Jeudi, 16h, la cloche des écoles sonne ! Vite, c’est l’heure pour une quarantaine d’enfants et une vingtaine de jeunes plus motivés que jamais de se préparer pour leur Montée vers Pâques. Pendant quatre jours, ils se réunissent pour cheminer ensemble vers Pâques ! Au programme, jeux, prière, amitié !
Par Lucie Jacquemettaz et Céline Sallin | Photos : Aloïs Morel, Mauro Cortese
Du côté des enfants
Jeudi saint 28 mars, une belle célébration autour du dernier repas de Jésus nous rassemble. Mime, prières et chants viennent ajouter de la ferveur à ce moment. Vendredi, après avoir partagé la soupe de Carême concoctée par les confirmands, nous nous tournons vers le chemin de croix. Les enfants l’ont préparé en ouvrant grand leur cœur afin de rédiger des intentions de prières pour le monde entier. Ils ont tant d’idées qu’il est impossible de les arrêter ! Arrive déjà le samedi… c’est le jour des confessions et de la décoration de l’église. Des croix fabriquées avec beaucoup d’application ornent les bancs. Le soir, les plus grands participent activement à la Veillée pascale en prêtant leur voix pour des lectures. C’est déjà dimanche ! L’ambiance est à la fête lorsque parents et enfants se retrouvent pour déguster un déjeuner canadien… et se lancer dans une chasse aux œufs mémorable avant de rejoindre l’église pour le grand moment de la messe de Pâques !
La joie est communicative lorsque les enfants chantent ensemble de tout leur cœur. Chacun repart rempli de gratitude pour ces moments partagés au son des cloches qui sonnent à toute volée !
Du côté des jeunes
Quel est le moment fort de ta journéedu vendredi ? « Quand on est retourné à l’église après le chemin de croix, quand Florian – l’animateur – lisait, on s’agenouillait à chaque fois et c’était facile à comprendre, facile d’écouter et méditatif. » Florian
Et ta journée du samedi ? « Après la prière du matin, on a accueilli les plus grands de la MVP Kids. On a essayé de les motiver à venir l’année prochaine, c’était trop bien. Ensemble, on a fabriqué un symbole – par exemple la paix – qu’on aimerait retrouver après s’être confessé. L’après-midi nous avons lu les textes de la Veillée Pascale avec une des sœurs du monastère pour essayer de les comprendre et représenter ce qu’on avait lu sur une pièce de puzzle. » Claire « J’ai beaucoup aimé participer à la Veillée Pascale, d’habitude elle est longue mais là on ne sent pas le temps passer parce qu’on participe, on anime en chantant. Et vu qu’on était un groupe soudé et qu’on était tous ensemble c’était génial et beau. » Staicy
Quel est pour toi le moment le plus marquant de la MVP ? « C’est la confession, on peut dire tout ce qu’on a fait de mal, il n’y a pas de jugement et Dieu nous pardonne. » June
En somme, la MVP des jeunes c’est… « Un chouette moment à passer dans la foi tous ensemble dans un endroit superbe. J’ai bien aimé me réveiller à 4h pour aller prier les vigiles avec les sœurs et entendre les oiseaux chanter, c’est quelque chose d’unique à vivre. » Staicy « C’est du partage jeune et c’est chouette à vivre une fois. » Flavie
La deuxième édition de la MVP kids rassemble une quarantaine d’enfants.
Les jeunes de la MVP avec leurs accompagnateurs.
Les stations sont illustrées par les jeunes lors du chemin de croix à Vionnaz.
La chevelure bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque.
Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer
Quel est le rapport entre une statue du XVIe siècle et un compositeur néo-classique défenseur de l’avant-garde ?
La réponse se trouve à Blonay.
Sous ses apparences de chapelle ancienne, l’église Sainte-Croix date en réalité des années 1960. En quelques années, le nombre d’habitants catholiques ayant fortement augmenté, un lieu de culte était nécessaire. Il était toutefois impératif que l’église ne dénote pas avec le château, ce qui explique son style, à une époque où l’architecture était plus audacieuse.
En 1968, une statue de la Vierge à l’Enfant rejoint le chœur. Elle a été offerte par Gertrud Hindemith (décédée en 1967).
L’épouse du compositeur allemand Paul Hindemith est chrétienne, mais ses racines juives lui imposent de fuir la guerre. Le couple se réfugie en Valais, puis aux Etats-Unis. Il ne rentre en Europe qu’en 1953 et s’installe alors à Blonay.
Toute l’Europe ne connaît pas simultanément les mêmes courants artistiques. Alors qu’en Italie la Renaissance entraîne la réalisation d’œuvres d’une finesse sans pareille depuis le XIVe siècle, la France et notamment la Champagne proposent encore des sculptures de style gothique au XVIe siècle.
La chevelure dorée et légèrement bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque. Les émotions ne sont pas l’affection ou la joie d’une mère. On lui trouverait presque quelque chose de triste, ce qui est très fréquent à la période gothique.
L’Enfant porte une grande grappe de raisin (disproportionnée par rapport à sa taille à lui). Cet attribut est fréquent dès le XIVe siècle. Le fruit évoque bien évidemment l’Eucharistie. On pourrait mentionner que dans l’Evangile selon saint Jean, c’est Marie qui – d’une certaine manière – provoque le premier miracle lors du mariage à Cana. Alors que les mariés n’ont plus de vin, c’est elle qui invite son Fils à faire quelque chose.
En regardant la photo – ou la statue – de près, on remarque les traces de polychromie. Elles nous rappellent les couleurs chatoyantes qui recouvraient les statues alors.
Le règne de l’Esprit malin. Tel est le titre d’un roman que Ramuz écrit entre 1914 et 1917. Le travail sur ce roman accompagne donc « l’apocalypse » de la Première Guerre mondiale ; c’est le récit d’une catastrophe touchant un village valaisan dans lequel on reconnaît Lens.
Par Benjamin Mercerat | Photos : DR
C. F. Ramuz, poète hanté par l’Absolu, n’en est pas pour autant enfermé dans sa tour d’ivoire. La prégnance de l’Absolu dans l’homme, il la trouve dans le lien social, la communauté, dont l’idéal qu’il s’en fait n’est pas étranger à la Communion des Saints. Or Ramuz, comme il l’écrit dans son Journal, se considère comme un « chrétien sans Christ ».
