En ce mois de Marie

Statue de Marie, église de Monthey.
Vitrail de Notre Dame de Lourdes, église de Vionnaz.

Texte et photos par Jean-Michel Moix 

Le mois de mai est traditionnellement appelé aussi le « Mois de Marie ». En ce mois de mai, les fleurs s’épanouissent et rivalisent de couleurs chatoyantes, en diffusant leurs parfums subtils et odoriférants. Marie n’est-elle pas comparée justement à la « reine des fleurs », à une rose (« Rose mystique » dans les litanies) dont la beauté spirituelle avec ses vertus cultivées à l’excellence, a ravi le cœur de Dieu ? N’est-elle pas encore le « lys des vallées » dont la blancheur, c’est-à-dire la pureté sans tache, la virginité consacrée, a fait comme entrouvrir le ciel au-dessus d’elle, au jour de l’Annonciation ?! 

Et si nous contemplons Marie dans la foi, avec son cœur maternel rempli de sollicitudes à l’égard de chacun de nous, ne sommes-nous pas enclins à lui exprimer notre gratitude, notre confiance, notre hommage, notre louange, bref notre prière en lui adressant quelques « fleurs » ; c’est ainsi que la piété populaire se plaît à fleurir les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame. Plus encore, l’enfant de Marie (que nous sommes tous !) aime à lui parler, à la prier avec les paroles inspirées du ciel : avec la salutation de l’ange Gabriel au jour de l’Annonciation (Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous), avec les compliments que lui adresse Elisabeth au jour de sa visitation auprès d’elle (Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre sein – Jésus). Et par ailleurs en considérant notre indigence, notre état de pécheur, notre misère spirituelle, on aime l’implorer avec confiance (sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort).

Il était ainsi d’usage au Moyen-Age de lui tresser une couronne de fleurs, ce qui lui formait comme un « chapeau ou un chapel », ce qui a donné le mot  français de « chapelet ». Ainsi chaque Ave Maria (ou « Je vous salue Marie ») est comme une fleur que l’on offre à Marie. Et soyons assurés que Marie, en retour, enrichira notre bouquet de fleurs en y joignant sa propre prière pour le présenter à son divin Fils, Jésus, et obtenir ainsi du Cœur de Jésus, grâce et bienfaits ! 

En ce mois de mai, sachons renouveler notre dévotion mariale. 
– Pourquoi ne pas lui « consacrer » notre journée en récitant le matin, la prière de l’Angélus ?
– Pourquoi ne pas orner de fleurs un oratoire marial ou une statue de Marie ? Et surtout pourquoi ne pas lui offrir en même temps un beau bouquet de fleurs, composé de quelques « Je vous salue Marie » fervents et confiants ?!

Prière de l’Angélus

L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. / Et elle conçut du Saint-Esprit.
     Je vous salue Marie…

Voici la servante du Seigneur. / Qu’il me soit fait selon votre sainte parole.
     Je vous salue Marie…

Et le Verbe en elle s’est fait chair. / Et il a habité parmi nous.
     Je vous salue Marie…

Nous te prions Seigneur de répandre ta grâce en notre âme, 
afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange l’Incarnation de ton Fils, 
nous arrivions un jour par mes mérites de sa passion et de sa croix, 
jusqu’à la gloire de la résurrection, par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

Demande de Notre Dame aux trois enfants à Fatima, le 13 mai 1917

Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

Le Travail comme Salut

Avec cet article s’ouvre une nouvelle rubrique littéraire, dont la rédaction a été confiée à M. Benjamin Mercerat. Enseignant de français et écrivain, il aborde ici l’œuvre d’un écrivain et poète suisse romand bien connu : Charles Ferdinand Ramuz.

Par Benjamin Mercerat | Photo : Centre des littératures en Suisse romande (UNIL)

C. F. Ramuz : ce nom déclenche généralement des réminiscences de lecture scolaire, voire réveille le préjugé voulant qu’il s’agit là d’un auteur rustique ne sachant pas sa syntaxe – par ignorance – ou faisant comme s’il ne la savait pas – par préciosité. Ramuz et le Valais : La Grande peur dans la montagne, bien sûr ; Farinet, évidemment ; si ces romans ne déméritent pas, on a tendance à oublier que plus du tiers de ses 22 romans sont situés en Valais, ainsi que de nombreuses nouvelles. 

Faisons nos premiers pas sur les traces de Ramuz en Valais avec une de ces nouvelles. Publiée dans le recueil Nouvelles et morceaux en 1910, on gagne à y lire, par-delà sa simplicité apparente, une parabole décrivant la pensée de l’auteur, cet agnostique étonnamment religieux.

« Le Pauvre vannier », c’est Anselme, artisan vieillissant supplanté par un jeune concurrent, délaissé par les villageois. Il prend alors, tel un pèlerin, sa cape et son bâton d’épine, et marche « droit devant lui dans la montagne », décidé à s’y abandonner. Or, épuisé, la montagne s’ouvre à lui, lui donnant accès au Paradis. Tout humble, il n’arrive à croire qu’il est accepté parmi les « élus ». Dans cet Au-delà, chacun retrouve sa maison, mais toute neuve ; et chacun reçoit sa nourriture quotidienne. L’activité principale du village, c’est la Louange. La première chose qu’aperçoit Anselme est une grande procession autour de l’église, emmenée par l’Evêque.

Cependant, Anselme commence à s’ennuyer de son travail de vannier ! Au point de demander à l’Evêque de faire un aller-retour sur terre pour s’y procurer de l’osier afin de se remettre à l’ouvrage. Ce dernier, ainsi que les villageois et les anges, tentent de l’en dissuader, mais rien n’y fait. Le pauvre vannier est retrouvé mort par des bergers, quelques jours après sa fuite du village. 

Dans cette nouvelle, Ramuz témoigne de sa métaphysique agnostique : pour ce grand artisan du roman, c’est le Travail qui sauve, à défaut d’un Dieu pouvant être reconnu. Or, situé dans un cadre catholique, qui est celui que Ramuz a connu lors de ses séjours valaisans, où il assistait à la Messe avec intérêt, le tragique de cette conception se fait probant : en exprimant la fin d’Anselme, l’auteur exprime peut-être ce qu’il pressent au fond de lui : ce n’est pas notre propre Volonté qui nous sauve, notre propre mérite, autonome ; mais c’est notre mérite en tant qu’il participe à la grâce divine, comme l’établit le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Bibliographie : 

C. F. Ramuz, Nouvelles et morceaux (1910) in Œuvres complètes, éditions Rencontre, 1967.
Robert Marclay, Ramuz et le Valais, Payot, 1950.

