Abbé Gérald Carrel, 25 ans de présence en milieu hospitalier

Accompagner ! Un beau verbe ! Mais pas facile à conjuguer à l’actif. Même quand vous avez décidé de faire de l’accompagnement spirituel votre activité principale. Pour l’abbé Gérald Carrel, aumônier à l’hôpital Riviera-Chablais de Rennaz, l’accompagnement est carrément un « credo de vie ». Rencontre avec un prêtre qui a frôlé la mort à cause du COVID, mais continue à accompagner. Parce qu’il parle de cette forme de ministère comme d’un cadeau !

PAR CLAUDE JENNY | PHOTOS : DR

Ordonné prêtre en 1983, l’abbé Carrel a d’abord œuvré en paroisse. Depuis 1995, il est aumônier d’hôpital. L’accompagnement d’une tante, en fin de vie, puis d’une autre personne qui l’a appelé à son chevet, lui a fait découvrir qu’il pouvait être plus utile dans les hôpitaux qu’en paroisse. Il a œuvré aux HUG à Genève, puis au CHUV, puis dans les hôpitaux de la Riviera et à l’hôpital intercantonal de Rennaz depuis son ouverture en 2019. Vingt-sept ans d’aumônerie ! Sans doute un record au sein du clergé romand.

« Bonjour, je suis l’aumônier ! » Combien de fois a-t-il ouvert une chambre d’hôpital et essayé d’entamer un dialogue avec son ou ses occupants ? Et d’avouer : « Nous, les aumôniers, nous nous faisons rarement remballer. Avec certains malades, les échanges sont brefs. Avec d’autres, ils se prolongent, se renouvellent, sont d’un rare richesse. »

Chaque rencontre est une aventure. – « A chaque rencontre, c’est une aventure. J’entre dans la vie d’un homme ou d’une femme qui ne m’a encore jamais vu. J’entre dans son monde. Et souvent, avec peu de mots, le contact s’établit et le malade, en confiance, s’ouvre au dialogue parce que l’on a besoin d’une relation à l’autre, d’humain à humain. Je reçois chaque rencontre comme un cadeau » raconte l’abbé Carrel, qui ne porte jamais de blouse blanche lorsqu’il frappe à la porte d’une chambre d’hôpital. « Je fais partie de l’équipe des soignants parce que l’accompagnement spirituel est une forme de soins. Mais en venant sans blouse blanche, je montre que je ne fais pas partie du personnel médical. Les malades en voient assez des blouses blanches ! » lance l’aumônier.

Un rôle différent. – « J’admire le personnel soignant et j’échange avec lui. Mais, comme aumônier, nous avons un rôle différent et nous nous reconnaissons mutuellement comme ayant un rôle spécifique » explique-t-il. L’aumônier est notamment alerté par les équipes lorsqu’elles constatent qu’un patient souffre du « syndrome du glissement » et que l’accompagnement d’un aumônier revêt alors une importance particulière.

Fort de tant d’années d’expérience, l’abbé Carrel voit d’ailleurs un danger : la « surspécialisation des blouses blanches » qui fait que les soignants sont moins disponibles pour écouter le patient et qu’ils peuvent avoir une vision très parcellaire de l’état du malade. L’abbé Carrel n’a jamais regretté d’avoir opté pour la voie de l’aumônerie. Après plus de 25 ans de présence hospitalière, l’abbé Carrel a quitté les aumôneries des hôpitaux. Mais pas question de retraite ! « Nous les prêtres, on doit bosser jusqu’à 70 ans ! » dit-il en riant. Dans quelques mois, il sera aumônier, et à 100 %, dans plusieurs EMS de la région lausannoise.

« J’ai frôlé la mort. J’étais dans le brouillard » – Le covid grave, celui qui peut vous emporter, l’abbé Carrel l’a vécu. Il a été intubé, mis dans le coma. Il en est ressorti, sauvé, guéri. Mais, dit-il, « J’étais un mort vivant. J’ai frôlé la mort. J’étais comme dans un brouillard. J’avais perdu tous mes repères. Je n’arrivais plus à prier. Juste à balbutier des bribes de prières » explique ce miraculé, qui vante les mérites du personnel soignant : « Dans de telles circonstances, Dieu vous fait exister à travers les autres. Ils m’ont sauvé et Dieu m’a tenu la main. » Ce vécu difficile a-t-il modifié sa manière de remplir son ministère ? « Sans doute, confie-t-il. Je goûte encore davantage à la joie de la rencontre avec l’autre et je suis devenu encore plus sensible à la dimension humaine des personnes que je rencontre. »

Etonnante trajectoire. – Un jour, l’abbé Gérard entre dans une chambre des HUG à Genève. Le patient, qui sort d’un état critique, le remballe. L’aumônier reviendra dans cette chambre. Lui et le malade entameront un dialogue. Aujourd’hui, le malade de l’époque dit : « Je suis certain que l’abbé Gérald est pour quelque chose dans ma vocation de prêtre, et maintenant d’aumônier. » Celui qui parle ainsi n’est autre que l’abbé Vincent Lafargue, qui est devenu prêtre et actuellement aumônier et qui, en janvier 2021, a succédé à l’abbé Carrel comme coordinateur de l’équipe d’aumônerie de l’hôpital de Rennaz…

(Article paru dans la revue chrétienne romande Grandir)

Les aumôniers d’hôpitaux font partie du personnel soignant. 

Quel avenir ?

Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Mgr Alain de Raemy qui prend la plume.

PAR MGR ALAIN DE RAEMY, ÉVÊQUE AUXILIAIRE DU DIOCÈSE DE LGF ET ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE DU DIOCÈSE DE LUGANO

La crise climatique bien perceptible, la crise énergétique tout aussi sensible, la crise politique trop évidente et les crises de valeurs, telles que celles du genre ou de la famille, si présentes, nous bousculent, nous inquiètent et peuvent aller jusqu’à nous angoisser.

Il arrive trop souvent d’entendre des adultes soulagés d’avoir vécu leur jeunesse avant et des jeunes quelque peu perturbés par tant d’incertitudes affichées.

Dans la foi, nous sommes aussi déstabilisés. Les abus de toutes sortes partout constatés, les relèves nulle part assurées, les plus grandes certitudes contestées…, pas de quoi tranquillement continuer. L’avenir est bien sombre, pour ne pas dire bouché. Mais peut-être faut-il mieux remarquer ce qu’il nous est donné de prier.

Quand, à la Messe, après la consécration du pain et du vin, le prêtre proclame ou chante : « Il est grand le mystère de la foi ! », il ne dit pas : « Que c’est mystérieux tout ça ! » Le mystère, ce n’est pas ce qui est et reste obscur, c’est au contraire ce que je découvre parce qu’on me l’a révélé. Le mystère de la foi n’est donc pas ce qui reste caché, mais au contraire ce qui est dévoilé, mais que jamais je n’aurais pu imaginer. Je me sens dépassé, oui, mais pas largué. Je suis initié à une beauté et à une profondeur que je n’aurais jamais pu m’inventer ou me représenter. Je suis surpris mais béni.

Ce monde gémit effectivement dans les douleurs d’un enfantement. Saint Paul le dit. Pourtant, dans toutes ces douleurs, un seul cri a de l’avenir : viens Seigneur Jésus ! Oui, il viendra : nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. Inimaginable…mais vrai !

En tant que chrétiens, plus que quiconque, nous avons donc toutes les raisons d’espérer, de continuer à contribuer, dans toutes les crises, et même les pires, à un avenir meilleur. Quand on sait qu’Il reviendra pour tout mener à son accomplissement, aucun effort de bien ou pour le bien n’est inutile. Bien au contraire, chaque contribution pour un bon changement est comme une avance sur la plus grande vérité, celle d’un monde par Dieu aimé et qui ne sera donc jamais abandonné. Si Jésus est ressuscité dans le passé, c’est pour en imprégner tout l’avenir et jusqu’au bout de tout.

