Les repas communautaires

Le 19 janvier dernier, l’Association des repas communautaires de Collombey-Muraz s’est réunie à La Charmaie pour son Assemblée générale. Par la même occasion, avec des allocutions de M. Pascal Berrut (président de l’Association), de M. Olivier Turin (président de la Commune) et avec un repas offert aux bénévoles en remerciement de leur engagement, l’Association entendait commémorer ses 10 ans d’existence (et ses 8 ans d’activité, puisqu’elle a connu une interruption liée au Covid-19 en 2020 et 2021).

L’ancien et regretté cuisinier, Pierre-Yves Plaschy (décédé en 2020).

Par Jean-Michel Moix | Photos : Bernard Hallet

Ces repas ont été lancés sur l’initiative de Pierre-Yves Plaschy, chef-cuisinier, sur le modèle des repas communautaires qui se faisaient déjà sur Monthey (au centre paroissial protestant « En Biolle »). Sous l’impulsion des présidents des conseils de gestion des paroisses de Collombey et de Muraz (avec Pascal Berrut et Pierre-André Lattion) et du Conseil de communauté, une Association fut fondée le 7 décembre 2013 par la Commune, les paroisses ainsi que par des personnes à titre individuel, afin de structurer et de pérenniser le projet.  

Les premiers repas furent servis à Collombey (à la salle communale) le 6 février 2014 et à Muraz (à la Maison du Village) le 27 février 2014. Au cours de ces 10 années écoulées, 141 dîners ont été organisés (avec un cuisinier et une équipe de bénévoles pour la cuisine, le service et l’aménagement de la salle) et 9’396 repas ont été servis.

Avec son Comité, présidé par Pascal Berrut, l’Association entend vivement remercier les autorités communales et paroissiales pour leurs soutiens (notamment pour la mise à disposition de la salle multi-activités de La Charmaie et de la salle de la Maison de commune), le chef-cuisinier actuel, Raphaël Fracheboud, toute l’équipe des bénévoles, les fournisseurs des denrées alimentaires (les légumes offerts gracieusement par la famille Lattion à Pré Géroux, les invendus fournis par Manor à Monthey et le vin sponsorisé par la cave Beltrami à Vionnaz). Un merci également à la direction de La Charmaie et à son personnel pour la bonne collaboration.

Le président de l’Association a relevé par ailleurs que les finances sont saines. Avec un bénéfice brut excédentaire de plus de Fr. 2’000.– en 2023, celles-ci ont permis à l’Association de verser aux Tables du Rhône et aux Colis du Cœur un don de Fr. 1’000.–chacun, par solidarité, à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Ces repas, faut-il le rappeler, sont ouverts à toutes et à tous. Qu’il est beau ainsi de retrouver à des tables trois générations réunies (grands-parents, parents, enfants), qu’il est bon aussi d’associer à ces repas, la génération « active » avec la génération « retraitée » ou résidente à l’EMS de la Charmaie. Puissent ces repas contribuer à « nourrir » ainsi ces liens intergénérationnels, à vivifier ces contacts simplement humains, conviviaux et cordiaux, tant il est vrai que l’homme n’est pas fait pour vivre seul, mais pour vivre en « société », en relation avec ses semblables comme aussi avec Dieu !

Les focolari à l’heure du départ de Montet

Tous les Focolarinis réunis l’année dernière pour la photo de famille.

Le 11 septembre 2023, la cité-pilote et Centre de Rencontre et de Formation des Focolari a annoncé sa fermeture pour juin 2024 après 43 ans de présence dans ce village de Montet / Broye sur les 80 années que compte le mouvement.

Par Marianne Berset | Photo : LDD

Le Mouvement des Focolari est présent dans plus de 183 pays du monde. La fermeture de la cité-pilote de Montet a été prise après un long processus de discernement entre les habitants et les dirigeants de la cité de Montet ainsi que de ceux du Centre international à Rome et les responsables et membres de Suisse, d’Autriche, d’Allemagne. La restructuration et la réorientation ont été envisagées afin que la mission des Focolarines et Focolarinis soit en lien avec les besoins actuels. 

De nombreux jeunes du monde entier ont fait une escale d’une année à Montet pour leur deuxième année de formation car il n’y avait pas assez de place à Loppiano (Italie). De plus, depuis 1991, une école de vie s’y est ajoutée pour les jeunes du monde entier. Aujourd’hui, les vocations étant en baisse, la formation a été repensée sur trois ans à distance dans leur pays d’origine et une année en Italie, afin qu’ils puissent vivre une expérience communautaire internationale et interculturelle. 

Cette décision a été motivée par le fait que le contexte change, les membres du mouvement aspirent à une vie plus sobre. De plus, ce bien permet de libérer des ressources pour des besoins plus imminents.

Redécouvrons la prière du chemin de croix

Ce mois de mars est englobé dans le temps du Carême qui culmine avec la Semaine sainte, et enfin avec la fête de Pâques, le 31 mars. Ce grand mystère de la mort et de la Résurrection est au cœur de notre foi. Depuis de nombreux siècles, la piété chrétienne s’est plue à méditer en particulier la Passion de Jésus, avec notamment la dévotion du chemin de croix.

Par Jean-Michel Moix
Photos et dessins : Jean-Michel Moix, J.-F. Kieffer

Les origines et le développement de la dévotion du chemin de croix 

Cette dévotion remonte aux temps des apôtres. Une pieuse tradition raconte que la Vierge Marie en personne aimait, en la ville sainte de Jérusalem, se rendre sur les lieux où son divin Fils, Jésus, avait subi sa cruelle passion, refaisant à pied la « Via Crucis », du palais de Pilate où Jésus fut condamné à mort, jusqu’au sommet de la colline du Calvaire (ou Golgotha) où Jésus fut crucifié et où il mourut. 

Au fil des siècles les pèlerins chrétiens en Terre sainte visitaient ces différents lieux où Jésus fut cruellement martyrisé, supplicié, où il arrosa la terre de son sang ! Voici à ce propos, un extrait de récit d’un pèlerin russe visitant Jérusalem vers 1730 : « On nous mena… sur le mont Golgotha et nous vénérâmes le lieu où la Croix, portant Notre Seigneur Jésus-Christ crucifié fut plantée. Au même endroit nous vîmes un amas de pierres fendues datant de la Passion du Christ, et dont l’Evangile fait mention : la terre trembla et les pierres se fendirent (Mt 25, 51). Nous baisâmes le lieu où l’on étendit le Christ notre Sauveur sur la Croix, le clouant avec des clous de fer. Puis on nous mena en bas et on nous montra une grotte sous la montagne, où Adam fut enterré et où le sang du Christ sanctifia ses ossements. » (p. 216, Vassili Grigorovitch-Barski, Pérégrinations (1723-1747), Ed. des Syrtes)

L’on se rappelle en outre du côté de l’Eglise latine, que la garde des lieux saints en Palestine fut confiée aux fils spirituels de saint François d’Assise. Et ceux-ci, avec d’autres ordres religieux popularisèrent cette dévotion en Europe pour les chrétiens qui ne pouvaient se rendre en Terre sainte. En 1731, le pape fixe le nombre de stations à 14 et l’enrichit d’une indulgence plénière. Saint Léonard de Port-Maurice (1676-1571), franciscain, apôtre de l’Italie, et au charisme extraordinaire de « convertisseur » des foules, ne manquait pas, par exemple, d’instaurer des chemins de croix au cours de ses missions paroissiales.

Le chemin de croix : est-ce une dévotion dépassée ou bien est-elle encore d’actualité ?

Une dévotion qui a été bénéfique pour des générations de chrétiens, pourquoi ne le serait-elle pas encore aujourd’hui ? en méditant les différentes stations du chemin de croix, nous contemplons le Christ, souffrant par amour pour nous, injustement condamné à mort et embrassant la croix, son instrument de supplice, employant ses ultimes forces « à faire le bien », à prodiguer des conseils pleins de sagesse (aux femmes disciples de Jérusalem), à se relever de ses chutes, pour s’immoler enfin sur l’autel de la croix. Nous le voyons en outre rencontrant sa sainte Mère, aidé par un passant (Simon de Cyrène), consolé par une femme disciple (Véronique), dépouillé de ses vêtements, étendu sur le bois de la croix, crucifié, agonisant trois heures durant, puis rendant son dernier souffle à Dieu son Père. 

Ces méditations et ces prières sont propres à susciter ainsi des grâces de conversion pour les pécheurs, des grâces de fidélité et de générosité pour les justes, des grâces d’union au Christ pour les personnes souffrantes ou malades, des grâces de bonne mort pour les personnes en fin de vie. 

