Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), novembre 2020
D’après une interview de Marie-France Rebord par Jean-Christophe Crettenand | Photo: Véronique Denis
Comment se sont déroulées les activités du groupe d’accompagnement depuis mars de cette année ?Le groupe est resté en « veille » depuis cette période en raison de la situation sanitaire. Une grande partie de nos accompagnements ayant lieu dans les homes, comme l’accès à ces derniers a été restreint, voire totalement fermé, nous ne pouvions plus nous y rendre. D’autre part, notre groupe n’a pas non plus été sollicité pour des visites à domicile.
Depuis juin, nos activités n’ont pas vraiment repris… Deux demandes nous sont parvenues, mais à chaque fois la personne à accompagner s’en était déjà allée au cours de la journée où l’appel avait été lancé.
En pensant aux foyers et hôpitaux, nous allons « relancer » les personnes en place, le vide de ces derniers mois et le fait que le personnel change ont pour conséquence que le réflexe de faire appel à nos services doit être ravivé.
Comment vous organisez-vous au sein du groupe ?
Lorsqu’une demande nous parvient, nous sollicitons les membres du groupe afin de savoir qui pourrait être disponible de telle heure à telle heure aux dates sollicitées. Libre à chaque membre d’y répondre ou de ne pas donner suite en fonction de leurs disponibilités, mais également de leur état du moment.
Nous nous rencontrons plusieurs fois durant l’année afin de partager nos expériences. Nous partageons nos lectures et abordons différents thèmes en rapport avec l’accompagnement (Exit, la vie en EMS, la douleur, la souffrance…). Ces rencontres nous permettent de nous adapter au mieux aux besoins des familles et aussi de renforcer le groupe en partageant les éléments positifs de nos expériences et en permettant de décharger les poids qui auraient pu s’accumuler.
Aurais-tu une demande particulière à adresser à nos lecteurs ?
Par son action, notre groupe se met au service de l’autre comme il nous est demandé dans la Bible. Si vous aussi vous ressentez le besoin de vous mettre en route et de vous tourner vers l’autre, venez nous rejoindre. Vous avez des doutes, des questions, 079 373 02 84, je réponds avec plaisir.
L’encadré joint à la présente interview permettra à tout un chacun de se rendre compte des services proposés ainsi que de prendre connaissance des moyens de contacts avec notre groupe.
Accompagner la vie jusqu’à la mort
Le groupe d’accompagnement de la vie jusqu’à la mort du Secteur des Deux Rives est actif sur les paroisses et les villages d’Isérables, Riddes, Saxon, Fully, Saillon et Leytron.
Il a vu le jour en 2012, avec l’appui du CMS (Centre Médico-Social) de Saxon. Il offre ses services à domicile, dans les foyers pour personnes âgées (EMS) et à l’hôpital.
Il compte une dizaine de bénévoles expérimentés et formés à l’accompagnement des personnes en fin de vie qui se mettent au service des personnes malades et de leurs proches, dans le respect du secret de fonction pour :
→ Accompagner la personne malade dans son ultime parcours par une écoute attentive et bienveillante.
→ Offrir une présence sereine et réconfortante en respectant les attentes de la personne malade et de son entourage.
→ Soulager les proches en prenant le relais au chevet de la personne malade, de jour et de nuit.
→ Collaborer sans se substituer à eux.
Les familles, les foyers pour personnes âgées (EMS) ou les hôpitaux font appel à Mme Marie-France Rebord, mfrebord@hotmail.com, 079 373 02 84.
Mme Rebord planifie et organise la présence des bénévoles selon les nécessités et les demandes.
Cet apport peut favoriser le maintien à domicile avec le concours indispensable du médecin traitant et des infirmières des soins à domicile.






Jean est originaire de St-Gingolph où il a grandi. Ensuite, Jean épouse Françoise. Ils élisent domicile à Vouvry et ce jusqu’à récemment où ils se sont établis à Martigny-Croix,… non loin de l’église ! Le jour où je les rencontre, Jean et Françoise m’accueillent sur la terrasse de leur maison en compagnie de Yasmine, leur fille et de Carmen, leur fille de cœur. Le soleil darde ses rayons et je sens un parfum d’hospitalité et de paix. Qu’il fait bon être là !
Le tutoiement est rapidement de mise avec Pierre-André. Un bon vivant, prolixe et généreux. Originaire de Bovernier, Pierre-André a épousé Martine, une femme du Cameroun, il y a près de 20 ans. Ensemble, ils ont adopté 3 enfants, aujourd’hui adultes… Pierre-André aime raconter ses épopées… Et Dieu sait s’il en a des anecdotes dans sa poche… « Au départ, je voulais faire mécanicien : j’étais allergique à l’huile, c’était foutu, alors je suis allé bosser chez mon père, menuisier, comme chauffeur-
à 87 ans, il s’est dit que, peut-être, après 20 années de fidélité à la préparation des liturgies dans notre secteur, il serait temps de laisser cet engagement à d’autres personnes… Et sa femme Liliane confirme largement de la tête ! « Je m’entendais bien avec les prêtres qui m’ont engagé, explique José, et je me suis dit que ce serait une action de grâce au Seigneur que d’accepter ce travail. Ça m’a rendu très fidèle à l’eucharistie. Mais aujourd’hui, continue-t-il, c’est vrai que ma mémoire me fait défaut. Je préfère laisser la place. J’avais d’ailleurs dit au chanoine Klaus Sarbach de chercher une autre personne ! » Avare de paroles, discret et fidèle, j’entends le Seigneur dire à José à travers la parabole des talents : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur ! »
Un curé, arpentant les allées d’un cimetière, voit une dame penchée sur la tombe de son mari.