Hommage au Père Matthias Gajewski

Le Père Matthias affectionnait la musique et particulièrement la guitare, dont il aimait l’usage durant les messes pour accompagner les chants.

Dimanche 29 octobre, nous avons appris avec surprise et tristesse le décès survenu subitement du Père polonais Matthias Gajewski, prêtre retraité, domicilié à la cure de Font. Il s’en est allé à l’âge de 73 ans, dans sa 48e année de sacerdoce. L’abbé Darius, curé-modérateur de notre paroisse, retrace ci-dessous le parcours de cet homme de foi. La cérémonie des funérailles a eu lieu le mardi 7 novembre à la collégiale d’Estavayer en présence de sa famille venue de Pologne et de nombreux confrères. Nous partageons la peine de sa famille, notamment de ses frères, et leur adressons nos sincères condoléances (cjy).

Un ministère de 35 ans en Suisse

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur
Photos : André Bise, LDD

Matthias (Maciej est né le 28 août 1950 à Mlynary en Pologne dans la famille de Czeslaw et Aniela. Il était le troisième enfant d’une fratrie de quatre.

A l’âge de 17 ans, il reçoit le premier appel de Dieu pour devenir prêtre. Même si à cette époque, il rêve de fonder une famille, la voix du Seigneur le suit partout. Elle est douce alors il lui donne sa réponse positive en rejoignant, durant l’été 1968, la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus. Il y effectue son noviciat et suit des études de philosophie et de théologie au séminaire à Stadniki, près de Cracovie. Après une année de ministère en paroisse, il est envoyé par ses supérieurs à Rome pour étudier la patrologie. Quatre ans plus tard, il revient en Pologne pour enseigner cette matière et les langues classiques aux séminaristes de sa congrégation. Il dirige également le chœur de ses étudiants.

En 1987, Père Matthias est appelé en Suisse car à la Maison des prêtres du Sacré-Cœur, à Fribourg il manque des confrères suisses. Pendant deux ans, il soutient les missions italienne et polonaise ainsi que l’Eglise de la Suisse romande. Il disait qu’un même dimanche, il lui arrivait de célébrer les messes en trois langues : une en français dans la matinée, la suivante à Lucerne en polonais et, de retour à Fribourg, la troisième pour les Italiens.

Un long ministère dans le canton

En 1989, Père Matthias est nommé curé de Sorens et, peu après, aussi de Vuippens-Marsens et d’Echarlens. Après 10 ans de ministère en Gruyère, il devient curé de Neyruz, Cottens et Autigny-Chénens. En 2006, il est déplacé à Courtepin pour desservir aussi les paroisses voisines de l’UP. Entre 2011 et 2020, résidant à Vuisternens-dt-Romont, il est engagé dans l’UP de Sainte-Marguerite Bays.

Depuis trois ans dans la paroisse

Chez nous, à la paroisse Saint-Laurent, Père Matthias habitait la cure de Font. En tant que prêtre retraité, il y a accompli une mission sacerdotale durant les trois dernières années de sa vie. Commençant sa retraite parmi nous, il a dit : « J’ai la chance d’être disponible. Une fête, un repas ou une rencontre sont autant d’occasions d’échanger et d’ouvrir le dialogue avec les paroissiens. »

En déplorant son départ prématuré, nous gardons le souvenir d’un homme de Dieu dévoué, passionné des Ecritures, des Pères de l’Eglise, de la musique et du sport.

Le Père Matthias lors d’une célébration de la Fête-Dieu.

Les évangélistes et les auteurs du Nouveau Testament

Par Christophe Ançay 
Photo : Marie-Paule Dénéréaz

Un livre vivant

Contrairement à une grande partie de l’Ancien Testament, le Nouveau Testament mentionne la presque totalité des auteurs des différents livres qui le composent. Nous avons tous entendu les noms de Matthieu, Marc, Luc, Jean, Paul ou encore Pierre et Jacques.

Les exégètes essaient d’identifier et de décrire au mieux ces personnes aux noms si familiers mais pourtant si peu connues. En effet, leurs biographies tiennent sur quelques lignes et encore, avec beaucoup de conditionnel… Et une fois qu’on a pu décrire les caractéristiques de chaque évangéliste, nous nous apercevons que leurs récits sont imprégnés de passages d’autres sources ou sont la transcription de l’enseignement d’un autre, ou encore qu’ils sont plus le fruit d’une communauté que celle d’un auteur au sens moderne du terme.