Dans Le règne de l’Esprit malin est décrite l’action du diable sur une communauté. Le malin, comme dans les légendes, a pris les traits d’un certain Branchu, cordonnier qui arrive au village au début du récit. Son talent et ses prix le font rapidement accepter par la population ; mais une série de malheurs coïncide avec son installation. Des bêtes meurent, des enfants tombent malades ; Lude se révolte contre sa condition et décide d’aller déplacer les bornes limitant ses champs : il fuit ensuite son foyer, laissant sa femme et sa fille Marie.
Or l’emprise de Branchu augmente : il ramène à la vie la vieille Marguerite ; mais d’autre part il jette de mauvais sorts aux jeunes femmes. Il faut que son action cesse. Au moment où il doit être cloué au mur par la foule en colère, un rire effrayant sort de sa bouche et tous s’enfuient. Le diable, même s’il peut faire croire à certains qu’il est le Christ, s’en différencie fondamentalement en ceci qu’il rejette la Passion.
Branchu réunit à l’auberge communale les habitants peu scrupuleux, leur offre tout ce qu’il est souhaitable d’avoir comme biens de ce monde. Le curé du lieu a fui, on le retrouvera pendu. D’où viendra le salut ? Au début de la crise, la jeune Marie Lude, son père ayant fui après son forfait, a quitté le village avec sa mère. Y revenant pour faire paître sa chèvre, elle est appelée par une voix qui semble être celle de son père. Elle s’approche et constate la désolation des lieux ; les derniers résistants lui intiment de ne pas approcher de l’auberge. Alors que Branchu sort pour se confronter à elle, elle fait le signe libérateur, le signe de la croix. Le village est sauvé.
Ce qui frappe ici d’un point de vue chrétien, c’est l’absence de toute médiation christique. Si le signe de croix est efficace, c’est parce que le Christ a accepté ce supplice pour nous sauver ; or le Christ n’est à aucun moment présenté comme le Sauveur. C’est sur la jeune fille que se reporte en quelque sorte toute la vertu salvifique ; et cela annonce le roman suivant de Ramuz : La Guérison des maladies, dans lequel une jeune fille alitée prend sur elle tous les maux d’une communauté, qu’elle finit par sauver par sa mort. Là encore, dans ce récit inspiré par la vie de sainte Lydwine de Schiedam que Ramuz transpose dans son système de pensée, le Christ n’a guère de réalité spirituelle.
Bibliographie :
C. F. Ramuz, Le règne de l’Esprit malin (1917) in Œuvres complètes, tome 2, éditions Rencontre, 1967.
« Vue de Lens, mulet blanc », Albert Muret, Association « Les Amis de Muret ». C’est grâce au peintre Muret que Ramuz a découvert Lens.
Assise devant son bureau de Saint-Maurice, Emmanuelle Bessi avoue d’emblée : « Je suis bavarde. Très bavarde même. » Puis, levant un sourcil en même temps que ses mains, elle commente : « Je suis née comme ça. »
Faut-il y voir une relation de cause à effet ? En janvier 2022, elle est la première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion… voire en Suisse. « Et peut-être même en Francophonie ! Le journal La Croix m’avait même interviewée à l’époque. »
Cette mission, elle en dessine rapidement les contours. « Cela ne consiste pas seulement à aller lire à la messe. A l’origine, le Lectorat et l’Acolytat étaient les premiers pas que faisaient les futurs prêtres avant d’être ordonnés dans leur ministère. Cela implique de transmettre la parole de Dieu, par l’écrit, par l’oral, mais aussi dans la vie de tous les jours. »
Catholique en terre vaudoise
Née au Togo – « mes parents y travaillaient pour une ONG » – en 1973 d’un père d’origine italienne et d’une mère valaisanne, Emmanuelle revient en Suisse à l’âge de 14 mois. « Mes grands-parents m’ont fait grandir dans la foi. Toute petite déjà, je ne dépassais guère de l’ambon, j’allais lire à Saint-Guérin à Sion. Alors que j’avais à peine trois ans, je demandais de m’expliquer ce qu’est la Trinité. J’ai sans doute traumatisé mes catéchistes, rigole-t-elle franchement. Puis, nous avons déménagé juste en-dessus d’Ollon. Une catholique en terre vaudoise… »
Une soif d’absolu
De manière naturelle, la recherche des réponses à ses questions l’a conduite à faire des études de théologie. « J’ai toujours eu une soif d’absolu. A Huémoz, je racontais que je voulais devenir religieuse. Mes copines d’école se tordaient de rire… » Mais la vocation était là. « J’ai voulu entrer à l’Abbaye de la Maigrauge, mais des problèmes de santé m’en ont empêchée. C’est alors que j’ai découvert la vocation de Vierge consacrée. Je me suis dit que ça correspondait parfaitement à mon style de vie. Une religieuse en liberté en quelque sorte ! »
Ce qui lui permet aujourd’hui de donner des cours d’histoire de l’Eglise en Ardèche, mais aussi de travailler, à temps partiel, pour la congrégation des Sœurs de Saint-Augustin à Saint-Maurice. « J’y organise et reconditionne les archives. J’aimerais poursuivre cette tâche et montrer tout ça aux Sœurs d’Afrique, basées au Togo. » Une manière de boucler la boucle ? « Peut-être un nouveau départ… »
Emmanuelle Bessi • Née au Togo en 1973. • En janvier 2022, première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion, voire en Suisse.
Candice Udressy a fait sa première communion lors de la récente veillée pascale à Collombey. Aux côtés des trois nouveaux baptisés, elle portait aussi fièrement son vêtement blanc en rappel du baptême. Suite à sa première communion, nous l’avons revue à la messe et lui avons posé quelques questions.
Propos recueillis par Valentin Roduit Photo : Jade Dransart
Candice, tu as fait ta première communion à Pâques cette année, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as fait ce choix ? Mon choix de faire ma première communion était purement personnel. Hormis le baptême à ma naissance, mes parents ne m’ont pas vraiment éduquée religieusement et ne m’ont jamais forcée à rien. Je recevais des signes de Dieu mais j’étais souvent réticente à son appel.
Est-ce que tu as eu des témoins sur ton chemin de foi, des amis qui t’ont aidée à mieux connaître Dieu ? Je fréquentais une amie chrétienne avec qui j’ai fait ma première prière. Elle m’a beaucoup aidée et c’est notamment grâce à elle que j’ai assisté à ma première messe. Depuis je m’efforce de suivre l’enseignement puissant de Jésus-Christ.
Qu’est-ce que tu trouves de plus parlant dans le message de Jésus pour nous ? Ce que je trouve le plus beau dans la religion c’est le sacrifice de Dieu pour nous: il a envoyé son Fils unique non pas pour nous juger mais pour nous sauver.
