Un stagiaire laïc pour nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), septembre 2021

Je vous présente Johan Salgat, le « nouveau stagiaire » de nos paroisses. Il se sent appelé à s’engager comme agent pastoral laïc. Avant de débuter une formation, le diocèse lui de­-
mande d’enraciner son discernement dans un stage pratique d’une année. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’en réjouit. Il est enthousiaste, souriant et ouvert à ce que l’avenir lui réserve…

PAR SANDRINE MAYORAZ | PHOTO : DR

Depuis toujours (ou presque) Johan a à cœur de s’engager en Eglise : « C’est un engagement qui me correspond, je m’y sens bien. Etre présent pour les autres, témoigner de l’Amour de Dieu, accueillir l’autre. Et aussi, savoir accueillir la réciprocité : je donne de moi et je reçois à travers l’autre. »

D’abord, dans sa paroisse de Fully, il devient servant de messe puis sacristain. Membre du réseau DJP (Des jeunes qui prient), il œuvre aussi pour des événements jeunesse tels que le festival OpenSky. Ces expériences en Eglise avivent son désir de témoigner de l’Amour de Dieu et de le faire connaître.

Inspiration

Il aime le sport en général et le chant choral (« d’avant Covid », précise-t-il en souriant). « Choisis la vie », dont le texte est de sainte Teresa de Calcutta, lui plaît particulièrement. « Quoi qu’il advienne, que la vie soit félicité, combat ou une chance, choisis toujours la Vie », commente Johan. « Il y a un cheminement en soi pour prendre ce qui vient et en faire quelque chose de bénéfique avec Dieu. Je suis heureux d’aimer et d’être aimé par Dieu.
J’aimerais que chacun découvre que Dieu l’aime pour ce qu’il est et non pour ce qu’il serait. »

Du bénévolat au stage de discernement

Après un CFC de carreleur, il part sur le chemin de Saint-Jacques. L’idée germe de se mettre au service de Dieu dans un ministère pastoral en Eglise. Le diocèse lui propose alors un stage d’une année pour affiner son choix. Johan arrive dans le Chablais avec une soif de découvrir ce qu’est la vocation d’animateur pastoral, d’élargir ses expériences pastorales et de voir comment s’organise concrètement l’agenda d’un agent pastoral. Fiancé à Noémie Barbey, il se demande si cela est compatible avec ce qu’ils souhaitent dans leur vie. Il aborde cette année avec confiance : « Si cela se passe bien, je pourrai commencer une formation. Si cela ne me correspond pas, je chercherai une autre voie pour être un témoin du Christ. »

Son année en immersion

Pour découvrir les différentes facettes du travail d’animateur pastoral, plusieurs expériences sont proposées. D’une part, Johan m’accompagne dans la diversité de la pastorale paroissiale. D’autre part, avec l’abbé Didier Berthod, il participe aux projets pour le service du prochain (diaconie), entre autres avec la réflexion sur l’avenir de la Maison La Rochette, où il peut du reste loger. Durant l’année, quelques jours sont consacrés aussi à une sensibilisation à l’aumônerie d’hôpital ou en institution.

Johan se réjouit de vous rencontrer, chers paroissiens, et vous remercie déjà pour votre accueil.

Suite aux demandes reçues ces derniers mois, le diocèse de Sion met sur pied une année de discernement en vue d’un futur ministère d’agent pastoral laïc. Elle a pour objectif de permettre à la personne se sentant appelée un discernement ancré dans une expérience d’Eglise formatrice, dans le réel du vécu communautaire et sur une certaine durée. Elle permet aussi à l’Eglise de confirmer si l’appel ressenti individuellement peut s’incarner dans la réalité pastorale locale ou diocésaine. Le candidat vit une expérience pastorale d’une année sous forme de stage dans un ou deux lieux d’insertion. Il bénéficie également d’un accompagnement spirituel personnel ciblé sur son appel vocationnel. Suite à cette étape de discernement, une formation d’animateur pastoral au CCRFE 1 ou à l’université est envisagée. Actuellement, deux laïcs commencent leur année de discernement dans le diocèse de Sion. Vos prières pour les soutenir dans leur cheminement spirituel sont les bienvenues.

1 Centre catholique romand de formation en Eglise (anciennement IFM) à Fribourg forme les agents pastoraux laïcs, les diacres permanents et propose des formations continues pour les prêtres et les agents pastoraux.

 

Enfants : quelles activités de rentrée ?

Chaque rentrée est l’occasion de choix et de discernements pour équilibrer l’emploi du temps des plus jeunes : où les inscrire et pourquoi ? Des activités extrascolaires judicieusement choisies apportent beaucoup. Petite liste des points essentiels.

PAR BÉNÉDICTE DROUIN-JOLLÈS | PHOTO : PXHERE

Joie et détente : l’enfant en a besoin, le rythme scolaire ou familial est parfois trop intense, inutile de commencer trop tôt une activité qui n’est pas désirée par l’enfant, il doit être suffisamment mûr et motivé pour en profiter, sinon le découragement guette.

Ouverture aux autres : d’autant plus nécessaire que la fratrie est réduite.

Concentration et sens de l’effort : acquérir une nouvelle discipline est exigeant. Le soutien parental est indispensable pour faire face à la tentation du zapping qui arrive très vite sous l’influence des modes ou des amitiés. C’est important d’apprendre à aller jusqu’au bout de ce qui a été décidé ensemble. Il s’agit aussi pour les parents de faire preuve de discernement et de se rendre compte, en observant leur enfant au retour d’une activité, si elle lui correspond vraiment.

Confiance en soi : elle vient avec l’acquisition de nouvelles compétences.

Sens du beau et de l’harmonie : en privilégiant les activités artistiques : musique, danse, peinture…

Acquisition de valeurs humaines ou spirituelles : surtout si l’activité se passe dans un cadre chrétien : service de l’autel, scoutisme, mouvement eucharistique des jeunes… Les loisirs peuvent devenir un moyen d’édification personnelle important.

Le budget des activités extra-scolaires n’étant pas extensible, le temps disponible non plus, voilà autant de raisons d’appeler le jeune à une formulation approfondie de ses désirs. En attendant, il nous revient à nous d’oser proposer ce qui semble le plus formateur pour chacun.

« Tout est là, dans le désir… ! »

Week-end de ressourcement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), septembre 2021

PHOTO : DR

Arcabas est le pseudonyme de Jean-Marie Pirot, un peintre français considéré comme « l’un des maîtres de l’art sacré contemporain » et bien connu pour son œuvre monumentale dans l’église de Saint-Hugues-de-Chartreuse. Passionné de l’humain et s’inspirant des textes bibliques, « Arcabas peint avec la même dignité une poire et deux pommes ou bien Jésus et deux disciples. A ses yeux, rien n’échappe au mystère. Le plus humain est aussi le plus divin ». (José Mittaz)

Animé par le chanoine José Mittaz, ce week-end de ressourcement nous invite à envisager notre vie comme une œuvre d’art en devenir.

A l’école du peintre Arcabas, entre image et Parole, ces deux jours seront rythmés par des apports, des temps de silence, de célébration et de partage.

En présence de la jeune réalisatrice Gaëlle May, nous découvrirons son nouveau documentaire « Arcabas – Rencontre au soir de sa vie ».

Dates: du vendredi 8 (à 18h45) au dimanche 10 (à 15h) octobre 2021.

Où ?: Hôtellerie franciscaine, rue Antoine de Quartéry 1, 1890 Saint- Maurice (Valais).

Prix: hébergement Fr. 220.– (deux jours en pension complète) + libre participation aux frais d’animation.

Nombre de places: maximum 15 personnes.

DÉLAI D’INSCRIPTION : 20 SEPTEMBRE 2021.

Renseignements et inscriptions : spiritualite@cath-ge.ch ou 077 441 17 80 (Federica Cogo).

 

 

Paul, un apôtre contre les femmes ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Cette question est le titre d’un chapitre d’un livre de Daniel Marguerat consacré à l’apôtre Paul.1 On pourrait se la poser en lisant le texte de la lettre aux Ephésiens, au chapitre 5. L’ordre très clair établit entre les hommes et les femmes, image de la hiérarchie entre le Christ et l’Eglise, a de quoi nous faire un peu grincer des dents… Il faut donc aller voir de plus près et Daniel Marguerat, exégète qui a consacré sa vie à l’étude des Ecritures, nous guidera dans cette réflexion.

