« Le silence est la clé de voûte de la vie chrétienne » déclare Maurice Zundel.
Pourtant, la Nature est remplie de bruits. Ils font partie intégrante de la Création : la terre regorge de bruits générés par les animaux, les végétaux (on parle actuellement de langage des plantes et des arbres). L’Univers, considéré comme vide, est parcouru de bruits dits cosmiques. Le bruit de fond émis par de gigantesques trous noirs, que les astronomes traquaient depuis 25 ans, a été identifié depuis 2015 grâce à une technique de détection des ondes gravitationnelles.
Le silence qu’évoque Maurice Zundel est une invitation à faire silence pour mieux recevoir et accueillir la Parole de Dieu : « Il s’agit de devenir une parole vivante de Dieu. »
« Ce silence n’est pas une consigne, mais un rayonnement », il s’oppose aux bruits que nous générons dans nos actes, nos paroles et nos attitudes. Il n’est pas l’absence totale de bruit, mais une invitation à ne pas perturber notre environnement humain, animal, végétal par des bruits sans fondements. Exactement comme en physique où les bruits parasites se superposent au signal que l’on cherche à identifier et constituent une gêne pour la compréhension de l’information que le signal transporte.
Le silence ou plutôt l’absence de bruit parasite, c’est l’attitude de Dieu : « Dieu regarda les fils d’Israël et Dieu sut. » (Exode 2, 25)
Le nouveau film biographique consacré au célèbre abbé se classe 19e du box-office français 2023 1. Un joli succès auprès d’un public varié qui évite l’écueil de l’apologie, montrant l’homme derrière l’icône, ses colères, ses doutes. Pourquoi Henri Grouès fait-il encore recette 17 ans après sa mort ?
L’affiche du nouveau film de Frédéric Tellier.
Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR
1. Une personnalité qui nous fait grandir Benjamin Lavernhe, de la Comédie-Française endosse le rôle de façon remarquable. « J’avais l’impression que ce rôle allait me faire grandir, me rendre meilleur acteur et même meilleur humain. Cela a été une expérience unique. » a expliqué le comédien à la RTS 2. Derrière cette performance se cache l’énorme travail d’un acteur qui s’est dit « habité » par ce personnage unique.
2. Des combats pour les démunis qui trouvent un écho aujourd’hui, 70 ans après l’appel Le réalisateur, Frédéric Tellier, explique que le parcours de l’abbé nous interpelle sur l’état de notre monde actuel. Durant le terrible hiver 54, c’est la découverte d’une femme morte de froid dans la rue, son avis d’expulsion dans la main, qui révolte l’abbé et constitue le point de départ de « l’insurrection de la bonté ». Or, on meurt toujours dans la rue et Les Restos du Cœur annoncent une hausse de 400’000 bénéficiaires en cinq ans 3. Un logement décent pour tous, c’était l’une des grandes batailles de l’abbé et là encore, la crise du logement version 21e siècle fait écho à la problématique des années 50.
3. L’abbé Pierre, ce n’est pas uniquement Emmaüs En 1940, Henri Grouès, de santé fragile, est démobilisé. Dès 1942, il rejoint les résistants et adopte le pseudonyme « abbé Pierre ». Il cache les réfractaires au Service de Travail Obligatoire, fabrique de faux papiers pour les juifs, rejoint de Gaulle. Après la guerre, il s’engage en politique et s’insurge contre les lois qu’il juge contraires à l’Evangile. Il défend les sans-papiers exploités pour reconstruire la France et milite pour la réinsertion des prisonniers. A l’heure de la montée des extrémismes, l’engagement de ce prêtre atypique nous questionne. C’est une femme, Lucie Coutaz, rencontrée « en résistance », qui sera à ses côté pendant 40 ans et c’est un ancien bagnard suicidaire, Georges Legay, qui sera son premier compagnon d’Emmaüs, retrouvant un sens à sa vie dans l’aide aux nécessiteux.
4. Une Fondation qui exige du réalisme, pas une glorification L’équipe du film s’est appuyée sur la biographie de 1994 d’Olivier Gorce 4 ainsi que sur l’abondante documentation et les témoignages fournis par la Fondation Abbé Pierre. A Cannes, le réalisateur a confié que les membres de la Fondation lui répétaient : Il faut être irrévérencieux ! Parce que l’abbé n’aurait pas aimé que ce soit un peu trop propre. Tu n’hésites pas ! Tu y vas, tu montres tout ! Comme l’explique Frédéric Tellier, c’est injuste de résumer 74 ans de la vie d’un homme en 2h15. Olivier Gorce ajoute que le risque, était celui de « l’accumulation des actions héroïques » qui aurait semblé peu crédible. C’est le duo fondamental avec Lucie Coutaz qui a structuré la dramaturgie et s’est imposé à nous. Ainsi, il y a forcément du subjectif, des choix artistiques, mais l’équipe, qui a travaillé cinq ans sur le sujet, a réalisé un incroyable travail d’historien, ce qui remet le réalisme au centre de l’œuvre.
5. Un homme hors du commun fait aussi de paradoxes Bourgeois, résistant, prêtre, député, révolutionnaire, humaniste, star des médias, simple compagnon… Ce petit bonhomme était tout cela. Si le film place la combativité de l’abbé au centre, il expose aussi ses paradoxes : à la fois colérique et tendre, orgueilleux et humble, homme d’action mais, en même temps, en doute perpétuel et totalement inadapté à un monde qu’il juge trop cruel mais qu’il veut pourtant changer. L’œuvre de Tellier explore les facettes d’un personnage complexe, fascinant, attachant et absolument indémodable.
1 Télé-Loisirs, 14 décembre 2023. 2 Un film biographique ambitieux sur l’Abbé Pierre montre l’homme derrière l’icône, www.rts.ch, 29 novembre 2023. 3 Six infographies pour comprendre la crise que traversent Les Restos du Cœur, www.radiofrance.fr, 4 septembre 2023. 4 Gorce Olivier : L’Abbé Pierre, le Missionnaire de l’impossible, Les Dessous de l’Histoire, Paris, 1994.
Avec Lucie Coutaz, son bras droit, dans les années 50.
Prière proposée par le Père Joseph Akuamoah-Boateng, spiritain | Photo : unsplash.com
Dans le silence je viens vers toi, Seigneur. Accorde-moi un esprit de prière et d’adoration. Que ce temps en ta présence me soit un moment de grâce et de paix. Dans ce silence du désert, ne laisse pas le péché me parler, ni le tentateur me distraire.