L’avenir c’est Lui, et rien d’autre que Lui. Les jeunes ont un immense et magnifique avenir devant eux et nous tous également. Travaillons-y !

« Apprenez à faire le bien, recherchez la justice »

Cette année, ce sont les chrétiens du Minnesota (Etats-Unis) qui ont choisi et travaillé le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2023. Ils nous partagent leur réflexion et nous vous invitons à prier avec eux durant les huit jours qui sépare le 18 du 25 janvier. Le thème retenu s’ancre dans la parole suivante : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice. » (Is 1, 17)

TEXTE ADAPTÉ PAR PASCAL TORNAY
IMAGES : DR

Isaïe exhorte le peuple de Dieu de son temps à apprendre à faire ensemble le bien, à rechercher ensemble la justice, à secourir ensemble les opprimés, à faire droit à l’orphelin et à prendre la défense de la veuve ensemble. Le défi lancé par le prophète ne nous concerne-t-il pas également aujourd’hui ?

Et nous, comment pouvons-nous vivre notre unité en tant que chrétiens afin d’apporter une réponse aux maux et injustices de notre temps ? Comment pouvons-nous engager le dialogue, accroître la sensibilisation, la compréhension et notre intuition par rapport aux expériences vécues par les uns et les autres ?

Ces prières et ces rencontres du cœur ont le pouvoir de nous transformer – individuellement et collectivement. Soyons ouverts à la présence de Dieu dans toutes nos rencontres, alors que nous cherchons à nous transformer, à démanteler les structures sources d’oppression et à guérir les péchés du racisme. Ensemble, engageons-nous dans la lutte pour la justice dans notre société. Nous appartenons tous au Christ.

Prier huit jours pour l’unité en communion avec tous les chrétiens

Prière 1er jour : Apprendre à faire ce qui est juste. – Seigneur, tu as appelé ton peuple de l’esclavage à la liberté, donne-nous la force et le courage de chercher ceux qui ont besoin de justice.

Prière 2e jour : Quand la justice est faite. – Dieu, tu es la source de notre sagesse. Accorde-nous la sagesse et le courage de faire (la) justice, de réagir face à ce qui ne va pas dans le monde et d’agir pour le rendre juste.

Prière 3e jour : Faites la justice, aimez la miséricorde, marchez humblement. – Père aimant et miséricordieux, élargis notre regard afin que nous puissions voir la mission que nous partageons avec tous nos frères et sœurs chrétiens, qui est de montrer la justice et la bonté de ton Royaume.

Prière 4e jour : Regardez les pleurs des opprimés. – Dieu de justice et de miséricorde, fais tomber les écailles de nos yeux pour que nous puissions vraiment voir l’oppression qui nous entoure.

Prière 5e jour : Chanter un chant du Seigneur en terre étrangère. – Dieu des opprimés, ouvre nos yeux sur le mal qui continue d’être infligé à nos frères et sœurs en Jésus Christ.

Prière 6e jour : Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits… c’est à moi que vous l’avez fait. – Dieu d’amour, nous te rendons grâce pour la sollicitude et l’amour sans fin que tu nous offres.

Prière 7e jour : Ce qui est aujourd’hui ne doit pas obligatoirement le rester. – Dieu de l’espérance, aide-nous à nous souvenir que tu es près de nous quand nous souffrons.

Prière 8e jour : La justice qui rétablit la communion. – Seigneur Dieu, toi qui es Créateur et Sauveur de toutes choses, apprends-nous à regarder en nous pour nous enraciner dans ton Esprit d’amour, afin que nous puissions nous ouvrir aux autres avec sagesse et courage en choisissant toujours la voie de l’amour et de la justice.

La Parole de Dieu dans le Livre du prophète Isaïe (1, 12-18) :
« Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de fouler mes parvis ? Cessez d’apporter de vaines offrandes : la fumée, je l’ai en horreur ! Néoménie, sabbat, convocation d’assemblée… je n’en puis plus des forfaits et des fêtes. Vos néoménies et vos solennités, je les déteste, elles me sont un fardeau, je suis las de les supporter. Quand vous étendez les mains, je me voile les yeux, vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous. Otez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, mettez au pas l’exacteur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve. Venez et discutons, dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. »

Pour accéder au dossier complet, visitez le site https://unitedeschretiens.fr

Dimanche 22 : invitation à tous à se joindre au culte au temple de Martigny à 10h dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Dimanche 29 : messe à My-Ville à 10h avec la prédication de la pasteure Roselyne Righetti dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Vitrail de la nativité, église Notre-Dame de l’Assomption, Payerne

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

A priori très simple, le vitrail nous invite à le contempler.

Si sous ses airs d’origami, le vitrail de la nativité qui se trouve dans l’église catholique de Payerne semble très simple, il révèle progressivement ses détails et nous invite à le contempler.

Arrêtons-nous d’abord sur l’inscription tout en bas de l’œuvre. Elle indique qu’il s’agit d’un « souvenir de la grande mission de l’année 1945 ». Il était de coutume d’accueillir des prédicateurs extérieurs qui prêchaient des retraites paroissiales pour raviver la foi et les dévotions. Traditionnellement, on érigeait une croix : à la fois comme souvenir et comme invitation à continuer de se laisser interpeller dans son quotidien une fois la mission terminée. Le choix d’un vitrail, qui plus est de la nativité, peut étonner. Il serait nécessaire de connaître la thématique des prédications de l’époque pour en connaître les raisons. L’œuvre peut toutefois être une invitation, pour nous, aujourd’hui, à nous replonger dans le mystère de la naissance du Sauveur.

Au premier plan, l’Enfant est entouré de Marie et Joseph. La composition est assez habituelle, l’âne et le bœuf sont présents à l’arrière-plan et un ange survole la scène. Cela vaut la peine de s’arrêter sur les expressions des visages. Jésus semble lever le regard vers les deux adultes qui auront la tâche de l’éduquer. Joseph dégage quelque chose de méditatif et taciturne alors que les traits de Marie sont plus énigmatiques.

L’ange, représenté dans l’étoile, semble rappeler à la fois les bergers et les mages. Les premiers ont appris la Bonne Nouvelle de la bouche des anges alors que les seconds ont suivi l’astre jusqu’à la crèche. Le Salut est après tout adressé à tous : pauvres et riches, croyants de naissance et convertis… Lire les deux récits de la nativité nous invite à un constat, tant pour les bergers que pour les mages. C’est de joie qu’il est question : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. » (Luc 2, 10) « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. » (Matthieu 2, 10). Alors, que cette œuvre nous invite donc à cultiver et partager la joie.

Le langage de l’art sacré

PAR JUDITH BALET HECKENMEYER
PHOTOS : JUDITH BALET HECKENMEYER, DR

Comment représenter ce qui est sacré ? Arrivera-t-on jamais à représenter cette flamme qui habite l’âme ? Nos moyens sont dérisoires face à cette immensité d’amour qui emplit tout notre être. Ce langage est fait de symboles, de touches personnelles qui restituent la vision de chaque artiste et qui ne sera que partielle, momentanée. On ne peut pas prendre une photo d’une personne et prétendre que c’est toute sa vie ! Le langage utilisé pour exprimer le sacré me semble donc être un cliché, un instantané de communion avec ce qui élève le cœur et l’âme de celui qui s’exprime par l’art.

En pensant à l’art sacré, je revois les magnifiques sculptures de Jean-Pierre Augier que j’ai découvertes au Grand-Saint-Bernard. Comment cet homme peut-il, avec des faux, des pièces de métal froides et coupantes, faire passer autant d’amour, de délicatesse et de sacré dans ses œuvres ? Il en est une à Martigny, devant la maison de la visitation derrière l’église. Ce qui naît de ces pièces de métal, par les mains de M. Augier, est juste renversant, bouleversant.