C’est en plus une dévotion qui convient à tous les âges : les enfants y découvrent l’amour « fou » qui anime le cœur de Jésus, les pécheurs y puiseront des grâces qui les inciteront à faire appel à la Miséricorde divine, les personnes confrontées au mystère du mal et de la souffrance apprendront à unir leur croix à la croix du Christ et les personnes âgées méditeront avec profit les fins dernières en contemplant la manière dont Jésus s’avance vers la mort !

Mais passons à l’exercice pratique. Voici une méditation d’un chemin de croix, composé spécialement pour les enfants mais qui peut aussi convenir pour les plus grands !

Chemin de croix de Lourdes, Jésus est détaché de la croix et remis à sa sainte Mère.

1. Jésus est condamné à mort
Jésus est innocent. Il est pourtant injustement condamné à mort.
Ô Jésus, je te confie toutes les personnes qui souffrent, en raison de guerres, de maladies, de persécutions contre leur foi,…

2. Jésus est chargé de sa croix
En portant la croix, Jésus « porte » nos injustices, nos péchés pour en demander pardon à Dieu son Père.
Apprends-moi, Ô Jésus, à porter ma croix (de souffrances, d’efforts) comme toi-même tu l’as portée.

3. Jésus tombe pour la première fois
Jésus, épuisé physiquement, tombe sous le poids de la croix, mais par amour pour nous, il se relève.
Apprends-moi, ô Jésus, à me relever de mes péchés ! (à les détester pour t’en demander pardon !)

4. Jésus rencontre sa très sainte Mère
Jésus va vivre sa Passion dans une union spirituelle toute spéciale avec Marie, sa sainte Mère.
Quand je rencontre des difficultés, quand j’ai des soucis, je veux également me tourner vers toi, Ô Marie, ma Maman du Ciel ! 

5. Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix
Les soldats réquisitionnent un passant, Simon, qui revenait des champs, afin d’aider Jésus à porter sa croix.
Ô Jésus, as-tu aussi besoin de moi pour porter ta croix ? Rends-moi attentif à la détresse ou aux besoins de ceux qui m’entourent. 

6. Véronique essuie la sainte face de Jésus
Une femme disciple, émue de compassion, applique un linge sur la face meurtrie de Jésus qui en est soulagé.
Ô Jésus, je te prie pour les personnes malades, âgées, seules,… et que je voudrais consoler.

7. Jésus tombe pour la seconde fois
Les forces viennent à manquer. Jésus tombe une nouvelle fois. Et il se relève.
Ô Jésus, apprends-moi à me corriger de mes défauts (de ma paresse, de ma colère, de ma gourmandise, de ma jalousie, de mon égocentrisme,…).

8. Jésus rencontre les femmes disciples de Jérusalem
Jésus leur dit : « Ne pleurez pas sur moi, mais sur vous, sur vos péchés ! »
Apprends-moi, ô Jésus, à reconnaître mes péchés, à sortir de mon égoïsme, à demander à Dieu, « pardon » ! 

9. Jésus tombe pour la troisième fois
Ses forces l’abandonnent et Jésus tombe encore. Mais dans un effort de volonté, Jésus se relève ! 
Ô Jésus, je ne compte plus les fois où je suis tombé, où je t’ai « tourné le dos ». Mais, ô Jésus, tu ne te lasses pas de me pardonner, à chaque fois que je reviens vers Toi ! Merci ô Jésus ! 

10. Jésus est dépouillé de ses vêtements
Jésus se retrouve presque nu. Il n’a plus rien à lui ! Mais il a encore auprès de lui, des amis, des disciples (Marie, Jean, Marie-Madeleine).
Merci, ô Jésus, de me donner en les saints du ciel, des amis, des frères, des sœurs, des bienfaiteurs, des intercesseurs. Merci aussi de me donner aussi ici-bas de vrais amis sur qui je peux compter.

11. Jésus est cloué à la croix
Trois clous ont transpercé les mains et les pieds de Jésus et l’attachent désormais à la croix.
Ô Jésus, je te prête mes mains pour servir mes frères. Je te prête mes pieds pour témoigner de Toi et de l’Evangile.

12. Jésus meurt sur la croix
Jésus rend son dernier souffle. Alors il se produit un puissant tremblement de terre. Les gens sont effrayés. Que se passe-t-il ? C’est la terre qui « pleure » ! 
Ô Jésus, c’est pour moi que tu as souffert, c’est pour moi que tu t’es immolé sur l’autel de la croix à Dieu ton Père, c’est pour me faire Miséricorde, c’est pour m’ouvrir les portes du Ciel. Merci, ô Jésus, mon Sauveur et mon Dieu ! 

13. Jésus est détaché de la croix et remis à sa Mère
Le corps de Jésus est décloué de la croix et il est déposé sur les genoux de sa Mère, Marie. 
Ô Marie, en recevant le corps de Jésus sur tes genoux, c’est chacun de nous que tu reçois désormais, car pour chacun de nous, tu es notre Maman du Ciel, et nous, nous sommes tes enfants ! 

14. Jésus est mis au tombeau
Le corps de Jésus est déposé dans une grotte qui sert de tombeau. Il va y séjourner jusqu’au matin du 3e jour où il va ressusciter ! 
Avec Marie, je veille dans l’attente de la résurrection ; j’attends qu’un jour, le mal ou le péché soient définitivement vaincus. Et j’espère en la vie du Ciel.

Quel avenir pour le centre de Montet?

Chaque membre du mouvement s’en est allé suivre son propre chemin.

La vie au sein du Centre continue normalement jusqu’à la fin du mois de juin même si le groupe les Focolarinis et les Focolarines ont quitté le centre au 29 décembre. Il reste les jeunes de l’école de vie qui ont pu prendre une place dans l’organisation du Centre et ainsi vivre une nouvelle expérience.

Par Marianne Berset | Photos : LDD

Durant cette période, un chemin sera effectué avec chaque membre de la communauté qui sera écouté avec un grand respect en fonction de son âge, de sa santé, de ses souhaits et de son charisme. Durant l’été, chacun d’eux sera envoyé en mission dans un endroit du monde. 

Pour les bâtiments, une commission va être constituée de représentants de la région, de membres du mouvement, de personnes qui ont des compétences et connaissances légales et décisionnelles, avec un désir que ce centre reste un lieu qui soit un espace de vie pour le bien commun. 

Vide-greniers

De plus, le centre a mis en place un vide-greniers accessible à toutes les personnes qui le souhaitent pour acheter du mobilier et/ou des objets chaque mercredi en fin d’après-midi et le week-end des 16 et 17 mars. 

Ainsi adressons nos meilleurs vœux pour l’avenir à tous les permanents du centre qui nous ont accueillis si généreusement au fil des années. Que l’Esprit Saint soit à l’œuvre dans toutes les décisions qui vont être prises.

Le centre de Montet vu d’avion.

Témoignages

Comment accueillir une telle annonce lorsqu’on vit depuis 30 ans dans cette cité-pilote ? 
Denise Roth me rappelle que sa vie est inscrite dans la vie de Dieu, qu’elle est un instrument et plus encore une donation à Dieu et qu’il y a des expériences spirituelles joyeuses et parfois douloureuses. Là, on reprend conscience qu’on a donné notre vie à Dieu. De ce fait, l’essentiel de notre mission n’a pas changé, on continue à suivre Dieu et non un lieu et une structure. 

Une mission tournée sur le monde ! 
Marius Muller nous dit que le Mouvement des Focolari est inscrit dans le monde. De ce fait, Montet / Broye est un village connu dans le monde. Aujourd’hui, nous vivons un moment important. Nous devons faire des pas et regarder le monde et ainsi ajouter des forces où elles sont nécessaires. 

Les Focolari au sein de l’Eglise 
Dans le contexte actuel de l’Eglise, Denise Roth évoque le fait qu’il faut revoir notre évangélisation, redimensionner les structures. Il ne faut pas attendre que les gens viennent dans les structures, car les êtres humains demandent une proximité au milieu du monde. Aujourd’hui, avec la baisse des vocations et les forces qui diminuent, les structures doivent également diminuer pour une bonne continuation. 

L’adoration eucharistique: source de force intérieure, de calme et de joie

Pendant la Semaine sainte, nous célébrons le Jeudi saint, l’institution de l’eucharistie et du Sacerdoce. Le vendredi, nous nous immergeons dans la passion du Christ. Le Samedi saint est placé sous le signe du repos au tombeau et le dimanche de Pâques, nous célébrons la résurrection du Seigneur qui a vaincu la mort. Nous pouvons dire que Jésus a tué la mort par sa mort et sa résurrection. Nous célébrons la mort et la résurrection du Seigneur dans chaque sainte célébration eucharistique.