Un évangile, étymologiquement, est une bonne nouvelle. La bonne nouvelle réalisée par Jésus qui vient sauver l’humanité par son incarnation. Les écrits du Nouveau Testament témoignent de cette bonne nouvelle. Ils sont le fruit de communautés qui ont cru en Jésus. Ils sont aussi Parole de Dieu, inspirée par l’Esprit Saint…

A Noël, nous célébrons l’incarnation de ce Sauveur. Il est né dans la pauvreté, en exil. Les premiers témoins de cette naissance, après ses parents, sont, pour Luc, des bergers et pour Matthieu, des mages venus d’Orient. Même si des traditions populaires ont donné des noms et même le titre de roi à ces mages, nous devons constater que Dieu fait homme se révèle à des inconnus. Loin de l’élite juive ou romaine de l’époque. Plus tard, Jésus sera suivi et écouté par des foules d’inconnus en plus des apôtres dont la liste n’est pas si claire. Ce sont tous ces témoins qui, de génération en génération, ont permis que le message du salut arrive à nos oreilles. 

Les auteurs du Nouveau Testament ? Peut-être la maman qui témoigne de l’amour inconditionnel de Dieu dans l’affection qu’elle porte à ses enfants ; le soignant qui lutte comme Jésus avec générosité contre les souffrances de la maladie ; tous ceux qui se soucient des plus pauvres, des exclus, des petits. Si l’évangile est bonne nouvelle, il se déploie dans le temps, réalisant à chaque époque l’unique message que nous a donné Jésus.

C’est chacun de nous qui est appelé à incarner ce message éternel et pourtant toujours nouveau d’un Dieu qui se définit comme Amour.

Changer de culture?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet
de son choix. Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano, est l’auteur de cette carte blanche.

Par Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano et Évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg | Photos : DR

Changer de culture ? C’est la revendication maintes fois entendue suite à la révélation de trop nombreux abus et de leur trop fréquente mauvaise gestion dans l’Eglise.

Nous savons combien la culture évolue à travers les siècles.

En Europe, les questions sexuelles ne sont plus abordées aujourd’hui comme il y a 50 ans. L’autorité des parents n’est plus exercée comme à l’époque de nos grands-parents. 

Mais nous savons aussi combien les cultures sont diverses dans l’Eglise. Un jeune catholique vietnamien n’a pas les mêmes rapports avec ses parents qu’un jeune Suisse allemand. Une religieuse camerounaise ne vit pas l’autorité dans sa congrégation de la même façon qu’une religieuse en France. 

Nous serons toujours les femmes et les hommes de notre temps, marqués par ce temps. 

Certaines caractéristiques culturelles facilitent et stimulent même l’exercice des vertus évangéliques. D’autres rendent leur pratique plus difficile, voire héroïque !

Trop souvent, les chrétiens se sont adaptés, ma foi, aux conditionnements de leur milieu. Les moyens utilisés ou les formes de pensée n’ont pas toujours été passés au crible de l’Evangile.

S’il y a un changement constant à opérer dans l’Eglise, c’est bien celui que demande l’Evangile. Nous n’avons pas à suivre les modes de ce temps, mais l’Evangile de tout temps, à temps et à contre-temps.

Que le Christ qui n’est pas de ce monde nous guide en ce monde. Il est notre seule boussole. Fixons les yeux sur Lui. Et partout où c’est nécessaire, changeons nos cultures avec Lui.

S’il y a un changement constant à opérer dans l’Eglise, c’est bien celui que demande l’Evangile.

Faire le plein de soleil christique

Christelle Gaist | Photo : DR

Les messes dites « rorate » reviennent pour une troisième édition au sein de l’église de Martigny-Ville, pour le plus grand bonheur des fidèles. 

A l’aube, vous entrerez dans une église éclairée uniquement à la lueur des bougies. Les éléments dorés du chœur en chatoieront. Vous pourrez prendre place dans les bancs avec une flamme que l’on vous aura confiée. Vous participerez activement à la messe en apportant votre pierre lumineuse à l’édifice.  

L’obscurité naturelle dans laquelle nous baignons pendant l’Avent nous invite à considérer certains aspects de nos vies sous un autre angle et à plonger au plus profond de notre Foi. Si nous laissons faire le Seigneur et que nous nous confions à lui, cela peut être très bénéfique. 