Daigne me donner le sentiment continuel de ta présence ; de ta présence en moi et autour de moi. Tais en moi et autour de moi tout bruit qui puisse me troubler le cœur. Apprends-moi à entendre des pauvres et des petits. Aide-moi à les aimer et à les aider comme toi.
Ô Seigneur, fais que dans ce silence, j’entende ta douce voix qui murmure ta belle mélodie à travers la beauté de la création. Qu’émerveillé d’être en ta présence et rempli de joie, mon âme et mon cœur puissent t’acclamer : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de ta gloire. »
Ô Seigneur, donne-moi un cœur qui t’écoute ! Que je puisse dire comme le petit Samuel : « Parle, ton serviteur écoute ! » Que je puisse dire comme Marie : « Oui, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »
Ô Seigneur, au pire moment de la vie, que je garde la foi et la confiance en Toi jusqu’au bout. Et que, comme le Seigneur en prière au mont des oliviers, je puisse prier : « Père, que ta volonté soit faite et non la mienne ! »
Dès leur plus jeune âge, nos enfants nous questionnent sur l’amour, le corps humain, les différences garçon-fille. Plus tard, ils se posent des questions sur les changements à la puberté, la sexualité, les relations, etc. Parents, éducateurs, nous n’avons pas toujours les bons mots pour leur parler de ces sujets si importants. Quelles ressources pour eux ? Avec quels mots leur parler ? Quels objectifs leur proposer et quels chemins prendre ? Comment les « équiper » pour se préparer à vivre l’amour ?
Par Myriam Bettens | Photo : DR
La pastorale des familles de Genève propose un café / échange sur la manière d’accompagner nos enfants dans les grandes étapes de leur croissance (puberté, adolescence, devenir adulte …), de parler à nos adolescents d’amour, de sexualité, car « il n’est pas toujours facile pour les parents d’aborder les sujets sur l’affectivité et la sexualité avec leurs enfants, ni pour eux d’en parler à leurs parents ».
Chaque 1er mardi du mois entre octobre et juin 2024, de 12h30 à 14h30, à la salle paroissiale de la cure de Notre-Dame, 3 rue Argand, 1201 Genève.
Prochaines dates : le 7 mai et le 4 juin 2024
Des ressources (livres, DVD, etc.) sont également à disposition, à la consultation ou à l’emprunt, dans les bureaux de la Pastorale des familles de Genève.
Renseignements et inscriptions sur le site web de la pastorale des familles sur pastorale-familles-geneve.ch ou au 079 259 51 33
Le maître mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité, mais pour finir, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité?
Par Calixte Dubosson Photos: DR, Flickr, Pixabay
Un monde de bruit
Dans cette vie moderne, nous avons la possibilité, si nous le souhaitons, de ne jamais être en silence. Il y avait déjà la télévision, les publicités… Et maintenant il y a aussi Internet et les réseaux sociaux, accessibles partout depuis notre poche, prêts à remplir les moindres interstices de nos existences. Une question, un doute ? Google a la réponse. Un sentiment de vide ? Vite, remplissons-le avec des vidéos YouTube ! Il est de plus en plus habituel de croiser dans nos rues des personnes coiffées avec des écouteurs ou de petits objets qui remplissent leurs oreilles. Ainsi, elles sont constamment à l’écoute de leur musique ou groupe préféré. Le bruit est familier et rassurant, il nous évite de nous confronter à ce grand vide qu’est le silence. Mais le silence, est-ce vraiment le vide ? Pas vraiment, en fait. J’y répondrai plus tard.
Un jeune me dit : « J’aime bien écouter ma musique lors de mes temps libres, car elle me permet de m’évader de ce monde qui me fait peur et qui, chaque jour, déverse sur moi un flot de mauvaises nouvelles telles que les guerres et les catastrophes. » Un autre me confie : « Avec mon smartphone qui me permet de choisir toutes les musiques que j’aime, je peux oublier quelques instants tous mes problèmes et j’en ai beaucoup ! »
La parenthèse du Covid
Au début de 2020, la pandémie du Covid est venue frapper à nos portes. Nous voici confinés, le travail mis à distance, la famille et les amis au loin, les églises vidées, les rencontres numérisées. Les moteurs s’étaient tus. Les avions restaient au sol, les engins de chantier au hangar et la plupart des voitures au garage. Les citadins redécouvraient dans leurs rues devenues étrangement silencieuses, le chant des oiseaux, persuadés pour certains que ces derniers étaient revenus en ville alors qu’ils étaient toujours là. Seulement, à ce moment-là, leur chant parvenait enfin à leurs oreilles. Les moteurs s’étaient tus, mais les hommes ? « Très vite, l’air s’est révélé saturé d’informations, d’annonces, de débats, de protestations. Les chiffres annoncés chaque soir, les déclarations officielles, les oppositions, les contre-pieds… Jour après jour, et de plus en plus avec les vagues successives, l’angoisse, la peur, la colère et l’incompréhension ont pris le pouvoir, et ce fut à grand bruit », commente Anne Le Maître1.
Les débats pour se forger une opinion
Le maître-mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité, mais pour finir, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. Quotidiennement, les chaînes d’info en continu (Cnews, LCI), mais aussi BFM TV diffusent des heures de débats sur l’actualité, en fin de journée. Les plateaux de télévision sont précisément conçus pour mettre en scène un débat contradictoire : l’animateur, au centre de l’image, distribue la parole et arbitre entre des invités qui se font face. Une sorte de deux contre deux ou de trois contre trois, avec au bas de l’image, un bandeau mentionnant le thème du jour afin que le téléspectateur puisse prendre le débat en cours de route.
La mise en scène est donc pensée pour susciter le débat. A priori, celui-ci doit être équilibré. Par exemple, sur les sujets politiques, les chaînes essaient de donner la parole aux différentes tendances politiques, en invitant soit des responsables de partis politiques, soit des journalistes ayant des opinions politiques différentes. Mais est-il possible de s’assurer que le profil des intervenants choisis garantisse cet équilibre ? De plus, le téléspectateur peut-il vraiment se convaincre que derrière les arguments énoncés avec un tel aplomb et une telle assurance, se dégage une vérité qui met tout le monde d’accord ? Pourtant, chacun de nous a soif de savoir quelle est la vérité des choses. On reste sur notre faim avec ce sentiment désagréable d’avoir perdu notre temps et un bon moment de sommeil qui nous aurait fait autant de bien que ces débats stériles souvent émaillés de remarques pas très évangéliques envers les intervenants. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité ? Le silence, celui de la nature et des ordres monastiques, par exemple ?
