agneaux, mets-toi à mon école…
On est loin de l’image rassurante de la parabole ! L’invitation fait plutôt trembler, tergiverser : on peut se dire que cette demande n’est faite qu’à Pierre et éventuellement à ses successeurs, comme garants des « vérités théologiques »… On peut se dire…
Mais ici, comme au temps de Jésus, il y a des exclus, les « pas comme nous » qu’on évite, qu’on ne comprend pas, qui nous font peur et nous dérangent… Il y a aussi des gens qui se posent des questions, qui aimeraient bien voir, savoir comment il est possible de croire, de trouver du sens à cette vie… Comme au temps de Jésus, il y a une réalité bien tangible, toujours la même : pour tenir debout, nous avons besoin les uns des autres, nous avons besoin de regards aimants ou du moins aimables, sans hostilité ni indifférence, nous avons besoin d’un mot gentil, d’une attention vraie, d’une parole qui apaise…
Ailleurs, Jésus parle d’ouvriers, de main d’œuvre et de moisson abondante, le travail ne manque pas et on ne comptera pas nos heures…
Décourageant d’avance ? Le final du texte de Jean nous sort de l’ornière déjà tracée : cette vie donnée, comme celle du berger, on la reçoit de nouveau, c’est une circulation de vie, comme l’eau dans le bassin d’une fontaine, comme le pain et le poisson quand Jésus a nourri la foule : on donne (le peu qu’on a) et on reçoit… Rien ne nous sera pris, car nous l’aurons donné, dans la grande liberté des enfants de Dieu…
Samedi 24 février, s’est déroulé à la salle de gymnastique de la Stavia le deuxième tournoi de tennis de table organisé à l’intention prioritairement des servants de messe, par l’abbé Darius, maître en la matière comme il l’a montré raquette à la main. Une vingtaine de joueuses et joueurs se sont affrontés une matinée durant et se sont livrés à de nombreux matchs sous la houlette de notre curé avec le concours de nombreux bénévoles, dont plusieurs membres de l’équipe pastorale et d’actifs du club staviacois de tennis de table. Si la participation a été un peu moins relevée que l’année dernière, ces joutes sportivo-pastorales – l’abbé Darius parle d’« évangélisation par le sport » – ont permis, au-delà des résultats, de faire triompher une belle entente fraternelle. (cjy)
Les gagnants Chez les filles : 1. Alya Etienne. 2. Aurélie Pillonel. 3. Lana Vernier. Chez les garçons : 1. Noah Inguscio. 2. Gaëtan Dévaud. 3. Antoine Carrard.
Avant Vatican II, le prêtre, seul, célèbre la messe à voix basse et les fidèles y assistent en spectateurs muets. Après le Concile, de nombreux changements favorisent la participation des fidèles. Aujourd’hui, l’Eglise présente le silence comme un des moyens pour que tous vivent activement la liturgie. Petit tour de la question, en s’inspirant d’un livre rédigé par l’abbé Pascal Desthieux, « Habiter le silence dans la liturgie ».
Par Nicolette Micheli Photos : Mon missel pour aimer Jésus, Artège, p. 40. / La messe des petits, Téqui, p. 50 (Photo scannée du livre de Pascal Desthieux)
Valeur du silence
« Je vous demande de prier le Seigneur pour moi… en silence… » Chacun se souvient de l’intensité de ce silence qui a suivi l’élection du pape François. Dans notre monde bruyant, de nombreuses personnes s’arrêtent dans les églises afin d’y trouver le silence. C’est après Vatican II que le silence est évoqué dans un document officiel de la liturgie. Dans la présentation du nouveau Missel, il est devenu un élément important. « Un silence sacré fait partie de la célébration. Sa nature dépend du moment où il trouve place dans chaque célébration » et Pascal Desthieux précise : « Il offre un espace de recueillement, de méditation, de prière. Plus qu’un silence sacré, c’est un silence ouvert au sacré. » Il n’est pas un but, mais un moyen qui met en valeur les paroles et les gestes et permet de mieux les intérioriser. Il témoigne que l’Eglise est Peuple de Dieu où chacun participe activement à la liturgie. La nature du silence varie selon qu’il se trouve avant, pendant ou après l’action liturgique.
Le silence de recueillement
Ce silence aide à sortir de l’agitation pour se mettre en présence de Dieu. Il nous rend attentifs et ouverts à ce qui se passe en nous et autour de nous. Au début de la messe, le prêtre nous invite à un bref silence avant le « Je confesse à Dieu », dans le but de se présenter à Dieu avec nos limites et d’accueillir son pardon. Puis après l’invitation « Prions… », il offre un instant de silence pour établir une relation personnelle avec Dieu et lui confier nos intentions. Ce silence est particulièrement mis en valeur lors des messes de funérailles et surtout durant les offices de la Semaine sainte : silence des cloches dès le jeudi, silence avant la grande prière universelle du vendredi et durant la vénération de la Croix et grand silence du samedi dans l’attente de la Résurrection.