Qu’est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui ont des doutes au sujet de la foi ? Je pense que suivre Jésus n’est pas toujours facile. Soyez convaincu qu’il est parmi nous tous ! Lisez la parole et priez sans cesse. Que le Seigneur nous fortifie dans nos chemins de foi !
La question du lien des mathématiques et de la foi est ancienne : les mathématiques nous fournissent les outils nécessaires à la compréhension de notre Univers. Citons trois réflexions sur le sujet qui, sans être exhaustives, nous éclairent sur cette interrogation des mathématiciens eux-mêmes.
Lorsque Galilée publie « L’Essayeur » (Il Saggiatore) en 1623, il nous livre sa vision des mathématiques et de leurs liens avec la Création de l’Univers : « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je dis l’Univers), mais on ne peut le comprendre si, d’abord, on ne s’exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d’autres figures géométriques, sans lesquels il est impossible humainement d’en saisir le moindre mot ; sans ces moyens, on risque de s’égarer dans un labyrinthe obscur. »
Albert Einstein déclare : « N’importe qui de sérieusement impliqué dans la poursuite de la science devient convaincu qu’un esprit est manifeste dans les lois de l’Univers. Un esprit largement supérieur à celui d’un homme et en face duquel nous, avec nos modestes pouvoirs, devons nous sentir humbles. »
Laurent Lafforgue, mathématicien contemporain lauréat de la médaille Fields en 2002, mais aussi fervent catholique, nous donne sa vision des mathématiques et en particulier leurs liens avec la foi. « Avec le langage auquel elles sont intimement liées, les mathématiques font partie du propre de l’Homme, de ce dont Dieu l’a rendu capable, seul parmi ses créatures. Ceci ne doit pas manquer d’interroger les croyants que nous sommes. Il est écrit que l’Homme est créé à l’image de Dieu et aussi que tout ce qui existe a existé par le Verbe, parole éternelle de Dieu. Donc, le désir de connaître Dieu ne peut ignorer les mathématiques. […] Je me dis à la réflexion qu’il existe, pour caractériser l’activité du mathématicien […], un mot plus juste et beaucoup plus profond […], un mot pleinement biblique aussi, un mathématicien est un serviteur. […] Il est, selon le mot du Christ, un « serviteur inutile » : […] ce qu’il fait, un autre aurait pu le faire à sa place. »
Patricia Granger et Thierry Fournier ont reçu récemment leur mandat d’auxiliaire de l’Eucharistie, respectivement à Collombey (le samedi 23 mars, lors de la messe du Dimanche des Rameaux) et à Muraz (le dimanche de Pâques, 31 mars). Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui a motivé leur démarche ? … en voici un petit compte-rendu, sous forme d’une interview.
Chère Patricia, cher Thierry, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Patricia : Je suis arrivée à Collombey en 2017, la foi faisait déjà partie de ma vie. C’est naturellement que j’ai commencé à participer à la vie de la paroisse. Thierry : J’ai 46 ans, je suis marié depuis 18 ans avec Carolina. Sur le plan professionnel, je travaille depuis 23 ans à la banque Raiffeisen de Monthey. Pendant mon temps libre, je m’adonne essentiellement à la lecture et au cinéma ; j’aime également écouter de la musique classique et baroque avec un penchant certain pour les œuvres de Bach. Je sers la paroisse de Muraz en tant que lecteur, mais j’ai également fait partie du conseil de gestion de la paroisse de Muraz pendant huit ans, dont quatre en tant que secrétaire.
Comment en êtes-vous venus à devenir auxiliaire de l’Eucharistie ? P. : Je suis devenue auxiliaire de l’Eucharistie en réponse à l’appel du Père Valentin. Mais cela prend d’abord sens dans mon chemin de foi. L’Eucharistie est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous : elle est cette présence mystérieuse souvent cachée, mais bien réelle de Jésus dans la vie des hommes et des femmes. Donner l’Eucharistie, c’est comme créer un pont entre notre vie humaine et l’infini de Dieu. T. : Si j’en suis venu à devenir auxiliaire de l’Eucharistie, c’est parce que l’abbé Valentin Roduit me l’a proposé un soir après la Lectio divina. J’ai accepté car c’est, à mes yeux, le plus beau service que peut rendre un chrétien laïc pour ses frères en Dieu, puisqu’il s’agit de commémorer et d’actualiser chaque dimanche la rédemption offerte par le sacrifice salvifique et définitif du Christ.
Qu’est-ce que vous admirez ou qu’est-ce qui vous fascine dans le mystère de l’Eucharistie ? Avez-vous une parole, une scène de l’évangile ou une anecdote qui vous vient en mémoire ? P. : Un texte biblique qui me touche beaucoup est « les pèlerins d’Emmaüs » (Luc 24). Fatigués, blasés, déçus, ces deux hommes acceptent de marcher avec Jésus sur leur chemin de tristesse, ils acceptent de se laisser enseigner par Lui, ils ouvrent leur porte à cet étranger qui se fait connaître à la fraction du Pain. Et ce fut la JOIE. T. : En outre, ce qui me fascine dans le mystère de l’Eucharistie, c’est la nécessité constante que je ressens de me laisser transformer et guérir de mes péchés par la présence réelle du Christ. Je m’émerveille aussi que nous soyons tous aimés par un Dieu compatissant qui ne nous laisse pas seul face à nos misères au point de s’être incarné et d’avoir partagé nos pires souffrances. Enfin, l’obéissance jusqu’à la mort du Christ est une extraordinaire et salutaire leçon d’humilité et d’abnégation qui permet de remettre constamment en question ma manière d’agir envers les autres, surtout de nos jours où la société prône constamment un développement personnel qui nous enferme dans un individualisme pernicieux. J’aime beaucoup le chapitre 1 de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens et plus particulièrement le verset 21 : « Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. »
Une remarque, un commentaire ou une prière à rajouter ? P. : J’espère, je souhaite que mon service d’auxiliaire de l’Eucharistie apporte cette Joie à ceux qui la recevront.
Regard ce mois-ci sur la médaille de sainte Rita. Fêtée le 22 mai et patronne des causes désespérées, elle nous apprend la patience et nous rappelle qu’il n’y a pas de situation sans issue positive possible.
Vitrail de Notre Dame de Lourdes, église de Vionnaz.