Par le Père Martin Filipponi
Photo : DR

La présence réelle de Jésus dans l’eucharistie

L’adoration eucharistique est étroitement liée à la célébration eucharistique. Jésus nous a assuré : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 20) Selon la compréhension catholique, dans l’hostie consacrée qui se trouve exposée dans l’ostensoir, Jésus est tout entier là. Entièrement signifie qu’Il est là en tant que vrai Dieu et vrai homme. Le Ressuscité entre au milieu de nous. L’adoration est un acte de foi. Dieu n’est pas une hypothèse ou une théorie sur l’origine de l’univers. Il est là. Et quand Il est là, je plie le genou et je L’adore. 

L’adoration eucharistique : un besoin  pour notre temps

L’Eglise organise depuis longtemps des congrès eucharistiques à intervalles réguliers. Nous voyons que l’adoration eucharistique se répand en divers endroits, dans des monastères et des paroisses. Que ce soit à Denver (USA), à Saint-Maurice, dans la vallée d’Illiez, à Sion, à Brigue. Même à Zurich, il existe un lieu d’adoration perpétuelle. L’adoration eucharistique est de plus en plus appréciée par les fidèles et surtout par les jeunes. Dans un monde où tout s’accélère et où rien ne semble plus sûr, les paroles de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez et portez de lourds fardeaux, et je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28) prennent un nouvel éclat. A une époque où les psychologues parlent d’une génération épuisée, le pape François indique que nous pouvons apprendre à aller toujours plus vers Jésus. Le Saint-Père indique que le vrai repos se trouve auprès du Seigneur.

Des témoignages 

L’adoration eucharistique a un effet positif sur les villes, les villages, les relations et les familles. Lili et Stephan Nikolic sont parents de quatre enfants adultes. Ils habitent à Zurich et prient depuis des années pour leurs enfants et leur famille. Tout a commencé lorsque la mère a compris que les enfants suivaient leur propre chemin et qu’elle souhaitait être à leurs côtés dans la prière. Elle prie régulièrement pour que les enfants choisissent de bons chemins. Lili dit qu’elle a commencé l’adoration eucharistique seule. Avec le temps, elle a demandé à son mari s’il pouvait également la soutenir. Depuis près de 25 ans, ils prient devant le Seigneur eucharistique. Ils sont convaincus que la prière leur apporte force, sécurité et joie et qu’elle a un effet positif sur leur famille.

Ramona Ruch-Kupschina et Alexander Ruch sont un jeune couple de Steg im Fischenthal et parents d’un enfant. Interrogée sur l’adoration eucharistique, la mère dit que l’adoration eucharistique leur permet, en tant que couple, de se ressourcer et de prendre des forces à chaque fois. Ramona dit qu’elle emporte dans la prière les soucis et les fardeaux du quotidien. Ce faisant, la jeune mère fait l’expérience qu’après l’adoration eucharistique, elle repart dans la vie quotidienne, joyeuse et édifiée intérieurement. Elle souligne qu’elle confie régulièrement son mariage au Seigneur. Elle relève, par ailleurs, qu’outre la prière de demande, la prière de remerciement est également importante pour elle. Pour finir, elle ajoute que la prière lui donne la force de pardonner à ses proches qui l’ont blessée. Avec un clin d’œil, elle ajoute que c’est souvent pendant la prière qu’on lui indique où elle devrait aussi s’excuser auprès de ses semblables.

Le témoignage des deux couples peut être décrit par les mots de Jean-Paul II : « Cet amour donné dans l’eucharistie est le fondement vivant de la communauté et de la mission de la famille chrétienne. » Prions le Seigneur de nous donner de nombreux lieux où il peut être adoré et expérimenté.

https://www.woche-der-begegnung.at/anbetung.html

La Bible au quotidien: la joie du Carême

Par Sœur Anne-Sophie Porret (op) Monastère des dominicaines à Estavayer-le-lac | Photo : DR

« Ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! » Ne 8, 10

Le Carême a souvent un écho peu agréable dans nos esprits : se convertir, faire pénitence, partager, jeûner, faire des efforts, aller au désert… Oh non !  Pas envie ! Tout cela est bien peineux voire pénible. On s’en passerait bien… 

Heureusement le prophète Néhémie est là, chaque dimanche de Carême, à la prière des Laudes pour ajuster ma vision faussée du Carême : « Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! » déclare-t-il. Avez-vous déjà pensé à cela : avoir la joie comme rempart, comme protection ? Et ce en plein Carême ?

Le contexte de ce verset de Néhémie peut nous éclairer. On est après la déportation du peuple juif à Babylone. Le retour au pays s’accompagne de la reconstruction de Jérusalem, de son rempart, de son temple et du rétablissement du culte. Tout est à faire. Cela peut sembler bien peineux et pénible comme le Carême, sauf que… Oui, sauf que c’est l’avenir qui s’ouvre et cet avenir est possible car il s’appuie sur la fidélité de Dieu qui n’a pas abandonné son peuple ni renoncé à ses promesses. C’est ce que dit le Livre de la Loi dont le prêtre Esdras vient de faire la lecture et qui a provoqué et le repentir et l’espérance dans le cœur des fidèles.

« Quel boulot ! C’est le chantier du Carême »

Nous sommes chacun à notre manière en exil, loin de la terre promise que le Seigneur nous a donnée pour que nous y vivions avec Lui. Nous sommes souvent infidèles à sa Parole, indifférents à son amour. Nous avons le désir de rentrer à la maison, de vivre avec Lui, de reconstruire ce lieu de notre cœur où il nous convie et de le protéger de toute invasion importune. Mais quel boulot ! C’est le chantier du Carême. Demander à Dieu sa joie comme « matériau » de toutes nos constructions, c’est renoncer à tous les matériaux non consistants avec lesquels nous bâtissons nos existences et essayons de les protéger. Car la joie du Seigneur, c’est la légèreté alliée à la solidité, c’est du béton… qui rit, qui chante, qui danse… !

Naissance d’un parcours Alpha-jeunes à Vouvry

Christophe Allet présente ce nouveau parcours, mis en place à Vouvry pour un groupe de catéchumènes.

Le parcours Alpha-jeunes actuel se déroule à raison d’environ une rencontre par mois à la cure de Vouvry. Il est né d’une situation inédite : en quelques mois, huit ados du secteur se sont présentés avec une demande de baptême ou de poursuite d’un parcours des sacrements arrêté il y a quelques années ! Deux jeunes filles de Collombey ont aussi rejoint ce groupe. En complément d’un accompagnement personnel par le père Patrice Gasser, il nous semblait intéressant de proposer aussi une démarche communautaire. Ce parcours inclut un repas convivial, une vidéo sur un thème de foi adapté aux 14-20 ans et un échange très ouvert. Il correspond tout à fait à un tel cheminement. 

Dès qu’une plage commune mensuelle a été trouvée (ce qui n’est pas la moindre des difficultés), cette aventure a pu commencer. Nous avons la joie d’accompagner ces jeunes en tandem avec Vanessa. Nous en sommes à la 9e rencontre sur 12 dont 2 ou 3 se dérouleront sur une journée. Ce parcours enrichissant va se terminer dans quelques mois.

Un prochain parcours pourrait démarrer dès qu’un groupe de 4-5 jeunes motivés trouvera un moment commun pour se réunir autour du partage, de la Bible, de l’amitié, sous le regard de Dieu.

Pour en savoir plus, consulter https://fr.alphalive.ch/

Témoignage de Lou-Anne

Lou-Anne, 14 ans, participe aux soirées Alpha-jeunes. Son témoignage est émouvant.

J’ai fait mes parcours KT (pardon, communion et confirmation) et j’ai appris à découvrir et à connaître un peu plus  Dieu. J’ai décidé de Lui parler en priant et plus je priais, plus j’avais besoin de prier, plus je me sentais connectée à Lui, plus je Le sentais proche de moi jusqu’à ce qu’Il fasse partie de moi. Aujourd’hui, je ne peux plus m’endormir sans Lui parler.