La prière sur le silence

Prière proposée par le Père Joseph Akuamoah-Boateng, spiritain | Photo : unsplash.com 

Dans le silence je viens vers toi, Seigneur. Accorde-moi un esprit de prière et d’adoration. Que ce temps en ta présence me soit un moment de grâce et de paix. Dans ce silence du désert, ne laisse pas le péché me parler, ni le tentateur me distraire.

Daigne me donner le sentiment continuel de ta présence ; de ta présence en moi et autour de moi. Tais en moi et autour de moi tout bruit qui puisse me troubler le cœur. Apprends-moi à entendre des pauvres et des petits. Aide-moi à les aimer et à les aider comme toi. 

Ô Seigneur, fais que dans ce silence, j’entende ta douce voix qui murmure ta belle mélodie à travers la beauté de la création. Qu’émerveillé d’être en ta présence et rempli de joie, mon âme et mon cœur puissent t’acclamer : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de ta gloire. »

Ô Seigneur, donne-moi un cœur qui t’écoute ! Que je puisse dire comme le petit Samuel : « Parle, ton serviteur écoute ! » Que je puisse dire comme Marie : « Oui, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »

Ô Seigneur, au pire moment de la vie, que je garde la foi et la confiance en Toi jusqu’au bout. Et que, comme le Seigneur en prière au mont des oliviers, je puisse prier : « Père, que ta volonté soit faite et non la mienne ! »

Amen.

Célébration de la confirmation sur le Haut-Lac dimanche 25 février

Par Virginie Maret
Photos : Vincent Vannay

Des rencontres en petits groupes, des retraites, des goûters, des jeux et bien sûr un peu de caté : le cheminement pour arriver à la fête de la confirmation est beau et riche en émotions !

En ce jour du 25 février 2024, le ciel est bleu et la météo est douce mais il n’y a pas que le soleil qui rayonne et chacun prend part à sa manière au bon déroulement de la célébration. Tous les confirmés se souviendront de ce jour béni et garderont dans leur cœur de beaux souvenirs.

Merci aux familles, aux paroissiens, aux chanteurs et à la fanfare pour leur présence et leur soutien précieux. Merci aux parents qui ont accompagné le parcours et merci à l’équipe confirmation. Enfin, merci à nos prêtres et au vicaire général, Pierre-Yves Maillard, qui a confirmé les 21 jeunes et une super maman, Rosalba Camacho ! Voici son témoignage :

Pourquoi avoir fait ma confirmation aujourd’hui, à l’âge de 40 ans et pas avant ? Je crois que le timing choisi par Dieu est parfait ! Ces quelques dernières années j’étais perdue psychiquement et émotionnellement. Parfois j’ai cru que ma vie était finie. Soudain j’ai motivé mon fils à suivre le parcours vers  la confirmation. C’était génial ! Mais moi-même je continuais à me sentir vide, triste, seule et désespérée… C’est à ce moment-là que j’ai ressenti le besoin de prier et de suivre moi aussi le chemin de la confirmation et petit à petit ce vide que j’avais en moi s’est rempli de paix et d’amour. J’ai senti en moi que je n’étais plus seule. Le 25 février j’ai ressenti comme avoir « mangé une grosse assiette de paix intérieure ». Avoir suivi ce parcours en même temps que mon fils est une expérience magique. J’invite tous ceux et celles qui se sentent seul.e.s, à tout déposer devant le Seigneur, quels que soient leur tristesse ou leur problème car le miracle existe ! Aujourd’hui je me demande où j’étais et je peux vous dire qu’il est venu me chercher. Et je suis revitalisée et remplie d’une immense foi !

Ont reçu le sacrement de la confirmation des mains de notre vicaire général, Pierre-Yves Maillard, le 25 février, en l’église de Vouvry :

Vionnaz: Birchler Chloé, Cordonier Chloé, Doe Melvin, Guérin Tyméa, Marques Mélissa, Rossier Roxane, Vernizzi Charlotte, Wiedmer Zoé.

Vouvry: Camacho Rosalba, Chanton Juliette, Coelho Ema, Ferrer Taïna, Gegovic Gabriel, Glaus Sohan, Rodrigues Da Silva Alicia, Togni Tristan, Vuadens Louise.

Port-Valais et Saint-Gingolph: Querido Tomas, Querido Telmo, Derivaz Julie, Ventuzelo Délia, Ventuzelo Thomas.

Dieu passe dans nos vies!

Par l’abbé Valentin Roduit | Photo : DR

Pâques, c’est le passage de la mort à la vie. Le moment où Dieu transforme un objet de supplice en bijou.

Pâques, c’est le passage des hébreux à travers la mer rouge. Le passage du vieil homme à la vie nouvelle d’enfant de Dieu à travers l’eau du baptême.

Pâques, c’est le passage du paisible dernier repas aux cris de la Passion, des cris au silence du tombeau, du silence à la joie de la Résurrection.

Dans ce numéro, il sera question de ce silence, qui peut préparer en nous des passages.

Chaque matin, le passage de la nuit au jour nous émerveille.

Chaque jour, le passage de la solitude à la prière commune nous nourrit.

Chaque jour, le passage de l’écoute de la Parole à sa mise en pratique nous met au défi.

Dieu passe dans chacune de nos vies. Saurons-nous ouvrir les yeux et les oreilles pour recevoir ce qu’Il veut nous dire dans le silence ?

Les enfants du pardon ont accueilli la miséricorde.

Les familles des baptisés ont accueilli la foi.

Les confirmands ont accueilli l’Esprit Saint.

Chacun de nous, accueillons l’invitation à adorer le Seigneur dans le silence et prenons la résolution de Lui laisser le temps pour qu’il passe vraiment dans chaque pièce de notre cœur.

Dieu passe pour nous donner la vie !

«Retrouver le chemin de la vie après la douleur d’un deuil»

Comment le récit de Pâques nous y invite

Par Christophe Allet
Photo : alixraconte.ch

Une conférence
C’est le titre de la conférence que donnera Mme Alix Noble Burnand, thanatologue et formatrice d’adultes et conteuse bien connue en Romandie, le jeudi 25 avril 2024 à 19h30 au CO de Vouvry, grande salle du 1er étage (Avenue de la gare 31, en face de la gare CFF, places de parc devant le CO). Entrée libre, panier à la sortie, prix conseillé : Fr. 25.–

Dans la dynamique de Pâques
Nous sortons de la semaine de Pâques où nous avons célébré le Christ ressuscité.
Pour la conférencière, Pâques est un récit de passage à exhumer, un trésor à redécouvrir, sur lequel on est assis !
Pâques nous donne des outils de communication, de transmission, de révélation, un savoir-faire oublié.