Le silence de méditation
Il nous permet d’être plus disponibles pour écouter la Parole de Dieu et mieux la « ruminer ». Après l’homélie, un silence offre un peu de temps pour méditer le message transmis et marque une pause bienvenue, surtout si l’homélie a été longue…
Le silence de prière
Ce silence est au service de la prière personnelle. On le vit lors de la prière universelle, quand le prêtre propose : « En silence, confions au Seigneur nos intentions personnelles… » et quand le prêtre demande au Seigneur : « Souviens-toi de tes serviteurs qui nous ont précédés… » Prière silencieuse aussi à l’élévation du Corps et du Sang du Christ ainsi qu’après la communion pour permettre à chacun de rendre grâce. Un chant de louange de l’assemblée peut aussi jaillir de ce silence.
Nous laissons la conclusion à Pascal Desthieux : « L’observation de ces silences confirme la place que le célébrant donne à l’assemblée pour que tous soient acteurs de la liturgie. Celui qui préside la messe a une grande responsabilité. La manière d’inviter au silence, de le vivre soi-même et de le conclure fait partie de l’art de célébrer et prend toute son importance. »
Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Et Dieu sait si c’est un levier pour soulever les cœurs jusque vers Lui… Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris, Sophie et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui les tient, qu’est-ce qui les pousse ? Regards croisés.
En animation avec Stéphane Crozzoli.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR
Après Bernadette Alimovic et Laurent Bourgeois le mois dernier, nous donnons la parole ce mois-ci à Ariane Bender, musicienne, chantre animatrice et directrice du chœur La Voix des Champs de Charrat et à Pierre-Alain Roh, chantre animateur et membre du groupe de gospel Les 5’cops de Martigny. Ces deux « voix » connues dans la région sont fidèles à l’ambon ; ils ont chacun leur style et ils nous touchent chacun à leur manière. Dans le prochain numéro, nous poursuivrons à la découverte d’autres amis du chant et de la musique liturgique…
Comment le chant habite-t-il votre vie ? Ariane : Toute jeune, j’ai découvert le chant dans le Petit Chœur paroissial. Certains de ces chants m’habitent toujours. La Parole de Dieu m’a pétrie et la musique m’a touchée : c’est ainsi que ma foi s’est construite. Pierre-Alain : La musique, et surtout le chant, font partie de ma vie depuis l’âge de 7 ans. Et après un bref passage par la musique rock entre 17 et 23 ans, il n’est plus question d’autres choses que le chant liturgique. C’est avec cette musique que je me sens le mieux et j’aime apporter aux fidèles le soutien qui les fait chanter de tout leur cœur.
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? Ariane : J’aime particulièrement quand la liturgie est soignée, que chaque chant fait partie d’un mouvement, que tous les éléments s’accordent les uns aux autres, car alors l’acte liturgique nous dépasse et nous transcende. Pierre-Alain : Etre au service de la liturgie, c’est être une sorte de guide, car une église remplie de fidèles qui chantent c’est presque le paradis sur terre ! C’est pourquoi, apporter des mélodies connues est plus important que d’apporter des chants que seul le chantre connaît.
Qu’est-ce qui vous agace ? Ariane : En général les très vieux chants. Je trouve qu’aujourd’hui nous avons une palette de compositions qui permet d’être dans le vent… de l’Esprit Saint ! Pierre-Alain : Rien à signaler.
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ? Ariane : J’aime beaucoup le temps de l’offertoire pendant lequel une petite pièce permet d’accompagner les gestes du prêtre et s’arrêter pile au bon moment. Je sens aussi que l’assemblée est très à l’écoute. Pierre-Alain : J’aime le chant « Comme Lui » du Québécois Robert Lebel qui sait toucher au cœur en paroles et en musique ainsi qu’un « Ave Maria » en espagnol que je chante en fin de communion avec un accompagnement exceptionnel d’Edmond Voeffray…
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ? Ariane : Je crois que la musique, si elle est juste, peut toucher l’être de manière très profonde. En chantant, on médite, on intègre et la Parole fait son œuvre pour nourrir notre foi. Pierre-Alain : Il y a souvent une osmose parfaite entre la musique du chant et les paroles. Pas toujours, mais souvent. Et alors là, il faut s’accrocher car l’émotion du chant et de la foi en Dieu peut vous prendre à la gorge. L’endroit et la situation sont réunis pour faire du chant une vraie prière.
Nous poursuivons notre tour de la solidarité au travers des actions soutenues par notre paroisse. Après le Togo, nous restons en Afrique avec l’Action Rwanda de l’abbé Albert pour laquelle se mobilise notamment Mme Annelyse Brugger.