Dans un autre registre et avec d’autres matériaux, Christiane Michaud (de Fribourg) peint. Depuis plusieurs années, ses toiles sont habitées, inspirées par la foi. Elle a peint nombre de suaires. Ses œuvres sont également empreintes de délicatesse, de finesse et laissent une belle place à la contemplation.

L’art sacré serait-il une invitation, un prétexte à la contemplation, au recueillement ? Certains parlent français, d’autres allemand. L’art sacré nous parle par
des textes, de la musique, des chants, des sculptures, des peintures, des fresques, des bâtisses. Chacun y est sensible différemment et à sa manière, selon son
tempérament, selon ce qu’il traverse, selon l’ouverture de son cœur au plus grand que soi, au meilleur de chacun qui s’exprime.

Ouvrons nos yeux et laissons-nous pénétrer par tout ce qui réveille le sacré en nous, surtout en ces temps de la nativité, ouvrons notre cœur à Dieu et ses multiples manifestations d’amour.

Chemin de recommencement

PAR CLAUDE AMSTUTZ | PHOTO : DR

C’est l’histoire d’un ami italien. Appelons-le Giovanni. L’an dernier, il a été frappé par la foudre : sa compagne, à quelques semaines de la célébration de leurs 20 ans de vie commune, est emportée par un infarctus, sans signes prémonitoires.

Il éprouve alors l’enfer : cette terrible épreuve qu’est celle du vide, de l’absence physique de l’être aimé. Les jours, puis les semaines et les mois passent. Il commence à panser ses blessures, même si elles demeurent vives. Et peu à peu il se rend compte – ce qu’il avait négligé avant ce drame – que des personnes de son entourage, au sein de son Eglise entre autres, lui manifestent des signes d’amitié inattendus par une écoute attentive, un sourire, une présence, des gestes affectueux, une foi en lui.

Progressivement, il entrevoit qu’une vie nouvelle – voire un bonheur d’une autre nature – n’est pas chose impossible. Aujourd’hui, c’est lui qui fait les premiers pas pour aider les autres à se reconstruire, à surmonter leurs traumatismes et guérir. Quel beau défi !

Moins aliéné à son travail et son portable, le voici qui prend davantage plaisir au silence, à la prière, à la lecture ou à la musique, sans oublier bien sûr sa « nouvelle famille » de la paroisse qui l’aide à retrouver un peu de cette sérénité incomparable venue d’en-Haut.

Mais surtout, il sait que le chemin de ses recommencements est un don de Dieu : celui que Boris Cyrulnik appelle le tuteur de résilience. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne… » Jn 14, 27

Ce temps de l’Avent, n’est-il pas pour nous aussi, le temps de réfléchir à nos propres cicatrices, petites ou grandes qui parfois nous figent dans le passé ou nous orientent à l’envers de la réconciliation, de l’ouverture au monde, du pardon ? Nos propres recommencements peuvent être des instruments de paix et de bonheur entre les mains du Christ. Ne l’oublions pas !

Alors peut-être, comme mon ami Giovanni, à la veille de Noël, pourrons-nous, inspirés par l’Esprit Saint, entendre et répondre à la joie de saint Bernard : « Courez, mes frères, courez vite ; non seulement les anges vous attendent, mais le créateur même des anges vous désire. Eh bien donc ! puisque le festin des noces est prêt, et que toute la cour céleste nous désire et nous attend, courons vite, courons par nos désirs, recevons dans une joie salutaire, la couronne de notre Roi enfant… »

Belle fête de la Nativité à toutes et à tous !

 

Noël, pour moi c’est…

Noël, à portée de main… Noël qui résonne en chacun de nous avec son accord particulier, grave ou léger, paradoxal ou harmonieux… Voici les échos de quelques personnes, enfants, étudiants, adultes aux chemins de vie les plus divers… Et aussi, en contrepoint, des réflexions de trois auteurs : Elisabeth Parmentier, Lytta Basset et Christian Bobin, pour nous ouvrir d’autres chemins d’intériorité…

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR

Noël, c’est la naissance du Christ, et en tant que chrétien, c’est l’occasion de se revoir en famille pour fêter l’événement. Malheureusement, cette fête s’est transformée en événement marketing, nous sommes dans la préoccupation des cadeaux longtemps à l’avance, alors que ce n’est pas le sens véritable de cette fête.
Evan

Pour moi, Noël, c’est de passer un bon moment avec ma famille et de fêter la naissance de Jésus. C’est aussi d’ouvrir les cadeaux et de manger la bûche, d’être avec mes cousins et mes cousines, mes parents, mes grands-parents… Et voilà !
Kendji

Quand je pense à Noël, ce qui me vient à l’esprit, c’est un superbe sapin, tout joliment décoré !
Rosalie

Pour moi, Noël c’est une période qu’on vit en famille, avec celles et ceux qu’on ne voit pas souvent et avec qui on passe du bon temps.
Charlotte

Noël signifie avant tout pour moi l’opportunité de ramener Dieu au centre de nos vies, de nous rappeler qu’il y a quelque chose de plus grand que nous, quel que soit le nom qu’on lui donne. Cela nous permet aussi de nous rassembler dans une atmosphère particulière de foi, et par cette foi, un sentiment de paix. Je crois que le monde a cruellement besoin de remettre ce qui est essentiel à la base de toutes les actions, de tout, en fait… Et Noël nous fait remonter, au sens premier de ce que l’on souhaite pour la suite de notre vie, de ce que l’on veut remettre au premier plan. Il y a aussi beaucoup de joie et le fait de rassembler la famille permet de nous rappeler que nous faisons partie de la grande famille des humains… une famille d’âmes, cette essence divine qui est en nous et au-delà de nous… Noël ravive un élan de sacré et rappelle le caractère précieux de la vie et des instants partagés avec les autres et avec soi-même. Pour moi, Noël, ce n’est pas que le 25 décembre, c’est toute la période avant Noël où notre esprit est comme travaillé de manière subtile, presque imperceptible, dans une préparation à accueillir, à un moment donné cette énergie qu’on trouve dans cet événement de Noël… ce qui est difficile à décrire, je l’avoue…
Catherine

Sarah et Estelle.

Sarah : Qu’est-ce que c’est Noël pour toi, Estelle ?
Estelle : Noël, c’est quand le Père Noël vient poser des cadeaux et du coup, j’adore Noël ! On fait des boules de neige, on reçoit plein de cadeaux du Père Noël, et c’est trop bien !
– Et est-ce qu’il y a autre chose à Noël que tu aimes bien ?
– Oui ! C’est les cadeaux…
– Et tu sais ce qu’on fête à Noël ?
– Mon anniversaire !
– Oui, c’est proche de Noël ton anniversaire (12 décembre)… et qui a aussi son anniversaire à Noël et qu’on fête ensemble ?
– Euh… Jésus, le petit Jésus… le bébé Jésus…

La période de l’Avent, est pour moi une période que j’aime beaucoup. J’ai l’impression de m’enfoncer dans la nuit, de manière douce et lente. Autour de moi c’est sombre, mais au bout il y a une douce lumière qui grandit de jour en jour… c’est une ambiance un peu cosmique. Par cette nuit qui vient et qui nous entraine, on est amené à se désintéresser des choses plus extérieures, des volitions, des contrôles qu’on exerce autour de nous et on est plus dans l’intuition de cette toile de fond qui sous-tend toute vie, le Tout, ce mystère lumineux et pur… Avec cette intuition grandissante, nos cœurs deviennent plus doux, plus compréhensifs, l’ego diminue, on est plus disponible aux autres et, plus largement à toute forme de vie, aux animaux, aux plantes… Il y a plus de compassion entre les êtres humains et dans le monde durant cette période-là. Je me sens plus en paix avec moi-même, les tourments sont moins présents dans cette sorte de communion avec ce qui est plus grand que nous… Pour moi c’est une période qui se passe plutôt bien.
Anne-Lise

Pascale et Angel.