Le silence de la montagne
La vie est faite de contraintes, de stress, de monotonie. Elle a besoin de respirer, de se dégourdir, d’élargir son regard. La montagne est ce lieu privilégié pour vivre ce que les enfants des écoles appellent : récréation. Ces quelques minutes si précieuses pour libérer une énergie jusqu’ici contenue, rejoignent ces instants magiques vécus dans les décors de nos alpes majestueuses. Dans la vie, notre oreille recueille plus le bruit des catastrophes que le murmure des petits gestes de l’amour. Elle s’use et désespère à enregistrer le mal du monde. Elle n’entend plus la musique de l’espérance. En montagne, elle perçoit de nouveau la beauté du monde. Un aigle plongeant dans le bleu de l’azur, le soleil qui vient éclairer la marche silencieuse de l’aube, les oiseaux feignant de vous ignorer et qui se ruent sur les restes du pique-nique, les chamois baignés de lumière : tout cela aiguise le regard, le nourrit, enchante l’âme et ravive notre foi en la vie contrairement aux mauvaises nouvelles distillées chaque jour par les réseaux sociaux qui nous font désespérer de la vie.
Comment écouter si l’on ne se tait pas ?
Le silence monastique
Je vais régulièrement à l’Abbaye de Tamié pour me ressourcer. Entre les murs de l’Abbaye, des moines silencieux pour qui Dieu est le seul voyage valable. Des marcheurs d’éternité qui ont choisi pour chemin la voie du silence. « Ecoute », tel est le premier mot de leur règle, rédigée par saint Benoît qui encourage le moine à « incliner l’oreille de son cœur ». Et comment écouter si l’on ne se tait pas ? Et comment parler si l’on n’a pas pris le temps de réfléchir et de méditer ? « Le Christ ne parle pas fort, disait un jour une amie carmélite, expliquant à des jeunes son choix d’une vie sans paroles. Il faut faire silence pour l’entendre. »
Dans le cloître intérieur qu’est la vie intime des moines et des moniales, détachée du tumulte et de la superficialité, dans cet espace de contemplation qu’ils ont choisi, là se tient la Présence. La Présence devenue homme en Jésus. Je ne cesse de me remémorer l’image de cet homme silencieux face à la femme adultère, de ce Dieu dessinant sur le sable qui ne répond pas quand on l’interroge, cet homme gardant le silence face à ses contradicteurs. Le silence quand la foule acclame. Le silence quand la foule accuse. Le silence qui parle plus fort que tous les discours.
1 Anne Le Maître, « Un si grand désir de silence », Cerf, 2023, p. 32.
L’Abbaye de Tamié, lieu de ressourcement.
Des exemples parlants
Nous pouvons être témoins à longueur de journée de débats stériles, mais aussi pimentés ! Il suffit d’allumer son poste TV. En voici deux exemples très parlants :
Dialogue de sourds et débat TV – Je suis pour une baisse de l’impôt contrairement à mon vis-à-vis qui pense… – Je vous arrête tout de suite, car… – Laissez-moi parler, je vous ai laissé vous exprimer, alors ne me coupez pas. – On ne peut pas laisser dire n’importe quoi… – C’est vous qui dites n’importe quoi. Comment peut-on prétendre à de hautes fonctions publiques si l’on n’est pas capable de dire la vérité aux téléspectateurs ? – Vous ! Le détenteur de la vérité, laissez-moi rire !
Débat pimenté : l’exemple Chirac-Mitterrand • Chirac : « Permettez-moi juste de vous dire que ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République… Nous sommes deux candidats, à égalité, et qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand. » • Mitterrand : « Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier Ministre. »
Les chaines d’info en continu diffusent des heures de débat, souvent stériles.
Chaque point peut-il être perçu comme un centre du monde? Quel est le centre de gravité de ma vie?
Quand la pose d’un nouveau « signe du Christ » devient le centre de gravité d’une communauté. Ici le 18 septembre 2021 à Bovernier.
Par Olivier Taramarcaz | Photos : DR
Adolescent, je pensais que la Suisse était au centre du monde. Lors d’un voyage d’une année en Amérique latine, alors que j’avais 20 ans, mon centre s’est déplacé. Un jour, assis au milieu d’une grande gare, au Mexique, attendant une correspondance, je demeurais le regard fixé sur une carte du monde peinte sur l’une des façades. J’ai d’abord cherché à situer la Suisse, à peine marquée sur la carte, point à partir duquel j’avais jusque-là regardé le monde. Puis, déplaçant le regard, j’ai été déporté intérieurement. Pointant le lieu où je me trouvais, un renversement s’est opéré. C’est un moment de basculement, m’amenant à revisiter ma carte du monde. Monde géographique intériorisé et monde réel reconfiguré.
Le centre de gravité – On peut se demander s’il y a un centre du corps humain ? Le centre du corps humain est lié à son centre de gravité. C’est lui qui donne équilibre et stabilité. Chez un adulte, il est situé autour du bassin, légèrement en dessous du nombril. C’est un point physique, qui invite à réfléchir au centre de gravité dans sa vie. C’est à partir de ce centre que je vais orienter ma vie, fixer mes buts, déterminer mes choix, prendre des décisions.
Lorsque l’on se considère comme centre du monde, on situe sa subjectivité comme première. Par cette orientation vers soi, chacun au final est le nombril du monde, avec soi comme seule boussole intérieure, comportant le risque de tourner en rond « autour de soi », ou « en soi », sans se trouver, à l’image de l’oignon dont on cherche le centre en l’épluchant, sans jamais le trouver.