Si vous avez l’occasion de vivre des messes « rorate » dans différentes paroisses, vous remarquerez que chacune dégage une énergie très particulière. Ces évènements révèlent les cœurs enflammés de nos églises.  

Notez que les messes de Martigny débuteront plus tôt que l’an passé, à 6h15, pour offrir plus de temps au café croissant et aux échanges entre paroissiens à Notre-Dame-des-Champs. Ces célébrations joyeuses et contemplatives sont une merveilleuse manière de commencer la journée. Venez-y nombreux pour faire le plein de soleil christique. Pour plus d’informations sur l’origine de cette messe, nous vous conseillons l’article : « Rorate » : la messe des « veilleurs de l’aurore » rédigé par Bernard Hallet et disponible en ligne sur le site www.cath.ch (lien direct: https://www.cath.ch/newsf/rorate-la-messe-des-veilleurs-de-laurore/)

Cheyres: messe d’engagement des premiers communiants

L’abbé André a appelé chaque enfant par son prénom pour le bénir.

Par Claire Moullet
Photos : André Bise

Samedi 4 novembre, en l’église de Cheyres, sous le regard de Notre-Dame de Grâce, une trentaine de premiers communiants de la communauté et de celles des alentours, ont vécu une belle célébration d’envoi, présidée par l’abbé André Helle, assisté de Marianne Berset, responsable de la catéchèse paroissiale, et Gérard Dévaud, animateur pastoral, répondant pour la communauté.

Une célébration qui a réuni parents, familles et quelques communiants et confirmés de l’année précédente, emmenés par leurs catéchistes.

Ce fut une première célébration en l’église de Cheyres pour l’abbé André, désormais « vicaire dominical » dans notre paroisse et qui a été accueilli par des mots chaleureux de Gérard Dévaud.

Après son homélie chantante, le prêtre a béni chaque enfant présenté avec son prénom. Un moment portant l’avenir avec l’accompagnement des aînés présents.  Une messe joyeuse, animée par les chants des enfants et du chœur mixte.

Avec ses remerciements à tous, l’abbé André a accompagné la bénédiction de ce souhait : « Que Dieu termine en vous ce qu’il a commencé ! »

• Des messes d’envoi des premiers communiants se sont également déroulées samedi 7 octobre à Aumont, dimanche 8 octobre à Estavayer et dimanche 5 novembre à Forel.

Une trentaine de jeunes étaient réunis pour cette célébration, encadrés par Mme Marianne Berset.

Mosaïques des quatre évangélistes prises à la Basilique de Lisieux

Texte et photos par Véronique Denis 

Nous connaissons bien les noms des quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Tous racontent à leur manière les paroles et les actions de Jésus durant sa vie publique. 

Les différences entre ces quatre évangiles sont dues au fait que chaque auteur avait des intentions particulières et s’adressait à un public précis.

Marc n’évoque pas du tout la naissance de Jésus. Les premiers mots de son Evangile nous font aller droit au but : « Commencement de l’Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. »1 D’entrée, Marc nous convoque à accueillir la Parole comme une Bonne Nouvelle.

L’Evangile de Jean est le plus tardif (écrit dans les années 90-100). L’objectif de Jean n’est pas de décrire les événements de la vie du Christ, mais d’en faire une réflexion sur ce qu’il a compris de la vie de Celui qu’il a contemplé à la Croix et à la Résurrection. C’est pour cela que le 4e Evangile évoque des grands discours (sur le pain de Vie, sur la vie et la résurrection, sur la glorification du Fils, etc.) et ouvre son évangile par le Prologue qui est en fait une méditation sur la personne de Jésus, le Verbe de Dieu fait chair. 

Arrêtons-nous maintenant aux évangiles de Matthieu et de Luc qui évoquent la nativité, mais avec deux perspectives bien différentes. 

Luc, médecin, est sensible à l’humanité de Jésus qui se fait proche des petits, des humbles, des malades, des femmes, des veuves et des enfants. En plus, Luc est aussi historien : il veut insérer Jésus dans l’histoire humaine. C’est pour cela qu’il situe la naissance de Jésus dans le temps en évoquant le recensement décrété par César Auguste, à l’époque du gouverneur Quirinius en Syrie.2 En plus, il prépare la venue de Jésus sur la terre des hommes en évoquant l’Annonce de l’Ange Gabriel à la jeune fille, Marie, promise en mariage à Joseph. Ensuite, Luc détaille la naissance Jésus, la visite des bergers.