Noël, pour moi, c’est une naissance, c’est un temps d’émerveillement, un passage des ténèbres à la lumière… c’est un cadeau qui nous est offert pour nous éveiller à d’autres musiques, à d’autres couleurs, à de nouvelles épreuves aussi… Accueillir l’autre dans sa différence et vivre l’épreuve de l’exil… Noël, c’est un espace d’espoir pour nous laisser guider par quelque chose qui nous dépasse, quelque chose de plus grand que soi…
Pascale

Noël c’est pour moi un temps de réflexion, de méditation, de paix, de rencontre avec moi-même. C’est comme un point de départ, une parenthèse entre un point « a » et un point « b » et qui prépare la continuation vers la suite… C’est un temps de tranquillité, d’amour, de paix, de louange et de prière pour le monde où nous essayons, à partir de notre petitesse, d’élargir la louange et la prière pour la paix dans le monde… Noël, c’est l’amour…
Angel

Mais aussi…

A Noël arrive un enfant qui va nous rendre la vie impossible, mais sans cet impossible, il n’y a rien.
Christian Bobin

Noël est comme une brèche ouverte dans le temps. Quelque chose se passe qui semble avoir effacé pendant quelques heures toutes les déceptions de la vie. C’est comme si on attendait quelque chose, quoi je ne sais pas exactement, mais ce que l’on attend là, c’est ce que l’on attend toute la vie, car le meilleur du temps de Noël est presque invisible, faible, et suppose une passion infinie de l’attente.
Christian Bobin

Que Dieu puisse être non simplement Créateur ou énergie pure, mais venu en « personne » auprès des humains, dans un corps de finitude, soumis à la condition humaine, cela dit un amour incroyable. Il ne nous tire pas vers les cieux, mais s’abaisse à accepter la vie dans les conditions d’humanité, pour que nous aimions vivre malgré toutes les difficultés que cela implique. J’apprends à aimer davantage les êtres humains, plutôt que de vouloir m’en protéger, puisque c’est ainsi que vivre a un sens : vivre en partageant notre co-humanité. L’aspect commercial de Noël est agaçant, surtout le folklore du Père Noël. Mais les préparatifs de fête et la course aux cadeaux sont aussi des expressions du grand besoin de partage, de proximité, de l’aspiration à vivre une qualité de liens humains.
Elisabeth Parmentier

Noël arrive à quiconque voit le souffle saint tisser la vie dans l’être profond de quelqu’un et se laisse inspirer pour le lui dire : « Toi, tu es béni.e ! Dieu est en train de faire germer la vie en toi. J’en suis inexplicablement le témoin. Quel privilège pour moi de voir que tu portes le Christ au-dedans de toi ! »
Lytta Basset in Méditations de pleine conscience, Bayard 2004, p. 85

Depuis le passage de Jésus, il y a du ciel sur la terre. Du ciel que rien ni personne ne pourra jamais évacuer.
Lytta Basset, ibid. p. 49

Retraite Kairos : un renouveau pour ta foi !

 

TEXTE ET PHOTOS PAR ASTRID BELPERROUD

Tel est le slogan de cette étonnante expérience qui est proposée à nos jeunes en chemin vers la confirmation sur le canton 
https://www.pjge.ch/kairos

Le principe est simple : une retraite pour 20 à 30 jeunes de 15 à 20 ans, 3 jours pour s’interroger sur sa relation à soi-même, aux autres et à Dieu, organisée durant les vacances d’octobre, animée par des jeunes confirmés qui ont vécu un week-end Kairos. La démarche se vit en début de parcours, pour créer une fusion entre les jeunes, une cohésion de groupe, puis tous se retrouveront lors de la journée cantonale des confirmands, une merveilleuse aventure commence pour eux.

Dimanche 30 octobre dernier se clôturait le deuxième week-end avec 27 jeunes. La cérémonie avait lieu à Sainte-Thérèse sur l’UP Eaux-Vives – Champel. L’église s’est assez vite remplie avec les familles, parents, frères et sœurs, grands-parents. Quelques animateurs sont venus en avance pour nous faire répéter les chants, donner quelques informations sur le déroulement du week-end en attendant les jeunes.

Un signal téléphonique nous annonce l’arrivée toute proche des jeunes, les familles se retirent des bancs, tous se cachent du mieux possible, toutes les lumières se sont éteintes, les jeunes commencent à rentrer puis tonnerre d’applaudissements et la lumière revient. Joie pour les jeunes, émotions pour les parents. La cérémonie se poursuit avec de beaux témoignages de la part des animateurs mais aussi des futurs confirmands. Des mots forts comme partages, amitiés, faire du sens… mais aussi belles rigolades, bonne nourriture, « c’est gravé à jamais dans mon cœur » résonnent encore dans ma tête…

Quand on est animateur en pastorale, on donne le meilleur de nous-même à tout moment pour que les jeunes puissent être touchés par le Seigneur, une parole, un regard, un réconfort… alors, quelle belle gratitude de recevoir tous ces messages après une superbe retraite. Bravo à notre pastorale des jeunes sous la gouverne de Miles Fabius et merci à tous les bénévoles.

Notre jeunesse n’est pas toujours visible dans nos communautés et pourtant elle est là, nourrie… Continuons de prier pour eux et avec eux.

Les jeunes ont tous reçu la croix de Jérusalem, une grande croix qui supporte quatre petites croix, Jérusalem qui soutient les Eglises des quatre points cardinaux.

Notre-Dame de l’Atlas

25 ans après le martyre des moines de Tibhirine en Algérie, Gaëlle May découvre que l’intuition se poursuit au Maroc à Midelt, là où une petite communauté de moines cisterciens vit dans la prière, la simplicité, le travail et l’amitié fraternelle avec ses voisins musulmans. Caméra en main, elle est partie avec un petit groupe sur les pas de ces frères chrétiens en terre d’Islam. Elle raconte.

TEXTE ET PHOTO (LUEURS PRODUCTIONS) PAR GAËLLE MAY

Aujourd’hui, une année après le décès de frère Jean-Pierre Schumacher, dernier moine rescapé de Tibhirine, je vous partage un reflet de mon voyage au cœur de l’Atlas marocain, à la rencontre de ses habitants et de la communauté du monastère Notre-Dame de l’Atlas.

Après quelques jours de marche, éblouie par la beauté des paysages parcourus au rythme du pas, enrichie par la rencontre avec notre guide Mustafa et son équipe aux petits soins pour nous préparer les repas et la tente au cœur du désert, touchée par l’hospitalité offerte et le thé partagé le long du chemin, mon cœur se laisse peu à peu sculpter par ce temps à l’écart et se prépare à la rencontre avec la communauté de Notre-Dame de l’Atlas.

Dès notre arrivée au monastère, le dialogue se tisse non seulement avec la communauté, mais aussi avec Omar – ami de longue date des cisterciens – qui nous raconte que les moines sont pour lui des frères et que lors des fêtes musulmanes, il les invite à partager le repas. Frère José-Luis nous contera plus tard que sans amour, il n’y a pas de dialogue interreligieux et que le dialogue se vit déjà lors d’un simple échange pour acheter le poulet ou pour prendre des nouvelles de la famille ou de la santé de chacun. C’est en se portant l’un et l’autre dans la prière que le prieur Jean-Pierre nous confie qu’ils se stimulent à aller vers Dieu.