La sagesse humaine au centre – Le soi comme mesure du monde est central aujourd’hui. Il est convenant de valoriser son expérience personnelle comme loi universelle, la sensualité de la nature divinisée, ses sensations et intuitions, en référentiel spirituel. Du côté rationnel, depuis le siècle des lumières (1715-1789), la raison de l’homme s’est affichée comme seul fondement légitime : « La raison éclaire tous les hommes, elle est la [les] lumière [s]. » 1
Max Stirner (1806-1856), fondateur de l’anarchisme individualiste, précurseur de l’existentialisme, a posé le fondement du « moi » comme centre du monde : « Pour moi, il n’y a rien au-dessus de moi. » Karl Marx (1818-1883) s’est affirmé « contre », dans une visée de déconstruire : « L’athéisme par la négation de Dieu, pose l’existence de l’homme. » 2 Jean-Paul Sartre (1905-1980) a posé en absolu sa désespérance : « Il n’y a pas d’autre univers que l’univers de la subjectivité humaine », avec comme conséquence : « Le monde est absurde, la vie est absurde. » 3
Le Christ au centre – L’apôtre Paul ouvre un espace de réflexion à partir d’un autre centre : « Vous étiez en ce temps-là sans Christ, […] sans espérance et sans Dieu dans le monde. » (Ep 2, 12) La Parole de Vie indique que sans Christ, il n’y a pas d’espérance dans ce monde. Chacun cherche la vie réelle. « En Jésus se trouvent la vie, le mouvement et l’être. » (Ac 17, 27-28) Jésus lui-même a déclaré : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jn 8, 12)
Combien de personnes prennent davantage au sérieux les pensées sans fondement des philosophies ou de la sagesse humaine, sans aucune considération pour le contenu du Livre de la Vie, la Bible ? Au final, il appartient à chacun de choisir de s’appuyer sur le fondement instable de ses pensées du moment, de ses intuitions volatiles, de sa sensibilité, de son émotivité ou de choisir de reconnaître le poids des paroles de l’Ecriture et d’accueillir Jésus comme le centre de sa vie.
Références bibliographiques 1 Albert Soboul, La Civilisation et la Révolution française, Paris, Arthaud, 1978, p. 19. 2 Karl Marx, Manuscrits, 1844. 3 Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, Paris, Nagel, 1970.
Pâques, c’est le passage de la mort à la vie. Le moment où Dieu transforme un objet de supplice en bijou.
Pâques, c’est le passage des hébreux à travers la mer rouge. Le passage du vieil homme à la vie nouvelle d’enfant de Dieu à travers l’eau du baptême.
Pâques, c’est le passage du paisible dernier repas aux cris de la Passion, des cris au silence du tombeau, du silence à la joie de la Résurrection.
Dans ce numéro, il sera question de ce silence, qui peut préparer en nous des passages.
Chaque matin, le passage de la nuit au jour nous émerveille.
Chaque jour, le passage de la solitude à la prière commune nous nourrit.
Chaque jour, le passage de l’écoute de la Parole à sa mise en pratique nous met au défi.
Dieu passe dans chacune de nos vies. Saurons-nous ouvrir les yeux et les oreilles pour recevoir ce qu’Il veut nous dire dans le silence ?
Les enfants du pardon ont accueilli la miséricorde.
Les familles des baptisés ont accueilli la foi.
Les confirmands ont accueilli l’Esprit Saint.
Chacun de nous, accueillons l’invitation à adorer le Seigneur dans le silence et prenons la résolution de Lui laisser le temps pour qu’il passe vraiment dans chaque pièce de notre cœur.
Après deux siècles de présence en Vieille-Ville, l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR) s’apprête à déménager son siège à la paroisse du Sacré-Cœur. Elle a organisé une après-midi portes ouvertes avant de quitter définitivement son site historique début mai.
Mgr Farine fut locataire de la Maison diocésaine pendant plusieurs années.
Texte et photos par Myriam Bettens
« Non, je ne vais pas faire la visite, je connais ! », lance Mgr Pierre Farine dès son entrée dans le bâtiment. C’est que l’ancien évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg (LGF) s’y entend sur la question. Il a habité les lieux lorsqu’il était en poste. Or, pour les nombreux curieux qui patientent dans le petit hall déjà bondé, c’est peut-être bien la première fois qu’ils pénètrent à l’intérieur de la Maison diocésaine de l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR), autrement dit le vicariat. Et en ce Mardi gras, l’occasion a été offerte au public d’en faire une visite guidée avant son déménagement en mai prochain dans la nouvelle Maison d’Eglise située à la paroisse du Sacré-Cœur, en contrebas de la Place de Neuve.
Les visiteurs se sont passé le mot, si bien que le premier tour guidé est déjà complet bien avant l’ouverture des portes. Pour les autres, ne reste plus qu’à patienter jusqu’au suivant en baguenaudant au gré des pièces de la bâtisse, ouvertes cet après-midi-là. Les plus hardis s’attaquent directement à la volée de marches les conduisant aux étages supérieurs tout en lisant les panneaux explicatifs disposés le long du parcours. Les autres se laissent d’abord tenter par les douceurs caractéristiques du mardi précédent le Carême, proposées aux visiteurs en guise de goûter, avant d’entamer leur visite.
Avant de s’atteler au remplissage des cartons en vue du proche déménagement, tous les membres du personnel de la Maison diocésaine, siège de la direction pastorale et administrative de l’ECR, ont été réquisitionnés afin d’accueillir les nombreux visiteurs. Une manière de donner à ces derniers la possibilité de rencontrer les personnes qui œuvrent dans les coulisses de leur Eglise. Les mains se serrent et les questions vont bon train. « Pour quand est prévu le déménagement ? », demande une visiteuse. « Qu’allez-vous faire de ce bâtiment une fois que vous aurez déménagé ? », s’interroge une autre. « Il sera proposé au marché de la location. Vous pouvez postuler », glisse innocemment Fabienne Gigon, la représentante de l’évêque à Genève, avec un sourire.
Pas sûr que la dame dépose son dossier, même si la maison de la Rue des Granges a partagé le pavé avec d’illustres voisins, tels que Yoko Ono, le pilote de Formule 1, Jean Alesi, ou encore l’Infante d’Espagne… Après deux siècles de présence sur la colline de la Vieille-Ville, site historique du pouvoir à Genève, l’institution descend en plaine, symbole de proximité avec l’ensemble des Genevois.
L’Eglise catholique romaine à Genève en quelques dates
1740-1744 : Date estimée de la construction du bâtiment de la Rue des Granges.
1798 : Accession des catholiques aux droits d’établissement durable et de pratique religieuse à Genève.
1819 : Constitution du diocèse de Lausanne et Genève : les catholiques passent de la juridiction de l’évêque de Chambéry à celle de l’évêque de Lausanne résidant à Fribourg.
1851 : Acquisition de la propriété du bâtiment de la Rue des Granges. L’immeuble devient la cure de l’église Saint-Germain, seul lieu de culte catholique romain à Genève.
1971 : Le Vicariat général est supprimé et remplacé par le Vicariat épiscopal
2022 : L’immeuble de la rue des Granges prend désormais le nom de « Maison diocésaine de Genève ».
2024 : Messe de dédicace de l’église du Sacré-Cœur par Mgr Charles Morerod. Le 31 mai 2024, à 18h30.