Texte et photos par Jean-Michel Moix
Le mois de mai est traditionnellement appelé aussi le « Mois de Marie ». En ce mois de mai, les fleurs s’épanouissent et rivalisent de couleurs chatoyantes, en diffusant leurs parfums subtils et odoriférants. Marie n’est-elle pas comparée justement à la « reine des fleurs », à une rose (« Rose mystique » dans les litanies) dont la beauté spirituelle avec ses vertus cultivées à l’excellence, a ravi le cœur de Dieu ? N’est-elle pas encore le « lys des vallées » dont la blancheur, c’est-à-dire la pureté sans tache, la virginité consacrée, a fait comme entrouvrir le ciel au-dessus d’elle, au jour de l’Annonciation ?!
Et si nous contemplons Marie dans la foi, avec son cœur maternel rempli de sollicitudes à l’égard de chacun de nous, ne sommes-nous pas enclins à lui exprimer notre gratitude, notre confiance, notre hommage, notre louange, bref notre prière en lui adressant quelques « fleurs » ; c’est ainsi que la piété populaire se plaît à fleurir les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame. Plus encore, l’enfant de Marie (que nous sommes tous !) aime à lui parler, à la prier avec les paroles inspirées du ciel : avec la salutation de l’ange Gabriel au jour de l’Annonciation (Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous), avec les compliments que lui adresse Elisabeth au jour de sa visitation auprès d’elle (Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre sein – Jésus). Et par ailleurs en considérant notre indigence, notre état de pécheur, notre misère spirituelle, on aime l’implorer avec confiance (sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort).
Il était ainsi d’usage au Moyen-Age de lui tresser une couronne de fleurs, ce qui lui formait comme un « chapeau ou un chapel », ce qui a donné le mot français de « chapelet ». Ainsi chaque Ave Maria (ou « Je vous salue Marie ») est comme une fleur que l’on offre à Marie. Et soyons assurés que Marie, en retour, enrichira notre bouquet de fleurs en y joignant sa propre prière pour le présenter à son divin Fils, Jésus, et obtenir ainsi du Cœur de Jésus, grâce et bienfaits !
En ce mois de mai, sachons renouveler notre dévotion mariale. – Pourquoi ne pas lui « consacrer » notre journée en récitant le matin, la prière de l’Angélus ? – Pourquoi ne pas orner de fleurs un oratoire marial ou une statue de Marie ? Et surtout pourquoi ne pas lui offrir en même temps un beau bouquet de fleurs, composé de quelques « Je vous salue Marie » fervents et confiants ?!
Prière de l’Angélus
L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. / Et elle conçut du Saint-Esprit. Je vous salue Marie…
Voici la servante du Seigneur. / Qu’il me soit fait selon votre sainte parole. Je vous salue Marie…
Et le Verbe en elle s’est fait chair. / Et il a habité parmi nous. Je vous salue Marie…
Nous te prions Seigneur de répandre ta grâce en notre âme, afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange l’Incarnation de ton Fils, nous arrivions un jour par mes mérites de sa passion et de sa croix, jusqu’à la gloire de la résurrection, par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.
Demande de Notre Dame aux trois enfants à Fatima, le 13 mai 1917
Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.
Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Et Dieu sait si c’est un levier pour soulever les cœurs jusque vers Lui… Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris, Sophie et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui les tient, qu’est-ce qui les pousse ? Regards croisés.
En animation avec Stéphane Crozzoli.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR
Après Bernadette Alimovic et Laurent Bourgeois le mois dernier, nous donnons la parole ce mois-ci à Ariane Bender, musicienne, chantre animatrice et directrice du chœur La Voix des Champs de Charrat et à Pierre-Alain Roh, chantre animateur et membre du groupe de gospel Les 5’cops de Martigny. Ces deux « voix » connues dans la région sont fidèles à l’ambon ; ils ont chacun leur style et ils nous touchent chacun à leur manière. Dans le prochain numéro, nous poursuivrons à la découverte d’autres amis du chant et de la musique liturgique…
Comment le chant habite-t-il votre vie ? Ariane : Toute jeune, j’ai découvert le chant dans le Petit Chœur paroissial. Certains de ces chants m’habitent toujours. La Parole de Dieu m’a pétrie et la musique m’a touchée : c’est ainsi que ma foi s’est construite. Pierre-Alain : La musique, et surtout le chant, font partie de ma vie depuis l’âge de 7 ans. Et après un bref passage par la musique rock entre 17 et 23 ans, il n’est plus question d’autres choses que le chant liturgique. C’est avec cette musique que je me sens le mieux et j’aime apporter aux fidèles le soutien qui les fait chanter de tout leur cœur.
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? Ariane : J’aime particulièrement quand la liturgie est soignée, que chaque chant fait partie d’un mouvement, que tous les éléments s’accordent les uns aux autres, car alors l’acte liturgique nous dépasse et nous transcende. Pierre-Alain : Etre au service de la liturgie, c’est être une sorte de guide, car une église remplie de fidèles qui chantent c’est presque le paradis sur terre ! C’est pourquoi, apporter des mélodies connues est plus important que d’apporter des chants que seul le chantre connaît.
Qu’est-ce qui vous agace ? Ariane : En général les très vieux chants. Je trouve qu’aujourd’hui nous avons une palette de compositions qui permet d’être dans le vent… de l’Esprit Saint ! Pierre-Alain : Rien à signaler.
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ? Ariane : J’aime beaucoup le temps de l’offertoire pendant lequel une petite pièce permet d’accompagner les gestes du prêtre et s’arrêter pile au bon moment. Je sens aussi que l’assemblée est très à l’écoute. Pierre-Alain : J’aime le chant « Comme Lui » du Québécois Robert Lebel qui sait toucher au cœur en paroles et en musique ainsi qu’un « Ave Maria » en espagnol que je chante en fin de communion avec un accompagnement exceptionnel d’Edmond Voeffray…
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ? Ariane : Je crois que la musique, si elle est juste, peut toucher l’être de manière très profonde. En chantant, on médite, on intègre et la Parole fait son œuvre pour nourrir notre foi. Pierre-Alain : Il y a souvent une osmose parfaite entre la musique du chant et les paroles. Pas toujours, mais souvent. Et alors là, il faut s’accrocher car l’émotion du chant et de la foi en Dieu peut vous prendre à la gorge. L’endroit et la situation sont réunis pour faire du chant une vraie prière.
Nous poursuivons notre tour de la solidarité au travers des actions soutenues par notre paroisse. Après le Togo, nous restons en Afrique avec l’Action Rwanda de l’abbé Albert pour laquelle se mobilise notamment Mme Annelyse Brugger.