Lors de notre venue, les moines étaient cinq. Frère Jean-Pierre, rescapé de Tibhirine, était encore en vie. Nous avons eu le cadeau de pouvoir vivre un temps d’échange avec lui. A la question « Comment voyez-vous votre avenir ? », il nous répond qu’il est en apprentissage de la prière. Parole étonnante à recevoir d’un moine nonagénaire, mais oh combien emplie d’espérance pour mon propre chemin de foi souvent parsemé de doutes.

Dix jours en marche avec Notre-Dame de l’Atlas pour découvrir une présence chrétienne donnée sans recherche de conversion, de baptême mais dans la simplicité de la rencontre avec ses voisins musulmans. Une amitié partagée par-delà l’appartenance religieuse. Omar témoigne encore : « Les chrétiens et les musulmans ce sont tous des frères. Ils bâtissent tous la paix. »

En ce temps de l’Avent, je nous souhaite de pouvoir nous aussi toujours plus ouvrir notre cœur à notre prochain, à notre voisin. Et dans la liberté de chacun, marcher ensemble vers Dieu qui nous rejoint dans notre humanité par la présence de ce petit enfant à naître.

A découvrir un reflet filmé de ces rencontres sur lueursproductions.ch/monastere-atlas

Théophanie byzantine

PAR SVIATOSLAV HORETSKYI | PHOTOS : JUSTINE HORETSKYI

Douze jours après la Nativité du Christ, soit le 6 janvier, nous avons une grande fête que nous appelons dans la tradition catholique romaine « L’Epiphanie ». Elle symbolise la rencontre entre le fils de Dieu nouveau-né et les trois Rois Mages venus d’Orient pour honorer Jésus et lui apporter des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Dans la tradition byzantine, le 6 janvier est aussi jour de fête, mais, ce jour-là, nous célébrons la Théophanie, plus connue sous le nom de Baptême du Christ. Pour nous gréco-catholiques ukrainiens, il s’agit de l’une des fêtes majeures de notre calendrier liturgique. La Théophanie désigne la « manifestation de Dieu » au moment où le Christ est baptisé dans le Jourdain par Jean-Baptiste. Elle marque également la première révélation explicite de la Sainte-Trinité. Dieu le Père rend témoignage à son fils en déclarant du haut des cieux : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » et Dieu le Saint-Esprit se manifeste en descendant sur le Christ sous forme de colombe.

Par les eaux du Jourdain dans lesquelles Jésus est immergé pour recevoir le baptême, toute la création de Dieu est renouvelée. Tous ceux qui touchent le Christ renaissent et sont purifiés du péché : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché. » (Jean, 1, 29)

Durant cette journée festive, l’office de la Grande bénédiction des eaux est célébré dans chaque église après la Divine Liturgie. En Ukraine, lorsque cela est possible, les évêques, les prêtres et les fidèles se rendent au bord des rivières, des fleuves et des lacs pour y bénir l’eau, puis les gens s’y baignent (même par -20°C !) et tout le monde rentre chez soi en emportant des fioles d’eau bénite. Les jours suivants, les familles qui le désirent font venir un prêtre pour bénir leur maison, et ce tous les ans.

La tradition byzantine met l’accent sur l’importance de se purifier de notre vie matérielle, c’est pourquoi la fête du Baptême du Christ est pour nous l’occasion de nous purifier et de nous rapprocher ainsi du Seigneur.

P.-S. : pour en savoir plus, rendez-vous le mardi 17 janvier à 18h salle sous l’église de Saint-Joseph : Sviatoslav Horetskyi et Thierry Schelling présenteront les Eglises orientales catholiques.

Oser l’aventure

TEXTE ET PHOTO PAR MARION PERRAUDIN

Oser l’aventure,
Oser prendre la route,
En suivant la clarté de l’étoile brillant sur la maison du pain,
Cheminer malgré nos doutes !
Cheminer avec nos joies et nos bonheurs.

Oser l’aventure,
Oser prendre la route,
Guidé par la lueur de l’étoile scintillant sur l’humble crèche
Savoir reconnaître sur le visage des personnes que l’on rencontre
Le Visage de l’Enfant qui va venir.

Oser l’aventure,
Oser prendre la route,
En laissant la lumière de l’étoile éclairer notre cœur
S’abandonner à la confiance
Pour se laisser rejoindre au cœur de notre vie par l’Emmanuel.

Oser l’aventure,
Oser prendre la route,
Lorsque la clarté de l’étoile se cache à nos yeux,
Et que tout semble voilé,
Pour découvrir le cadeau de l’amour,
Reposant dans l’étable de notre cœur.

Oser l’aventure,
Oser prendre la route,
En fixant notre regard sur l’étoile qui a conduit les mages
Qui conduira nos pas sur les chemins de l’an nouveau
Pour qu’au fil des jours,
Nous laissions la Lumière de l’Emmanuel
Habiter notre vie.

Une proposition…

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : DR

… de bibliothèque d’objets en prêt

Besoin d’une perceuse pour faire des trous dans le Gruyère ? Un casque antibruit pour ne plus souffrir des répétitions de cor des Alpes de votre voisin ? Plus sérieusement, pourquoi acheter un objet que vous n’utiliserez qu’une seule fois ? Empruntez-le ! La Manivelle fonctionne exactement comme une bibliothèque ou une ludothèque. Il suffit de vous inscrire, de payer une petite cotisation, de réserver l’objet sur lequel vous avez jeté votre dévolu et de l’emprunter pour une période définie. Toutefois, attention, la Manivelle fonctionne de la même manière qu’une bibliothèque, les oublieux paient des frais de retard… Plus d’informations et lieux de prêts sur manivelle.ch

… Pour emprunter à vos voisins ce qu’il vous manque

Frapper à la porte de son voisin pour lui emprunter un caquelon à fondue ou une pompe à vélo se pratique de moins en moins. Chacun préfère posséder « ses » objets. Pumpipumpe rend tous les objets cachés dans les appartements, armoires et caves visibles. L’association à but non lucratif créée en 2014 à Berne est un outil pour activer le réseau de voisinage. Pour que cela fonctionne, il faut rendre ces objets visibles là où les voisins passent quotidiennement, c’est-à-dire aux boîtes aux lettres. Pumpipumpe propose donc sur son site web une série d’autocollants à apposer sur sa propre boîte afin de montrer à ses voisins quels objets vous êtes disposés à prêter. Qui sait, le prêt d’un objet pourrait déboucher sur un apéro ou même une fondue dans un caquelon… partagé ! Plus d’informations et autocollants disponibles sur Pumpipumpe.ch

Se prendre une châtaigne

PAR MYRIAM BETTENS
PHOTOS: DR

Les bogues c’est toujours embêtant, à moins d’être tombés d’un arbre. Mais pour ces bogues-là, pas besoin d’être un as du décodage pour les distinguer de leurs cousins. On vous raconte tout sur cette piquante surprise automnale, histoire de pas vous faire gauler (sic) en les ramassant.

Il n’y a pas que les amateurs de «castagne» qui les apprécient. A l’automne venu, de petites cahutes fleurissent çà et là dans nos villes. La harangue du vendeur vous promet des «chauds… marrons… chauds». Mais détrompez-vous, ce qui se trouve dans le petit cornet de kraft qu’il vous tend n’a rien à voir avec son cousin de la Promenade de la Treille, annonciateur du printemps et dont les fruits servent aux enfants pour réaliser leurs sculptures «cure-dentesques», ni même avec le marronnier tant apprécié des journalistes en mal de «scoops».