Les portes ouvertes de la Maison diocésaine ont fait le plein !
L’ouverture du 7 e sceau précède les sept sonneries de trompettes.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : Pixabay
Dans la tradition prophétique et apocalyptique, le silence annonce la venue du jour du Seigneur. C’est dans la plénitude du Dieu trinitaire que s’engendrent la Parole et la manifestation ultime pour l’ensemble de la création et du cosmos.
Aussi, le texte de la Révélation est-il comme suspendu lorsque l’Agneau glorifié, aussi dénommé le Lion de la tribu de Juda et le Rejeton de David, ouvre le 7e sceau du rouleau écrit au recto et verso que lui a remis l’Ange au nom de l’Ancien des jours (Apocalypse 5, 1-14). Nos traductions bibliques le signalent par trois points de suspension, telle une ouverture sur l’infini.
« Il se fait alors dans le ciel un silence d’environ une demi-heure… », c’est-à-dire selon le langage symbolique du dernier livre des Ecritures, d’une durée indéfinie.
C’est à ce moment que va se dérouler, selon une nouvelle liturgie céleste marquée par sept sonneries de trompettes (cf. Apocalypse 8-9 ; 11, 15-18), la réalisation des décrets divins et salvifiques, tels que consignés dans le rouleau désormais descellé par le Christ crucifié et ressuscité. La volonté du Seigneur s’accomplit définitivement.
Prélude à la conversion
Puisse le silence de l’oraison et de l’intériorité préluder à notre conversion en Eglise. Car c’est de la prière silencieuse du face-à-face avec Dieu que peut jaillir la dynamique de retournement ecclésial à laquelle nous sommes tous et toutes convié(e)s.
Puissent les espaces de recueillement ponctuer nos liturgies, si souvent verbeuses et trop bavardes. C’est dans ces inter-stices que l’Esprit peut se glisser et faire germer en nos cœurs l’obéissance à la volonté du Très-Haut. Puisse le calme de la nature, de nos paysages extérieurs et intérieurs, apaiser notre agitation incessante et nous conduire à l’essentiel de la réalité, grâce au souffle du Saint-Esprit.
Nous sommes suspendus au dessein divin dont la concrétisation et l’exécution vont apporter la paix, le shalom définitif.
Les 23 jeunes confirmands de Martigny-Croix en route vers leur confirmation lors de la célébration présidée par Mgr Jean-Marie Lovey, dimanche 4 février 2024.
La petite communauté de Martigny-Croix, vivant sous le patronage de saint Joseph au cœur divinement paternel et fraternel, a eu la joie d’instituer « soldats du Christ » vingt-trois jeunes chrétiens, lors de la messe à l’occasion de la célébration de la confirmation le 4 février dernier.
Après deux années de préparation vécues ensemble depuis leur première communion et la venue de quelques nouveaux visages de frères ou sœurs prenant le train en marche, les « me voici » prononcés par les confirmands ont résonné, chacun de sa voix et de son cœur, dans l’église, à l’appel de Mgr Jean-Marie Lovey.
Les parrains et marraines ont accompagné magnifiquement celui ou celle qui les ont choisis comme soutien et exemple. Ainsi l’assemblée, heureuse et priante, a vu revenir dans les bancs des visages souriants, des fronts bénis et des vies édifiées par ce chemin parcouru ensemble. Une nouvelle page va s’écrire pour eux, ennoblie dorénavant de Celui qui a appelé le Christ au désert et la Vierge Marie à devenir Mère de l’humanité. Bon Vent à eux !
Construction originelle de l’église de Monthey en 1851
Dans le cadre du projet de restauration de l’église paroissiale de Monthey, projet initié par le curé Jérôme Hauswirth, il est bon de se replonger dans l’histoire de ce vénérable et saint édifice religieux, avec une histoire de famille, la famille des frères « Multone », histoire rapportée par les membres de la famille, avec Laurent et Stéphane.
Propos recueillis par le curé Jérôme Hauswirth | Photo : DR
II était une fois les deux frères Thomas et Etienne Multone. Ils habitaient un petit village nommé Sostegno, situé dans la province de Biella au Sud des Alpes dans le Piémont. A cette époque, ils avaient déjà fréquenté l’école de la construction de Turin et possédaient donc des connaissances et un savoir-faire important. Au même moment, l’architecte Vouilloz était mandaté pour construire une église de style basilical de type italien à Monthey. Or, le Monthey de l’époque ne disposait pas de ces compétences activement recherchées. C’est sous la direction de l’architecte que les deux frères rejoignirent ainsi leurs cousins Gualino de Martigny, alors engagés sur ce chantier.
Avec de nombreux autres artisans venant du val Vigezzo, mais aussi de la Valsesia leur région d’origine, les deux frères participèrent notamment aux travaux de plâtrerie, de stuc, de stuc-pierre et encore de peinture, produisant des effets remarquables de marbre encore bien visibles aujourd’hui dans l’église.
Bien des années plus tard, le petit-fils de Thomas, M. Roger Multone, a rapporté des anecdotes sur son grand-père et sur son grand-oncle : « Les moulures en feuilles d’acanthe des colonnes corinthiennes ont été construites à l’aide de moules en bois sculptés, conçus de manière analogue aux brantes pour être transportés par les ouvriers sur les échafaudages. Remplis de plâtre puis démoulés, ces épais panneaux de bois marqués en motifs inversés ont permis de créer ces ornements architecturaux constituant les chapiteaux merveilleusement décorés. »
Puis en l’année 1870, ces deux frères ont fondé une entreprise de construction à Monthey. Elle a été notamment active dans la gypserie et la peinture jusqu’en 1939. A travers ses activités, elle a ainsi pu former des apprentis, qui, à leur tour, se sont mis à leur compte : soit les entreprises Guidetti et Colombara toujours présentes aujourd’hui ! Aujourd’hui, leurs activités continuent après plus de 150 ans !
N’oublions pas ces hommes et leur courage qui, par leur travail, ont honoré Dieu. Ils nous ont aussi transmis d’autres édifices magnifiques encore appréciables aujourd’hui dans tout le Valais.
Des lieux de beauté qui nous aident à élever notre regard vers l’espérance.
Si vos ancêtres ont aussi participé à la construction de l’église de Monthey, merci d’en faire part à la rédaction. Nous compléterons avec joie la série 😊.