Matthieu est juif et il écrit son évangile pour des juifs convertis au christianisme. Son évangile est rempli de citations des prophètes, des écrits de l’Ancienne Alliance. L’intention de Matthieu est donc d’insérer Jésus dans l’Histoire du Peuple d’Israël. Il ouvre son évangile en citant toutes les généalogies d’Abraham à Joseph. D’autre part, Matthieu met l’accent sur les péripéties qui ont marqué la naissance de Jésus (visite des mages, fuite en Egypte) en accordant une importance plus grande à Joseph qu’à Marie.

Quatre récits, quatre regards différents sur la vie du Christ à accueillir pour nous laisser transformer par cette Parole qui est une Parole vivante qui ouvre un avenir, une espérance. Que la Parole de Dieu nous accompagne et donne du sens à notre vie.

1 De la Traduction Œcuménique de la Bible : Mc 1, 1. 
2 Cf. Lc 2, 1-2. 

Jeux, jeunes et humour – décembre 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi dire de Marie qu’elle est l’Immaculée Conception ?
Comme un fruit anticipé du pardon accordé par Jésus sur la croix, nous croyons que Marie, du fait qu’elle a enfanté le Sauveur, a été préservée du péché originel dès sa naissance. C’est par ce nom qu’elle s’est fait connaitre à Bernadette Soubirous lorsqu’elle lui est apparue à Lourdes en 1858, soit quatre ans après que le pape a proclamé, sous forme de dogme, cette vérité de foi comme incontestable.

par Pascal Ortelli

Humour

Un dimanche avant la messe, un paroissien croise M. le Curé et s’aperçoit qu’il a un pansement sur la joue. Le desservant lui explique que pendant qu’il se rasait, il s’était concentré sur l’homélie qu’il allait prononcer et qu’il n’avait pu éviter de se couper. Après la messe, le même paroissien va trouver le curé dans la sacristie. « Si je peux Un dimanche matin, à l’heure de commencer la messe, M. le Curé s’aperçoit qu’il y a un seul fidèle. Il s’avance vers lui et propose de supprimer la messe et d’avancer l’apéro. Le paroissien, qui était un paysan, lui rétorqua que même s’il n’avait qu’une vache à la maison, il lui donnait à manger. Le curé, furieux, lui servit une liturgie qui dura plus d’une heure avec homélie, credo chanté et j’en passe. Le paroissien le remercia et se permit une petite remarque : « M. le Curé, quand je n’ai qu’une vache à la maison, je ne lui donne pas à manger tout le char de foin ! »

par Calixte Dubosson

Au cœur de la nuit du monde

Texte et photo par Marion Perraudin

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Eclairé de fausses lumières,
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa Lumière.
Fragile flamme éclairant notre chemin,
Pour ouvrir notre cœur à son amour
et en devenir témoin

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Au milieu de cris et de fausses clameurs,
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa joie
Douce force qui transfigure notre vie,
Pour offrir le sourire de Dieu à notre prochain.

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Dans l’hypocrisie de promesses de paix
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa paix
Celle qui permet le pardon véritable,
Et qui dévoile le visage du frère comme l’enfant bien aimé de Dieu.

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Faisant miroiter des illusions sans lendemain
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre son espérance,
Il nous ouvre les portes du royaume de son Père.
Celles de la félicité de la vie éternelle auprès de Lui.

Au cœur des nuits de notre monde,
Entre frénésie et course folle,
A l’aube d’une nouvelle année,
Laissons l’Enfant Dieu s’incarner 
dans tous nos aujourd’hui,
Et nous offrir le plus beau des cadeaux,
Celui de notre identité profonde d’enfant de Dieu.

Rencontre avec… l’abbé André, notre «vicaire dominical»

« Vicaire dominical » ! Il est peut-être le seul à porter ce titre dans tout le diocèse LGF ! L’abbé André Helle est, depuis la rentrée pastorale de septembre, « vicaire dominical » dans notre paroisse. Rencontre avec un prêtre engagé.