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR

Les lettres

Première découverte : seules certaines lettres, sept en tout selon les exégètes, sont « certifiées » de Paul : Romains, 1 et 2 Corinthiens, Galates, Philippiens, 1 Thessaloniciens et le billet à Philémon. La lettre aux Ephésiens fait donc partie des textes plus tardifs, attribués aux disciples de Paul ou, selon certains exégètes, à un Paul vieillissant… (9) 2

Rôle de Paul

« Nous sommes les enfants de Paul » (7) rien de moins selon D. Marguerat ! Ce point de vue peut surprendre, voire déranger, mais l’auteur l’argumente solidement : Paul est l’homme qualifié par excellence pour partir en mission, il a reçu une solide formation hébraïque, c’est un juif érudit qui évolue dans un monde multiculturel, il pense et parle en grec – l’anglais de l’époque – et est citoyen romain. (15) Sans Paul, « sans son génie à formuler les vérités essentielles du christianisme, la chrétienté serait restée une secte obscure. Il a été ce passeur par qui la Parole est parvenue au monde ». (7)

Message théologique

Paul présente sur un plan théologique la nouveauté annoncée par le Christ :
« L’individu est aimé de Dieu tel quel, inconditionnellement, hors de toute prestation de sa part. […] La grâce (cet amour) ne requiert que d’être acceptée et cette acceptation s’appelle la foi. » (33-34) L’amour de Dieu, est donc offert à tout être humain, en dehors de ses mérites, de sa classe sociale, de son sexe, de son origine… Paul le répète dans plusieurs lettres : « Désormais il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni masculin ni féminin… » (Ga 3, 28 ; 1 Co 12, 13 ; Rm 10, 12) (32)

Communautés pauliniennes

Les communautés pauliniennes mettent concrètement en œuvre ce principe d’égalité, c’est entre autres, ce qui fera leur succès auprès des femmes et des esclaves. Dans la société, les différences subsistent, mais dans les rassemblements communautaires, il n’y a pas de croyants de seconde zone, pas de hiérarchie devant Dieu, mais une égalité de valeur. En soi, c’est une révolution… (47-49) Au fil du temps, il semble que nous ayons un peu perdu, voire mis de côté cette radicale nouveauté…

Et alors ?

Comment se fait-il qu’un message aussi novateur et ouvert puisse nous donner des siècles plus tard l’image d’un « apôtre contre les femmes » ? (43) Je laisse à l’auteur le cœur de l’argumentation : « Il n’est pas question d’innocenter Paul, à tout prix, mais de lui rendre justice. L’apôtre appartient à une culture patriarcale qui, avec des nuances, est celle de toute la société antique : le rapport de l’homme à la femme y est pensé en terme hiérarchique. Il serait donc absurde d’exiger de Paul une sensibilité moderne à la condition de la femme […]. De plus, il ne faut pas confondre le discours de ses successeurs avec le sien […]. » Il est également important de ne pas « isoler un élément périphérique comme s’il livrait le cœur de sa pensée ». (44-45)

Un message actuel

De même que l’écologie était quasi absente des réflexions de notre société il y a un siècle ou deux, la pensée de l’égalité des genres ne se posait pas dans la société antique. Cela n’altère en rien le message toujours actuel des lettres de Paul : nous sommes d’abord aimés de Dieu, gratuitement, sans discrimination et sans mérite et cet amour transforme notre vie…

 

1 Daniel Maguerat, Paul de Tarse,

Editions Du Moulin, 1999.

2 Les chiffres entre parenthèses font référence aux pages concernées.

 

En chemin vers une Eglise synodale

La place des laïcs dans l’Unité pastorale La Seymaz

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), septembre 2021

PAR CATHERINE ULRICH | ILLUSTRATION : DR

1. Nous le savons, les prêtres ont une place importante dans la vie de notre UP, et la situation vécue depuis le début 2021 nous en fait prendre conscience semaine après semaine. Mais si la vie des paroisses a continué avec autant d’enthousiasme malgré nos fragilités, c’est parce que l’Eglise est vivante lorsque les laïcs et les prêtres s’engagent ensemble, en portant la mission selon les charismes propres à chacune et à chacun. Avec l’abbé Joël et des prêtres solidaires, les communautés ont continué à célébrer les sacrements, à visiter les malades, à aider les plus pauvres, à accueillir et écouter, à se rencontrer pour prier, à rassembler les enfants pour la catéchèse et à faire des projets pour l’avenir. Tout cela grâce aux personnes qui ont mis au service de l’Evangile leur temps et leurs compétences. Cette belle vitalité est un signe de la synodalité tant espérée par le pape François. Il y a une place à prendre dans la communauté pour chaque personne qui désire participer à l’annonce de la Bonne Nouvelle.

2. De nombreuses formations peuvent être proposées pour nous aider à assumer des tâches en tant que laïcs, et à collaborer avec les prêtres pour continuer à faire vivre notre Eglise. Des initiations à la liturgie et des spécialisations pour les funérailles ou la présidence des liturgies Parole et Communion sont organisées par le Service de la formation. Des modules sur l’histoire de l’Eglise, l’œcuménisme ou la gestion de conflits peuvent également être proposés. D’autres formations existent pour la catéchèse, les lecteurs, les auxiliaires de l’eucharistie, l’animation des chants ou les compositions florales. Des conférences, des Lectio Divina et tant d’autres occasions de se ressourcer tout en se formant, nous sont offertes par l’ECR !

3. L’Eglise est riche de toutes nos différences, de toutes nos bonnes volontés, de nos faiblesses et de nos forces ! C’est à travers notre vie communautaire et l’amour que nous avons les uns pour les autres qu’elle peut montrer au monde d’aujourd’hui combien la vie avec Dieu est belle !

 

L’Unité pastorale La Seymaz
Constituée de trois paroisses

Mise en route du site internet de l’Unité pastorale La Seymaz: up-laseymaz.ch

L’éloge du « rien »

Le Tokimeku, cela vous dit-il quelque chose ? Pas de doute, vous êtes passé à côté du phénomène Marie Kondo, la papesse du rangement minimaliste. Accrochez-vous, car vous pourriez bien devenir un adepte de cet art à la fin de ce dossier ! Plaisanterie mise à part, la Japonaise à succès n’a rien inventé, car le renoncement à la possession de biens matériels pour se mettre à la suite du Christ existe depuis bien longtemps dans l’Eglise.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : CIRIC, FLICKR, DR

Le bonheur passe par la poubelle

Cette tendance, née au Japon sous l’impulsion de Marie Kondo et son livre emblématique La magie du rangement, a fait des émules bien au-delà des frontières nipponnes. En témoignent les 8 millions d’exemplaires vendus de sa méthode parue en 2011. Son compatriote, Fumio Sasaki, constitue l’étape suivante de cette philosophie. Egalement auteur d’un best-seller, L’essentiel, et rien d’autre, le trentenaire tokyoïte se limite à 200 possessions en tout, en incluant les pots à épices ! Pour la papesse du rangement, le procédé consiste à ranger par catégorie d’objets en les triant en trois piles : à donner, à vendre et à conserver. Ces derniers valent la peine d’être gardés, car ils suscitent un tokimeku, une étincelle de joie, chez leur propriétaire. Les objets dont on se débarrasse, quant à eux, doivent être « remerciés ». Fumio Sasaki se place dans la pratique du Dan-Sha-Ri (refus, élimination, séparation) qui trouve ses racines dans le bouddhisme zen, plus précisément dans le concept wabi, c’est-à-dire la plénitude d’une vie simple et économe. Le danshari est composé de trois règles : le refus d’objets encombrants ou inutiles, la remise en cause de l’attachement matériel et la séparation définitive du désir de consommer de manière compulsive. Il viendrait à bout, selon le minimaliste star, de la perte de contrôle sur sa vie, car les objets ne nous possèdent plus, et permettrait de découvrir qu’opulence n’est pas toujours synonyme de bonheur.

Pas le moindre carton de déménagement à l’horizon. Pourtant, le petit appartement d’Alain* n’est agencé que de manière très spartiate. Le Genevois possède un lit, une table à manger et une chaise pour tout mobilier. Pas non plus de télévision, ni d’ordinateur ou de penderie bien remplie. Ses seuls « luxes » : un téléphone portable pour rester en contact avec sa famille, une machine à café automatique et un calendrier avec les photos de ses petits-enfants. Malgré cela, Alain ne s’imagine pas acheter plus de choses. Pour lui, « tout passe » et l’accumulation d’objets matériels n’est pas bonne en soi. Elle est vide de sens et « complique [même] la vie ». Son petit-fils de 8 ans conçoit la situation différemment, mais pour des raisons beaucoup plus pragmatiques : « Chez papi, on ne peut jamais être assis en même temps et c’est pas très pratique ! » lâche-t-il tout en pianotant sur sa console portable.