Animatrice pastorale de la jeunesse, j’ai eu à cœur de poser cette question aux jeunes confirmés 2023… et cela reste toujours une question remplie de mystères. Je les ai laissés me répondre de façon anonyme, ainsi il y a une certaine liberté dans la réponse et certains m’ont demandé : « Si je ne comprends pas ou ne crois pas à la résurrection, est-ce grave si j’ai confirmé ? »
Et de leur répondre « bien sûr que non… la résurrection, comme l’eucharistie, reste un grand mystère mais nourri d’espérance. Dans leur réponse on peut voir qu’il y encore confusion entre réincarnation et résurrection, est-ce aussi clair pour nous adultes ? Pas forcément.
Et ce qu’il y a de merveilleux dans notre vie sur terre, c’est que nous avons toute une vie pour comprendre, toute une vie pour vivre, expérimenter, toute une vie à rencontrer le Christ.
Quelques mots de jeunes confirmés :
« Pour moi, la résurrection c’est quand après être décédés, nous sommes ramenés sur terre pour un court instant, ça peut être pour dire au revoir ou accomplir des dernières épreuves. C’est ce qu’a fait Jésus ou plutôt ce pourquoi Dieu l’a ressuscité. »
« Jésus a vaincu la mort, la vie est plus forte que tout, j’ai compris dans ma vie que je vivrai plusieurs petites morts mais avec Jésus dans ma vie, je me relèverai chaque fois avec plus de force. »
« La résurrection représente Jésus qui revient sur terre. »
« La résurrection c’est le fait de se redonner une chance, de repartir de zéro en se souvenant de nos erreurs, afin de les éviter lors de notre seconde vie. »
« C’est le passage de la mort à la vie. »
« Renaissance. »
« C’est Jésus qui nous met, remet debout, chaque fois que l’on perd courage. »
« Pour moi, la résurrection montre le pouvoir de Dieu mais aussi la preuve qu’il ne faut jamais laisser tomber. »
« Parfois la vie est compliquée, mais Dieu a une raison pour tout et au final, il t’élévera toujours de ta peine. »
« La résurrection m’évoque l’espoir, c’est croire aux secondes chances, espérer et vivre. On peut réellement renaître à nouveau. »
« La résurrection c’est la renaissance de Dieu, il est à l’origine et à la fin de la vie qui ne s’arrête jamais. »
« La résurrection montre le pouvoir de Dieu, mais est aussi la preuve qu’il ne faut jamais laisser tomber. »
« Pour moi, c’est la nuit de Pâques le centre de ma foi. Jésus a vaincu la mort pour nous. Nous ne serons plus jamais seuls, c’est la lumière du cierge Pascal qui est présente et nous met de la lumière dans nos vies. »
A chacune de nos rencontres, il y a la lumière… une bougie bien visible, qui nous aide à apprivoiser l’invisible. Ne l’oublions pas, nous sommes tous en chemin, à la rencontre du Seigneur.
… dans au moins trois domaines, liste le pape François : la vie du croyant, la vie de l’Eglise et sur le chemin de l’unité des chrétiens.
Ainsi s’exprime-t-il parmi les leaders de toutes les Eglises-Sœurs réunis pour la veillée de prière œcuménique, le 30 septembre 2023, un jour avant l’ouverture de la première phase du Synode 2023-2024.
Pour le croyant
Les débuts et la fin de notre existence terrestres sont silencieux. « Le Verbe de Dieu s’est fait silence dans la mangeoire et sur la croix. » Devant la croix de San Damiano, François d’Assise jadis comme les responsables d’Eglises en septembre 2023, le croyant se tient en silence, un silence qui n’est pas du tout vide. « Dieu parle plutôt dans un zéphyr, un fin silence sonore », paraphrase-t-il l’expérience d’Elie dans le Livre des Rois.
Pour l’Eglise
Le silence « permet le dialogue et l’écoute » de l’autre et de l’Esprit Saint à l’œuvre dans nos vies. Il améliore le « discernement » au travers des bruits et du vacarme de notre temps, pour écouter la volonté de Dieu. Les différends se résolvent mieux si on commence par écouter ce qui est différent, « dans un silence actif ».
Pour l’unité des chrétiens
Le silence qui devient prière permet d’accueillir le don de l’unité « comme le Christ la veut », « avec les moyens qu’il veut », disait Paul Couturier, à l’origine de la Semaine de prière pour l’unité et que rappelle François. Se mettre ensemble en prière et dans le silence, c’est comme semer des graines d’espérances que Dieu fera germer, dit-il en substance aux consœurs et confrères chrétiens. Et de conclure : « Faisons silence pour que le monde croie ! »
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Au cœur de nos vides intérieurs, de nos déserts stériles Le vide apparent du tombeau, Devient lieu de rencontre avec le Ressuscité, Il nous rejoint, Lui le Vivant.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Sur nos chemins d’Emmaüs, malgré nos désillusions, Jésus Ressuscité se fait compagnon de voyage. Pour rallumer dans nos cœurs, la chaleur de la foi et de l’espérance. Le Christ Vivant fait tout comprendre : la Vie, la mort, mais surtout l’Amour.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Laissons la parole du Christ « La Paix soit avec vous » Déverrouiller la porte de la chambre haute de nos peurs, Accueillons son souffle qui nous donne une vie nouvelle. Devenons des croyants audacieux, des témoins joyeux dans nos lieux de vie.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Comme à Pierre, le Ressuscité nous demande « M’aimes-tu ? » Dans nos échecs et nos reniements il chemine à nos côtés Lui, le Christ Vivant, qui a triomphé de la mort et du péché Il nous invite à nous laisser guérir et transformer par la force de l’amour miséricordieux.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, La joyeuse mission donnée par le Christ à l’Ascension, Osons proclamer et annoncer la Bonne Nouvelle ! Dans la joie de l’Ascension, Jésus monté aux cieux, nous plante solidement dans la terre, Dans la joie de l’Ascension, le Fils remonte vers le Père, Il nous ouvre la porte vers notre patrie, le cœur de Dieu
Bulbocode, première fleur de printemps qui éclot entre janvier et février alors que tout est sec et endormi dans l’hiver.Fleur de magnolia ou le rose dans la ville.
Texte et photos par François-Xavier Mayoraz, membre du comité des Colis du Cœur
En cette année 2024, l’association des Colis du Cœur va fêter ses 30 ans d’existence. Comme la plupart le savent déjà, cet organisme a pour but de fournir une aide alimentaire ponctuelle aux personnes de la région qui sont dans le besoin. Il faut voir cela comme un coup de pouce momentané, dans une période de vie compliquée vécue par les personnes.