Pour des millions d’Européens, l’importance historique du châtaignier – «l’arbre à pain» – est comparable à celle des céréales ou de la pomme de terre. En Suisse, son fruit occupait jadis une place à part dans l’alimentation de base, surtout dans le sud du pays, en Valais et dans la région du lac des Quatre-Cantons. Divers noms de localités, tels que Kastanienbaum (LU) ou Kestenholz (SO), témoignent de l’importance et de l’ancrage de ce fruit dans la tradition helvétique. Au Tessin, la châtaigne était déjà devenue l’aliment de base au VIe siècle et constituait la principale monnaie de paiement des redevances seigneuriales ou ecclésiastiques. Surnommé «le pain du pauvre», le fruit conférait à la population l’unique source de survie durant plusieurs mois lors de périodes de disette.

Traditionnellement, sa consommation débute entre le 1er novembre et la Saint-Martin. La fourrure que l’on découvre en ouvrant la bogue évoque celle du manteau que saint Martin a partagé alors avec un mendiant et rappelle, outre la générosité du saint, celle de l’arbre. Gare toute- fois : les fruits des châtaigneraies tessinoises – même tombés au sol – appartiennent à leur propriétaire jusqu’à la Saint-Martin. Ensuite, libre à vous de gauler l’arbre…

Recette: Le gâteau des anges

Temps de préparationTemps de cuissonPortions
45 minutes sur deux jours60 minutes sur deux jours12

La châtaigne est une école de persévérance et ne récompense que ceux qui ont le courage de surmonter tous les obstacles qui précèdent sa dégustation: bogue piquante et peau adhérente. Les fins gourmets devront être encore plus patients pour goûter à cette douceur très prisée de la fin d’année: les marrons confits (ou glacés).

Ingrédients et ustensiles

  • 1 panier de cuisson
  • 1 pèse-sirop ou densimètre en degré Baumé (°Bé)
  • 1 kg de marrons
  • 1 c. à s. de sel
  • 1,5 l d’eau
  • 1 kg de sucre en poudre
  • 4 sachets de sucre vanillé
  • 1 gousse de vanille
Les fins gourmets apprécient cette douceur de fin d’année: les marrons confits.

Pelage des marrons

Commencez par pratiquer une incision dans chaque marron. Faites bouillir une marmite d’eau avec une cuillère à soupe de sel. Plongez les marrons 5 min dans l’eau bouillante. Sortez et égouttez-les. Il vous sera plus facile de les peler en ôtant les deux peaux. Rincez les marrons à l’eau froide.

Cuisson des marrons

Placez les marrons dans une marmite et recouvrez-les d’eau froide. Portez l’eau à frémir mais sans la faire bouillir. Laissez cuire les marrons 30 min. Surveillez bien cette cuisson, car les marrons sont fragiles et ne doivent pas casser.

Préparation du sirop

Dans une marmite large, mélangez le litre et demi d’eau, le sucre blanc, le sucre vanillé et la gousse de vanille fendue dont vous aurez préalablement gratté les grains dans l’eau. Portez à ébullition et laissez bouillir pendant 5 min. Le sirop est prêt quand vous mesurez 20°Bé avec le pèse-sirop. Coupez le feu.

Réalisation des marrons confits

Placez les marrons dans un panier de cuisson puis plongez-le dans le sirop bouillant. Laissez cuire à feu très doux jusqu’à ce que le sirop atteigne les 25°Bé (environ 10 min). Puis ôtez du feu et laissez refroidir l’ensemble jusqu’au lendemain (pendant 20 à 24h). Le lendemain, ôtez avec précaution les marrons du sirop. Portez le sirop à ébullition. Puis replongez les marrons dedans et prolongez la cuisson à feu très doux jusqu’à ce que le sirop monte à 35°Bé. Otez les marrons du sirop et laissez-les sécher sur une grille.

Conservation

Une semaine dans le bas du réfrigérateur. A sortir au moins une heure avant la dégustation.

Revivre les gestes de convivialité paroissiale: de l’eucharistie aux agapes

Cela semble une banalité aujourd’hui – voire anachronique – de dire que nous reprenons peu à peu conscience du plaisir des gestes de convivialité au sein de nos communautés.
Le repas des bénévoles et la fête patronale à Sainte-Thérèse en sont les illustrations les plus enthousiastes de ce début d’automne 2022.

PAR ANNE-MARIE COLANDRÉA | PHOTOS : DR

Le repas des bénévoles est l’occasion de retrouver toutes les personnes qui offrent de leur temps et de leurs talents: des enfants et jeunes de la Maîtrise, des membres du chœur mixte, aux personnes de l’accueil lors des messes dominicales, des lecteurs, des ministres de l’eucharistie aux personnes engagées dans le service de la sacristie, des catéchistes et toute autre personne œuvrant pour la vie paroissiale. Tous et toutes ont partagé, avec gourmandise, les agapes aux goûts et couleurs ukrainiennes. Ce repas offert aux bénévoles de Sainte-Thérèse est aussi l’occasion de soutenir une communauté sœur par les liens caritatifs : ainsi l’amitié née des relations pastorales avec le Père Sviatoslav ont permis cette rencontre.

La fête patronale est à la fois l’expression de l’attachement à la Petite Thérèse, avec gratitude, et de l’émerveillement face à la beauté des expressions de la foi. Cette beauté s’exprime dans la liturgie, dans les nombreux bouquets de roses – symbole cher à Thérèse – dans l’église comme dans les locaux avec toute l’attention offerte pour recevoir les paroissiens qui ont pu participer au buffet. C’est aussi l’occasion de se retrouver avec la communauté polonaise qui réside à Sainte-Thérèse. Plus que les mots ce sont les sourires sur les visages rayonnants, les rencontres qui se tissent entre fidèles de longue date et les nouveaux arrivés et l’enthousiasme des enfants qui donnent le ton de cette fête aux cultures multiples, en communion sous le patronage de la sainte. Les enfants ayant fait connaissance avec la Petite Thérèse au caté, sont venus nombreux, entrainant leur famille, pour venir fêter celle qui est comme eux. Ils ont manifesté leur joie en honorant pleinement chaque étape de cette journée avec les jeunes bénévoles venus les accompagner du déjeuner à l’animation des jeux.

Un grand merci à tous les participants et à tous ceux et toutes celles qui contribuent à la réalisation de ces moments de communion.

Mieux ou pas ?

PAR JEAN-CHRISTOPHE CRETTENAND
PHOTOS: JEAN-CHRISTOPHE CRETTENAND, MONIQUE CHESEAUX

A la lecture du thème central du présent numéro « Fin du monde, une histoire sans fin » ce n’est pas l’Apocalypse qui m’est venue à l’esprit, ni même la foule de perspectives peu réjouissantes se profilant dans le sillage du réchauffement climatique. Non. Rien de cela. La première phrase qui a fait écho à cette question dans mon esprit était « C’était mieux avant ».

Du coup, en cherchant le rapport entre ces deux phrases (je me suis dit qu’il y en avait forcément un), je me suis rendu compte que mon état d’esprit du moment avait fait rebondir mes pensées sur « une histoire sans fin », avant de les faire ricocher sur un « c’était mieux avant ».

En effet, ayant eu, peu avant ma lecture, des discussions sur la situation générale des sociétés villageoises et des cycles de hauts et de bas que l’on y rencontre, j’étais forcément exposé à ce type d’association (plus ou moins naturelle je l’avoue). Je pense ici tout particulièrement aux groupes de bénévoles qui « quittent »
parfois, par vagues, la société dans laquelle ils s’étaient engagés durant plusieurs années et dont la participation active était devenue quelque chose d’acquis. Ce phénomène nous met a priori devant un constat pessimiste car tout à coup les chiffres, à qui l’on a donné tant d’importance, chutent. La société qui avait des bases solides, nous apparaît tout à coup en péril, au bord du crash. On fait alors juste abstraction du fait que les membres de ce groupe qui s’en vont étaient arrivés en même temps dans cette société, ou engagés les uns par les autres, les uns envers les autres, justement par la force de leurs liens et intérêts de l’époque.