Dans un projet œcuménique plus large
Invitée par le groupe œcuménique du Haut-Lac, cette conférence fait partie d’un cycle plus large pour aborder la question du deuil et de la mort ! 
Mme Alix Noble Burnand reviendra dans le secteur le jeudi 7 novembre 2024 à la chapelle protestante du Bouveret pour une « célébration du souvenir » ouverte à tous.
En outre, nous avons programmé le dernier spectacle de Fabien Moulin avec sa troupe Silex de théâtre forum : « La fin des haricoTs », sur le thème de la mort, qui sera présenté le dimanche 16 juin en fin de journée à la maison de paroisse de Vionnaz. 

Contact dans le secteur pour tous renseignements 
Isabelle Pilet au 079 324 79 51
Site web de la conférencière : www.alixraconte.ch 

Histoire de famille: les frères Multone, racontés par Laurent et Stéphane

Thomas Multone, 1844-1915. Ouvrier piémontais sur le premier chantier de l’église en 1851, puis fondateur de l’entreprise Multone Construction.

Construction originelle de l’église de Monthey en 1851

Dans le cadre du projet de restauration de l’église paroissiale de Monthey, projet initié par le curé Jérôme Hauswirth, il est bon de se replonger dans l’histoire de ce vénérable et saint édifice religieux, avec une histoire de famille, la famille des frères « Multone », histoire rapportée par les membres de la famille, avec Laurent et Stéphane.

Propos recueillis par le curé Jérôme Hauswirth | Photo : DR

II était une fois les deux frères Thomas et Etienne Multone. Ils habitaient un petit village nommé Sostegno, situé dans la province de Biella au Sud des Alpes dans le Piémont. A cette époque, ils avaient déjà fréquenté l’école de la construction de Turin et possédaient donc des connaissances et un savoir-faire important. Au même moment, l’architecte Vouilloz était mandaté pour construire une église de style basilical de type italien à Monthey. Or, le Monthey de l’époque ne disposait pas de ces compétences activement recherchées. C’est sous la direction de l’architecte que les deux frères rejoignirent ainsi leurs cousins Gualino de Martigny, alors engagés sur ce chantier.

Avec de nombreux autres artisans venant du val Vigezzo, mais aussi de la Valsesia leur région d’origine, les deux frères participèrent notamment aux travaux de plâtrerie, de stuc, de stuc-pierre et encore de peinture, produisant des effets remarquables de marbre encore bien visibles aujourd’hui dans l’église.

Bien des années plus tard, le petit-fils de Thomas, M. Roger Multone, a rapporté des anecdotes sur son grand-père et sur son grand-oncle : « Les moulures en feuilles d’acanthe des colonnes corinthiennes ont été construites à l’aide de moules en bois sculptés, conçus de manière analogue aux brantes pour être transportés par les ouvriers sur les échafaudages. Remplis de plâtre puis démoulés, ces épais panneaux de bois marqués en motifs inversés ont permis de créer ces ornements architecturaux constituant les chapiteaux merveilleusement décorés. »

Puis en l’année 1870, ces deux frères ont fondé une entreprise de construction à Monthey. Elle a été notamment active dans la gypserie et la peinture jusqu’en 1939. A travers ses activités, elle a ainsi pu former des apprentis, qui, à leur tour, se sont mis à leur compte : soit les entreprises Guidetti et Colombara toujours présentes aujourd’hui ! Aujourd’hui, leurs activités continuent après plus de 150 ans !

N’oublions pas ces hommes et leur courage qui, par leur travail, ont honoré Dieu. Ils nous ont aussi transmis d’autres édifices magnifiques encore appréciables aujourd’hui dans tout le Valais.

Des lieux de beauté qui nous aident à élever notre regard vers l’espérance.

Si vos ancêtres ont aussi participé à la construction de l’église de Monthey, merci d’en faire part à la rédaction. Nous compléterons avec joie la série 😊.

Un silence ouvert au sacré

Avant Vatican II, le prêtre, seul, célèbre la messe à voix basse et les fidèles y assistent en spectateurs muets. Après le Concile, de nombreux changements favorisent la participation des fidèles. Aujourd’hui, l’Eglise présente le silence comme un des moyens pour que tous vivent activement la liturgie. Petit tour de la question, en s’inspirant d’un livre rédigé par l’abbé Pascal Desthieux, « Habiter le silence dans la liturgie ». 

Par Nicolette Micheli
Photos : Mon missel pour aimer Jésus, Artège, p. 40. / La messe des petits, Téqui, p. 50 (Photo scannée du livre de Pascal Desthieux)

Valeur du silence

« Je vous demande de prier le Seigneur pour moi… en silence… » Chacun se souvient de l’intensité de ce silence qui a suivi l’élection du pape François. Dans notre monde bruyant, de nombreuses personnes s’arrêtent dans les églises afin d’y trouver le silence. C’est après Vatican II que le silence est évoqué dans un document officiel de la liturgie. Dans la présentation du nouveau Missel, il est devenu un élément important. « Un  silence sacré fait partie de la célébration. Sa nature dépend du moment où il trouve place dans chaque célébration » et Pascal Desthieux précise : « Il offre un espace de recueillement, de méditation, de prière. Plus qu’un silence sacré, c’est un silence ouvert au sacré. » Il n’est pas un but, mais un moyen qui met en valeur les paroles et les gestes et permet de mieux les intérioriser. Il témoigne que l’Eglise est Peuple de Dieu où chacun participe activement à la liturgie. La nature du silence varie selon qu’il se trouve avant, pendant ou après l’action liturgique.

Le silence de recueillement

Ce silence aide à sortir de l’agitation pour se mettre en présence de Dieu. Il nous rend attentifs et ouverts à ce qui se passe en nous et autour de nous. Au début de la messe, le prêtre nous invite à un bref silence avant le « Je confesse à Dieu », dans le but de se présenter à Dieu avec nos limites et d’accueillir son pardon. Puis après l’invitation « Prions… », il offre un instant de silence pour établir une relation personnelle avec Dieu et lui confier nos intentions. Ce silence est particulièrement mis en valeur lors des messes de funérailles et surtout durant les offices de la Semaine sainte : silence des cloches dès le jeudi, silence avant la grande prière universelle du vendredi et durant la vénération de la Croix et grand silence du samedi dans l’attente de la Résurrection.