C’est le 8 avril 1994 que les Colis du Cœur virent le jour, sous l’impulsion de quelques femmes et notamment de Mme Ginette Fessard, qui va incarner généreusement cette association pendant un quart de siècle. Si aujourd’hui Mme Fessard s’est retirée, la pauvreté, elle, continue d’exister, notamment en raison de l’inflation, qui met à mal de plus en plus de personnes.
Mais où trouver toute cette nourriture que nous redistribuons ensuite ? Pour ce faire, trois fois par année, nous nous postons devant les différents magasins alimentaires de la région et nous sollicitons la générosité des personnes qui viennent faire leur course, en leur proposant d’acheter quelques denrées en plus et de nous les déposer à la sortie.
Par ailleurs, de temps en temps, nous rencontrons des personnes qui ont particulièrement à cœur de donner quelque chose, car eux-mêmes par le passé ont dû faire appel à cette association.
Toutefois, si les Colis du Cœur perdurent encore aujourd’hui, c’est sans conteste grâce à l’aide infiniment précieuse des nombreux bénévoles. Que ce soit de la prise de contact au téléphone avec les demandeurs, en passant par la confection des colis et leur distribution, ainsi que de la présence dans les magasins lors des trois récoltes annuelles, tous ces bénévoles font un travail incroyable et ne ménagent aucunement leurs efforts. Un immense merci à eux !
Et joyeux anniversaire aux Colis du Cœur !
Le samedi matin 8 juin aura lieu l’anniversaire officiel des Colis du Cœur.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud, est l’auteur de cette carte blanche.
Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud Photos : cath.ch, DR
Le 1er février dernier, nous avons fait mémoire du dramatique appel de l’abbé Pierre adressé sur les ondes en 1954 à la suite du décès d’une femme sans logement en France. Cette réalité demeure actuelle aussi en Suisse romande.
Cet évènement m’a amené à reprendre un livre de l’abbé Pierre « La Fraternité »1. Il est paru en 1979 à l’occasion des 50 ans de la fondation d’Emmaüs. Quelle vision prophétique émerge des propos de l’abbé ! Elle est simple et profonde. Il dénonce des situations de misère et d’injustice. Il annonce un horizon nouveau en comptant sur l’engagement de tous. L’abbé Pierre nous invite à un choix radical. « Ces deux voies sont très claires : moi sans les autres ou moi avec les autres. Etre heureux sans les autres ou être heureux avec les autres. Etre suffisant ou être communiant. »
Un double écho a résonné en moi… du côté de la vie de Jésus et de l’appel du pape François à travers son encyclique « Tous frères ». Avons-nous pris conscience que Jésus nous invite à devenir des sœurs et des frères ? Simplement considérer toute personne comme une sœur ou un frère amène une transformation radicale en soi et dans la relation. C’est un long apprentissage vers la Vie. Les histoires des douze fils de Jacob et des douze apôtres nous indiquent les écueils à surmonter, le temps nécessaire, les changements à vivre sous la conduite de l’Esprit Saint.
Au centre de son texte, le pape François nous offre une relecture d’une parabole connue, mais « adoucie »… Il l’intitule « un étranger sur le chemin » et non le « bon samaritain » ! Si nous souffrons, qu’attendons-nous de celui qui s’approche ? Choisissons-nous d’ouvrir les yeux et notre cœur pour permettre à celui qui souffre de trouver sa place dans la fraternité universelle ? Cette fraternité n’est-elle pas la grande voie pour œuvrer à la paix, témoigner de l’espérance, œuvrer au devenir d’une Eglise synodale et vivre sa vocation baptismale ?
Par l’abbé Bernard Alassani Photo : André Bise | Dessin : Bernadette Lopez
Plusieurs fêtes se déroulent durant la période pascale. Nous avons entre autres la Pentecôte qui termine le temps pascal. D’origine grec, la Pentecôte signifie « cinquante ». Elle se fête cinquante jours après Pâques.
C’est une fête religieuse qui permet de commémorer la descente de l’Esprit Saint parmi les apôtres, la réalisation de la promesse de Jésus faite à ses disciples « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12) ou « quand viendra, le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26-27).
La Pentecôte représente le couronnement du temps pascal, qui dure sept semaines et commence le Vendredi saint.
L’événement de la Pentecôte ne peut être compris qu’en lien avec Pâques et l’Ascension. Jésus est mort pour le salut du monde (le Vendredi saint), ressuscité le jour de Pâques, et monté au ciel vers le Père (à l’Ascension).
La Pentecôte a son origine dans le peuple juif. Bien avant Jésus-Christ, de nombreux croyants venaient en pèlerinage vers le temple de Jérusalem. Ils venaient remercier Dieu pour tous ses dons : la terre, la loi de l’alliance et les promesses des prophètes.
Lors de la fête de la Pentecôte, les apôtres découvrent que Dieu donne aussi Jésus comme sauveur et l’Esprit Saint comme source de vie nouvelle. Comme promesse fait par le Christ ressuscité : l’Esprit Saint. L’union des cœurs dans la charité et l’unité des esprits dans la vérité. Trois signes manifestent sa présence : les langues de feu, le vent, la colombe.
Souvenez-vous, en automne 2015, avec l’arrivée de requérants d’asile venant de Syrie, notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, lance un appel à la solidarité des Eglises et des mouvements citoyens. Un groupe de bénévoles, issus des paroisses catholiques et protestante de Monthey, se met à l’œuvre et prend le nom de GOAR. Jacqueline Rigamonti coordonne les diverses facettes de l’engagement : cours de français, contacts avec l’office de l’asile, suivi des bénévoles, accompagnements des familles.
Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR
Cette situation de 2015 donne une visibilité, légitime et démocratise en quelque sorte ces actes d’accueil qui sont déjà réalisés de manière spontanée et informelle. En effet, à Monthey, le groupe Réfugié-Rencontre existe depuis 1996, fondé sous l’intuition du Curé Othon Mabillard. Cela fait donc plus de 30 ans que « Madame Jacqueline » – comme l’appellent ses amis étrangers – œuvre pour l’accueil aux réfugiés.
Vocation à l’autre
Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Jacqueline Rigamonti est sensible aux gens d’ailleurs. « Je n’ai jamais eu peur de l’autre, j’avais une idée positive au départ, explique-t-elle, cela n’empêche pas d’être lucide. » Diverses expériences nourrissent son enclin naturel à l’autre : un Père spiritain qui venait montrer des diapos, son métier qui l’a conduite à enseigner à la Vila Beata, école pour jeunes filles étrangères, à exercer du bénévolat au magasin du monde ou à la mise en route de la bibliothèque interculturelle de Monthey.