Un excès d’allègement

Alain le reconnaît, la configuration n’est peut-être pas la meilleure pour accueillir ses proches. Malgré tout, il préfère utiliser son argent pour leur faire plaisir ou partir en vacances. C’est cela qui le rend véritablement heureux. Or, si le détachement apporte le bonheur, pourquoi est-ce si difficile de sauter le pas ? « La possession offre une sécurité. Pour arriver à se débarrasser du superflu il faut la trouver ailleurs », affirme Michaël Gonin, professeur en éthique à la Haute Ecole de théologie (HET-PRO). Les raisons d’un allègement sont multiples : écologie, solidarité, gain de temps. Voire aussi plus profondes, comme « un refus d’un modèle de société imposé », selon Loïc Laîné, économiste, théologien et auteur de Heureux les sobres, paru en février dernier. Michaël Gonin souligne un autre aspect, celui de la quête de sens : « On peut réduire sa consommation, parce qu’autre chose apporte une raison d’être. » Or, le manque de repères et le besoin fondamental de transcendance poussent l’individu à se tourner vers des méthodes et des modèles clés en main. Le risque étant de tomber dans l’écueil du « consommer juste et du moins pour moins ». En cherchant à se libérer d’une emprise, nous devenons esclaves d’une autre. Le minimalisme est alors coupable de l’excès qu’il refuse.

Une quête de bonheur

La tradition de la grande Eglise n’invite pas à cet excès, au contraire « elle condamne les recherches d’ascétisme allant jusqu’à la mortification que l’on retrouve dans certains courants chrétiens », détaille Loïc Laîné. Le diacre permanent du diocèse de Nantes ajoute que « l’esprit du monachisme ne considère jamais l’ascétisme comme une fin en soi, mais lié à la dimension de charité dans une optique d’écoute de soi, de Dieu et de service aux autres ». La question du rapport aux biens traverse déjà de nombreux courants philosophiques grecs. Toutefois, « cette recherche [de bonheur] est d’abord orientée vers soi », différence fondamentale avec le christianisme. Pour Yvan Mudry, philosophe et théologien, l’expérience de base demeure similaire. Malgré l’étiquette différente, « la réalité du côté libérateur par la pratique d’une certaine sobriété reste bien présente » et si le développement personnel a pris tant de place dans les librairies, c’est aussi parce que « l’Eglise a trop mis de côté l’aspect du bonheur personnel. Alors que celui des autres passe aussi par le nôtre ». Loïc Laîné ajoute néanmoins qu’il existe un paradoxe fondamental dans la Bible concernant les possessions de ce monde. « Une certaine lecture de la tradition biblique associe bénédiction divine à prospérité matérielle. Alors qu’une autre nous invite à un usage plus raisonné des biens de ce monde en mettant en avant l’aspect de consentement aux limites. » Martin Kopp va même plus loin : « Jésus personnifie l’argent et l’institue comme un concurrent de Dieu. Il le représente aussi par des ronces et des épines qui empêchent de progresser. » Le théologien écologique protestant relève cependant que le minimalisme ouvre un champ de réflexion, car « faire décroître certains aspects identifiés de notre mode de vie donne de l’espace à d’autres pour grandir ».

Minimalisme ou sobriété heureuse ?

Les deux pratiques impliquent de se débarrasser du superflu pour se concentrer sur l’essentiel. Elles ont pour objectif principal d’apprendre à se détacher des choses matérielles, du pouvoir qu’elles exercent sur nous pour faire de l’espace dans sa vie et dans sa tête. En quoi la sobriété heureuse prônée par le pape François dans son encyclique Laudato si’ diffère-t-elle du minimalisme ? Ce qui diffère en grande partie concerne l’angle de ces deux propositions d’allègement. La sobriété volontaire ou heureuse a davantage une portée écologique, communautaire avec un pan spirituel important. Le minimalisme porté par la société sécularisée a pour but d’aider l’individu à simplifier son mode de vie en mettant au centre des valeurs qui comptent pour lui.

* Prénom fictif

Serv’Camp 2021 : « Avec nos mains ! »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Du 4 au 9 juillet 2021, 25 servant·es de messe du secteur de Martigny et leurs encadrants se sont retrouvés à Bourg-Saint-Pierre pour vivre une semaine de camp. Le thème retenu était « Avec nos mains ».

PAR VIVIANE GAY-DES-COMBES | PHOTOS : DR

Chaque jour, les enfants devaient trouver le verbe qui résumait la journée qu’ils venaient de vivre. Ils ont découvert des mains qui saluent, qui saisissent, qui bénissent ou encore qui soignent. Chaque jour, des intervenants étaient invités à partager leur quotidien. Parmi les invités, nous avons accueilli un garde suisse, un sculpteur, une artiste, une personne travaillant dans la santé et un jeune prêtre. Les enfants ont apprécié les activités prévues malgré la météo capricieuse. Voici le témoignage de quelques enfants :

Charlotte – qui a fait sa première expérience hors de sa maison – voyait les servants à la messe et avait fort envie d’en faire partie. Elle débute donc par ce camp. Elle ne connaissait personne et a trouvé très sympa l’ambiance chaleureuse qui y régnait. Tout le monde discutait ensemble au repas et c’était très agréable. Elle a aussi apprécié les messes quotidiennes adaptées aux jeunes. Durant la prière du soir, elle trouvait important de dire merci. Ce moment calme, tous ensemble, où chacun pouvait dire ce qu’il avait apprécié durant la journée était un point phare de la journée. Elle a aussi retenu le symbole de la Trinité expliqué par Simon et était heureuse de pouvoir l’expliquer à son grand-père à son retour. Enfin, la soirée d’adoration était une grande première pour elle et, bien qu’elle l’ait aimée, elle a trouvé le temps long…

Pour Héloïse – ç’a été aussi sa première expérience ! – Ce qu’elle a le plus apprécié, ce sont les moments de partage entre tous les âges.

Alexis, son frère, a beaucoup aimé vivre les activités avec les autres servants car il ne les connaissait pas tous.

Durant la semaine, les enfants ont participé à un jeu de piste, un Cluedo, un escape game ou une matinée piscine. Ils ont même pu exprimer l’amour de Dieu à travers le pinceau qui prolongeait leur main. Mais leur activité favorite reste quand même la promenade emmenée par notre curé Jean-Pascal à travers la forêt. Ils se réjouissent tellement de revenir l’année prochaine qu’ils ont demandé s’il était possible de prolonger le camp d’une semaine…

La sobriété et le lion (1 Pierre 5, 8-9a)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : PXHERE

C’est l’un des textes proposés par la Liturgie des heures au dernier office de la journée, aux complies du mardi soir : « Soyez sobres, soyez vigilants : votre adversaire le démon, comme un lion qui rugit, va et vient à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de la foi. » (1 Pierre 5, 8-9a) La tempérance, l’une des quatre vertus cardinales avec la justice, la force et la prudence, ne vaut pas que pour la sobriété de consommation, elle est associée à la foi et à la vigilance, elle permet de recentrer nos énergies pour tenir tête aux plus redoutables ennemis.

Ainsi donc le slogan « moins pour plus » convient pour l’ensemble du chemin existentiel et spirituel. Moins de biens, moins de nourriture, moins d’activités, moins de divertissements, c’est se donner la chance d’une vraie pauvreté intérieure, d’un authentique respect de notre corps et de la planète, d’une concentration sur l’essentiel, d’un approfondissement de la vie intérieure. Aucune frustration masochiste dans cette perspective. Au contraire, la sobriété peut être dite « heureuse », car elle conduit à apprécier chaque réalité, chaque aliment, chaque entreprise, chaque rencontre à sa juste valeur.

Participer au combat spirituel

Dans ses exhortations aux fidèles, au terme de sa première épître, l’apôtre Pierre en fait le moyen de surmonter la souffrance que connaît l’ensemble de la communauté des frères répandue dans le monde (verset 9b). Et surtout, il y voit la possibilité de s’opposer à l’action destructrice du Diviseur, le « diabolos », représenté sous la figure métaphorique du « lion lacérant et rugissant ». L’image provient du Psaume 22(21), 14, dont Jésus crie le commencement sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27, 46) Vivre la tempérance, c’est donc participer au combat spirituel du Christ et de l’Eglise contre le mal et le mensonge, contre la souffrance du péché, de la violence, de la surconsommation et de la dévoration.

Prier ce texte néotestamentaire dans la communion des saints, avant de s’endormir, c’est s’en remettre au Dieu de toute grâce qui, dans le Christ « nous rétablit, nous affermit, nous fortifie,
nous rend inébranlables et nous appelle à sa gloire éternelle »

(1 Pierre 5, 10).