Le silence de méditation

Il nous permet d’être plus disponibles pour écouter la Parole de Dieu et mieux la « ruminer ». Après l’homélie, un silence offre un peu de temps pour méditer le message transmis et marque une pause bienvenue, surtout si l’homélie a été longue… 

Le silence de prière

Ce silence est au service de la prière personnelle. On le vit lors de la prière universelle, quand le prêtre propose : « En silence, confions au Seigneur nos intentions personnelles… » et quand le prêtre demande au Seigneur : « Souviens-toi de tes serviteurs qui nous ont précédés… » Prière silencieuse aussi à l’élévation du Corps et du Sang du Christ ainsi qu’après la communion pour permettre à chacun de rendre grâce. Un chant de louange de l’assemblée peut aussi jaillir de ce silence.  

Nous laissons la conclusion à Pascal Desthieux : « L’observation de ces silences confirme la place que le célébrant donne à l’assemblée pour que tous soient acteurs de la liturgie. Celui qui préside la messe a une grande responsabilité. La manière d’inviter au silence, de le vivre soi-même et de le conclure fait partie de l’art de célébrer et prend toute son importance. »

Les Colis du Cœur: l’anniversaire d’une association indispensable

Des bénévoles de tout âge et de tout le Chablais se mobilisent pour les collectes depuis de 30 ans.

Texte et photos par François-Xavier Mayoraz, membre du comité des Colis du Cœur

En cette année 2024, l’association des Colis du Cœur va fêter ses 30 ans d’existence. Comme la plupart le savent déjà, cet organisme a pour but de fournir une aide alimentaire ponctuelle aux personnes de la région qui sont dans le besoin. Il faut voir cela comme un coup de pouce momentané, dans une période de vie compliquée vécue par les personnes.

C’est le 8 avril 1994 que les Colis du Cœur virent le jour, sous l’impulsion de quelques femmes et notamment de Mme Ginette Fessard, qui va incarner généreusement cette association pendant un quart de siècle. Si aujourd’hui Mme Fessard s’est retirée, la pauvreté, elle, continue d’exister, notamment en raison de l’inflation, qui met à mal de plus en plus de personnes.

Mais où trouver toute cette nourriture que nous redistribuons ensuite ? Pour ce faire, trois fois par année, nous nous postons devant les différents magasins alimentaires de la région et nous sollicitons la générosité des personnes qui viennent faire leur course, en leur proposant d’acheter quelques denrées en plus et de nous les déposer à la sortie. 

Par ailleurs, de temps en temps, nous rencontrons des personnes qui ont particulièrement à cœur de donner quelque chose, car eux-mêmes par le passé ont dû faire appel à cette association.

Toutefois, si les Colis du Cœur perdurent encore aujourd’hui, c’est sans conteste grâce à l’aide infiniment précieuse des nombreux bénévoles. Que ce soit de la prise de contact au téléphone avec les demandeurs, en passant par la confection des colis et leur distribution, ainsi que de la présence dans les magasins lors des trois récoltes annuelles, tous ces bénévoles font un travail incroyable et ne ménagent aucunement leurs efforts. Un immense merci à eux !

Et joyeux anniversaire aux Colis du Cœur !

Le samedi matin 8 juin aura lieu l’anniversaire officiel des Colis du Cœur.

Groupe Œcuménique d’Accueil des Réfugiés (GOAR) de Monthey: Jacqueline Rigamonti passe le flambeau

Souvenez-vous, en automne 2015, avec l’arrivée de requérants d’asile venant de Syrie, notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, lance un appel à la solidarité des Eglises et des mouvements citoyens. Un groupe de bénévoles, issus des paroisses catholiques et protestante de Monthey, se met à l’œuvre et prend le nom de GOAR. Jacqueline Rigamonti coordonne les diverses facettes de l’engagement : cours de français, contacts avec l’office de l’asile, suivi des bénévoles, accompagnements des familles.

Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR

Cette situation de 2015 donne une visibilité, légitime et démocratise en quelque sorte ces actes d’accueil qui sont déjà réalisés de manière spontanée et informelle. En effet, à Monthey, le groupe Réfugié-Rencontre existe depuis 1996, fondé sous l’intuition du Curé Othon Mabillard. Cela fait donc plus de 30 ans que « Madame Jacqueline » – comme l’appellent ses amis étrangers – œuvre pour l’accueil aux réfugiés.

Vocation à l’autre

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Jacqueline Rigamonti est sensible aux gens d’ailleurs. « Je n’ai jamais eu peur de l’autre, j’avais une idée positive au départ, explique-t-elle, cela n’empêche pas d’être lucide. » Diverses expériences nourrissent son enclin naturel à l’autre : un Père spiritain qui venait montrer des diapos, son métier qui l’a conduite à enseigner à la Vila Beata, école pour jeunes filles étrangères, à exercer du bénévolat au magasin du monde ou à la mise en route de la bibliothèque interculturelle de Monthey. 

Elle a reçu une éducation religieuse plutôt formatée – il n’existait rien d’autre à l’époque – mais a rencontré des chrétiens qui ont ancré le message biblique dans des valeurs telles que la justice, le sens des autres ou la générosité. Ainsi, l’accueil fait partie de son ADN chrétien. Impensable pour elle, de se dire chrétienne sans répondre à cette Parole : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)

Au cœur de la mission : la rencontre

Jacqueline insuffle cet esprit dans le groupe, en répondant aux besoins humains et relationnels des personnes immigrées. « Le plus important c’est le contact régulier, la présence gratuite et l’amitié offerte », insiste Jacqueline, comme un écho à la parole : « Traitez l’étranger comme s’il était l’un des vôtres. Tu l’aimeras comme toi-même : car vous avez été vous-mêmes étrangers en Egypte. » Lv 19, 34 Petit à petit, le GOAR organise une aide aux devoirs, des lundis récréatifs durant l’été, des espaces de rencontres et par-dessus tout, le soutien aux familles. Mais rien n’est plus précieux que ce contact personnel et amical !

Merci !

Durant ces (presque) 30 ans d’engagement, Jacqueline bénéficie du soutien et de l’aide de son époux, Flaviano. « Il connait toutes les personnes que j’ai accompagnées »,  dit-elle en regardant les souvenirs défiler sur son téléphone. Aujourd’hui, elle passe le flambeau, avec le souhait que le GOAR grandisse avec d’autres. On ne remplace pas « Madame Jacqueline », mais plusieurs lui succèdent avec une répartition des responsabilités. Nous les remercions de poursuivre leur précieux engagement.

Les paroisses de Monthey-Choëx trouvent ici une occasion de remercier sincèrement Jacqueline Rigamonti. Merci Jacqueline pour ta fidélité dans l’engagement et ton audace. Merci d’avoir déployé au sein du groupe Réfugiés-Rencontres et du GOAR tes idées, ton temps sans compter et tes valeurs humaines et spirituelles. Merci d’être une témoin du Christ qui va à la rencontre de chacun.