C’est en 2007 que j’ai créé l’Action Rwanda, avec le soutien toujours actuel de la paroisse d’Estavayer, afin de venir en aide à l’abbé Albert Mpambara, alors directeur de l’Institut paroissial de Mukarange.
Par Annelyse Brugger | Photos : LDD
L’abbé Albert a travaillé dans notre paroisse en 2005 durant 3 mois, puis il venait régulièrement remplacer jusqu’en 2019 les prêtres lors des vacances d’été. C’est aussi grâce à la générosité de nombreuses personnes d’ici ou d’ailleurs qu’on a pu apporter une aide précieuse à cette école qui ne reçoit aucun subside ni de l’Etat ni de l’Eglise, les écolages encaissés constituant l’unique source financière. On a ainsi pu, entre autres, construire un grand dortoir, des sanitaires, des douches, une petite infirmerie, un four à pain, rénover la cuisine, sans compter de nombreux travaux d’entretien.
Aujourd’hui, l’Institut compte 780 élèves de 12 à 21 ans répartis en 13 classes, donc quelque 60 élèves par classe.
La pandémie du coronavirus et la guerre en Ukraine ont mis à rude épreuve la gestion de l’école. L’entretien des infrastructures et la construction de nouveaux bâtiments sont freinés. Par exemple, la construction d’une salle polyvalente s’avérerait indispensable pour réunir les jeunes dans de bonnes conditions.
Le prix de la nourriture a augmenté de 43% avec pour conséquence une diminution de la qualité des repas.
L’action « Pain pour tous » continue
Offrir deux fois par semaine du pain aux 780 jeunes que compte l’Institut paroissial. La personne de référence est toujours l’abbé Albert Mpambara actuellement en ministère dans le canton de Neuchâtel. Pour apporter votre soutien par un don : IBAN CH31 0026 0260 3740 83M1 U. Mme Annelyse Brügger « ACTION RWANDA » Chemin de la Vy-Neuve 4, 1470 Estavayer-le-Lac
De grand matin, le premier jour de la semaine… ou plutôt devrais-je dire au point du jour, à cette heure où il ne fait plus totalement nuit, et pas encore jour ; cette heure magique où l’on perçoit sans les voir encore, au-delà de l’horizon, ces rayons qui, tantôt, viendront caresser de leur douceur matinale la rosée d’un hiver finissant… Une chose pourtant n’est pas descriptible à l’imaginaire visuel de ce dimanche matin où j’écrivis ces lignes… un élément qui, en ville, eût généré soupçon, voire inquiétude, mais qui, aux alentours de la maison paternelle où je me trouvais, en pleine campagne jurassienne, me réconforterait plutôt : le silence !
Ce silence qui, au fur et à mesure que la terre tourne suffisamment pour permettre aux organismes, ralentis par une nuit de sommeil, de reprendre vigueur et force ; ce silence, dis-je, se rompait peu à peu pour faire place aux sons des activités de la vie qui, tôt le matin, ne sont pas encore du bruit.
Toujours est-il que, ce jour-là, j’étais le premier debout et, de ce fait, j’entrepris de rallumer le feu dans la chaudière. Alors que j’ouvrais la porte du foyer dans lequel flamberaient bientôt quelques belles bûches, je me souvins de l’Abbaye de Tamié où, tant de fois avec mes confirmands, nous avons attendu, dans un silence parfois difficile, que débute l’Office de vigile. Office d’une rare beauté, d’une rare intensité, et d’une symbolique pascale évidente.
Que s’est-il donc passé, cette fameuse Nuit qui baptisa le monde, quelque part dans un jardin proche des murs de Jérusalem ? Car il n’y avait ni micro ni caméra, ni encore de drône qui auraient pu renseigner sur la façon dont la pierre fut roulée afin que, du Sépulcre, jaillît la Vie. La seule chose dont on peut raisonnablement être sûr, c’est que tout se passa dans le silence.
Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité ! Crie-le sur les toits ! mais sans oublier jamais que ce fut dans le silence, dans ce secret où tu es au cœur de ta relation à Dieu. Et puis, au fond, dans le silence… t’es toi !
Marion Perraudin est une paroissienne très active au sein de notre Eglise. Vous lisez ses méditations au dos de L’Essentiel depuis quelques mois et vous l’aurez sûrement aperçue en train de prendre des photos lors des fêtes paroissiales. Pendant son temps libre, c’est aux animaux sauvages que Marion tire le portrait…
Par Christelle Gaist Photos : Marion Perraudin
Passionnée de nature, Marion Perraudin part très régulièrement au contact des bêtes. Elle se décrit comme une chercheuse de Vie, en quête constante du Beau. La paroissienne me fait part de ses nombreuses rencontres avec les animaux. Son approche de la nature ne varie guère. Elle se sent toujours comme une invitée dans leurs espaces, montre un profond respect pour les occupants de ces lieux. Elle se fond dans l’environnement et tient à se faire oublier. C’est tout un monde fantastique qui s’ouvre alors à elle.
L’émerveillement – Ce qui pousse Marion à retourner chaque semaine auprès des animaux, c’est l’émerveillement que ces rencontres lui procurent. Dans ces rendez-vous de l’inattendu, elle cherche et trouve Dieu. Les méditations qu’elle partage dans l’Essentiel sont le résultat heureux de ces moments privilégiés. Grâce à son appareil photo, elle essaie également d’en garder des souvenirs. A force d’observations, la naturaliste sait reconnaître quel gypaète fend l’air sous ses yeux. C’est une espèce qu’elle affectionne tout particulièrement. Le retour de ce rapace dans nos contrées tient lieu du miracle, puisque celui-ci avait été exterminé puis réintroduit. Depuis quelques années, cet oiseau déploie à nouveau ses ailes en Valais pour le plus grand bonheur des âmes sensibles à la beauté.
Tiré de l’enseignement de l’Eglise
Dans l’Encyclique Laudato si’ (2015), le pape François mentionne saint François d’Assise et son rapport à la nature, un véritable exemple pour tous ceux qui ont été appelés à la chérir et à la sauvegarder. Pour le pape, saint François d’Assise est le saint patron de tous ceux qui étudient et travaillent autour de l’écologie. Celui-ci aurait manifesté « une attention particulière envers la création de Dieu ainsi qu’envers les pauvres et les abandonnées. » […] « Tout comme cela arrive quand nous tombons amoureux d’une personne, chaque fois que saint François regardait le soleil, la lune, ou les animaux même les plus petits, sa réaction était de chanter, en incorporant dans sa louange les autres créatures. Il entrait en communication avec toute la création, et il prêchait même aux fleurs en les invitant à louer le Seigneur, comme si elles étaient dotées de raison. » (n° 11)
Un gypaète volant près de l’église de Sembrancher.Un lièvre du 1er avril.