Un an à « Jeunesse Lumière » pour découvrir et grandir !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Viviane Gay-des-Combes, 26 ans, active dans la paroisse au sein du groupe des servants de messe, va partir, une année durant, à « Jeunesse Lumière » : une école catholique d’évangélisation. Elle explique ici comment elle s’est décidée à se lancer dans cette aventure.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR

Pourquoi un tel engagement ?

Au terme de mes études d’assistante en pharmacie, j’avais le désir de vivre une année différente avec d’autres jeunes du monde entier pour me découvrir et grandir spirituellement et humainement. J’ai donc recherché un lieu où je pouvais combiner le tout. Je pars donc vivre une année à « Jeunesse Lumière ».

Et quel est donc cet organisme ?

« Jeunesse Lumière » est une école catholique d’évangélisation en France, précisément à Pratlong, près de Castres (Toulouse). C’est une grande maison dans la campagne. Le but est de former des jeunes entre 18 et 30 ans à la prière et de les former également pour l’évangélisation d’autres jeunes dans les écoles ou les paroisses. L’expérience de la vie communautaire est aussi très présente, puisque les jeunes vivent ensemble et partagent différentes activités telles que la cuisine, la lessive, le jardinage ou le ménage. Cette école existe depuis 1984. Elle a été fondée par le Père Daniel-Ange. Il souhaitait créer un lieu communautaire où les jeunes puissent se retrouver et vivre une expérience forte ensemble. Les jeunes partent aussi en mission pour témoigner de leur vie de jeune chrétien dans le monde actuel. Concrètement, la semaine est composée par les cours donnés par des intervenants extérieurs, les travaux ménagers, le sport et les temps de prière quotidiens.

Qui finance le séjour des jeunes qui s’engagent à « Jeunesse Lumière » ?

Le financement repose entièrement sur des dons de particuliers sous forme de parrainage.

Chaque jeune est invité à trouver des parrains pour le soutenir spirituellement et financièrement. En échange, les jeunes s’engagent à prier pour leurs parrains et à leur envoyer régulièrement de leurs nouvelles.

Et quand partiras-tu ?

Personnellement, j’ai à cœur de marquer ce départ lors d’une messe paroissiale. Vous êtes cordialement invités à cette messe d’envoi le samedi 11 septembre à 18h à Martigny-Ville. La messe sera suivie d’un moment convivial autour de l’église.

Bon vent, Viviane !

« Une Eglise pauvre pour les pauvres »

PAR THIERRY SCHELLING

PHOTO : DR

Moins…

Le leitmotiv du pape François, « une Eglise pauvre pour les pauvres », lancé il y a huit ans, pouvait sonner un peu naïf, voire comme une politesse feutrée de salon vatican…

Force est de constater qu’en bon jésuite, François a été pragmatique : moins de personnel dans les dicastères de la Curie, appliquant plus strictement le quinquennat prévu pour tous les collaborateurs du Saint-Siège ; moins de salaire pour les cardinaux et travailleurs dans la Cité du Vatican à la suite de l’année de pandémie qui a évidemment secoué ses finances ; moins de conseils pontificaux désormais rassemblés en dicastères interdisciplinaires ; moins de pompe liturgique pour une sobriété de la célébration de l’eucharistie par celui qui n’en demeure pas moins d’abord l’évêque de Rome ; moins de retenue quant à partager sa pensée à des dizaines de journaux « tout public » ; moins de destinations phares (capitales européennes) pour ses déplacements de pasteur universel ; moins d’automatismes dans la nomination tant d’évêques que de cardinaux, notamment en Italie, où nombre d’archevêques métropolitains n’étaient pas évêques auparavant, et où les titulaires de Milan, Venise, Turin, Gênes ne sont plus traditionnellement des sièges cardinalices ; moins de frais liés à son train de vie : hors palais apostolique, cantine à midi, pas d’usage de Castel Gandolfo pour les vacances…

…pour plus

Plus de femmes dans les départements de la Curie ; plus d’utilisation des réseaux sociaux (Tweeter, Youtube…) ainsi que du mode « vidéo » pour ses messages ; plus de cohérence dans les finances à la fois de l’Eglise universelle et de l’Etat du Vatican ; plus de collaboration au service de la Parole du pape de la part des organismes concernés : journal « Osservatore Romano », Vatican news, radio et télé vaticanes… ; plus de visites apostoliques ciblées ; plus de mise en avant des migrants et des pauvres, qui, du coup, ont obtenu plus de commodités (dispensaire, douches, cantine…) au Vatican…

Moins d’autoréférentiel pour plus de périphérique en somme. Comme il l’avait promis !

Assemblée générale : les traces de la Covid

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), septembre-octobre 2021

Reportée au mercredi 2 juin, l’Assemblée générale de la paroisse de Nyon a rassemblé une vingtaine de paroissiens dans la grande salle de la Colombière. Elle a permis de mesurer les effets de la Covid-19 sur les activités paroissiales et de se réjouir de l’avancée du chantier de la nouvelle église de Gland.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET | PHOTOS : AUDREY BOUSSAT, SAINT-AUGUSTIN

Dans son rapport, le président de paroisse, Gilles Vallat, a rappelé que l’année 2020 a été « marquée par la crise sanitaire qui a paralysé nos activités, y compris les messes, durant une partie de l’année ». La paroisse a été contrainte « d’adapter ses activités pastorales en conséquence, notamment par la mise en place de messes retransmises sur YouTube », très regardées.

Le Conseil de paroisse a été fort occupé par le projet de construction de la nouvelle église de Gland, dont les travaux ont commencé en été 2020 : le gros œuvre est presque achevé et l’église devrait ouvrir ses portes pour Noël. « Les travaux se sont déroulés normalement malgré la crise sanitaire, dans les délais prévus et le respect du crédit accordé par l’assemblée de paroisse le 4 décembre 2019. » Un souci néanmoins : la recherche de fonds, qui a beaucoup souffert de la crise sanitaire. Le Conseil de paroisse a également étudié « les mesures sanitaires nécessaires pour l’accueil des fidèles dans nos locaux ».

Gilles Vallat a remercié le curé modérateur, l’abbé Jean-Claude Dunand, pour « son fort engagement pour la bonne marche de notre Unité pastorale (UP) et son sens de l’accueil très développé, fort apprécié de nos fidèles ». Sans oublier les membres de l’Equipe pastorale et les bénévoles engagés dans l’ensemble des communautés de l’UP.

Une situation financière saine

Les comptes 2020 ont souffert de la Covid. Ils présentent un résultat d’exploitation négatif de 114’254.07 francs dû à la quasi-
cessation d’une grande partie des activités en raison de la crise sanitaire. Les restrictions du nombre de participants à chaque office ainsi que les annulations de messes ont eu pour conséquence une diminution des recettes provenant des quêtes. Les recettes liées aux locations ont également souffert de la crise sanitaire. Vu la situation, le Conseil de paroisse n’a pas entrepris de travaux de réfection particuliers en 2020.

Avec les recettes annexes (revenus des immeubles), soit 262’412.65 francs, le compte de pertes et profits boucle avec un solde négatif de 151’841.42 francs, ce qui est exceptionnel. Cela s’explique par le résultat d’exploitation négatif et le versement d’un don de 300’000 francs en faveur de la communauté de Gland pour la construction de la nouvelle église, montant accordé par l’Assemblée extraordinaire de la paroisse du 4 décembre 2019.

La paroisse a encaissé un prêt de 200’000 francs accordé par la Mission intérieure pour financer la nouvelle église de Gland. Il sera reversé à la communauté de Gland en 2021. Au bilan, le bénéfice reporté se monte à 202’084.46 francs. La situation financière de la paroisse demeure
saine malgré les conséquences négatives
de la Covid grâce aux revenus des im­-meubles.

Développer des synergies

Prenant la parole, l’abbé Dunand a félicité chacun pour sa souplesse, une souplesse exigée par l’évolution constante de la situation sanitaire – « nous avons dû réadapter notre manière de célébrer » – et remercié tous les bénévoles : « C’est un investissement énorme ! ». Puis il a expliqué les changements opérés dans le diocèse par l’évêque, Mgr Charles Morerod : il met en place une autre organisation avec plus de subsidiarité et de transversalité.

Concernant les missions linguistiques, le curé a communiqué une évolution : désormais, les prêtres chargés des missions linguistiques seront membres de l’Equipe pastorale et ne viendront plus de l’extérieur pour célébrer la messe. Cela demande de développer des synergies avec les communautés présentes à Nyon – italienne, espagnole, portugaise et coréenne.