Il y a plus de deux mois, j’ai dû me faire opérer et j’avais très peur devant cette grosse opération. Alors je priais Dieu pour lui dire de me protéger, de me rassurer. Quelques jours avant mon opération, je pleurais beaucoup et je priais… et j’ai ressenti comme une chaleur qui m’a entourée… je me suis sentie rassurée, j’ai séché mes larmes. Je crois bien que Dieu est venu me dire : « Ne t’inquiète pas, je suis là avec Toi. » Je crois qu’ll est avec moi tout le temps : quand je suis heureuse, quand j’ai peur, quand je suis triste. Il est là pour tout le monde, Il nous tend les bras et Il attend qu’on décide d’aller vers Lui pour qu’Il puisse faire partie de notre vie tout entière.

Grâce à cette opération, j’ai découvert qu’on est tous frères et sœurs. Quand je parlais de mes peurs à certaines personnes chrétiennes, elles m’ont toutes dit : « Ne t’inquiète pas, je vais prier pour Toi. » ça me faisait du bien d’entendre ça et je me suis dit que j’avais beaucoup de chance de faire partie de la famille des chrétiens, parce qu’on est là les uns pour les autres. C’est ça la communauté chrétienne ! Il faut diffuser l’Amour de Jésus autour de nous.

Les auxiliaires de l’Eucharistie formés à bonne école!

Rappel des objets liturgiques en présence des auxiliaires « chevronnés ».

Nombreuses et nombreux sont les bénévoles de notre paroisse qui vivent ce beau ministère d’auxiliaire de l’Eucharistie soit à la messe ou en apportant le Corps du Christ chez les malades à la maison, à l’hôpital ou au home. Une journée de formation a eu lieu en février à Estavayer.

Par Georges Dévaud | Photos: Georges Losey et Gérard Dévaud

Le samedi 10 février, une trentaine de personnes venant de plusieurs UP (dont 13 de notre paroisse) ont vécu une journée de formation en vue de devenir auxiliaire de l’Eucharistie. Cette formation, animée par le père Jean Bosco Devaux du CRPL (Centre romand de pastorale liturgique)et des membres de l’équipe pastorale, leur a permis de (re)découvrir la beauté et la grandeur de ce sacrement, mais également l’importance de l’attitude à adopter. 

Le père Jean Bosco, entre temps d’échanges et apport théologique, a rappelé le sens de la liturgie eucharistique comme louange et action de grâces. Ce fut aussi l’occasion d’accueillir, l’après-midi, les auxiliaires déjà en fonction pour une partie plus pratique avec la découverte des objets liturgiques, et d’autres éléments d’ordre très pratique.

Les personnes formées recevront prochainement un mandat officiel de notre évêque et elles seront présentées lors d’une messe dominicale dans leur communauté.

Merci à toutes ces personnes qui s’engagent au nom de leur foi au service des autres et beaucoup de plaisir dans ce ministère qui leur est confié !

«Partager à ses frères et sœurs le Corps du Christ constitue pour tout chrétien appelé et formé à ce ministère, qu’il soit religieux ou laïc, homme ou femme, une raison supplémentaire de vivre selon la foi et d’exprimer celle-ci dans l’acte même de son ministère.»

Livret Pain de Vie, éditions Bayard

Un geste fraternel apprécié

De nombreux ministres de la communion, envoyés depuis 40-30 ans ou moins, ont pu se pencher sur leur fidèle engagement le 10 février.

Une occasion de se souvenir d’un appel, le plus souvent de leur prêtre, pour une mission forte et belle au service de leur paroisse et de leurs frères malades, à domicile ou à l’hôpital. Un engagement et un geste fraternel envers ces membres de la communauté. Un souci aussi pour distinguer les besoins de leur entourage et leur offrir le Corps du Christ.

Chacune et chacun pourrait relater les moments exceptionnels partagés avec les personnes âgées. Des rencontres pleines de confiance, demandant écoute et ne tenant pas compte du temps… Des hospitalisés faisant part de leurs soucis, mais démontrant une immense foi et leur reconnaissance pour ce cadeau de l’Eucharistie.

A chaque fois, les engagés reçoivent bien plus qu’ils n’apportent : l’amitié, les témoignages de courage, les exemples de croyants, la joie de servir. Comme l’a dit une participante, ce rappel en lien avec les gestes sacralisés et partagés avec les nouveaux bénévoles fait du bien.

Des jeunes répondent à l’appel de Dieu

Lou-Anne (ayant suivi le parcours Alpha-jeunes) et Tessa (catéchumène).

En chemin vers le baptême avec des catéchumènes

Mot d’introduction par le Père Patrice Gasser

Jésus-Christ continue à parler aux êtres humains, comme Il l’a fait il y a 2000 ans ; parfois il s’impose aux sens de la personne qu’Il appelle, sa présence se fait sensible et change tout ; d’autres fois, il murmure doucement mais de façon tenace à leur cœur. Ces personnes vont alors chercher auprès de l’Eglise des moyens pour rencontrer ce juif de Nazareth qui a donné sa vie pour sauver tous les hommes. 

Dans les différents secteurs, des équipes se sont mises en marche et se sont structurées pour accompagner ces personnes et leur donner les moyens de cheminer et de grandir dans la foi : la Bible, les partages autour des modules Alphalive, les rencontres personnelles, le Youcat (abrégé du catéchisme de l’Eglise catholique), la prière (seule ou commune), les pèlerinages, les activités liturgiques (chants, lecture de la parole de Dieu, service de l’autel), tout cela va nourrir la foi des personnes qui s’engagent. L’important est qu’elles se sentent épaulées dans la démarche qui vous est présentée ici. 

« A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » Benoit XVI, Dieu est amour

Rencontre avec cinq jeunes catéchumènes. Ils nous parlent, avec générosité de leur chemin vers Dieu. Des moments de partage très ouverts et sympathiques avec chacune des adolescentes de 14-15 ans et un jeune adulte de 23 ans. Pour la plupart, leurs parents catholiques se sont éloignés de la pratique religieuse. On ne parle que très peu, ou pas du tout, de religion en famille.

Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Stéphanie Reumont, cathéchumènes par Christophe Allet

Dans un environnement plutôt laïque, comment a surgi chez ces jeunes cet élan pour connaître Dieu et entrer dans l’Eglise Catholique ?

A travers l’amitié… Dieu appelle.

Tessa, très à l’aise explique : « J’ai toujours été intéressée par les cours de religion et j’avais de bonnes notes ! Mon amie Lou-Anne, très croyante, m’explique ce qu’elle vit avec Dieu et répond à mes questions. On va souvent à la messe ensemble. J’aime l’ambiance calme, les prières, les chants : je m’y sens bien. J’échange aussi avec des copines chrétiennes et on se soutient dans les difficultés. J’ai fait de belles rencontres durant le Théo-Camp l’été dernier. J’ai aimé prier durant la nuit de l’adoration, c’était apaisant. Je parle aussi avec mon grand-père qui est pasteur. Il craint que je me laisse trop influencer par mes copines. Je le rassure car mon choix est réfléchi et personnel. J’apprends encore beaucoup grâce au parcours Alpha. »

Selma est en classe préprofessionnelle. Elle aimerait devenir infirmière dans les ambulances. « Je dois encore beaucoup étudier mais j’espère réussir. Quand mon grand-père est décédé, j’ai commencé  à me poser des questions sur la vie, la mort. Depuis ce jour, je porte toujours une croix et je prie avant de dormir. Je cherche parfois des prières sur Internet. Je préfère prier toute seule. Ça me fait du bien de croire en un Dieu qui m’écoute et en qui j’ai confiance. J’ai une amie chrétienne avec qui j’échange sur sa religion et qui répond à mes questions. Un jour, elle m’a proposé d’aller ensemble à la messe au Bouveret dans une chapelle près du lac. J’ai aimé prier devant ce beau paysage. Mon amie est heureuse que je sois baptisée et de devenir ma marraine. »

Ces adolescentes ont toutes découvert Dieu grâce à leurs amies. Daniel, un adulte de 23 ans, a un cheminement différent : 

« Quand j’étais enfant, j’accompagnais ma mère à la messe, je priais avec elle. Peu à peu, j’ai cessé ma pratique religieuse. Il y a plus d’un an, j’ai arrêté mes études, contre l’avis de ma mère et j’ai vécu une situation difficile… Toutes mes recherches de travail ont été vouées à l’échec. J’étais découragé. Alors, j’ai commencé à prier Jésus, à lui confier mes soucis et à lui demander de l’aide. Voilà que je suis engagé sans problème dans une entreprise de carrelage. J’apprends vite, on me fait confiance, je deviens plus autonome et ça me plaît. J’y vois l’aide de Dieu. Je retourne à l’église avec mon amie catholique qui encourage ma démarche. Je passe un week-end à l’hospice du Simplon. Le Père Patrice nous apprend à prier, à lire la Bible, à chanter ensemble : c’est super. Je rejoins le Chœur des Jeunes du Bouveret. Chanter durant la messe de Minuit m’a réjoui. Pour l’instant, je me sens comme un invité le dimanche à la messe, mais je désire faire partie plus concrètement de cette communauté chaleureuse. Ma mère est heureuse que j’aie choisi son frère comme parrain.