De l’Ascension à l’Assomption, si le temps le permet, les messes de semaine prévues les mercredis à 17h à l’église de Lully, seront célébrées en plein air, à l’oratoire de Notre-Dame des Mâs, à Bollion.
Par Marie-Christine Mota Photos : Georges Losey
Cet oratoire se situe dans la forêt en-dessus de Bollion. Le lieu-dit a donné le nom à ce lieu de prière et de célébration très apprécié des paroissiennes et paroissiens de la Communauté de Lully et des environs.
L’endroit a été inauguré le 15 août 1949, sur l’initiative du Conseil de paroisse de l’époque et par l’opportunité d’un don de terrain. Autrefois, la niche de cet oratoire contenait un tableau représentant Marie portant dans ses bras Jésus au-dessus de sa tête. En 1960, un avant-toit a été érigé et le tableau de « Marie aux bras nus » a été remplacé par une statue en bois plus classique.
Dans le cadre du 100e anniversaire du Pèlerinage de Lourdes, voici les mots du président romand des Hospitaliers.
Par Grégoire Luyet
Grégoire Luyet, président de l’Hospitalité de Suisse Romande (HSR) de Suisse romande nous explique :
« L’Hospitalité de Suisse Romande est un organisme d’Eglise agrégé à l’Hospitalité Notre Dame de Lourdes et qui se veut au service des malades dans leur démarche du pèlerinage de Lourdes. Elle a la spécificité de regrouper trois diocèses (Sion, LGF et Bâle / Jura Pastoral).
Les hospitalières et hospitaliers sont des femmes et des hommes qui s’engagent volontairement et bénévolement à rencontrer dans l’amitié chaque malade et à découvrir toujours mieux « le monde de ceux qui souffrent ». Ils participent à leurs frais (voyage, hôtel, pension) au pèlerinage interdiocésain et, par divers services, rendent le pèlerinage possible aux malades et handicapés, en rassemblant bien-portants et malades, jeunes et adultes… Ils s’engagent aussi à l’effort fait dans les Diocèses par tous ceux qui, à titres divers, sont membres de la « pastorale de la santé ».
Les membres de l’Hospitalité sont dans la vie courante des membres actifs de leur communauté chrétienne habituelle. Ils participent à la vie liturgique de l’Eglise. Toute personne de bonne volonté peut devenir membre de notre Hospitalité et se mettre au service de ceux qui ont besoin de nos mains, de nos jambes et surtout de notre cœur.
Toute personne de bonne volonté peut devenir membre de notre Hospitalité. Veuillez prendre contact avec le président de l’association diocésaine correspondant à votre diocèse.
« Le silence est la clé de voûte de la vie chrétienne » déclare Maurice Zundel.
Pourtant, la Nature est remplie de bruits. Ils font partie intégrante de la Création : la terre regorge de bruits générés par les animaux, les végétaux (on parle actuellement de langage des plantes et des arbres). L’Univers, considéré comme vide, est parcouru de bruits dits cosmiques. Le bruit de fond émis par de gigantesques trous noirs, que les astronomes traquaient depuis 25 ans, a été identifié depuis 2015 grâce à une technique de détection des ondes gravitationnelles.
Le silence qu’évoque Maurice Zundel est une invitation à faire silence pour mieux recevoir et accueillir la Parole de Dieu : « Il s’agit de devenir une parole vivante de Dieu. »
« Ce silence n’est pas une consigne, mais un rayonnement », il s’oppose aux bruits que nous générons dans nos actes, nos paroles et nos attitudes. Il n’est pas l’absence totale de bruit, mais une invitation à ne pas perturber notre environnement humain, animal, végétal par des bruits sans fondements. Exactement comme en physique où les bruits parasites se superposent au signal que l’on cherche à identifier et constituent une gêne pour la compréhension de l’information que le signal transporte.
Le silence ou plutôt l’absence de bruit parasite, c’est l’attitude de Dieu : « Dieu regarda les fils d’Israël et Dieu sut. » (Exode 2, 25)
Le nouveau film biographique consacré au célèbre abbé se classe 19e du box-office français 2023 1. Un joli succès auprès d’un public varié qui évite l’écueil de l’apologie, montrant l’homme derrière l’icône, ses colères, ses doutes. Pourquoi Henri Grouès fait-il encore recette 17 ans après sa mort ?
L’affiche du nouveau film de Frédéric Tellier.
Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR
1. Une personnalité qui nous fait grandir Benjamin Lavernhe, de la Comédie-Française endosse le rôle de façon remarquable. « J’avais l’impression que ce rôle allait me faire grandir, me rendre meilleur acteur et même meilleur humain. Cela a été une expérience unique. » a expliqué le comédien à la RTS 2. Derrière cette performance se cache l’énorme travail d’un acteur qui s’est dit « habité » par ce personnage unique.
2. Des combats pour les démunis qui trouvent un écho aujourd’hui, 70 ans après l’appel Le réalisateur, Frédéric Tellier, explique que le parcours de l’abbé nous interpelle sur l’état de notre monde actuel. Durant le terrible hiver 54, c’est la découverte d’une femme morte de froid dans la rue, son avis d’expulsion dans la main, qui révolte l’abbé et constitue le point de départ de « l’insurrection de la bonté ». Or, on meurt toujours dans la rue et Les Restos du Cœur annoncent une hausse de 400’000 bénéficiaires en cinq ans 3. Un logement décent pour tous, c’était l’une des grandes batailles de l’abbé et là encore, la crise du logement version 21e siècle fait écho à la problématique des années 50.
3. L’abbé Pierre, ce n’est pas uniquement Emmaüs En 1940, Henri Grouès, de santé fragile, est démobilisé. Dès 1942, il rejoint les résistants et adopte le pseudonyme « abbé Pierre ». Il cache les réfractaires au Service de Travail Obligatoire, fabrique de faux papiers pour les juifs, rejoint de Gaulle. Après la guerre, il s’engage en politique et s’insurge contre les lois qu’il juge contraires à l’Evangile. Il défend les sans-papiers exploités pour reconstruire la France et milite pour la réinsertion des prisonniers. A l’heure de la montée des extrémismes, l’engagement de ce prêtre atypique nous questionne. C’est une femme, Lucie Coutaz, rencontrée « en résistance », qui sera à ses côté pendant 40 ans et c’est un ancien bagnard suicidaire, Georges Legay, qui sera son premier compagnon d’Emmaüs, retrouvant un sens à sa vie dans l’aide aux nécessiteux.