C’est en 2007 que j’ai créé l’Action Rwanda, avec le soutien toujours actuel de la paroisse d’Estavayer, afin de venir en aide à l’abbé Albert Mpambara, alors directeur de l’Institut paroissial de Mukarange.
Par Annelyse Brugger | Photos : LDD
L’abbé Albert a travaillé dans notre paroisse en 2005 durant 3 mois, puis il venait régulièrement remplacer jusqu’en 2019 les prêtres lors des vacances d’été. C’est aussi grâce à la générosité de nombreuses personnes d’ici ou d’ailleurs qu’on a pu apporter une aide précieuse à cette école qui ne reçoit aucun subside ni de l’Etat ni de l’Eglise, les écolages encaissés constituant l’unique source financière. On a ainsi pu, entre autres, construire un grand dortoir, des sanitaires, des douches, une petite infirmerie, un four à pain, rénover la cuisine, sans compter de nombreux travaux d’entretien.
Aujourd’hui, l’Institut compte 780 élèves de 12 à 21 ans répartis en 13 classes, donc quelque 60 élèves par classe.
La pandémie du coronavirus et la guerre en Ukraine ont mis à rude épreuve la gestion de l’école. L’entretien des infrastructures et la construction de nouveaux bâtiments sont freinés. Par exemple, la construction d’une salle polyvalente s’avérerait indispensable pour réunir les jeunes dans de bonnes conditions.
Le prix de la nourriture a augmenté de 43% avec pour conséquence une diminution de la qualité des repas.
L’action « Pain pour tous » continue
Offrir deux fois par semaine du pain aux 780 jeunes que compte l’Institut paroissial. La personne de référence est toujours l’abbé Albert Mpambara actuellement en ministère dans le canton de Neuchâtel. Pour apporter votre soutien par un don : IBAN CH31 0026 0260 3740 83M1 U. Mme Annelyse Brügger « ACTION RWANDA » Chemin de la Vy-Neuve 4, 1470 Estavayer-le-Lac
De grand matin, le premier jour de la semaine… ou plutôt devrais-je dire au point du jour, à cette heure où il ne fait plus totalement nuit, et pas encore jour ; cette heure magique où l’on perçoit sans les voir encore, au-delà de l’horizon, ces rayons qui, tantôt, viendront caresser de leur douceur matinale la rosée d’un hiver finissant… Une chose pourtant n’est pas descriptible à l’imaginaire visuel de ce dimanche matin où j’écrivis ces lignes… un élément qui, en ville, eût généré soupçon, voire inquiétude, mais qui, aux alentours de la maison paternelle où je me trouvais, en pleine campagne jurassienne, me réconforterait plutôt : le silence !
Ce silence qui, au fur et à mesure que la terre tourne suffisamment pour permettre aux organismes, ralentis par une nuit de sommeil, de reprendre vigueur et force ; ce silence, dis-je, se rompait peu à peu pour faire place aux sons des activités de la vie qui, tôt le matin, ne sont pas encore du bruit.
Toujours est-il que, ce jour-là, j’étais le premier debout et, de ce fait, j’entrepris de rallumer le feu dans la chaudière. Alors que j’ouvrais la porte du foyer dans lequel flamberaient bientôt quelques belles bûches, je me souvins de l’Abbaye de Tamié où, tant de fois avec mes confirmands, nous avons attendu, dans un silence parfois difficile, que débute l’Office de vigile. Office d’une rare beauté, d’une rare intensité, et d’une symbolique pascale évidente.
Que s’est-il donc passé, cette fameuse Nuit qui baptisa le monde, quelque part dans un jardin proche des murs de Jérusalem ? Car il n’y avait ni micro ni caméra, ni encore de drône qui auraient pu renseigner sur la façon dont la pierre fut roulée afin que, du Sépulcre, jaillît la Vie. La seule chose dont on peut raisonnablement être sûr, c’est que tout se passa dans le silence.
Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité ! Crie-le sur les toits ! mais sans oublier jamais que ce fut dans le silence, dans ce secret où tu es au cœur de ta relation à Dieu. Et puis, au fond, dans le silence… t’es toi !
Marion Perraudin est une paroissienne très active au sein de notre Eglise. Vous lisez ses méditations au dos de L’Essentiel depuis quelques mois et vous l’aurez sûrement aperçue en train de prendre des photos lors des fêtes paroissiales. Pendant son temps libre, c’est aux animaux sauvages que Marion tire le portrait…
Par Christelle Gaist Photos : Marion Perraudin
Passionnée de nature, Marion Perraudin part très régulièrement au contact des bêtes. Elle se décrit comme une chercheuse de Vie, en quête constante du Beau. La paroissienne me fait part de ses nombreuses rencontres avec les animaux. Son approche de la nature ne varie guère. Elle se sent toujours comme une invitée dans leurs espaces, montre un profond respect pour les occupants de ces lieux. Elle se fond dans l’environnement et tient à se faire oublier. C’est tout un monde fantastique qui s’ouvre alors à elle.