Nora aime la culture religieuse et prie régulièrement depuis longtemps. « Parfois je m’aide avec des livres de prières ou je lis la Bible. J’ai accompagné plusieurs fois mes grands-mères à la messe et j’allumais des bougies. L’an passé, ma copine m’a invitée à sa première communion. En la voyant je me suis demandé : pourquoi pas moi ? Au fond j’en avais envie. Je progresse grâce au groupa Alpha. Mes grands-mères sont heureuses et ma tante aussi, car je l’ai choisie comme marraine », dit-elle avec un beau sourire.

Kloé est en première année du collège. « J’ai plus de travail qu’au C.O., dit-elle toute souriante, mais ça va bien ! Avec ma meilleure amie, on échange sur tout. Il y a trois ans, elle m’a parlé de sa foi. Pour moi, c’était une découverte et cela m’a vraiment intéressée. Depuis ce jour, je cherche à en apprendre davantage sur la religion catholique. Je lis la Bible et je prends du temps pour parler avec Dieu. Le groupe Alpha me donne l’opportunité d’approfondir ma foi et aussi de m’enrichir des expériences et des réflexions des autres. Mes questions, je les pose aussi à l’ami de ma mère qui a étudié la théologie. »

Des catéchumènes soutenus par leurs proches
Tous apprécient le soutien que leur apportent leurs familles et leurs amis. Nora nous confie : « Mes parents m’écoutent et respectent mon choix. J’ai de la chance, car certains camarades voudraient être baptisés, mais leurs parents ne le veulent pas, tandis que d’autres n’en ont pas envie et leurs parents les y obligent !… »
Tous ces catéchumènes désirent approfondir leur foi et la vivre au quotidien. Ils ont pris conscience que le Baptême n’est pas l’affaire d’un moment, mais le cheminement de toute une vie. Merci à tous ces jeunes pour leur témoignage. Les paroissiens se réjouissent de les accueillir avec leur fraîcheur et leur enthousiasme !

Quelques catéchumènes autour du Père Patrice Gasser.

Un pacte pour grandir dans la foi

Les confirmés à la sortie de la célébration, dimanche 28 janvier 2024.

Dimanche 28 janvier dernier, 27 jeunes des communautés de la Ville et du Bourg ont été confirmés à l’église de Martigny-Ville par notre évêque Mgr Jean-Marie Lovey. Retour sur ce qui a été vécu dans le groupe.

Par L’équipe des catéchistes
Photos : Marion Perraudin

Afin de mieux comprendre ce sacrement et pouvoir expérimenter avec leurs pairs ce que « faire Eglise » signifie, nous avons privilégié des journées à VIVRE, plutôt que des explications. C’est ainsi que nous avons vécu une première journée sous le thème du « Père ». La pluie du matin n’arrêtant pas les pèlerins, nous sommes allés jusqu’au Guercet pour découvrir la création à travers des activités ludiques et des moments de réflexion.

Une deuxième journée a été consacrée au « Fils ». Notre catéchèse est partie du baptême de Jésus et a été la base de notre questionnement sur notre propre baptême et la mission qui en découle pour chacun de nous. Nous avons aussi expérimenté combien il était parfois difficile d’aller vers l’autre. Nous avons enfin partagé un moment de rencontre et le goûter avec le groupe « Foi et Lumière » *.

Puis, deux semaines avant la célébration, c’est sous le thème de l’Esprit Saint que notre retraite s’est articulée. Tous les confirmands étaient accompagnés de leur parrain ou marraine ou encore d’un membre de leur famille pour vivre un week-end à Bourg-Saint-Pierre. Là aussi, pas facile de s’extraire de son quotidien, de tout lâcher – son confort et surtout son Natel… pour suivre Jésus.

La Maison Saint-Pierre étant un logement pour les groupes et pas un hôtel, chacun a donc dû accomplir certaines tâches : mettre la table, laver la vaisselle ou nettoyer les dortoirs et les toilettes. Se mettre au service des autres : n’est-ce pas ce que Jésus lui-même nous a enseigné ?

Le week-end a été bien rempli par les temps de prière, les ateliers liés à l’Esprit Saint, les discussions en binôme et bien sûr les moments de jeux ! Les confirmands et leur accompagnant ont pu vivre de beaux moments d’échange. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas aussi bien parlé avec ma maman », a confié un jeune. Tout cela a abouti à un pacte qui devait sceller les attentes réciproques et, peut-être, les aider à grandir dans leur chemin de foi. Grâce à l’Esprit Saint qui est descendu sur eux en ce radieux dimanche de janvier, et doté du don qu’ils ont demandé plus particulièrement dans le secret de leur cœur, nous souhaitons à tous ces jeunes confirmés de continuer à témoigner avec joie de leur foi. 

* Le groupe « Foi et Lumière » est constitué d’une vingtaine d’adultes en situation de handicap mental. Ils se rencontrent une fois par mois à la salle N.-D. des Champs pour échanger sur la foi et partager un moment convivial.

Line et Erine surveillant la cuisson des spaghettis lors de la retraite à Bourg-Saint-Pierre.
Qualité et fruit de l’Esprit Saint décelés par les parrains et marraines de chaque confirmand.

«Si je chante, c’est pour Toi!»

La Voix des Champs lors de la fête de son centenaire en 2022.

On sait que le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Et Dieu sait si c’est un levier pour soulever les cœurs jusque vers Lui… Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent, Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui les tient, qu’est-ce qui les pousse ? Regards croisés.

Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR, MJ Delaloye

Ce mois-ci, nous avons donné la parole à Bernadette et Laurent. Bernadette Alimovic est chantre animatrice et présidente du chœur La Voix des Champs, de Charrat, tandis que Laurent Bourgeois dirige le chœur Antonia, de Bovernier. Dans le prochain numéro, vous retrouverez deux autres amis du chant et de la musique liturgique…

Comment le chant habite-t-il votre vie ?
Bernadette : Ma vie est une musique aux multiples couleurs : toute une palette de sentiments. Dès le matin, je chante le plus souvent intérieurement pour ne pas déranger les habitants de l’immeuble.
Laurent : Le chant a toujours habité ma vie. Mon père a dirigé l’Antonia durant 25 ans et j’ai pris sa relève il y a bientôt 40 ans. J’en suis membre depuis l’âge de 8 ans. A l’époque, nous étions 42 membres. Mais plus que 17 aujourd’hui…

Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? 
Bernadette : Le chant parle au cœur ou à l’âme. Je suis donc heureuse de partager cela avec les fidèles afin de rendre la liturgie plus vivante. Pour moi, le chant donne une profondeur à nos célébrations.
Laurent : Mon engagement me tient beaucoup à cœur. Nos parents étaient de fervents catholiques et ils nous ont éduqués dans le giron de l’Eglise depuis tout petit. J’ai été tour à tour servant de messe, lecteur puis chantre. Petits, nous avons participé plusieurs fois au pèlerinage à Einsiedeln avec mes parents qui y étaient fidèles. Dans ce cadre, avec un de mes frères, il nous est arrivé de servir à la messe que Mgr Schwery célébrait !

Qu’est-ce qui vous agace ? 
Bernadette : Avant de choisir les pièces à interpréter, je prends connaissance des lectures, du psaume et de l’Evangile du jour. Pas toujours facile de comprendre l’entier du message et ça peut m’agacer. Patience, car alors, écouter plus attentivement l’homélie devient un plaisir. A relever la très intéressante diversité de celle-ci grâce au tournus des prêtres.
Laurent : Je mentionnerai ici les événements scandaleux qui sont sortis dans la presse dernièrement et qui mettent à mal l’Eglise catholique en particulier.

Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ?
Bernadette : Je n’ai pas de préférence. Je suis juste émerveillée par la diversité des compositions et des compositeurs : une vraie richesse. Une pièce simple présentant un beau texte qui s’harmonise avec la musique me parle déjà beaucoup. Si la musique fait vibrer la corde sensible, elle sera adoptée.
Laurent : Il y a tellement de beaux chants liturgiques… J’avoue avoir des préférences pour certains chants à « Marie ».

Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ?
Bernadette : Saint Augustin disait que « Chanter c’est prier deux fois ». Deux fois, je ne sais pas, mais pour sûr le chant est une prière. Le beau nous relie au créateur, difficile de ne pas croire et la musique liturgique nous élève et nous relie aussi. Lorsque l’animatrice que je suis entend les fidèles joindre leur voix à la mienne, je suis comblée.
Laurent : Ce qui me plait surtout, c’est de transmettre de l’émotion, de la joie et du plaisir à tous les fidèles qui nous écoutent lorsque nous animons les célébrations, car comme dit le dicton « Chanter, c’est prier deux fois ».

Le chœur Antonia lors de l’inauguration de la nouvelle croix en 2021.

Etre un signe d’espérance

L’invitation de Dieu pour chacun de ses enfants, est d’être un signe qui indique le chemin, comme les disciples de Jésus l’ont été pour la génération de leur temps.

Par Olivier Taramarcaz | Photos : DR

Lors d’un périple de 90 jours sur les hauts-plateaux de Norvège, je me suis retrouvé un jour devant un rare poteau indicateur. Un point crucial. Là, je devais trouver des précisions pour continuer mon chemin. Les panneaux avaient tous été arrachés. Le poteau n’indiquait dès lors aucune direction. Ce jour-là, j’ai été interpellé par ce passage de la Bible : « Ils ont établi pour signes leurs signes, pour emblèmes leurs emblèmes. Nous ne voyons plus nos signes. » (Ps 74, 4) Comme chrétien marchant dans les pas de Jésus, qu’est-ce que ma vie indique comme direction ? Quel signe je suis pour les autres ? Au début de ma vie chrétienne, plusieurs ouvrages m’ont nourri, devenant des bornes, des poteaux indicateurs, reflétant l’amour de Dieu répandu comme un parfum.

Les paroles que tu m’as données – « Les paroles que tu m’as données »1 d’Odette de Benoît (1899-1953), fondatrice de l’Institut Emmaüs, a été une profonde source d’ancrage spirituel. En plongeant dans cet ouvrage, j’ai été bouleversé, comme traversé par la présence de Dieu. Je me suis senti invité à passer des devantures à l’aventure de la vie. Il recueille des notes consignées dans des carnets, reflétant sa vie d’intimité avec son Seigneur. Le titre est tiré d’un passage de la Bible : « Les paroles que tu m’as données » (Jn 17, 8), suivi de cette note en frontispice : « Non pas celles que l’on obtient à force d’étude, d’attention, de réflexion, mais les paroles que tu donnes, qui jaillissent au fond de l’âme, qui sont esprit et vie et désaltèrent vraiment. » Ces petites notes discrètes, écrites au quotidien, comme des semences de vie, ont germé dans mon cœur. J’ai commencé alors à tenir un journal personnel, que j’aborde davantage sous la forme d’un carnet poétique, mettant en mots les pas de ma vie avec Christ.

Porter la vie comme un parfum – « Le Sadhou Sundar Singh. Un témoin du Christ»2 m’accompagne depuis mon adolescence.  Ce récit raconte la transformation du jeune indien sikh, visité par Jésus-Christ. Il engage alors sa vie à partager l’Evangile en Inde, dans l’Himalaya, au Tibet. Il a exprimé cette pensée : « Il faut beaucoup de temps, en botanique, pour étudier la structure d’une fleur et ses divers organes, mais il ne faut qu’un instant pour en sentir l’odeur » (1944, 88). La vie du Sadhou Sundar Singh (1889-1929) a été un puissant encouragement à laisser respirer le parfum de la présence de Dieu, répandu dans mon cœur, soit à le partager : « Nous sommes en effet pour Dieu le parfum de Christ. » (2 Co 2, 14-15) La vie qui vient de Dieu se reçoit comme une semence dans la terre, comme de l’eau qui désaltère, comme un courant d’air frais qui change l’air ambiant. 

Etre une source pour d’autres – J’ai compris, par ces deux témoignages, que Dieu m’appelle aussi à vivre mon histoire dans un cœur à cœur avec Lui. En prolongement de ces lectures, un texte retient mon attention : « Vous êtes manifestés comme une lettre de Christ. » (2 Co 3, 3) Cette lettre n’est pas destinée à rester scellée, à l’image du poteau indicateur, en Norvège, qui n’indiquait rien. L’apôtre Paul écrit : « Il a mis en nous la parole de réconciliation. » (2 Co 5, 19) A l’instar d’Odette de Benoît et du Sadhou Sundar Singh, chacun de nous est appelé à se tourner vers le Messie, à mettre en pratique la Parole, à partager la Bonne Nouvelle de la réconciliation, à « être une source pour d’autres » (Jn 4, 14).  

Bibliographie
1 Odette de Benoît, Les paroles que tu m’as données, Emmaüs, Vennes-sur-Lausanne, 1956.
2 Alice van Berchem, le Sadhou Sundar Singh. Un témoin du Christ, Emmaüs, [1944], Emmaüs, St-Légier, 2013.

Etre témoin

Par l’abbé Paul Martone
Photo : DR

La signification du mot grec « mártys » est « témoignage ». Un martyr (martýrion) est donc quelqu’un qui témoigne, même si cela lui vaut d’être rejeté, ridiculisé, voire tué.

Sommes-nous conscients que chacun d’entre nous devrait être un martyr ? Un homme ou une femme qui devrait témoigner de sa foi et de la sienne. « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande de rendre compte de l’espérance qui vous anime », écrivait saint Pierre il y a 2000 ans. Cette exigence vaut également pour nous, hommes et femmes d’aujourd’hui !

De nos jours, il n’est pas facile de rendre des comptes, de témoigner de notre foi. Nous préférons reléguer notre foi dans le coin le plus reculé et le plus intime de notre cœur, où nous croyons certes en Dieu et où nous le prions également. Mais malheureusement, nombreux sont ceux qui hésitent aujourd’hui à partager cette foi avec leur entourage. Ce faisant, nous nous privons, ainsi que nos compagnons chrétiens, de l’aide et du renforcement mutuel qui nous permettraient de devenir toujours plus courageux, d’affirmer notre foi et de la vivre. L’apôtre Pierre nous montre comment : « avec modestie et respect », sans rien imaginer ni vouloir contester la foi de ceux qui pensent différemment et les exclure.

Nouvelle Constitution cantonale: l’heure du vote!

Depuis le début des travaux de l’Assemblée constituante, les Eglises reconnues en Valais (catholique et réformée) ont entretenu de nombreux contacts et pris position sur les sujets qui les concernent. Elles ont tenu à le faire d’une seule voix, dans un esprit œcuménique et proactif, contribuant ainsi à cette importante réflexion citoyenne pour l’avenir de notre canton.

Par Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion 
Photos : DR, Commune Crans-Montana

De façon particulière, les Eglises se sont prononcées sur les questions relatives aux droits fondamentaux de la personne, aux relations Eglises-Etat, ainsi qu’au préambule. Elles se montrent reconnaissantes de l’accueil réservé à leurs réflexions, et satisfaites d’un bon nombre de points qui ont été retenus dans le texte soumis au vote. Elles saluent ainsi la manière dont sont envisagés leurs rapports avec l’Etat, leur permettant de mettre en œuvre leur mission propre et de poursuivre le service rendu à l’ensemble de la population valaisanne. Elles relèvent également l’importance de la reconnaissance par l’Etat de la dimension spirituelle de tout être humain, et bien sûr la liberté de conscience et de religion explicitement rappelée.

«L’Eglise doit inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines.»

Les Eglises ne se prononcent en revanche pas sur les aspects plus politiques du projet. Concernant l’énoncé de certains droits fondamentaux, elles renvoient à ce que chacun connaît des principes présidant à leur conception de la famille, de la fin de vie ou de l’enseignement, et appellent chacun à former son opinion en conscience.

A l’approche de la votation populaire du 3 mars, les Eglises ont considéré qu’il ne leur revenait pas de formuler une consigne explicite de vote. D’une part en effet, nous ne sommes plus à une époque où un journal pouvait imprimer le bulletin de vote avec « OUI » ou « NON » à l’intention de ses lecteurs. D’autre part, on sait que des chrétiens peuvent s’engager dans différents partis politiques, et c’est très bien ainsi. 

L’Eglise ne doit pas être « un parti politique à côté des autres » ; elle doit au contraire inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines. Or, une Constitution cantonale est par définition un texte qui recouvre une multitude d’objets, qui ne peuvent faire l’unanimité entre tous les fidèles. Il est donc normal que les Eglises reconnaissent et cultivent cette liberté d’opinion, tout en mentionnant ce dont elles sont satisfaites dans le texte proposé et en invitant chacun à voter en conscience.