Elle a reçu une éducation religieuse plutôt formatée – il n’existait rien d’autre à l’époque – mais a rencontré des chrétiens qui ont ancré le message biblique dans des valeurs telles que la justice, le sens des autres ou la générosité. Ainsi, l’accueil fait partie de son ADN chrétien. Impensable pour elle, de se dire chrétienne sans répondre à cette Parole : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)
Au cœur de la mission : la rencontre
Jacqueline insuffle cet esprit dans le groupe, en répondant aux besoins humains et relationnels des personnes immigrées. « Le plus important c’est le contact régulier, la présence gratuite et l’amitié offerte », insiste Jacqueline, comme un écho à la parole : « Traitez l’étranger comme s’il était l’un des vôtres. Tu l’aimeras comme toi-même : car vous avez été vous-mêmes étrangers en Egypte. » Lv 19, 34 Petit à petit, le GOAR organise une aide aux devoirs, des lundis récréatifs durant l’été, des espaces de rencontres et par-dessus tout, le soutien aux familles. Mais rien n’est plus précieux que ce contact personnel et amical !
Merci !
Durant ces (presque) 30 ans d’engagement, Jacqueline bénéficie du soutien et de l’aide de son époux, Flaviano. « Il connait toutes les personnes que j’ai accompagnées », dit-elle en regardant les souvenirs défiler sur son téléphone. Aujourd’hui, elle passe le flambeau, avec le souhait que le GOAR grandisse avec d’autres. On ne remplace pas « Madame Jacqueline », mais plusieurs lui succèdent avec une répartition des responsabilités. Nous les remercions de poursuivre leur précieux engagement.
Les paroisses de Monthey-Choëx trouvent ici une occasion de remercier sincèrement Jacqueline Rigamonti. Merci Jacqueline pour ta fidélité dans l’engagement et ton audace. Merci d’avoir déployé au sein du groupe Réfugiés-Rencontres et du GOAR tes idées, ton temps sans compter et tes valeurs humaines et spirituelles. Merci d’être une témoin du Christ qui va à la rencontre de chacun.
Pourquoi la prière d’ouverture s’appelle « collecte » ? * La prière d’ouverture qui change à chaque messe prend place après le Kyrie ou le Gloria. Normalement, un temps de silence la précède pour permettre à chacun de prier personnellement dans son cœur, avant que le prêtre ne rassemble ces prières et prie au nom de tous. Voilà pourquoi, elle porte le nom de « collecte », parce qu’elle collecte et réunit les diverses demandes des fidèles en une seule prière que le prêtre présente à Dieu au nom de la communauté.
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
Deux religieux avaient obtenu la permission de leur Abbé de participer à une noce familiale. Ils revinrent au couvent en ayant légèrement abusé de la dive bouteille. Comme il était déjà tard et que nos deux compères, visiblement éméchés, voulaient éviter à tout prix de croiser leur Abbé dans les couloirs, l’un des deux dit à l’autre : – Va devant, fais quelques pas et je verrai si tu marches droit ! Après cela, le marcheur revient vers son confrère et lui demande le résultat du test. Celui-ci répondit : – Oui, tu marches droit, mais qui était donc celui qui marchait avec toi ?
De lui, on peut d’emblée dire qu’il a la foi chevillée au corps ! Elle le fait vibrer. Colin Mosengo, jeune père de famille de Vuissens, vient d’accepter un double engagement paroissial. Rencontre à Lausanne où il se rend quotidiennement pour son travail.
Texte et photo par Claude Jenny
Récemment, Colin Mosengo a suivi la formation pour devenir auxiliaire de l’eucharistie, qu’il ira porter le dimanche à l’hôpital d’Estavayer. « Je me réjouis de vivre cette mission au service des autres » dit-il. Il a aussi été désigné pour remplacer Jacques Monnard comme représentant de notre paroisse au sein du Conseil pastoral cantonal, un organe qui va reprendre son rôle de liant au niveau de toute la communauté catholique fribourgeoise.
Ce Staviacois a toujours trempé dans le bain catholique, notamment par sa maman qui a été membre du Conseil de communauté du chef-lieu. Formé au travail social, bachelor en poche, il a œuvré d’abord dans l’accompagnement de personnes marginales. Puis il a bifurqué professionnellement. Si son activité est aujourd’hui de traquer ceux qui font du mal aux autres, il inscrit ce parcours professionnel dans une démarche qui n’est pas incompatible avec son engagement de chrétien. « Il faut faire face à une certaine perversion du mal dans la société et la personne qui est dans la faute doit d’abord le reconnaître, pour pouvoir éventuellement être pardonnée par la suite. Je peux agir de diverses manières envers les autres, mais aussi dans un but de faire de la prévention, d’œuvrer dans la bienveillance et la recherche du « bien vivre ensemble ».
Son métier, il le pratique une médaille de la Vierge autour de son cou et avec une icône qui illumine son bureau. Lorsqu’il n’est pas au cœur d’un monde dur professionnellement, il aime aller se ressourcer. Entrer dans une église, vivre un temps d’adoration. « J’aime les sacrements, et particulièrement celui du pardon car si Dieu nous pardonne nos fautes, c’est pour que nous sachions aussi le faire. »
Ne pas quitter le bateau !
Dans cette Eglise bien secouée, Colin Mosengo se dit content que l’abcès soit en train d’être crevé car, dit-il, « on peut pardonner mais on ne peut pas cacher ce que l’on a fait de mal. Il faut donc que la vérité éclate au grand jour. Il faut passer par ce « nettoyage interne » ». Mais, s’empresse-t-il de préciser, il ne faut pas quitter le bateau ! « Bien au contraire ! Il faut rester à bord parce qu’un renouveau est possible. L’Eglise doit garder ses traditions et notamment toutes ses richesses liées aux sacrements. Mais elle peut aussi évoluer sans rien enlever à la puissance d’amour du Christ. L’Eglise appartient au peuple de Dieu. Pas à la hiérarchie. Il faut donc oser demander. J’aimerais que notre Eglise retrouve davantage de joie et que ses cérémonies soient davantage des manifestations de joie partagée. »
Colin Mosengo est un témoin engagé. On le sent habité d’une ferme volonté de vouloir faire avancer le bateau. Un rôle de pilote qu’il accomplissait aussi lorsqu’il était aux commandes de la vedette de la Société de sauvetage d’Estavayer !
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