L’émerveillement – Ce qui pousse Marion à retourner chaque semaine auprès des animaux, c’est l’émerveillement que ces rencontres lui procurent. Dans ces rendez-vous de l’inattendu, elle cherche et trouve Dieu. Les méditations qu’elle partage dans l’Essentiel sont le résultat heureux de ces moments privilégiés. Grâce à son appareil photo, elle essaie également d’en garder des souvenirs. A force d’observations, la naturaliste sait reconnaître quel gypaète fend l’air sous ses yeux. C’est une espèce qu’elle affectionne tout particulièrement. Le retour de ce rapace dans nos contrées tient lieu du miracle, puisque celui-ci avait été exterminé puis réintroduit. Depuis quelques années, cet oiseau déploie à nouveau ses ailes en Valais pour le plus grand bonheur des âmes sensibles à la beauté.
Tiré de l’enseignement de l’Eglise
Dans l’Encyclique Laudato si’ (2015), le pape François mentionne saint François d’Assise et son rapport à la nature, un véritable exemple pour tous ceux qui ont été appelés à la chérir et à la sauvegarder. Pour le pape, saint François d’Assise est le saint patron de tous ceux qui étudient et travaillent autour de l’écologie. Celui-ci aurait manifesté « une attention particulière envers la création de Dieu ainsi qu’envers les pauvres et les abandonnées. » […] « Tout comme cela arrive quand nous tombons amoureux d’une personne, chaque fois que saint François regardait le soleil, la lune, ou les animaux même les plus petits, sa réaction était de chanter, en incorporant dans sa louange les autres créatures. Il entrait en communication avec toute la création, et il prêchait même aux fleurs en les invitant à louer le Seigneur, comme si elles étaient dotées de raison. » (n° 11)
Un gypaète volant près de l’église de Sembrancher.Un lièvre du 1er avril.
De l’Ascension à l’Assomption, si le temps le permet, les messes de semaine prévues les mercredis à 17h à l’église de Lully, seront célébrées en plein air, à l’oratoire de Notre-Dame des Mâs, à Bollion.
Par Marie-Christine Mota Photos : Georges Losey
Cet oratoire se situe dans la forêt en-dessus de Bollion. Le lieu-dit a donné le nom à ce lieu de prière et de célébration très apprécié des paroissiennes et paroissiens de la Communauté de Lully et des environs.
L’endroit a été inauguré le 15 août 1949, sur l’initiative du Conseil de paroisse de l’époque et par l’opportunité d’un don de terrain. Autrefois, la niche de cet oratoire contenait un tableau représentant Marie portant dans ses bras Jésus au-dessus de sa tête. En 1960, un avant-toit a été érigé et le tableau de « Marie aux bras nus » a été remplacé par une statue en bois plus classique.
Dans le cadre du 100e anniversaire du Pèlerinage de Lourdes, voici les mots du président romand des Hospitaliers.
Par Grégoire Luyet
Grégoire Luyet, président de l’Hospitalité de Suisse Romande (HSR) de Suisse romande nous explique :
« L’Hospitalité de Suisse Romande est un organisme d’Eglise agrégé à l’Hospitalité Notre Dame de Lourdes et qui se veut au service des malades dans leur démarche du pèlerinage de Lourdes. Elle a la spécificité de regrouper trois diocèses (Sion, LGF et Bâle / Jura Pastoral).
Les hospitalières et hospitaliers sont des femmes et des hommes qui s’engagent volontairement et bénévolement à rencontrer dans l’amitié chaque malade et à découvrir toujours mieux « le monde de ceux qui souffrent ». Ils participent à leurs frais (voyage, hôtel, pension) au pèlerinage interdiocésain et, par divers services, rendent le pèlerinage possible aux malades et handicapés, en rassemblant bien-portants et malades, jeunes et adultes… Ils s’engagent aussi à l’effort fait dans les Diocèses par tous ceux qui, à titres divers, sont membres de la « pastorale de la santé ».
Les membres de l’Hospitalité sont dans la vie courante des membres actifs de leur communauté chrétienne habituelle. Ils participent à la vie liturgique de l’Eglise. Toute personne de bonne volonté peut devenir membre de notre Hospitalité et se mettre au service de ceux qui ont besoin de nos mains, de nos jambes et surtout de notre cœur.
Toute personne de bonne volonté peut devenir membre de notre Hospitalité. Veuillez prendre contact avec le président de l’association diocésaine correspondant à votre diocèse.
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