Le premier Pardon

Messe paroissiale de la « Fête du Pardon » à Muraz en remerciement pour le don sacramentel du Pardon de Dieu.

Les enfants de 4H de Collombey et de Muraz, inscrits au parcours de préparation au sacrement du Pardon, ont bénéficié pour la première fois de ce beau et grand sacrement le 2 février (à Collombey) et le 9 février (à Muraz). C’est l’occasion, sous forme d’une interview, de faire le point sur ce sacrement, avec les catéchistes engagées dans cette préparation.

Propos recueillis par Antonella Cimino et Béatrice Lucciarini | Photos : Jean-Michel Moix, Simone Lattion

Qu’est-ce que je trouve de beau ou de grand dans ce sacrement du Pardon ? 
Antonella : Ce que je trouve de beau et de grand c’est cette guérison ; le sacrement du Pardon guérit l’âme et le cœur ; cette tristesse et ce poids qui étaient présents, s’envolent pour laisser place à la paix.
Béatrice : Pour moi, le sacrement du Pardon est le sacrement de l’Amour de Dieu. Il nous aide à vivre avec Lui et avec les autres. Il nous permet de mettre sa Parole dans notre vie.

En quoi, le sacrement du Pardon aide-t-il l’enfant à grandir dans la foi (chrétienne) ? 
Antonella : Il permet de se réconcilier avec Dieu, avec les autres ainsi qu’avec soi-même. Les enfants comprennent que ce sacrement est utile pour grandir dans la foi, ils peuvent le demander à chaque fois qu’ils veulent réparer le fil d’amitié qui a été cassé entre Dieu et les autres.
Béatrice : Discuter de sa vie, sous l’angle de la foi, avec un prêtre aide l’enfant à grandir.

Lors de la préparation des enfants à ce sacrement, quel message entendez-vous faire passer ? 
Antonella : Le message est que l’Amour de Dieu est sans limite. Son pardon nous transforme véritablement. Qu’il est bon de vivre dans le respect, le partage, la générosité, la vérité, l’amour… lorsque nous sommes pardonnés et que nous-mêmes nous pardonnons, nous nous rapprochons encore plus de l’autre, de Dieu.
Béatrice : Le plus important est l’amour de Dieu. « Dieu t’aime très fort, plus que tu ne peux l’imaginer. Il veut que tu sois heureux. Il aime pardonner. »
Cependant, je trouve très important que les enfants découvrent l’importance du pardon dans leur vie de tous les jours avec les autres : en famille, avec les copains, avec les adultes qu’ils côtoient. Et ceci indépendamment de toute conception chrétienne. Sans pardon, la vie « communautaire » est très difficile, voire impossible.

Pour quelles raisons, selon vous, le sacrement du Pardon est-il aujourd’hui délaissé voire oublié ? 
Antonella : Le sacrement du Pardon nous met dans l’humilité devant Dieu qui nous aime malgré toutes nos faiblesses ; cette rencontre est essentielle. 
Peut-être que certains ne voient pas leurs péchés donc ils n’éprouvent pas le besoin de se confesser.
Béatrice : Notre société individualiste ne voit pas l’« utilité » du sacrement du Pardon et du dialogue avec le prêtre. Nos contemporains ont de la difficulté à se reconnaître pécheurs.

Qu’est-ce que ce sacrement nous dit sur Dieu, sur nous-mêmes ?
Antonella : Le psaume 147, 3 nous dit : « Dieu est celui qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures. » Il le fait à travers le sacrement de la réconciliation. C’est seulement si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur et avec nos frères que nous pouvons être vraiment en paix.
Béatrice : Il nous révèle ce que nous dit l’Evangile de Jésus : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à moi ne marchera pas dans les ténèbres ; mais il aura la lumière qui conduit à la vie. » (Jean 8, 12)

Messe paroissiale de la « Fête du Pardon » à Collombey en remerciement pour le don sacramentel du Pardon de Dieu.

Les 40 heures à Collombey

« Le truc le plus fou que je fais dans ma vie ! » C’est la manière dont en parle Olivier, un adorateur des 40 heures de Savièse, qui se lève la nuit une fois par mois pour aller passer une heure seul dans l’église avec le Saint-Sacrement.

Texte et photos par Valentin Roduit

Pourquoi 40 heures ?
40 ans, c’est la traversée du désert par les hébreux ; 40 jours, c’est le déluge au temps de Noé et le temps que Jésus passe au désert. C’est aussi notre Carême, temps pour se préparer à la grande fête de Pâques ; 40 heures, c’est un temps de prière que peut donner une communauté au Christ pour en recevoir de belles grâces. La tradition a commencé il y a 450 ans à Milan, introduite et popularisée par saint Philippe Neri à Rome. L’idée était : 40 heures de prière avant le début du Carême, en réparation du mal commis à carnaval.

40 heures de prière à la suite, c’est beaucoup !
La tradition veut que les croyants se relaient en présence du Saint-Sacrement exposé. La petite tradition rejoint la grande, puisque les sœurs du Monastère des Bernardines ont proposé longtemps une nuit d’adoration tous les premiers vendredis du mois. A Collombey, nous adorons tous les vendredis de 20h à 21h. Une adoration prolongée permettra que chacun passe un temps privilégié avec le Seigneur, relié aux autres adorateurs.

A quelle date, ces 40 heures ?
Cette année, les 40 heures démarrent à Collombey, du jeudi 2 au samedi 4 mai 2024, pile à mi-chemin entre Pâques et la Fête-Dieu. Ce temps privilégié de prière nous permettra de reconnaître la présence du ressuscité dans l’Eucharistie. Ce sera aussi le week-end des premières communions, nous pourrons porter spécialement les enfants qui recevront pour la première fois le Seigneur le dimanche 5 mai à Collombey ou le jeudi 9 mai à Muraz.

40 heures, ça demande 40 personnes ?
Un temps de prière seul avec le bon Dieu, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Les 40 heures existent déjà dans d’autres paroisses. Chacun s’engage pour une heure et les adorateurs forment une chaîne humaine. Un « Je vous salue Marie » prié ensemble permet de passer le relais entre les adorateurs. Un livret d’intentions permettra de confier ce qu’on a sur le cœur aux autres adorateurs.

Comment faire pour participer aux 40 heures ?
Seul, à deux ou en famille, inscrivez-vous pour venir prier une heure dans la belle chapelle du Monastère de Collombey. Dans un premier temps, vous pouvez sélectionner une tranche de journée, puis nous attribuerons les horaires.
N’importe quelle heure du jour ou de la nuit entre le jeudi soir 19h et le samedi 11h. A vous de jouer : Est-ce que vous pensez que ce sera plus difficile de trouver des adorateurs pour le jour ou la nuit ?