Par Claude Jenny
Photos : Francis Roulin

Après avoir officié durant un mois à Payerne, l’abbé Helle a rejoint notre paroisse début octobre et chaque week-end, il célèbre plusieurs messes, venant ainsi prêter main-forte à nos deux prêtres. Lorsque nous l’avons rencontré, ce week-end d’octobre, il a officié à quatre reprises, et notamment au home des Mouettes où, nous a-t-on dit, les résidents ont vivement apprécié son contact chaleureux. Prêtre africain, venant du même diocèse togolais que l’abbé Bernard, l’abbé André « vibre à l’africaine », met beaucoup de cœur et d’élan dans ses paroles et chante volontiers ! 

« Je veux aller aux champs ! »

La semaine, l’abbé André est étudiant à l’Université de Fribourg. Après avoir suivi tout le cursus – 10 ans – pour être ordonné, son évêque l’a envoyé en Suisse pour poursuivre ses études théologiques. Il effectue un master en exégèse du Nouveau Testament. Il devrait le terminer en juillet prochain. Et après ? « J’attends une décision de mon évêque, c’est lui qui décidera » dit-il. Mais il ne cache pas qu’il aimerait rentrer au pays. D’abord pour transmettre ce qu’il a appris et enseigner dans les divers séminaires et écoles catholiques du Togo.  

« Mais, s’empresse-t-il de préciser, je ne veux pas faire qu’enseigner ! Je veux aussi aller aux champs ! » 

Un beau projet personnel

Aux champs ? oui, oui ! Car l’abbé André est très préoccupé – c’est peu dire – par la situation alimentaire d’une grande partie de la population togolaise. « Plus des deux tiers de la population de mon pays vivent en-dessous du seuil de pauvreté. C’est un peuple qui a soif de la Parole divine, mais qui a d’abord faim et manque de nourriture. L’Eglise est porteuse de lumière mais elle doit aussi aider l’homme à se nourrir à la sueur de son front » explique celui qui espère pouvoir mener à bien un projet personnel.

Son projet ? Tout simple en théorie et l’abbé André espère en être le leader. Ce que veut ce prêtre engagé, c’est cultiver de nombreux champs qui ne le sont pas actuellement. Notamment des champs situés sur des parcelles appartenant à son diocèse. « Cultivons ces champs pour que ce soient des champs communautaires contribuant à aider la population à se nourrir » clame-t-il. « Si un recours à des outils mécaniques est possible, tant mieux. Sinon, il faudra cultiver ces champs de manière ancestrale. L’important est qu’ils apportent de la récolte » dit-il, pragmatique. 

« Et, hors de mes attributions de prêtre, je serai là pour aider. Je ne vais pas rester les bras croisés dans un bureau alors qu’il y a tant à faire » dit ce prêtre dans la droite ligne du pape François pour dire que l’Eglise doit sortir de ses sacristies et, en l’occurrence, aller aux champs… Et l’abbé André économise chaque petit sou pour permettre à deux jeunes Togolais de se former en agronomie. 

Une façon de préparer le terrain pour une Eglise qui fasse au mieux ce que l’Etat ne fait pas ! « Je ne veux plus voir des enfants aller à l’école en ayant faim ! » dit-il, se rappelant que lui, s’il n’avait pas été recueilli par des religieuses d’une congrégation, il aurait aussi eu faim, n’aurait pas pu faire des études, devenir prêtre, etc. 

« Il faut inventer l’avenir et être engagé sur tous les terrains en faisant confiance à Dieu qui va nous aider à conduire nos chantiers » dit ce prêtre trentenaire qui vit avec beaucoup d’ardeur sa foi et son engagement de prêtre. 

Les symboles des quatre évangélistes

ParJean-Christophe Crettenand
Illustrations : Léa Crettenand
Photos : Alessandra Arlettaz (Fully), Monique Cheseaux (Saillon) et l’abbé Bruno Sartoretti (Isérables)

Les symboles des quatre évangélistes sont des représentations traditionnelles associées à chacun des quatre auteurs des Evangiles du Nouveau Testament. Ces symboles sont très souvent utilisés dans l’art chrétien pour identifier et différencier les évangélistes.

L’ange est associé à saint Matthieu. Il représente l’humanité de Jésus-Christ. Ce symbole est dérivé de la vision d’Ezéchiel dans l’Ancien Testament, où il décrit des créatures ailées ayant l’apparence d’un homme.

Le lion est le symbole de saint Marc. Il représente la puissance et la royauté de Jésus-Christ. Le Lion est souvent lié à la manière énergique et directe dont l’Evangile selon Marc présente Jésus.