Les travaux avancent à Gland, et cela est réjouissant. Mais, a précisé l’abbé Dunand, « il nous faut, en parallèle, réfléchir à ce que veut dire construire l’Eglise Corps du Christ », une construction « qui sera terminée dans le royaume ».

Le personnel laïc a effectué, durant l’année écoulée, beaucoup de télétravail. Les contacts avec les paroissiens ont été réduits : beaucoup de choses ont été réglées par téléphone ou courriel. Le concierge, lui, a eu un surcroît de travail en raison de la pandémie. Et les salaires ont été réévalués.

Un sondage et une rencontre

L’Essentiel, le magazine de l’UP, poursuit son chemin à un rythme bimestriel. Hélas, depuis quinze ans, il y a entre 100 et 130 désabonnements par an. A l’heure actuelle, 988 bulletins sont imprimés pour un peu plus de 800 abonnements et pour dépôt dans le fond des lieux de culte. L’abonnement annuel se monte à 35 francs pour six numéros.

« Comment faire pour stopper la baisse, sachant que la plupart des abonnés sont des personnes âgées et que nous n’avons que très peu de nouveaux abonnements ? », s’est interrogée Geneviève de Simone-Cornet, rédactrice responsable avec Audrey Boussat. Deux idées ont été développées et réalisées au sein du groupe communication, créé l’an dernier par l’abbé Dunand : un sondage auprès des abonnés et lecteurs envoyé par internet et papier, par le biais du feuillet dominical, et une rencontre avec les responsables de Saint-Augustin. Peu de réponses lui sont parvenues :
43 par internet, 12 par papier. « Si ces réponses ne sont pas représentatives, elles ont tout de même permis de tracer quelques pistes. »

En réponse aux demandes des abonnés, l’équipe de rédaction pense proposer plus d’articles de fond comme des reportages, des interviews, des témoignages et des portraits. Car les abonnés sont notamment en quête de culture chrétienne : « Ils demandent des articles leur donnant des informations simples, des informations de base, sur la liturgie et les grandes fêtes chrétiennes. Et les témoignages les intéressent ».

La rencontre avec le directeur général de Saint-Augustin, Yvon Duboule, et le rédacteur en chef, Nicolas Maury, a eu lieu dans la buvette de la Colombière vendredi 26 mars. Elle a permis d’aborder de nombreux points en relation non seulement avec L’Essentiel, mais aussi avec les autres moyens de communication de l’UP, le feuillet dominical et la newsletter.

Une idée a émergé : proposer aux abonnés des numéros thématiques. L’équipe de rédaction en a déjà prévu un, qui sera consacré à la nouvelle église de Gland et distribué largement. La réflexion sur la pagination et la périodicité de
L’Essentiel est en cours.

Enfin, la question s’est posée du passage au numérique. Cela permettrait-il de freiner les désabonnements ? Mais les personnes âgées sont-elles disposées à passer au digital? La paroisse n’est pas prête pour l’instant, mais la réflexion va se poursuivre.

Une paroisse solidaire

ASOLAC, l’Association sociale œcuménique de La Côte, a supprimé les repas communautaires en mars 2020. Mais la permanence accueil, qui peut compter sur des professionnels, des bénévoles, une assistante sociale et Caritas, est restée ouverte, a relevé son président, René Perruchoud. Les passages étaient en nette baisse en 2020, et le profil des personnes accueillies a évolué, avec plus de sans-papiers. Financièrement, ASOLAC a pu compter sur le fonds d’aide d’urgence coronavirus des villes de Nyon et Gland ainsi que sur la Chaîne du Bonheur. René Perruchoud a enfin mentionné la plateforme sociale, qui regroupe 23 associations sociales du district de Nyon : l’occasion de mieux se connaître et d’accomplir un travail plus efficace ; et, à Noël, l’action sapin solidaire – qui permet d’offrir des cadeaux à des enfants de familles en situation de précarité –, menée avec la paroisse réformée.

Tchad Missions Nyon a renouvelé son comité avec Claude-Anne Bontron comme présidente. Il poursuit son aide aux sœurs ursulines du diocèse de Pala, au Tchad, avec surtout un soutien à 250 orphelins du sida : prise en charge de leur éducation, de leurs frais de pension et de leurs frais médicaux. La vente de confitures et de bougies, en novembre, a apporté une aide appréciable.

En lien grâce à internet

Les communautés ont ensuite présenté leurs rapports annuels. Les activités ayant été en grande partie paralysées, bien des réunions se sont tenues par visioconférence et le contact a été maintenu avec les paroissiens grâce à internet. Les messes dominicales de la Colombière ont été retransmises par YouTube, l’église ne pouvant accueillir que 50 personnes.

Bernard Chevallay, président du comité de pilotage de la nouvelle église de Gland, a présenté des images de l’avancement des travaux et des images de synthèse de l’intérieur avec les réflexions de la commission liturgique. L’occasion, pour les paroissiens présents, de se représenter ce que sera le bâtiment une fois terminé. Hélas, a déploré Bernard Chevallay, « l’Eglise n’a pas la cote aujourd’hui et il manque encore 400’000 francs ». Mais la paroisse est confiante.

A signaler, pour la communauté de la Colombière, une messe célébrée par l’abbé Jean Geng pour les auxiliaires de l’eucharistie samedi 27 mars avec remise d’une custode et d’un livret contenant des prières pour porter la communion à domicile aux personnes âgées, malades ou isolées.
Chacun a réalisé que ce service est une responsabilité, un honneur et une joie.
Un apéritif a mis un terme convivial à
l’assemblée.

Un pèlerinage éco-spirituel

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Certains connaissent encore ces démarches d’intercession itinérantes appelées « rogations » 1 . Mais sont-ils nombreux ? Ces processions, qui ont lieu les lundi, mardi et mercredi avant l’Ascension, ont pour but de présenter au Seigneur le travail de l’Homme pour qu’il en favorise la protection et la prospérité. Actuellement, le rituel des rogations est délaissé par les fidèles voire totalement inconnu. L’équipe pastorale propose une nouvelle démarche, inspirée des rogations, et située dans le droit fil de l’encyclique Laudato si’ du pape François.

PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR

J’ai moi-même vécu et animé ces processions joyeuses à Vollèges étant petit, puis comme animateur pastoral. Je trouvais extraordinaire de vivre ce rituel (chants, processions et prières d’intercession) en petite communauté au cœur de nos lieux de vie et de travail – qui sont aussi des lieux de peine et de fatigue… C’est comme si Dieu lui-même survenait, d’autant plus visiblement, à travers nos ruelles, nos places et nos champs… Ces dernières étaient suivies, par beau temps, par une incontournable verrée. Ce moment était empreint d’une joie d’être ensemble provenant d’une certitude que le Seigneur fait tout concourir au bien de celles et ceux qui l’aiment et le prient de tout cœur.

Mais que vient faire cette réflexion en ce mois de septembre ? – L’Equipe a constaté que ce rite est déserté par les fidèles depuis quelques années déjà. Nous nous sommes donc demandé comment le réinvestir en le remettant en perspective avec les défis écologiques et climatiques actuels et avons amorcé une réflexion. Publiée dans le contexte des défis écologiques et climatiques modernes (2015), l’encyclique Laudato si’ du pape François a été rapidement le tremplin idéal pour nourrir cette réflexion.

A la mesure de la largeur de la pensée du pape François et de l’urgence actuelle, il nous semblait important de donner une nouvelle ampleur à l’événement pour permettre à une diversité de personnes de se reconnaître dans les démarches proposées et de donner ainsi le désir à chacun d’y amener sa couleur. C’est ainsi que les « Sentiers de Louange » sont nés ! Le souhait de l’Equipe pastorale serait qu’ils perdurent… Nous nous proposons cette année de vivre une démarche en trois temps…

1. Une soirée de réflexion à partir de Laudato si’ sur le thème : « La création à l’épreuve du marché », avec Xavier Moret, entrepreneur et notre curé Jean-Pascal Genoud.

2. Une balade méditative dans la belle Combe martigneraine en compagnie de Pierre-André Gard, accompagnateur en moyenne montagne et jalonnée d’échanges en petits groupes sur le thème : « S’émerveiller de cette terre qui nous porte ».

3. Le concert-méditation prévu avec le groupe de la chanteuse Maria de la Paz a dû être ANNULE !

Nous espérons que vous trouverez le temps de venir avec nous pour échanger, marcher ou prier, seul ou en famille, les 17, 18 et/ou 19 septembre prochains.