Pour ma part, je ne vois pas dans ce phénomène un signe de fin, mais bien un signe de renouveau. Immanquablement, de nouvelles forces vont prendre le relais, avec de nouvelles idées, de nouvelles attentes, une énergie nouvelle. Evidemment, il y a parfois un « vide » (la reprise peut prendre plus ou moins de temps), bien souvent des « c’était mieux avant », mais au bout du compte l’essentiel doit rester de répondre aux besoins et attentes du moment en vivant pleinement chaque nouveau cycle.

Lumière de la Paix à Fribourg

Dimanche 11 décembre à 17h, la flamme de Bethléem sera accueillie à l’église Saint-Paul au Schönberg. Des adolescents ainsi que quelques chanteurs à l’étoile seront les ambassadeurs de cette chaîne de lumière, qui se répandra simultanément dans d’autres lieux d’accueil en Suisse et sur le continent européen.

PAR JEAN-MARC WILD ET PAUL SALLES
PHOTOS: FRIEDENSLICHT.CH

Une « Nuit des lumières » œcuménique et interculturelle avec des chants de Taizé nous rassemblera pour recevoir cette lumière qui voyage inlassablement, de main en main, de personne à personne – un cœur à cœur avec « Jésus le Christ, lumière intérieure ».

En ces temps où le bruit des armes fait l’actualité, la prière pour la paix se fait toujours plus pressante et nécessaire. Venez joindre votre prière à notre espérance du Royaume où la fraternité universelle est unie dans le Christ.

Et alors que nous nous préparerons à accueillir dans la crèche le « prince de la paix » (Is 9, 5), celui pour qui les anges chantent dans le ciel « Gloire à Dieu et paix sur la terre » (Lc 2, 14), que cette lumière allumée dans l’église de la Nativité à Bethléem puisse être accueillie dans nos foyers, nos quartiers, nos communautés et que nous soyons des artisans de paix.

Munissez-vous d’une lanterne ou d’une bougie fermée pour porter cette lumière dans vos familles, vos quartiers, vos paroisses et vos célébrations de Noël. Des bougies et lanternes seront également proposées sur place.

La Lumière de la Paix sera ensuite accessible dans la chapelle de Saint-Justin jusqu’au 2 février, fête de la Chandeleur.

Contact : Jean-Marc Wild (jmw@justinus.ch)
Informations : www.friedenslicht.ch/fr

Génial !

 

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : DIVERS

Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien Delphine, Diane, Luca, Iris, Miaro, Gérome, Sviatoslav, Słavomir, Karol, Etienne, Odette, Françoise, Jonathan, Lorenzo, Lionel, Pierre et Astrid ! Ouf, cela fait une longue liste, mais pas aussi longue que celle des servant.e.s de messe célébrant, le soir à St-Jo, à 18h, avec les abbé Karol et Thierry ! Les photos sont à peine assez larges pour embrasser tout le monde, et le chœur de l’église est lui adéquat pour mettre chacune et chacun côte à côte, et ainsi face à l’assemblée qu’ils et elles servent si fidèlement à Champel, aux Eaux-Vives et ailleurs.

A cause du temps, c’est l’option B qui nous a retenus : Meinier, en campagne genevoise. Après quelques jeux à St-Jo’ pour « briser la glace », TPG, accueil église rénovée récemment pour ses 300 ans, présentation par l’aimable président de paroisse, quelques jeux avant le pique-nique, puis, soleil apparaissant, promenade d’une petite heure dans les alentours, retour à la salle, jus, jeux, joie !

Retour à l’église pour se préparer à la célébration, au grand ravissement des fidèles : Où sont-ils les jeunes ? Eh bien… là où elles et ils se sentent co-actrices et co-acteurs de l’animation, y compris de la liturgie ! ! !

 

 

This is the end ?

PAR CHRISTOPHE ANÇAY
PHOTO: MARIE-PAULE DÉNÉRÉAZ

«Au commencement», tels sont les premiers mots de la Bible. Dieu a créé le monde. Il a un début. Cela veut-il dire qu’il a aussi une fin ?

Dieu a créé le monde et y a placé l’homme et la femme. Et qu’avons-nous fait de cette création ? Notre façon de vivre nous conduit de façon assez certaine si ce n’est à la fin du monde, à la fin d’un monde – la Terre n’a pas besoin de l’humanité pour tourner ni le cosmos de la planète bleue. L’exploitation irraisonnée des ressources, la pollution et le réchauffement qui s’ensuivent auront des conséquences graves pour l’humanité. La domination de l’argent, qui conduit une partie de l’humanité à construire sa fortune sur la misère de l’autre, ne peut conduire à autre chose qu’à un effondrement.

« Dieu créa l’homme à son image. » (Genèse 1, 27) Dans les circonstances qui sont les nôtres, saurons-nous être à l’image de Dieu qui crée et saurons-nous créer un monde nouveau ? Ou serons-nous comme Adam et Eve qui, en voulant se prendre pour Dieu, ont causé la ruine de leur monde ?

La Bible aime parler d’accomplissement plutôt que de fin du monde. Saurons-nous être guidés par l’Esprit pour mettre le génie humain au service de l’accomplissement de la création ? La Bible s’achève par le Livre de l’Apocalypse. Pourquoi ce titre est-il si souvent associé à quelque chose de terrible alors qu’il signifie « révélation » et raconte, dans son langage imagé, la création qui atteint son apothéose en Dieu ?

Voici les mots de la fin dans la Bible : « Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! » (Apocalypse 22, 20-21)

Toutes les citations bibliques, © AELF

Ensemble dans la confiance

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET 
PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’année pastorale, qui s’est ouverte dimanche 4 septembre par une célébration joyeuse à l’église de Gland, nous invite à la confiance (pages 4-7). Un thème nous guidera au long des mois, résolument tourné vers l’espérance que donne le Christ : « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ».

Difficile de garder le cap de l’espérance dans le monde tel qu’il va. Les menaces – climatiques, politiques, économiques, sociales – sont nombreuses et nous sommes souvent tentés de nous replier sur nous-mêmes, de cultiver notre jardin, comme Candide, bien à l’abri derrière nos haies et nos clôtures.

La planète souffre et nous ne ferions rien ? La guerre en Ukraine se poursuit et nous fermerions nos portes ? Le prix de l’énergie monte en flèche et nous hausserions les épaules ? Pour nous chrétiens, les crises sont autant d’occasions de nous engager pour plus de justice et de solidarité. Dans la confiance, car Dieu lui-même est avec nous : il se risque sur nos routes, il marche à nos côtés, il nous appelle à sortir, à aller à la rencontre des femmes et des hommes de ce temps. Comme Raphaël Buyse, prêtre à Lille, dans « Autrement, Dieu » (Bayard Editions), un livre source d’espérance écrit au terme d’une année passée chez des moines bénédictins près de Bruxelles.

« Ne jamais plus demeurer accroupi à attendre. Ne pas répéter les choses, les gestes, les relations, les mots, les rites et les idées. Nous laisser bousculer, atteindre, toucher. Aimer. Ne pas croire que le chemin est terminé », écrit-il. Bouger, faire du neuf, nous laisser émouvoir par les remous du monde, et l’aimer, ce monde, avec ses enthousiasmes et ses fragilités, ses joies et ses détresses. Il est le nôtre, et nous chrétiens sommes appelés à « partir vers ce qui arrive », à vivre « la présence consentie aux évènements et aux rencontres de la vie », « ouvrant les portes et déliant les consciences ».

Pour cela, « croire en l’autre, en la vie, en demain », en soi, en posant sur ce qui vient un regard d’espérance et de bienveillance. Un beau programme à vivre ensemble jour après jour sur notre unité pastorale. Toujours plus, car cette année, elle devient interculturelle, regroupant toutes les communautés linguistiques : francophone, italophone, espagnole, lusophone et coréenne.