Les martyrs d’hier et d’aujourd’hui

Le Colisée ne fut le théâtre du sacrifice que d’une minorité des premiers martyrs.

2025, année sainte. Le saviez-vous ? Rome se prépare à recevoir les pèlerins du monde entier. Mais c’est aussi l’occasion pour mettre à jour… le Martyrologe, ce catalogue des chrétiennes et des chrétiens qui ont été tués parce que croyants, justement, in odium fidei selon la formule latine qui accompagne le décret de reconnaissance de leur martyre – en haine de la foi. Parce que le martyre chrétien est très… moderne !

Le Martyrologe romain, catalogue des chrétiens tués parce que croyants.

Par Thierry Schelling | Photos : AED, DR, cath.ch/Berset

Une récente recherche a recensé 550 martyrs du XXe siècle. En effet, une commission attachée au Dicastère pour la Cause des Saints travaille d’arrache-pied pour accueillir des cinq continents les noms, circonstances et dates de ces « nouveaux martyrs », en écho aux « anciens » ayant été déjà listés dans le Martyrologe romain (dernière édition, 2001, revue et corrigée en 2005). Pour rendre tangible la réalité « prophétisée » par le Christ : « Heureux si l’on vous persécute à cause de moi. » (8e Béatitude, cf Mt. 5, 11)

Car celle ou celui qui meurt parce que disciple du Christ acquiert un statut de sainte ou de saint illico presto : pas besoin de miracles, de visions, de génie théologique ou pastoral. Juste être victime sans vouloir chercher à l’être constitue la condition sine qua non du martyre.

Historique

Sonne-t-il un peu dépassé, ce mot de « martyr » (sans e pour la personne, et avec e pour ce qui est subi) ? Des siècles durant, on a prétendu que le Colisée avait été l’écrin de sang des premiers martyrs de Rome morts par décrets impériaux. Plus objectivement, ils n’étaient qu’une minorité à finir sous les crocs de félins et autres ursidés pour amuser la galerie1 !

Des siècles de domination pontificale ont retourné l’épée contre les bourreaux, qui du coup se faisaient assassiner parce qu’hérétiques ou schismatiques ou païens… Les Révolutions – française, industrielle, marxiste… – du XXe siècle ont rempli l’archive des victimes in odium fidei, en haine de la foi.

Sanctuaire romain

Lors du Jubilé de l’Année 2000, le pape Jean-Paul II décide que l’église de Saint-Barthélemy sur l’Ile Tibérine (là où un coude du Tibre s’élargit entre les quartiers du Trastevere et du Colosseo) sera le sanctuaire des martyrs du XXe siècle : de fait, qui y pénètre voyage sur les cinq continents, nichés dans les absides, où objets, photographies, écrits, prières ayant appartenu à des martyrs, sont exposés alors qu’un retable rassemble les visages des concernés en une gigantesque fresque de bienheureux morts pour le Christ. « Emouvante visite », m’a confié un confrère récemment, « j’y ai versé des larmes devant le pathétique feutré de ces reliques ».

Actualité

C’est un fait : il y a encore des pays où être chrétien implique de craindre pour sa vie chaque jour. Le rapport publié tous les deux ans par l’AED 2 sur la liberté religieuse, relève que les chrétiens sont martyrisés dans 28 pays d’Afrique et d’Asie principalement. Nigeria, Pakistan – pour ne citer qu’eux – sont des « exemples » de persécution oppressante provocant presque la réaction des discriminés… qui ainsi « justifient » leur emprisonnement, voire leur assassinat, « pour troubles à l’ordre public », pourrait-on ironiser.

L’Europe et les Amériques ne sont pas en reste : un vieux prêtre français assassiné aux cris de « Allahou akbar » en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray (Normandie) ; un évêque nicaraguayen emprisonné en 2022 par le gouvernement de son pays qui a décidé de purger ses rangs des leaders catholiques. Et on ne parle que du clergé.

Sens du martyr(e)

Du grec martus, témoin légal (tribunal) ou d’un événement historique, le martyr est aussi celle ou celui qui supporte la torture et la mort au nom de sa foi dont elle ou il témoigne jusqu’au dernier souffle. Y est associée la notion de violence : persécution, supplices, emprisonnement et assassinat. Mais aujourd’hui, le sens du mot pourrait-il inclure bien plus largement que la classique victime parce que chrétienne ?

Dans le registre de « morts à cause de leur foi et/ou convictions », on a, par exemple, Martin Luther King, assassiné en 1968, ou Nelson Mandela, emprisonné pendant plus de 27 ans. Ont-ils subi ces actes parce que chrétiens, ou parce que défendant des convictions au nom de leur foi chrétienne ? Personne ne remet en cause la légitimité de leur combat pour les Droits humains et spécialement pour les populations africaines et afro-américaines. 

Dans la catégorie « endurant une oppression de la part d’un bourreau », il y a pléthore de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage que des chrétiens tentent de faire libérer 3. Vraiment « ressuscités » après leur calvaire, cette renaissance après un enfer peut s’apparenter à un martyre aboutissant à une nouvelle vie, réellement.

Nouvelle catégorie

D’ailleurs, le 11 juillet 2017, le Pape François signe une lettre apostolique, Maiorem hac dilectionem4, mettant en exergue une nouvelle voie de sainteté (et donc de possible canonisation) : la libre acceptation d’une « mort certaine et à court terme », par charité pour les autres. 

Voie médiane entre le martyre et les vertus héroïques, elle se caractérise par le fait que la mort n’est dans ce cas ni donnée par un persécuteur ni advenue par haine de la foi. Un Maximilian Kolbe en est un exemple, ou les personnes atteintes de maladies fatales (Chiara Corbella-Petrillo, Carlo Acutis, Chiara Badano, etc.) qui décident d’offrir leur souffrance en oblation pour les autres. 

C’est revaloriser la vie humaine offerte par amour d’autrui que de remettre sur le devant de la dévotion aux saintes et saints les exemples de don de soi dans un abandon croissant : courageux défenseurs des 30 articles de la Déclaration des droits humains, inlassables dénonciateurs du dérèglement climatique et de l’environnement, patients proches aidants de parents qui dépérissent inexorablement… 

Dans le fond, c’est le seul commandement que le Christ a exigé de ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

1 La Rome pontificale a eu tendance à s’approprier l’histoire de tous les monuments de la Ville Eternelle pour y établir une certaine hégémonie.
2 Acronyme pour Aide à l’Eglise en Détresse, cf. aide-eglise-en-detresse.ch/
3 Cf. csi-suisse.ch
4 Les trois premiers mots du document, que l’on peut traduire par « Cet amour plus grand ».

Maximilian Kolbe (Pologne) et Carlo Acutis (Italie) ont accepté librement « une mort certaine à court terme ». Le Père Hamel (France), lui, a été assassiné en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray.
Martyre de saint André, peint sur la voute de l’abside de la basilique qui porte son nom à Mantoue.
L’AED commémore chaque année les martyrs à travers « la nuit des témoins ». 

Les Rameaux, une tradition bien vivante

Elle est émouvante cette tradition de ramener chez soi, au début de la semaine sainte, ce rameau vert béni au cours de la messe. Il viendra remplacer le rameau sec, et un peu poussiéreux, qui ornait un crucifix dans la maison. Ce signe particulier est rassurant. On se sent peut-être protégé. Il donne place dans le quotidien à un rite communautaire, à une représentation du sacré.

Par Françoise Besson | Photos : DR

Cette tradition des Rameaux débute au 6e siècle en Orient. Elle prend de multiples formes. J’ai appris, à l’occasion de la rédaction de cet article, qu’au sud de la France, on le décore de friandises et qu’on l’offre aux enfants à la fin de la messe (voir www.cath.ch).

Ce rameau, vous le savez, symbolise le geste de la foule qui en a recouvert la route devant Jésus, monté sur son âne, à l’entrée de Jérusalem. Ainsi faisait-on pour les personnalités de haut rang, leur évitant probablement d’être incommodées par la poussière du chemin. 