La foi en tous ses états

« Le Christ est ressuscité ! / Il est vraiment ressuscité ! » C’est ainsi que les chrétiens (spécialement en Orient) se saluent en ce temps de Pâques. C’est aussi une profession de foi. Et c’est pour préserver cette même foi que des chrétiens endurent encore aujourd’hui la persécution et même le martyre. Nous pouvons ainsi nous demander : comment se porte la foi (chrétienne) en Suisse ? Pourquoi est-ce important de « croire » ? 

Par Jean-Michel Moix | Graphiques / Photos : OFS, DR

Des données statistiques pour la Suisse

Les récentes données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) montrent clairement en l’espace de ces 50 dernières années un recul de la foi chrétienne et une avancée de l’agnosticisme/déisme/incroyance : avec des personnes se disant « sans confession
religieuse ».

Jugeons-en par les graphiques ci-dessous :

Mais qu’est-ce donc que la foi ? 

Donnons ici une première définition : la foi, c’est notre attachement (d’intelligence comme de cœur) à Jésus-Christ, à son enseignement, à son Eglise.

Et voici une deuxième définition avec ce qu’on appelle « l’acte de foi » : Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper.

Et puis, pour troisième définition, nous pourrions ajouter que la foi est une vertu théologale surnaturelle. Elle est une vertu dans le sens que plus on l’exerce plus elle se fortifie et grandit, et moins on l’exerce plus elle a tendance à diminuer ou à s’affaiblir. Elle est théologale car elle nous oriente vers Dieu, elle nous unit à Lui. Elle est surnaturelle parce qu’elle est un don de Dieu qui nous est donné avec la grâce surnaturelle que nous recevons au jour de notre baptême.

Que vous procure la foi ? 
Relevons dans l’ancien rite du baptême des enfants, le dialogue préliminaire entre le prêtre et les parents, parrain et marraine : 
Prêtre : … que demandez-vous à l’Eglise de Dieu ? | Réponse : La foi.
Prêtre : Que vous procure la foi ? | Réponse : La vie éternelle.

Quel est le signe qui synthétise notre foi ?
C’est le signe de croix que l’on trace sur nous en commençant par exemple une prière. Ce faisant nous professons trois grandes vérités fondamentales qui constituent comme le cœur de notre foi : 
1) Foi en la sainte Trinité : un seul et unique Dieu en trois personnes, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.
2) Foi en l’Incarnation du Fils : de ces trois personnes divines, c’est le Fils (Jésus-Christ) qui s’est fait homme.
3) Foi en la Rédemption : en s’immolant pour nous sur l’autel de la croix, Jésus a réalisé le grand sacrifice que Dieu le Père a agréé pour nous racheter. Dit autrement, par sa passion et sa mort sur la croix, Jésus nous a mérité la grâce des grâces, le don du Salut.

Vie monastique et silence

Vivant en communauté, les sœurs bernardines du monastère de Collombey cherchent Dieu dans la prière, la simplicité, le silence, le travail et l’accueil des personnes qui viennent à elles. En ce début du mois de février, nous partons à la rencontre de Sœur Elisabeth qui nous parle de cette vie de prière et de silence.

Propos recueillis par Yasmina Pot
Photo : Abbé Valentin Roduit

En grimpant l’escalier jusqu’au monastère, on entend de moins en moins de bruit. On est à la fois loin de la plaine et tout proche d’elle. Les dernières marches longent l’hôtellerie et son jardinet. Puis c’est l’arrivée à la porte d’entrée. Sœur Elisabeth nous accueille au parloir en souriant.

Sœur Elisabeth, on le comprend en arrivant ici, la beauté du monastère et de la nature qui l’entoure est propice à une vie de prière. 
Oui, c’est un environnement calme qui nous permet d’être attentives au Seigneur dans la prière et le silence. 

Parlez-nous de l’importance du silence dans votre vie monastique.
Le silence est observé pendant presque toute la journée. Heureusement, sinon dans les grandes communautés, il y en aurait du bruit ! Pour notre vie de prière, le silence sert à rester avec le Seigneur, à se rapprocher de Lui. On est à l’église sept fois dans la journée, pour les différents offices. Si on avait beaucoup parlé pendant le jour, à la messe on « mijoterait » ce qu’on a entendu au lieu d’écouter la Parole et prier. On peut aussi rappeler que le silence permet de ne pas pécher par la parole. 
Pendant nos heures de travail, on parle peu parce qu’on est séparées. Bien sûr, si on a quelque chose à demander on peut le faire. Avec le silence on parle à Dieu plutôt qu’aux gens. J’aime tout particulièrement l’oraison du soir, ce temps de recueillement silencieux à la fin de la journée, c’est un moment spécial. On parle à Dieu, on peut Lui confier ses joies et ses peines, et en sortant on se dit : « Tiens ! ça va mieux. » 

Quels sont les souvenirs de vos premières années au monastère ?
Lorsque je suis entrée au monastère en 1951, à l’âge de 17 ½ ans, nous étions 21 sœurs. Aujourd’hui nous ne sommes plus que trois. Il y avait deux moments de récréation d’une demi-heure par jour : après le dîner et après le souper. Là on pouvait parler. Vu notre nombre, le respect du silence était beaucoup plus strict que maintenant. Si on nous entendait beaucoup parler, on nous reprenait. Le grand silence se faisait à partir de l’office des complies, à la tombée du jour. 

Rappelez-nous ce qu’est le grand silence.
Le grand silence commence à partir de 20h, à peu près. Nous nous levons à 4h30 du matin pour l’office de 5h. Jusqu’à la fin de la messe du matin, à 9h, on n’entend plus parler. Les prêtres vivant ici font eux aussi silence. Et si on a quelque chose à dire, on le fait à voix basse.

Notre entretien avec sœur Elisabeth touche à sa fin. Mère Gilberte, prieure du monastère, se joint à nous. Elle nous parle aussi du grand silence : « Pour moi ce sont les plus belles heures. Cette prière de la nuit, ces moments où la nature est en silence. Et maintenant avec l’hiver c’est encore beaucoup plus frappant. Cela apporte la paix, l’harmonie ; l’harmonie avec soi-même en premier et avec les autres. Le grand silence c’est un peu comme un puits dont on tire nos ressources pour la journée. Ces heures du matin on ne les retrouve plus après, ce n’est plus le même silence. »

Témoignages sur le Silence

En ce numéro d’avril de L’Essentiel, il y est beaucoup question du « silence », le silence dans la vie monastique avec Sœur Elisabeth (p. 10), le silence dans la liturgie de la messe (p. 15), sans oublier l’éclairage romand sur le silence (pp.16-17).
Ici, nous avons voulu donner place à des témoignages personnels sur le silence, sur ses bienfaits, sur sa valeur dans nos vies…

Propos recueillis par l’équipe de rédaction de L’Essentiel | Photo : unsplash.com

C’est quoi le silence ?
Où vis-tu le silence ?