4. Une Fondation qui exige du réalisme, pas une glorification L’équipe du film s’est appuyée sur la biographie de 1994 d’Olivier Gorce 4 ainsi que sur l’abondante documentation et les témoignages fournis par la Fondation Abbé Pierre. A Cannes, le réalisateur a confié que les membres de la Fondation lui répétaient : Il faut être irrévérencieux ! Parce que l’abbé n’aurait pas aimé que ce soit un peu trop propre. Tu n’hésites pas ! Tu y vas, tu montres tout ! Comme l’explique Frédéric Tellier, c’est injuste de résumer 74 ans de la vie d’un homme en 2h15. Olivier Gorce ajoute que le risque, était celui de « l’accumulation des actions héroïques » qui aurait semblé peu crédible. C’est le duo fondamental avec Lucie Coutaz qui a structuré la dramaturgie et s’est imposé à nous. Ainsi, il y a forcément du subjectif, des choix artistiques, mais l’équipe, qui a travaillé cinq ans sur le sujet, a réalisé un incroyable travail d’historien, ce qui remet le réalisme au centre de l’œuvre.
5. Un homme hors du commun fait aussi de paradoxes Bourgeois, résistant, prêtre, député, révolutionnaire, humaniste, star des médias, simple compagnon… Ce petit bonhomme était tout cela. Si le film place la combativité de l’abbé au centre, il expose aussi ses paradoxes : à la fois colérique et tendre, orgueilleux et humble, homme d’action mais, en même temps, en doute perpétuel et totalement inadapté à un monde qu’il juge trop cruel mais qu’il veut pourtant changer. L’œuvre de Tellier explore les facettes d’un personnage complexe, fascinant, attachant et absolument indémodable.
1 Télé-Loisirs, 14 décembre 2023. 2 Un film biographique ambitieux sur l’Abbé Pierre montre l’homme derrière l’icône, www.rts.ch, 29 novembre 2023. 3 Six infographies pour comprendre la crise que traversent Les Restos du Cœur, www.radiofrance.fr, 4 septembre 2023. 4 Gorce Olivier : L’Abbé Pierre, le Missionnaire de l’impossible, Les Dessous de l’Histoire, Paris, 1994.
Avec Lucie Coutaz, son bras droit, dans les années 50.
Prière proposée par le Père Joseph Akuamoah-Boateng, spiritain | Photo : unsplash.com
Dans le silence je viens vers toi, Seigneur. Accorde-moi un esprit de prière et d’adoration. Que ce temps en ta présence me soit un moment de grâce et de paix. Dans ce silence du désert, ne laisse pas le péché me parler, ni le tentateur me distraire.
Daigne me donner le sentiment continuel de ta présence ; de ta présence en moi et autour de moi. Tais en moi et autour de moi tout bruit qui puisse me troubler le cœur. Apprends-moi à entendre des pauvres et des petits. Aide-moi à les aimer et à les aider comme toi.
Ô Seigneur, fais que dans ce silence, j’entende ta douce voix qui murmure ta belle mélodie à travers la beauté de la création. Qu’émerveillé d’être en ta présence et rempli de joie, mon âme et mon cœur puissent t’acclamer : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de ta gloire. »
Ô Seigneur, donne-moi un cœur qui t’écoute ! Que je puisse dire comme le petit Samuel : « Parle, ton serviteur écoute ! » Que je puisse dire comme Marie : « Oui, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »
Ô Seigneur, au pire moment de la vie, que je garde la foi et la confiance en Toi jusqu’au bout. Et que, comme le Seigneur en prière au mont des oliviers, je puisse prier : « Père, que ta volonté soit faite et non la mienne ! »
Dès leur plus jeune âge, nos enfants nous questionnent sur l’amour, le corps humain, les différences garçon-fille. Plus tard, ils se posent des questions sur les changements à la puberté, la sexualité, les relations, etc. Parents, éducateurs, nous n’avons pas toujours les bons mots pour leur parler de ces sujets si importants. Quelles ressources pour eux ? Avec quels mots leur parler ? Quels objectifs leur proposer et quels chemins prendre ? Comment les « équiper » pour se préparer à vivre l’amour ?
Par Myriam Bettens | Photo : DR
La pastorale des familles de Genève propose un café / échange sur la manière d’accompagner nos enfants dans les grandes étapes de leur croissance (puberté, adolescence, devenir adulte …), de parler à nos adolescents d’amour, de sexualité, car « il n’est pas toujours facile pour les parents d’aborder les sujets sur l’affectivité et la sexualité avec leurs enfants, ni pour eux d’en parler à leurs parents ».
Chaque 1er mardi du mois entre octobre et juin 2024, de 12h30 à 14h30, à la salle paroissiale de la cure de Notre-Dame, 3 rue Argand, 1201 Genève.
Prochaines dates : le 7 mai et le 4 juin 2024
Des ressources (livres, DVD, etc.) sont également à disposition, à la consultation ou à l’emprunt, dans les bureaux de la Pastorale des familles de Genève.
Renseignements et inscriptions sur le site web de la pastorale des familles sur pastorale-familles-geneve.ch ou au 079 259 51 33
Le maître mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité, mais pour finir, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité?
Par Calixte Dubosson Photos: DR, Flickr, Pixabay
Un monde de bruit
Dans cette vie moderne, nous avons la possibilité, si nous le souhaitons, de ne jamais être en silence. Il y avait déjà la télévision, les publicités… Et maintenant il y a aussi Internet et les réseaux sociaux, accessibles partout depuis notre poche, prêts à remplir les moindres interstices de nos existences. Une question, un doute ? Google a la réponse. Un sentiment de vide ? Vite, remplissons-le avec des vidéos YouTube ! Il est de plus en plus habituel de croiser dans nos rues des personnes coiffées avec des écouteurs ou de petits objets qui remplissent leurs oreilles. Ainsi, elles sont constamment à l’écoute de leur musique ou groupe préféré. Le bruit est familier et rassurant, il nous évite de nous confronter à ce grand vide qu’est le silence. Mais le silence, est-ce vraiment le vide ? Pas vraiment, en fait. J’y répondrai plus tard.