Sur un plan théologique, Daniel Marguerat * et José Antonio Pagola ** s’accordent sur le fait que cette manière exceptionnelle d’entrer à Jérusalem a bien eu lieu. Jésus, sur son âne, s’est avancé au milieu d’une foule de sympathisants et de disciples qui ont recouvert la voie de branches et de vêtements, au son des acclamations : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Et ils se rejoignent également pour relativiser l’ampleur du triomphe : il y aurait, en effet, une forte exagération, venue avec la tradition. Si les allers et retours de Jésus et ses disciples entre les villages et Jérusalem étaient fréquents, il y eut une fois un cortège exceptionnel, mais il n’aurait pas pour autant mobilisé toute la ville. Pagola qualifie même l’entrée de Jésus d’« anti-triomphale », annonçant à sa manière un « anti-royaume », non violent… Le théologien avance l’hypothèse que cet épisode aurait été peu apprécié des Romains qui auraient pu y voir une parodie provocatrice : raison suffisante pour éliminer le fauteur de troubles. 

Entre un monarque et Jésus, la monture marque la différence. L’âne est l’animal du quotidien, du service sans plainte, du transport sur toutes les routes de l’époque. L’épisode souligne une fois de plus la méprise des humains, les contemporains de Jésus l’acclament comme le « roi d’Israël » (voir Jn, 12, 13) mais le Royaume annoncé n’est pas de ce monde, il est « intérieur ». Jésus ne renversera pas le pouvoir de l’occupant, mais les convictions les plus fortes – comme celles de Paul. Il n’a pas d’armée pour combattre, mais une Parole nouvelle sur un Dieu père ! Il n’a pas d’armée à ses côtés, mais un groupe de disciples vite dispersés quand le danger sera manifeste…

Aujourd’hui, comme il y a 2000 ans, nous pouvons le reconnaître ce Royaume, dans tous les gestes qui relèvent, dans toutes les paroles qui apaisent, dans la vie qui reprend après l’hiver…  Et dans ce Royaume déjà là, une main familière vient détacher le rameau sec et le remplacer par un rameau vert : bénédiction toute nouvelle au cœur de nos vies.  

Bibliographie
* Marguerat Daniel, Vie et destin de Jésus de Nazareth, Editions du Seuil, Paris, 2019, 416 p. 
** Pagola José Antonio, Jésus, une approche historique, coll. Lire la Bible, Editions du Cerf, Paris, 2012, 544 p.

Laver dans le sang

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Le voyant de l’Apocalypse découvre une foule immense de témoins, vêtus de robes blanches, que nul ne peut dénombrer. Ils proviennent de toute nation, race, peuple et langue – ces quatre termes pour désigner la totalité terrestre. Les rachetés agitent des palmes de triomphe, comme lors de la fête des Tabernacles, geste repris au dimanche des Rameaux (cf. Matthieu 21, 9-11).

Les élus chantent le salut réalisé par le Dieu Roi de l’univers et par son Fils livré et relevé d’entre les morts. Ce sont alors 7 mots (4 + 3) qu’expriment les anges, les vieillards et les quatre vivants pour célébrer la divinité du Seigneur de tous les siècles : « louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force », le chiffre 4 de l’humanité plus le nombre 3 de la divinité.

« Ces gens habillés du blanc de la vie, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? », demande l’un des vieillards assis auprès du Trône de l’Ancien des jours. « Ils viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leurs habits dans le sang de l’Agneau », répond-il lui-même à sa propre question, car Jean de Patmos le renvoie à la connaissance céleste qu’il ne possède pas : « Monseigneur, c’est toi qui le sais », lui dit le rédacteur du livre.

Il s’agit donc, pour ceux qui ont traversé la mort au nom de l’Agneau, de servir le Seigneur dans son temple nuit et jour et de se laisser guider par l’Agneau devenu leur pasteur vers les sources de la vie (cf. Isaïe 40, 10). Le passage par le martyre, celui du témoignage ou du don de nos vies, nous associe donc au Ressuscité de Pâques, à l’Agneau égorgé et sauveur. C’est dans le sang qu’il nous faut laver nos vêtements baptismaux. C’est le paradoxe de la résurrection lumineuse que symbolise le blanc, traversant les ténèbres du sang du Golgotha. C’est ce que continuent de vivre les martyrs de la vérité, de la justice et de la foi, aujourd’hui encore, tous ceux qui livrent leur existence pour leurs frères.

Face à toi-même?

A l’occasion du centenaire de la proclamation de saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne, la Congrégation du Grand-Saint-Bernard présente un spectacle jalonné de témoignages qui raconte la vie d’hommes et de femmes ayant une attache particulière avec la montagne.

Benjamin Bender.

Par Benjamin Bender | Photos : DR, Pierre Daenlike

L’air est-il différent en montagne ? Les sommets sont-ils des lieux particulièrement dangereux ? Pourquoi tout quitter pour vivre à 3’000 mètres d’altitude, coupé du monde ? La montagne permet-elle de s’élever spirituellement ? Comment se fait-il que malgré les accidents malheureux qui arrivent chaque année, l’homme continue de vouloir se dépasser en montagne ? Quel regard portons-nous sur ce paysage qui nous est si familier ?

Le spectacle Face à toi-même, créé spécialement pour le jubilé, raconte la vie d’hommes et de femmes ayant une attache particulière avec la montagne. Cinq témoignages qui s’entremêlent et se répondent. Des expériences de vie parfois très différentes, des avis divergents, pourtant, ce lien toujours si fort et présent qui persiste avec la montagne.

Sur le plateau quinze comédiens, huit chanteurs et cinq musiciens tenteront de nous faire voyager à travers ces récits de vie bruts et parfois bouleversants. Si la cordée nous permet d’atteindre des sommets, les interprètes essayeront de sonder notre lien si profond avec la montagne.

Une œuvre musicale inédite, composée par la musicienne Laurine Moulin, permettra aux spectateurs d’entendre un octuor vocal accompagné d’un quintet de cuivres issus des fanfares et chœurs de la région dans un décor réalisé par les scouts d’Europe.

La mise en scène est signée par le comédien martignerain Benjamin Bender et Aline Bonvin. 

–> Réservation en ligne (https://tickeo.ch/spectacles.php?sid=32) ou par téléphone auprès des offices du Tourisme d’Orsières, Val de Bagnes ou Martigny

«Plus nombreux à notre époque!»

Par Thierry Schelling | Photo : DR

A l’audience du mercredi 19 avril 2023, le pape François est revenu non pas sur la figure d’un ou d’une sainte en particulier, mais « vers la colonne des martyrs ». Ce ne sont pas « des héros » mais des « fruits mûrs et excellents de la vigne du Seigneur » ; et le Pape de rappeler que « ces femmes et ces hommes de tout âge, culture, nation sont plus nombreux à notre époque qu’aux premiers siècles ».

Pardonner

Une caractéristique des martyrs, relève le Pape, outre le fait qu’ils donnent leur vie jusqu’à l’effusion de leur sang, est qu’« ils pardonnent toujours à leurs bourreaux ». C’est mettre en pratique le cœur du Notre Père, en écho à la prière d’Etienne, premier des martyrs (cf. Actes 7, 60) : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à qui nous a offensés. » Et de renchérir : « Les martyrs prient pour leurs bourreaux. »

Yémen…

Pour illustrer ses propos, le Pape revient sur l’exemple des Sœurs Missionnaires de la Charité au Yémen – pays oublié par l’actualité depuis des années – où sont mortes, assassinées, des religieuses de Mère Teresa. Et pourtant, leurs successeurs y demeurent, s’occupant notamment des handicapés. Et de citer « Sœur Aletta, Sœur Zelia, Sœur Michael, Sœur Anselme, Sœur Marguerite, Sœur Reginette et Sœur Judith… ce sont les martyrs de notre temps. » 

Il note qu’avec ces religieuses catholiques, des musulmans ont également été tués : « C’est émouvant de voir comment le témoignage du sang peut unir des personnes de religions différentes. »

Et de conclure : « On ne doit jamais tuer au nom de Dieu, car pour Lui nous sommes tous frères et sœurs. Mais ensemble, nous pouvons donner notre vie pour les autres. »

Des roses qui font triplement plaisir

Comme chaque année dans le secteur de Martigny, la vente des roses aura lieu après les messes des samedi 16 et dimche 17 mars 2024. 

Chaque rose fait triplement plaisir :
1. La collecte annuelle permet d’assurer la poursuite des projets d’Action de Carême en matière de sécurité alimentaire dans les pays du Sud.
2. Les roses Max Havelaar vendues sont issues du commerce équitable. Cette prime « Fair Trade » est reversée directement aux collaboratrices et aux collaborateurs qui travaillent à l’exploitation des roses. 
3. Enfin, si vous l’offrez, elle renforcera votre relation avec la personne à qui vous la destinez !

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