« C’est comme une prière. A la catéchèse, Béatrice nous a dit que Dieu était dans le silence. (Cf. Elie au mont Horeb ndlr) A la messe des fois, il y a du silence. Des fois, car souvent on dit des choses. Mais quand le prêtre dit « prions encore » après il y a du silence. » 
Un enfant, 7 ans

« Quand on fait un travail, la maîtresse demande de faire silence. C’est le contraire du vacarme. Je crois que c’est pour s’entraîner pour l’école des grands. Moi, je sais bien faire silence. Ce n’est pas souvent qu’on a du silence dans la classe. »
Un écolier, 6 ans

« Je trouve le silence à la montagne. Ça demande des efforts ! Mais on n’obtient rien qui vaille la peine sans effort. »
Isabelle

Le silence offre souvent une respiration bienvenue, un repos attendu. Pour ne pas nous isoler dans une solitude pesante, le silence a besoin de répondre à une vie relationnelle riche. Il devient garant de la qualité de celle-ci. Il nous donne le goût du calme, de la douceur. Il nous met à l’écoute. A l’opposé du silence du tombeau, il a besoin de la branche qui balance dans le vent, de ce banc à l’orée d’un bois, de cette Parole relue en toute intimité. Le silence s’invite dans nos vies. Hospices, couvents, etc. : des lieux fraternels pour un premier pas vers une mise en harmonie de nos vies.
Yves

« Il y a bientôt 40 ans, j’ai vécu une première retraite de six jours dans un Foyer de Charité en France. En dehors des entretiens spirituels donnés par le prédicateur et en dehors des messes et célébrations, ces retraites se déroulent dans le silence. Pas d’échanges durant les repas, pas non plus entre retraitants (ou le strict minimum), pas non plus de lectures de journaux ou autres. Au fil des jours, notre esprit gagne en intériorité, notre prière devient plus fervente, notre faim de la Parole de Dieu devient plus vive, notre recherche de la Présence de Dieu devient plus intense. Au terme de la retraite, nous nous retrouvons intérieurement changés, transformés, bonifiés. Nous regagnons notre domicile avec le sentiment qu’on l’avait quitté non pas une semaine plus tôt, mais trois semaines plus tôt. Ces fruits, ces bienfaits de la retraite, ne sont-ils pas liés, en partie du moins, à l’effort du silence vécu au cours de ces 6 jours ? ! » 
Un prêtre, 57 ans

Prière à saint Joseph (pouvant servir de neuvaine pour préparer sa fête du 19 mars)

Statue monumentale de Saint-Joseph-de-Bon-Espoir d’Espaly / Le Puy-en-Velay (22 mètres de haut).

Prière et photo proposée par Jean-Michel Moix 

En ce mois de mars, l’Eglise nous invite à prier spécialement saint Joseph que nous fêtons solennellement le 19 mars.

Saint Joseph, père nourricier si fidèle de l’Enfant divin, époux virginal de la Mère de Dieu, protecteur puissant de la Sainte Eglise, nous venons vers vous pour nous recommander à votre protection spéciale. Vous n’avez rien cherché en ce monde, sinon la gloire de Dieu et le bien du prochain. Tout donné au Sauveur, c’était votre joie de prier, de travailler, de vous sacrifier, de souffrir, de mourir pour Lui. Vous étiez inconnu en ce monde, et cependant connu de Jésus. Ses regards reposaient avec complaisance sur votre vie simple et cachée en Lui. 

Saint Joseph, vous avez déjà aidé tant d’hommes. Nous venons vers vous avec une grande confiance. Vous voyez dans la lumière de Dieu ce qui nous manque, vous connaissez nos soucis, nos difficultés, nos peines. Nous recommandons à votre sollicitude paternelle cette affaire particulière… Nous la mettons entre vos mains qui ont sauvé Jésus-Enfant. Mais avant tout implorez pour nous la grâce de ne jamais nous séparer de Jésus par le péché mortel, de Le connaître et de L’aimer toujours plus, ainsi que sa sainte Mère, de vivre toujours en présence de Dieu, de tout faire pour sa gloire et le bien des âmes, et d’arriver un jour à la vision bienheureuse de Dieu pour Le louer éternellement avec vous. Ainsi soit-il.

(extrait du livre, Saint Joseph, Epoux de Marie, Traditions Monastiques, 2006, pp. 226-227)

En chemin vers Pâques

Texte et photo par Sandrine Mayoraz

Chers lecteurs, chères familles,

Nous voilà déjà dans un Carême bien entamé ! Cette année, Pâques est tôt. Les congés scolaires sont concentrés sur le printemps et le mois de mars nous offre déjà des fériés.

La Saint-Joseph nous rappelle que le Fils de Dieu a grandi, lui aussi, dans une famille. Il a bénéficié de l’Amour d’un père terrestre qui lui a transmis son origine, ses traditions, son goût du travail. Comme il a veillé sur l’Enfant Jésus, Joseph garde et protège chacune de nos familles. 

Notre pape François a dit qu’« en choisissant une famille qui fait « l’expérience de la souffrance », Jésus dit à nos familles : « Si vous vous trouvez en difficulté, je sais ce que vous ressentez, je l’ai vécu : ma mère, mon père et moi-même en avons fait l’expérience ; dites-le aussi à votre famille : vous n’êtes pas seuls ! »1

En écho aux fêtes pascales qui approchent, ces paroles prennent une autre profondeur : la souffrance, Jésus l’a connue jusqu’à la mort. C’est cette expérience que nous sommes appelés à méditer et à vivre à la fin du mois, à Pâques. C’est là, la bonne nouvelle du Christianisme : Jésus est venu habiter notre vie tout entière, avec ses joies et ses peines. Il nous promet que la Vie vainc la mort. Ainsi, Pâques est pour chacun et pour nos familles une source d’Espérance et de Joie.

Dans ce numéro, vous allez découvrir l’actualité des paroisses sous l’angle familial :
– Des témoignages d’enfants et de jeunes sur leur vie de foi ou leur engagement ; 
– Des couples au retour de Lyon ;
– Des invitations de la Garde pontificale, pour le festival des familles au Labyrinthe aventure ; 
– Et bien sûr, les célébrations de la Semaine Sainte adaptées à chaque génération.

Bonne lecture et beau chemin vers Pâques ! 