Un jeune me dit : « J’aime bien écouter ma musique lors de mes temps libres, car elle me permet de m’évader de ce monde qui me fait peur et qui, chaque jour, déverse sur moi un flot de mauvaises nouvelles telles que les guerres et les catastrophes. » Un autre me confie : « Avec mon smartphone qui me permet de choisir toutes les musiques que j’aime, je peux oublier quelques instants tous mes problèmes et j’en ai beaucoup ! »
La parenthèse du Covid
Au début de 2020, la pandémie du Covid est venue frapper à nos portes. Nous voici confinés, le travail mis à distance, la famille et les amis au loin, les églises vidées, les rencontres numérisées. Les moteurs s’étaient tus. Les avions restaient au sol, les engins de chantier au hangar et la plupart des voitures au garage. Les citadins redécouvraient dans leurs rues devenues étrangement silencieuses, le chant des oiseaux, persuadés pour certains que ces derniers étaient revenus en ville alors qu’ils étaient toujours là. Seulement, à ce moment-là, leur chant parvenait enfin à leurs oreilles. Les moteurs s’étaient tus, mais les hommes ? « Très vite, l’air s’est révélé saturé d’informations, d’annonces, de débats, de protestations. Les chiffres annoncés chaque soir, les déclarations officielles, les oppositions, les contre-pieds… Jour après jour, et de plus en plus avec les vagues successives, l’angoisse, la peur, la colère et l’incompréhension ont pris le pouvoir, et ce fut à grand bruit », commente Anne Le Maître1.
Les débats pour se forger une opinion
Le maître-mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité, mais pour finir, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. Quotidiennement, les chaînes d’info en continu (Cnews, LCI), mais aussi BFM TV diffusent des heures de débats sur l’actualité, en fin de journée. Les plateaux de télévision sont précisément conçus pour mettre en scène un débat contradictoire : l’animateur, au centre de l’image, distribue la parole et arbitre entre des invités qui se font face. Une sorte de deux contre deux ou de trois contre trois, avec au bas de l’image, un bandeau mentionnant le thème du jour afin que le téléspectateur puisse prendre le débat en cours de route.
La mise en scène est donc pensée pour susciter le débat. A priori, celui-ci doit être équilibré. Par exemple, sur les sujets politiques, les chaînes essaient de donner la parole aux différentes tendances politiques, en invitant soit des responsables de partis politiques, soit des journalistes ayant des opinions politiques différentes. Mais est-il possible de s’assurer que le profil des intervenants choisis garantisse cet équilibre ? De plus, le téléspectateur peut-il vraiment se convaincre que derrière les arguments énoncés avec un tel aplomb et une telle assurance, se dégage une vérité qui met tout le monde d’accord ? Pourtant, chacun de nous a soif de savoir quelle est la vérité des choses. On reste sur notre faim avec ce sentiment désagréable d’avoir perdu notre temps et un bon moment de sommeil qui nous aurait fait autant de bien que ces débats stériles souvent émaillés de remarques pas très évangéliques envers les intervenants. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité ? Le silence, celui de la nature et des ordres monastiques, par exemple ?
Le silence de la montagne
La vie est faite de contraintes, de stress, de monotonie. Elle a besoin de respirer, de se dégourdir, d’élargir son regard. La montagne est ce lieu privilégié pour vivre ce que les enfants des écoles appellent : récréation. Ces quelques minutes si précieuses pour libérer une énergie jusqu’ici contenue, rejoignent ces instants magiques vécus dans les décors de nos alpes majestueuses. Dans la vie, notre oreille recueille plus le bruit des catastrophes que le murmure des petits gestes de l’amour. Elle s’use et désespère à enregistrer le mal du monde. Elle n’entend plus la musique de l’espérance. En montagne, elle perçoit de nouveau la beauté du monde. Un aigle plongeant dans le bleu de l’azur, le soleil qui vient éclairer la marche silencieuse de l’aube, les oiseaux feignant de vous ignorer et qui se ruent sur les restes du pique-nique, les chamois baignés de lumière : tout cela aiguise le regard, le nourrit, enchante l’âme et ravive notre foi en la vie contrairement aux mauvaises nouvelles distillées chaque jour par les réseaux sociaux qui nous font désespérer de la vie.
Comment écouter si l’on ne se tait pas ?
Le silence monastique
Je vais régulièrement à l’Abbaye de Tamié pour me ressourcer. Entre les murs de l’Abbaye, des moines silencieux pour qui Dieu est le seul voyage valable. Des marcheurs d’éternité qui ont choisi pour chemin la voie du silence. « Ecoute », tel est le premier mot de leur règle, rédigée par saint Benoît qui encourage le moine à « incliner l’oreille de son cœur ». Et comment écouter si l’on ne se tait pas ? Et comment parler si l’on n’a pas pris le temps de réfléchir et de méditer ? « Le Christ ne parle pas fort, disait un jour une amie carmélite, expliquant à des jeunes son choix d’une vie sans paroles. Il faut faire silence pour l’entendre. »
Dans le cloître intérieur qu’est la vie intime des moines et des moniales, détachée du tumulte et de la superficialité, dans cet espace de contemplation qu’ils ont choisi, là se tient la Présence. La Présence devenue homme en Jésus. Je ne cesse de me remémorer l’image de cet homme silencieux face à la femme adultère, de ce Dieu dessinant sur le sable qui ne répond pas quand on l’interroge, cet homme gardant le silence face à ses contradicteurs. Le silence quand la foule acclame. Le silence quand la foule accuse. Le silence qui parle plus fort que tous les discours.
1 Anne Le Maître, « Un si grand désir de silence », Cerf, 2023, p. 32.
L’Abbaye de Tamié, lieu de ressourcement.
Des exemples parlants
Nous pouvons être témoins à longueur de journée de débats stériles, mais aussi pimentés ! Il suffit d’allumer son poste TV. En voici deux exemples très parlants :
Dialogue de sourds et débat TV – Je suis pour une baisse de l’impôt contrairement à mon vis-à-vis qui pense… – Je vous arrête tout de suite, car… – Laissez-moi parler, je vous ai laissé vous exprimer, alors ne me coupez pas. – On ne peut pas laisser dire n’importe quoi… – C’est vous qui dites n’importe quoi. Comment peut-on prétendre à de hautes fonctions publiques si l’on n’est pas capable de dire la vérité aux téléspectateurs ? – Vous ! Le détenteur de la vérité, laissez-moi rire !
Débat pimenté : l’exemple Chirac-Mitterrand • Chirac : « Permettez-moi juste de vous dire que ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République… Nous sommes deux candidats, à égalité, et qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand. » • Mitterrand : « Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier Ministre. »
Les chaines d’info en continu diffusent des heures de débat, souvent stériles.
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