Retrouvez davantage de détails prochainement dans la feuille hebdomadaire, sur notre site www.paroissemartigny.ch ou sur notre page facebook/Secteur.Martigny

1 Du latin « rogare », demander.

Une divine économie

Tout s’achète, tout se vend, le marché suffit à fixer la valeur d’un objet. Quelle place la foi peut-elle encore occuper dans le domaine économique ? Pour y répondre, Eric Jaffrain, consultant en marketing non-marchand, propose de revenir à la logique du don, à l’origine de la vie et de la communauté.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE-GADMER

Biographie express

Au bénéfice d’un parcours professionnel atypique, Eric Jaffrain a tout fait… ou pres­que : architecte de formation, directeur d’agences de publicité puis de marketing, animateur de radio, politicien, humanitaire ou encore pasteur. Aujourd’hui, cet homme de terrain passionné met en pratique sa citation favorite : « Donner, c’est créer de la richesse. » Pour ce faire, depuis 1989, il continue de former activement au marketing non-
marchand. Il dirige aussi l’association La Restaurée, fondée il y a 11 ans, dans le canton de Vaud et qui a pour projet d’aider les personnes actives brisées par la vie.

Comment appliquer le concept de marketing non-marchand et de don à notre économie ?

Je vais prendre un exemple, c’est plus parlant. Une entreprise de services RH romande a fait appel à moi. Elle perdait des clients, avait des difficultés à les fidéliser et à en trouver de nouveaux. En posant des questions pour mieux cerner le problème, je lui ai demandé ce qu’elle donnait à ses clients. Là, regard éberlué, elle me répond ne pas donner ses services mais les vendre. N’ayant plus rien à perdre, elle a été d’accord d’essayer ma méthode avec un client le lendemain. Ce dernier lui a demandé ce qu’elle pouvait lui offrir. L’entreprise romande a donc commencé par donner une prestation. Après des mois de tractations infructueuses, elle venait de sortir de l’entretien en ayant un gros contrat en poche. Elle est ensuite devenue une entreprise florissante de la région lémanique.

Le marketing non-marchand propose une vision plus holistique de l’économie ?

Absolument ! Aujourd’hui, l’économie se compose de la triade : produire-consommer-jeter. A l’inverse, le marketing non-marchand prône un autre paradigme, dans une optique d’économie circulaire. Nous nous situons ici dans le créer-utiliser-partager ou recycler. En développant le don, on se pose toujours la question de ce que nous apportons à l’autre sans chercher à lui vendre quelque chose.

Ce type de marketing est une chance de repenser l’économie et de donner un autre sens à la société…

L’économie telle qu’on la définit aujourd’hui n’en est plus une. Elle n’est qu’un système mécanique, soi-disant autorégulateur, servant à développer le profit. D’ailleurs, la valeur des produits du marché est subjective et ne se fonde sur aucune réalité. Or, le sens du mot économie vient du grec communauté dont le principe premier demeure le partage. Mais l’instinct de propriété érige des frontières, empêchant l’autre d’accéder à ce que tu as et à ce que tu es. Le marketing non-marchand, basé sur le don, élimine ces frontières et pallie le manque d’unité de l’économie actuelle. Car celle-ci ne permet pas de symbiose entre ce que je suis, ce que j’aimerais et ce que je fais réellement.

L’économie n’est-elle pas déjà obligée de s’adapter face à des désirs de consommation plus durable et éthique ?

Il existe une tendance et une réelle conscience pour ces questions, mais je ne pense pas que cela soit suffisamment fort. Pour transformer les mentalités, le mouvement doit être collectif. Dit autrement, les cœurs doivent changer, pas le concept. Nous n’assistons pas à un changement de société, mais seulement de comportements de consommation. C’est cela qui me gêne. Il ne faut pas se faire d’illusions, l’économie financière va toujours faire en sorte de suivre les tendances pour conserver la modalité acheteur-vendeur.

Un marketing non-marchand, c’est quoi ?

Le marketing classique repose sur le fait de vendre ou de forcer l’acte d’achat avec un consommateur pour cible. « Le marketing non-marchand ne considère pas l’individu comme cela, mais plutôt comme un citoyen, voire un donateur. Le mode de transaction étant basé sur le don : de soi, de temps, d’argent ou en nature. » Il préconise de s’axer en priorité sur le besoin de l’autre. En d’autres termes, une entreprise plaçant en priorité le besoin de ses clients aura un retour sur investissement, et donc générera des recettes, comme l’enseigne Jésus : « Celui qui donne, reçoit. » Toutefois, il reste une nuance importante à souligner, le marketing classique crée artificiellement des besoins pour produire de l’argent. Dans le marketing non-marchand, il s’agit de répondre aux besoins réels et non induits par le marché. Ce type de marketing se situe aussi dans la ligne des principes bibliques que sont l’abondance et l’acceptation de la suffisance. « Si je remplis un verre jusqu’à ce qu’il déborde presque, l’économie actuelle prescrira d’accumuler des verres et de garder le tout pour moi. Le marketing non-marchand conseille de continuer à verser, afin que cela déborde et arrose tout l’environnement alentour. »

Une croix pour l’église

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), septembre-octobre 2021

Début juin, une croix a été installée contre un mur latéral de l’église de Saint-Robert.
Voici son histoire.

PAR FRANÇOISE DE COURTEN | PHOTOS : ALAIN BESSE

La statue en bois représentant le Christ nous avait été offerte par le père de mon mari Jean. Nous l’avions accrochée au mur dans un coin de notre maison et nous nous mettions sous la protection de son regard attentif.

Peu à peu, les enfants ayant quitté la maison, nous l’avons oubliée. Mais sa présence continuait d’accompagner silencieusement nos allées et venues. Quand nous avons appris que nos prêtres souhaitaient un crucifix dans notre église, mon mari a manifesté le désir de l’offrir à la paroisse de Saint-Robert, témoin de tant d’événements marquants de notre vie familiale.

Un Christ restauré…

Dûment emmitouflée, nous avons apporté à la sacristie cette sculpture en bois peint de style baroque. Françoise Belmont l’a montrée à l’abbé André Fernandes, à notre curé modérateur Jean-Claude Dunand, au vicaire épiscopal, l’abbé Christophe Godel, et à la Commission diocésaine d’art sacré. Elle a également consulté les Conseils de paroisse et de communauté. Tous ont validé ce choix.

La statue ayant subi l’usure des ans, nous avons dû la confier à un restaurateur d’art, l’atelier Sinopie Sàrl à Vevey. Avec un soin minutieux et professionnel, le restaurateur a nettoyé et refixé la pellicule picturale, reconstitué certains manques, rempli de mastic les lacunes et les fissures. Il a fait en sorte que toutes ces interventions ne se voient pas, que l’œuvre garde son authenticité et une durée de vie optimale. Cette restauration a été offerte par le Conseil de paroisse.

… sur une croix valaisanne

Mon mari et moi désirions offrir un soutien décent à cette sculpture. C’est la croix de l’église de la Colombière, un support fin en bois, qui m’a aidée dans ce choix. André Moser et moi sommes allés voir l’ébéniste recommandé par le restaurateur d’art. Nous avons grimpé jusqu’à un village perché des Dents du Midi, Mex, en Valais. Là-bas, nous avons fait des essais pour déterminer la qualité du chêne, sa couleur et les bonnes dimensions. Ces choix effectués, l’ébéniste, Robert Udriot, nous a offert un bon petit vin blanc et un plat de viande séchée que nous avons dégustés face
à des montagnes somptueuses.

L’emplacement du crucifix dans l’église ayant été choisi par un petit groupe de paroissiens éclairés, il a été fixé au mur par le menuisier Luquiens sous l’œil vigilant d’André Moser. L’abbé Fernandes procédera à la bénédiction de ce Christ en croix lors de la messe du dimanche 12 septembre. Le quatuor des plus
belles voix de notre chorale, dirigé par Nathalie Breault, chantera à cette occasion.

 

Une nouvelle aventure

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), septembre-octobre 2021

PAR VÉRONIQUE BENZ | PHOTOS : DR, PXHERE

La rentrée pastorale, c’est toujours une nouvelle dynamique et des projets en perspective pour susciter une communauté de foi féconde. Cette année, nos deux unités pastorales, Notre-Dame et Saint-Joseph, vont intensifier leur collaboration et créer davantage de synergies dans le but de concevoir un Pôle pastoral et missionnaire.

Le but de ce pôle est de permettre une présence renouvelée et signifiante de l’Église. Pour le réaliser, des équipes transversales et thématiques vont progressivement être mises en place. Trois d’entre elles vont commencer leur mission dès cet automne : l’équipe curiale, l’équipe diaconie et l’équipe communication. Je vous laisse les découvrir dans ce magazine. Vous y ferez également connaissance des nouvelles personnes engagées au service de l’UP Notre-Dame.