1 Pape Francois, Angélus, 31 décembre 2023.

Une célébration lumineuse: rencontre de jeunes servants de messe

Par Lola Pires | Photos : Erika Meninas

Le vendredi 2 février, en la Maison des Jeunes à Monthey, la fête de la Chandeleur a réuni avec éclat les servants de messe de Monthey, Choëx, Collombey et Muraz. Ils sont venus célébrer la lumière et la spiritualité au sein de notre communauté. Dans un esprit de fraternité, ces jeunes se sont rassemblés pour vivre une expérience enrichissante au service de leur foi.

La rencontre a débuté avec une crêpe-party, où les rires et la camaraderie ont créé une atmosphère joyeuse, puis elle s’est poursuivie par des jeux pour finalement se conclure par une chaleureuse prière à l’église de Monthey, chacun portant fièrement sa lumière symbolique. Les jeunes servants de messe ont démontré une dévotion exemplaire, contribuant à la solennité de la cérémonie.

En résumé, ces jeunes, porteurs de lumière, ont illuminé non seulement l’église, mais aussi les cœurs de tous ceux qui ont eu la chance de partager cette journée avec eux.

Prière à la lueur des chandelles.

Escapade lyonnaise en couple

A la sortie de la messe à Lyon Centre.

S’offrir une parenthèse loin du quotidien pour se centrer sur notre vie de couple n’est jamais facile. Grâce à notre curé Jérôme, des couples sont partis à Lyon pour un week-end. Accompagnés par leurs ambassadeurs, les Riat, et l’abbé David Roduit, ils reviennent sur ce séjour.

Par Sandrine et François-Xavier Mayoraz | Photo : DR

Une journée pour notre couple

« Premier signe de réussite : tous les couples sont rentrés ensemble ! » lance-t-on avec humour. Tout est minutieusement organisé à l’avance et le couple Riat s’est occupé des détails sur place. Ainsi, la tête et le cœur sont libres pour vivre l’instant présent et les tracas sont restés en Suisse. Le samedi, à la maison Familya1, nous sommes guidés vers des thématiques essentielles à notre vie de couple par des topos suivis d’échanges à deux. Nous avons rigolé, réfléchi et pris le temps de se regarder dans les yeux au sens propre et figuré. Le discours positif fait du bien : une crise est un chemin de croissance et la vie à deux peut être source d’épanouissement personnel. Entendre d’autres couples apporte une sorte de réconfort et démystifie certaines croyances sur le bonheur à deux. C’était une riche journée. 

Comme des coqs en pâte

L’hôtel au cœur de Lyon, le souper à bord de L’Hermès (bateau restaurant) ajoutent de la magie et du romantisme. Sans oublier la bonne compagnie et l’amitié des autres couples ! La messe du dimanche dans la fameuse église Sainte-Blandine apporte la touche spirituelle pour finaliser le séjour. « En partant nous savions que nous nous aimions, en rentrant on s’aime encore plus » résume-t-on. Quant à l’abbé David, il rentre motivé à prévoir quelque chose pour les couples de sa paroisse (Saint-Léonard / Uvrier). Nous sommes reconnaissants envers les paroisses de nous avoir offert cette escapade lyonnaise et adressons un merci particulier à Patrick et Christiane Riat.

1 https://www.familya-lyon.fr

Rencontre avec Loris Follonier, ancien garde suisse

En défilé au bord du lac léman.

Le dimanche 10 mars prochain, la Lemania sera présente à Monthey

Propos recueillis par Valentin Roduit | Photos : Loris Follonier

Bonjour Loris. Peux-tu nous dire qui est cette « Lemania » qui sera présente à Monthey le 10 mars prochain ?
Oui ! La Lemania est l’association qui regroupe les anciens gardes suisses pontificaux qui habitent dans les cantons de Genève, de Vaud et du Valais romand. Cette association a été fondée en 1979. D’autres associations sœurs existent dans les autres cantons suisses et il existe même une association fédérale, pour toute la Suisse. Le but de ces associations est toujours le même : permettre aux gardes qui ont terminé leur service à Rome et qui rentrent chez eux de garder et de soigner les liens qu’ils ont tissés. Ils permettent aussi de faire connaître la Garde, en défilant lors de la Fête-Dieu ou des grandes fêtes paroissiales. Enfin, ils soutiennent les gardes actifs lorsque ceux-ci viennent en Suisse, comme c’est le cas pour le salon des métiers de Martigny, par exemple, en préparant le matériel nécessaire sur le stand.

Et le 10 mars, alors, que se passera-t-il ?
Comme toutes les associations, nous devons nous réunir une fois par année pour approuver les comptes, admettre les nouveaux membres et prendre des décisions pour nos activités à venir. Puisque nous sommes étalés sur trois cantons différents, nous tournons chaque année pour la tenue de cette assemblée générale. Mais la journée commencera bien avant l’assemblée : tout d’abord, nous organiserons une présentation pour les jeunes du secteur. Ensuite, les anciens gardes enfileront leurs uniformes pour se rendre en défilant à la messe paroissiale. A la fin de la messe, nous partagerons l’apéritif avec les paroissiens. Ce n’est que dans la deuxième partie de la journée que nous nous retrouverons « entre nous » pour le repas et, enfin, pour l’assemblée générale !

Donc il y a une partie consacrée à faire de la publicité pour la Garde Suisse Pontificale ?
Oui, c’est ce que nous faisons avant la messe. Cette présentation est ouverte à tous les adolescents qui se posent la question de devenir garde suisse et qui ont besoin d’en savoir plus avant de prendre une décision. Les jeunes présents pourront nous laisser leurs coordonnées afin qu’on les accompagne dans toutes les étapes du recrutement, peu importe l’âge qu’ils ont. Et s’ils sont absents le jour en question, ils peuvent toujours nous contacter par mail à promotion.lemania@gmail.com !

Dimanche 10 mars : « Raclette de Solidarité »

Après la messe solennelle, aura lieu le repas de solidarité. Cette année, nous partagerons avec convivialité une bonne raclette, issue d’une fromagerie locale. La raclette est offerte, les boissons sont payantes. Un chapeau à la sortie permettra de récolter des bénéfices qui seront versés en faveur de l’action de Carême. Au cours du repas, Sofia Racioppi, coordinatrice de la campagne œcuménique de Carême, viendra nous présenter un projet au Sénégal pour défendre le droit à l’alimentation. Bienvenue à tous.

9h Rencontre avec les gardes et les jeunes à la Maison des Jeunes.
Défilé des gardes

10h30 Messe solennelle animée par la chorale de Monthey.
Apéritif sur le parvis animé par l’Harmonie

12h Raclette de la solidarité à la Maison des jeunes.

Les membres de l’association présents lors de l’AG 2023 à Rolle.
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