Autre changement : dès l’an prochain, votre bulletin paraîtra quatre fois par an et chaque numéro sera consacré à un thème. Vous retrouverez néanmoins, à la fin de chacun d’eux, des reflets de la vie de votre communauté. Vos idées sont les bienvenues : Dieu nous fait confiance pour semer, planter, bâtir.

Messe d’ouverture de l’année pastorale

Sous le signe de la confiance

 

Près de 300 paroissiens des communautés francophone, italophone, espagnole, portugaise et coréenne de l’Unité pastorale interculturelle Nyon-Terre Sainte (UP) se sont retrouvés dimanche 4 septembre dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Gland pour célébrer l’ouverture de l’année pastorale 2022-2023. Une année placée sous le thème « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ».

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET 
PHOTOS : BRIGITTE BESSET, DANILO DE SIMONE

L’année pastorale 2022-2023 a été lancée dimanche 4 septembre à Gland par une célébration qui a rassemblé des paroissiens de toute l’Unité pastorale interculturelle (UP) sur le thème « Nous sommes Eglise. N’ayez pas peur, confiance, je suis avec vous ». Ils étaient près de 300 à avoir pris place dans l’église et la salle paroissiale, où la messe était diffusée, pour ouvrir l’année pastorale autour des prêtres de l’UP, des prêtres des communautés espagnole et portugaise et du diacre Eric Monneron. Une année qui aura pour fil rouge deux textes bibliques : la tempête apaisée
(Mt 8, 23-27) et Pierre marchant sur les eaux (Mt 14, 22-36). Puissent-ils, a dit l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, « nous aider à gagner en confiance et à nous plonger dans l’espérance chrétien-
ne ».

Après l’accueil par Brigitte Besset, présidente, au nom du Conseil de l’UP, l’abbé Dunand a dit l’importance du thème de cette nouvelle année pastorale : « ‘ Confiance, c’est moi ’ : ces mots nous sont murmurés par Jésus, ils nous sont adressés par lui, nous qui sommes ses ouvriers pour la construction de son Eglise ».

Connectés sur Jésus

« Notre vie terrestre avec Dieu est un temps d’espérance. Nous ne savons pas tout de lui. Cependant, même si nous ne savons pas tant de choses sur Dieu, nous sommes capables de nous connecter à lui » par le canal qui a nom espérance, a dit le curé modérateur en ouverture de son homélie. L’espérance, « cette force intérieure qui nous lie à la personne concrète de Jésus, Dieu notre frère », est « au cœur de la foi ». Elle « nous donne la certitude et la force que, malgré nos faiblesses, nous pouvons aller de l’avant ».

Ainsi, l’épisode de Pierre qui marche sur les eaux est parlant : « C’est comme une image de ce qui se passe dans nos vies. Il est question de nos peurs, des fantômes qui hantent nos vies, de nos tempêtes, mais aussi de confiance, de vent qui se calme, de foi ». Croyant voir un fantôme en Jésus qui marche sur la mer, Pierre se jette à l’eau… et s’enfonce. « Et c’est lorsque Jésus lui tend la main qu’il trouve un appui qui le secourt et lui donne la paix. Sa foi en Jésus lui permet d’avancer malgré le péril où il s’enfonçait et elle le fait grandir. Confiance ! »

Et nous ? Nous sommes tous un peu comme les apôtres et Pierre : « On est souvent pris de peur, bouleversés. Dans la tête de beaucoup de gens, de personnes croyantes comme nous, lorsque ça ne va pas, ou si ça va mal dans la vie, c’est que Dieu n’est pas là. En cela nous considérons Dieu, a poursuivi l’abbé Dunand, comme une sorte de négociant, d’homme d’affaires. Nous marchandons avec lui. […]Et si ça ne va pas dans le sens qu’on veut, on perd confiance, comme Pierre. On perd la foi. On s’enfonce ».

Durant la nouvelle année pastorale, « restons connectés sur Jésus, Dieu notre frère, grâce à la chaîne gratuite de l’espérance ! Elle est au cœur de notre foi et nous permet de faire des pas vers Jésus ressuscité. Il nous tend la main… bâtissons son Eglise avec confiance ».

Une UP interculturelle

La nouvelle année pastorale est synonyme de changements. L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, a décidé, par décret, de nommer notre UP « Unité pastorale interculturelle Nyon-Terre Sainte » : elle regroupe dès à présent toutes les communautés linguistiques, francophone, italophone, espagnole, lusophone et coréenne.

Pour marquer cette étape, une messe franco-coréenne a été célébrée dimanche 16 octobre à la Colombière à Nyon ; et samedi 13 mai 2023, toute l’UP fêtera Notre-Dame de Fatima par une procession et une messe. L’eucharistie sera désormais célébrée selon le nouveau missel, et pour permettre à chacun de mieux participer, de brèves catéchèses seront données durant les messes dominicales.

Nourrir la vie spirituelle

Marie-Agnès de Matteo a été nommée formatrice et accompagnatrice d’adultes dans le service cantonal de la vie spirituelle. Elle compte développer cet axe pastoral sur toute l’UP en ouvrant un Espace Sainte-Thérèse, en cours d’aménagement à Nyon. Le but est d’offrir un accompagnement spirituel, des occasions d’approfondir sa foi dans des groupes de partage et des formations à la prière et au discernement spirituel. Sylvie Humbert, de Begnins, désire s’impliquer bénévolement en proposant des groupes de révision de vie (voir page 10).

Suite à une année de discernement en pastorale sociale et de rue aux côtés de Françoise Gariazzo sur les deux unités pastorales de la Côte, Natacha Schott a commencé en septembre une formation d’animatrice pastorale. A ce titre, elle travaille pour l’UP à la Permanence accueil d’ASOLAC (Association sociale œcuménique de la Côte) à Nyon en partenariat avec l’Eglise réformée vaudoise et Caritas. Elle coordonne le café partage sous l’église de Gland les mardis de 9h30 à 11h. Elle fait aussi partie du groupe solidarité de l’UP Effata, coordonné par Françoise Gariazzo.

Liturgie et écologie

Le Conseil de paroisse de Founex a un nouveau président, Pierre Boppe. Les servants d’autel de l’UP sont placés sous la responsabilité de Sandrine Minniti. Pola Aleksandrowicz est nommée cérémoniaire et responsable pour la paroisse de Founex, Eva Jaggi cérémoniaire et responsable pour la communauté de Gland. Silvia Santos reprend le secrétariat de la catéchèse et la coordination des 5H.

Enfin, un accent particulier sera mis tout au long de l’année sur la liturgie et l’écologie. Deux groupes se sont constitués pour y réfléchir: une commission liturgique (France Boppe, Daniela Meynet, Françoise Merlo, Sandrine Minniti, Emmanuel Caillaud, Sinclaire Burdet et l’abbé Jean-Claude Dunand) qui mettra en place des catéchèses afin de mieux faire comprendre les enjeux de la réforme du missel ; un groupe EcoEglise, sous la responsabilité de Linda Klare, membre de la Commission diocésaine, qui encouragera chacun à s’engager pour la création. Enfin, l’abbé André Fernandes est à la retraite, mais il donnera des coups de main sur l’ensemble de l’UP. Le Père Pedro Delgado, de la communauté espagnole, est pleinement intégré dans l’UP.

Les personnes nommées, debout, ont réaffirmé leur foi. A la fin de la célébration, elles ont été envoyées en mission par l’abbé Dunand qui leur a donné sa bénédiction : « Sur tes amis, Seigneur, fais briller ta lumière : qu’ils discernent toujours ta volonté et soient capables d’accomplir fructueusement leur mission ».

A l’issue de la messe, les paroissiens ont partagé un apéritif dînatoire dans la salle de Montoly. L’occasion d’échanger dans une ambiance conviviale.

 

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