Nos unités pastorales et leurs équipes se lancent dans une audacieuse aventure ! Une aventure à laquelle chaque baptisé, chaque paroissien est invité à participer. Une aventure qui doit permettre à chacun de vivre l’Évangile et de l’annoncer au monde. Nous sommes tous appelés à vivre avec le Christ dans notre quotidien, par notre simple présence priante, par notre engagement, comme Marlise Habegger qui œuvre bénévolement au Manoir à Givisiez ou les conseillers paroissiaux qui offrent leur temps et leurs compétences au service de la foi. Votre magazine fait également partie de l’aventure puisqu’il est l’un des outils de l’équipe communication.

Un alpiniste ne se lance pas dans une ascension sans s’y être préparé ; ainsi, pour mettre en place et faire vivre ce pôle pastoral et missionnaire, il nous est demandé de prendre le temps et les moyens nécessaires. Nous pouvons le faire de façon communautaire à l’exemple des jeunes qui ont participé à la semaine théologique au Simplon, ou de manière individuelle. Une aide pour y parvenir : la nouvelle rubrique : Ma foi sur le web.

Que cette nouvelle année pastorale soit pour chacun une belle aventure avec le Christ, dans nos divers lieux et communautés de vie.

Bonne année pastorale !

Le reflet du ciel sur la terre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

PAR OLIVIER TARAMARCAZ / WWW.ARTETFOI.CH | PHOTO : DR

Ce que j’observe en montagne est simple : il y a toujours le reflet du ciel sur la terre. Alors j’apprends à regarder. Mon temps porte l’empreinte de l’infini. Je comprends ma vie quand je marche dans cet infini. J’associe la marche à un texte, à une graphie, une poésie en mouvement. La poésie de la marche, voilà un bon indicateur de chemin à emprunter. Je vis ma vie comme un poème. En montagne, je vis dans le temps rassemblé, mon temps de la terre greffé au temps du ciel. Cela pose la question de savoir où est le centre de gravité dans ma vie. Jésus m’invite à un pas intérieur avec lui. Je désire le laisser respirer en moi. En définitive, mon premier souci est de ne pas échapper à la vie réelle, manifestée dans le Livre de la Vie, la Bible. La Parole de Dieu me décentre de moi-même, pour me centrer sur ce qui me dépasse, qui me déplace intérieurement vers ce qui est éternel. La Parole du Livre m’ouvre à ce qui ne passe pas. Alors, je désire me laisse éclairer par la lumière de l’Eternel, l’éternelle lumière. En méditant les paroles de l’Evangile, je prends le pouls de ma vie intérieure. Je m’accorde au « La » de la vie. La Parole du Livre de la Vie fait la netteté dans mon cœur, m’éclaire sur l’état de mon âme. Elle est la boussole indispensable à chacun de mes choix. Elle dirige mes comportements. Elle est le mètre étalon me permettant de me situer sur cette terre. Aussi, je prie : « Notre Père, que ta volonté soit faite dans ma vie comme au ciel. »

En librairie – septembre 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Les entretiens de l’Aube
Georges Haldas

« L’aube, pour moi, ce n’est pas simplement le lever du jour… C’est tout ce qui participe du commencement : l’aube, l’enfance, la graine… C’est un mode d’appréhender le monde, de le surprendre dans sa nouveauté, sa fantastique nouveauté à travers la répétition quotidienne. » Magnifiques entretiens avec l’écrivain Georges Haldas, empreints de fraîcheur et de poésie, qui sont l’occasion d’évoquer le travail d’écriture, la mémoire, la foi, le corps, tout ce qui constitue en somme un être humain sensible.

Labor et Fides

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Vous avez dit Providence ?
Pierre Aguila

« On voit la providence partout ou nulle part ! » Oui, mais alors comment discerner ce qui vient de Dieu et ce en quoi il n’est pour rien ? Comment distinguer les coïncidences fortuites de ces « clins-Dieu » que nous semblons parfois entrevoir ? Et si Dieu intervient dans notre vie, sommes-nous vraiment libres ? Peut-on coopérer à sa volonté sans être des marionnettes soumises à son bon vouloir ? Enfin, comment percevoir l’action de Dieu dans nos vies lorsque nous sommes dans l’épreuve ? Se pourrait-il qu’il nous ait oubliés ? Comment comprendre son silence ? Toutes ces questions, le Père Pierre Aguila les a prises en compte et il nous donne des critères sûrs pour appréhender la providence de Dieu dans notre vie. 

Artège

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Ferme les yeux, ouvre ton cœur
Dominique Pérot-Poussielgue

Voici un merveilleux livre-CD pour faire découvrir aux enfants la méditation chrétienne : celle qui consiste à descendre au fond de son cœur pour y rencontrer Dieu. Douze méditations guidées sont proposées : l’enfant, après s’être plongé dans un moment fort de la vie d’un saint dont l’ambiance est rendue palpable par des bruitages, est invité à intérioriser ce qui l’a marqué puis à prier avec des mots simples. Magnifiquement illustrées et mises en musique, lues par les voix apaisantes de deux comédiens de talent, ces méditations sont un moyen sûr d’initier les enfants à la prière, tout en douceur ! Une contribution bienvenue dans un monde où l’on fait vivre aux enfants des « moments magiques » certainement bénéfiques mais sans cette ouverture à Dieu que permet la prière.

Mame

Acheter pour 27.90 CHF

Les derniers seront les premiers et vice versa
Adrien Louandre

Adrien Louandre, 25 ans, né dans une famille modeste de militants communistes, raconte son parcours de conversion à l’adolescence, et les années qui ont suivi. Il décrit comment sa foi se construit en conciliant ses engagements pour l’écologie et la justice sociale, le tout sur fond de pardon et de dialogue. Les derniers seront les premiers nous plonge dans ce récit étonnant où s’entremêlent les méditations des grands saints, les réflexions d’économistes et de philosophes.

Première Partie

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Moins pour plus?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), septembre 2021

PAR L’ABBÉ ALEXANDRE BARRAS, CURÉ DE CRANS-MONTANA
ILLUSTRATIONS : KIEFFER

Un matin, j’étais assis au bord de mon lit et je contemplais mon armoire à habits ouverte. Les étagères étaient bien remplies de vêtements. Je pris la décision d’y regarder d’un peu plus près. A ma grande surprise plusieurs éléments ne dataient pas d’aujourd’hui… De plus, la taille de certains éléments ne correspondait plus avec les quelques grammes supplémentaires d’aujourd’hui… Ni une ni deux, armé d’un sac poubelle et d’un sac pour le recyclage me voici paré pour le grand tri. A la fin du labeur, et à mon grand étonnement, je constatais un éclaircissement dans l’armoire. J’avais entassé et gardé tant de choses inutiles ou inutilisables depuis si longtemps. Vint à mon esprit cette réflexion sur la course effrénée à l’achat et au besoin de toujours plus alors que ce grand vide me procurait une joie. D’abord de nettoyer les lieux, mais aussi de faire plaisir en donnant mes habits que je ne mettais plus et qui auront certainement fait des heureux. Aussi parce que se déposséder c’est se libérer d’entraves, qu’elles soient matérielles, humaines ou spirituelles.

Souvent, dans nos vies, nous « entassons » dans nos mémoires des soucis inutiles ou fabriqués, des mauvais souvenirs ressassés voire de vieilles querelles dont on ne sait plus bien qui, quoi, comment mais il ne faut surtout pas les oublier… Le Seigneur nous invite, sans cesse, à nous déposséder de tout ce qui nous empêche de le rencontrer et de rencontrer les autres. En « lâchant » les amarres, nous permettons à Jésus de nous emmener au loin, dans le calme, la paix et la vraie joie. Regardons nos frères et soeurs pauvres, combien ils sont généreux, attentionnés, joyeux. Ils n’ont presque rien mais ils donnent tout. Quel bel exemple de renoncement, certes pas voulu mais vécu avec courage et abnégation.

Rappelons-nous que, lorsque l’heure viendra de partir vers le Père, nous n’emporterons rien de matériel, mais seulement la vérité que nous aurons découverte et l’amour que nous aurons semé, partagé, accueilli.

Alors oui, beaucoup moins pour beaucoup plus !

Des personnes de notre secteur témoignent sur leur vécu durant la période du confinement

Petite escapade à Prabé (sur les hauts de la commune de Savièse) au-dessus d’une mer de brouillard qui plonge le Valais dans l’obscurité.

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), septembre 2021

En lien avec le thème de ce numéro, l’équipe de rédaction a demandé à des personnes de notre secteur de nous partager les points positifs et les enrichissements suscités par le COVID et la situation du confinement.

Riddes 

Propos recueillis par Jean-Christophe Crettenand auprès de Michaël, 39 ans

Force est d’avouer que le COVID ne m’a pas, de manière globale, apporté beaucoup de choses positives ni d’enrichissement. Le seul point positif que je pourrais citer serait le fait que, côté professionnel, on ait mis en place un système de travail par équipe. Ainsi, durant la première vague, je travaillais tous les jours de 6h à 14h ce qui m’a permis de profiter de mes après-midi. La vie associative dans laquelle je trouve énormément de plaisir à m’engager (football, CVAV, …) ayant été mise totalement en berne, j’ai découvert de nouveaux passe-temps tels que la marche ou encore le bricolage.

Distanciation sociale, arrêt des loisirs, méfiance… Je pense que le COVID a brisé beaucoup de choses et beaucoup de gens. Cette pandémie nous montre que l’on n’est jamais totalement à l’abri, tant au niveau social, professionnel, que sanitaire…

Saxon

Par Geneviève Thurre 

Covid plus pour moins 

Qu’est-ce que la période COVID vous a amené de positif ? J’ai posé cette question à plusieurs paroissiens : une jeune, un indépendant engagé en politique, une employée. La réponse est rapide et pour tous, elle dit en substance ceci : du souci, plus d’emm… ! Alors, est-ce qu’au fond, le fait de devoir réduire nos activités nous a fait du bien ? La question choisie par votre magazine paroissial n’est-elle pas naïve, voire hors réalité ? Pour ma part, j’ai été peu impactée par la pandémie. J’ai subi ce que j’appellerai des « tracasseries ». Je suis donc chanceuse. Pourtant, un des seuls points positifs que je retiendrai de cette période, c’est d’avoir trouvé une nouvelle formule pour Noël, qui a fait plaisir à toute la famille. Je pense que le lien social, entretenu à travers ma vie professionnelle et mes activités de loisir, est indispensable à mon bonheur. De même pour ma spiritualité, au demeurant intime, j’ai besoin de la communauté pour la rendre belle, vivante. 

Fully 

Propos recueillis par Alessandra Arlettaz  

Rencontre avec Léonard Dorsaz, quarantenaire marié, père de trois grands enfants, actif dans plusieurs comités

Avant le Covid j’avançais la tête dans le guidon, sans vraiment remettre en question la quantité, le sens et la qualité de mes engagements.

Pendant ce temps de crise sanitaire, la maison est devenue plus qu’un lieu de passage. Cette période m’a permis d’avoir de vrais temps de partage avec mes enfants et leurs amis, de vivifier la vie de famille et de couple, de revenir à l’essentiel. Avec mon épouse, nous avons pu accompagner nos jeunes qui, avec cette pandémie, perdaient leurs repères.

L’engagement musical a lui aussi pris un sens nouveau. Durant le semi-confinement, en famille, nous avons plusieurs fois joué pour nos aînés dans leurs jardins ou dans la cour du home. Aller partager ma passion auprès de personnes qui sont trop souvent délaissées a donné un sens profond à ma passion pour la musique.

Dorénavant, je ne vais pas forcément arrêter mes différentes activités. Cependant, je désire mettre davantage d’énergie et de temps dans celles qui ont du sens, être au service des personnes qui ont besoin, non plus faire des activités juste pour mon plaisir personnel.

Saillon

Propos recueillis par Laurence Buchard 

Rencontre avec Damien 

Quel enrichissement le COVID a-t-il suscité avec le moins d’activité ?

Le COVID a engendré un stop assez brutal de toutes les activités. Pour ma part, la saison de football a été interrompue et la reprise était incertaine. Au début ce fut un peu déconcertant et puis gentiment on s’y habitue. On s’entraîne seul, on passe plus de temps en famille. On s’est retrouvé tout à coup les cinq ensemble à table, ce qui était rare auparavant. Et finalement, on s’est également habitué à cette nouvelle situation et ça n’est pas si mal.

Quel côté positif gardez-vous de cette situation particulière ?

Le positif est qu’on relativise beaucoup plus qu’auparavant. Le fait de voir plus la famille était aussi bien. On a partagé beaucoup de moments ensemble. Je garderai donc avant tout cet aspect-là de cette crise.

Qu’est-ce qui a été changé pour une vie meilleure ?

Je ne vais rien changer de spécial mais j’aurais peut-être pris conscience de l’importance du temps passé en famille et aussi celui passé avec les amis car on n’a pas pu se voir beaucoup durant cette période. Dorénavant, je tâcherai à garder du temps pour eux.

Quelle redécouverte ?

J’ai redécouvert un peu de calme. Avant la crise, j’étais tout le temps à 100%, à faire mille choses par-ci par-là. Avec la crise, je suis resté à la maison et ai pu faire d’autres activités, prendre plus de temps pour moi et ma famille. 

Leytron 

Texte par Véronique Denis 

Ce que je retiens du confinement

Je me revois encore devant mon ordinateur, en train d’écouter la conférence de presse du Conseil fédéral. Le ton grave et solennel des conseillers fédéraux restera longtemps gravé dans ma mémoire. 

Ensuite, après avoir contacté les enfants et les parents de la confirmation qui devaient se rencontrer le lendemain, je me suis dit que j’allais avoir du temps pour moi : marche en plein air, mise en ordre de la maison, du bureau, lecture, détente… 

Je me suis rendu compte que ce temps offert gratuitement était une chance pour faire le point sur ma vie, mes engagements. Au lieu de courir de rendez-vous en rendez-vous, j’avais le temps pour réfléchir, me poser et poser un regard neuf sur les événements qui se déroulaient, en toute tranquillité. 

Les relations sociales en direct ont été coupées. Mais au niveau de l’équipe pastorale, nous avons su réagir : nous sommes devenus des « pros des vidéos-conférences, des messages WhatsApp » avec les enfants et parents de la catéchèse : autant de moyens qui ont permis de rester en contact, au-delà des distances et des interdictions en tout genre. Mais rien ne remplace les rencontres en « présentiel ». 

En conclusion, je dirais que ce temps du COVID m’a fait découvrir l’importance du temps. Mais je dois bien admettre que le rythme de la vie a tendance à s’accélérer. Il m’est difficile de ne pas me laisser entraîner dans le flot des activités qui s’enchaînent au quotidien. Mais le souvenir du COVID me titille toujours et m’invite à me poser et à prendre le temps pour la rencontre toute simple avec ma famille, mes amis… et avec Dieu ! 

La différence, un cadeau

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), septembre-octobre 2021

PAR AUDREY BOUSSAT
PHOTOS : DARREN IRWIN, PIXABAY

Le mois de septembre et la rentrée sont synonymes d’un remue-ménage généralisé dans la société. C’est souvent à cette période de l’année que de nouvelles têtes font irruption dans nos vies. Avec un peu de chance, nous aurons des affinités et des points communs avec ces inconnus qui ne le seront bientôt plus. Avec plus de chance toutefois, nous découvrirons des gens diamétralement opposés à nous, avec lesquels nous n’aurons guère ou pas d’atomes crochus.

Pour moi, côtoyer la différence est un cadeau et une chance de travailler sur soi afin de s’ouvrir encore plus au prochain. Accueillir ceux qui nous ressemblent ou avec qui le contact passe facilement ne relève pas de l’exploit. C’est au contraire dans les dissemblances qu’il est plus difficile d’accepter autrui dans son entièreté. D’accepter de découvrir l’enfant de Dieu qu’il est.

Pour cela, il faut déconstruire nos idées préconçues et avancer vers l’autre avec un regard pur. C’est un face à face entre deux êtres égaux avec des goûts, des opinions, des qualités et des défauts qui leur sont propres.

Vaccinés contre le coronavirus ou pas. Athées ou croyants. Engagés politiquement à droite ou à gauche. Omnivores ou végans. Les raisons de construire des murs, de nous isoler dans des cercles fermés avec des gens qui nous ressemblent sont nombreuses, mais trop souvent absurdes. En cédant à cette tentation, nous passons à côté de personnes magnifiques et du message fondamental d’amour réciproque du Christ. Le Seigneur nous a tous voulus tels que nous sommes sur cette terre. Et Il aime chacun d’un amour infini.

Dès aujourd’hui, nous pouvons célébrer à l’échelle individuelle la diversité de ce monde en cessant, par exemple, de juger ce qui nous est étranger. A la place, montrons-nous curieux et ouverts à ce que nous ne connaissons que trop peu. En nous confrontant à d’autres manières de faire et à de nouveaux points de vue, nous grandissons, nous faisons de belles rencontres et surtout, nous découvrons la richesse et la beauté du monde que Dieu a créé.

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