Le taureau (ou le bœuf) est associé à saint Luc. Ce symbole évoque le caractère sacrificiel de Jésus-Christ, représentant également le service et la force. L’Evangile selon Luc met l’accent sur la compassion et la nature sacrificielle de Jésus.

L’aigle est le symbole de saint Jean. Il est souvent associé à la spiritualité et à la divinité de Jésus-Christ. L’Evangile selon Jean est considéré comme plus mystique et théologique que les autres, d’où l’association avec l’aigle, symbole de la hauteur et de la contemplation

Ces symboles ont été utilisés depuis l’Antiquité pour identifier les évangélistes et leurs écrits. Ils sont également souvent représentés dans l’art chrétien, que ce soit dans des manuscrits enluminés, des vitraux, des icônes ou des sculptures, pour rappeler les différentes perspectives et thématiques de chaque Evangile. Dans nos paroisses on en trouve quelques représentations à Isérables (église paroissiale), Fully (église paroissiale) ou encore à Saillon (chapelle Saint Laurent).

En l’église d’Isérables, les évangélistes sont rassemblés dans le chœur et le symbole de chacun figure aux pieds de la représentation du saint, à la droite de saint Matthieu et à la gauche de saint Marc, saint Luc et saint Jean.
En l’église de Fully, il faut lever les yeux pour apercevoir les évangélistes figurés par leur symbole tenant chacun un livre ouvert sur lequel il est possible de lire leur nom en latin. Le lion de Marc (MARCUS) et le taureau de Luc (LUCAS) font plus de deux fois la taille de l’aigle de Jean (YOHANNES) et de l’ange de Matthieu (MATTHAEUS).
En la chapelle Saint Laurent à Saillon, il faut également lever les yeux. On aperçoit alors les quatre évangélistes, chacun sur son nuage, accompagné de son symbole, sur sa gauche. Chacun est coiffé d’une auréole figurée de façon unique, mais ceci est une autre histoire…

Thèmes et rubriques 2024

Thèmes 2024

Mois Sujet
Janvier Finance chrétienne (Pierre Guillemin)
La finance chrétienne catholique encadre des opérations de nature bancaire et financière par des principes moraux directement issus de l’interprétation des textes religieux chrétiens (Ancien et Nouveau Testament) et de la doctrine de l’Eglise catholique romaine (Doctrine sociale de l’Eglise). Ces dernières années, le «Conseil pontifical Justice et Paix» a pris de plus en plus souvent des positions sur les sujets financiers. En juin 2013 par exemple, il publiait une note intitulée «Postures chrétiennes face à la finance» qui donne le cadre général dans lequel doit se situer l’action du «financier».
Février La représentation du Christ dans l’histoire (Amandine Beffa)
Voir le Christ représenté sur une œuvre d’art est assez banal pour nous aujourd’hui. Pourtant, cela n’a pas toujours été une évidence. Des premiers chrétiens qui suivaient strictement l’interdit vétérotestamentaire de représenter «ce qui a la forme de ce qui se trouve au ciel» jusqu’aux débats du XXe siècle autour de l’art sacré contemporain, étudier la représentation du Christ, c’est étudier «comment on croit».
Mars Les martyrs d’hier et d’aujourd’hui (Thierry Schelling)
Depuis les premiers temps de l’Eglise, des hommes, des femmes et des enfants ont été tués parce que disciples du Christ. Puis la «tuerie» s’est tournée contre les païens, les hérétiques, les schismatiques. Avant de reprendre contre des milliers de baptisé.e.s sous les régimes totalitaires du XXe siècle. Martyr, qui se sacrifie pour l’autre…
Avril Silence! Calixte Dubosson)
Le maître-mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité mais au final, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité? Le silence, celui de la nature et des ordres monastiques, par exemple?
Mai Mater dolorosa (Myriam Bettens)
Chaque minute, quarante-quatre femmes subissent une fausse couche dans le monde. Au niveau Suisse, une grossesse sur cinq est concernée. Malgré cela, le silence autour de cet événement douloureux et les lacunes dans l’accompagnement persistent.
Juin Astrophysique et religion (Pierre Guillemin)
VL’astrophysicien Hubert Reeves déclare: «La question n’est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt: qui est-Il, et à quoi joue-t-Il?» L’astrophysique ne cherche donc pas à contredire mais à comprendre la volonté de Dieu dans son œuvre créatrice. Cette quête de «l’intelligence de Dieu», Albert Einstein l’exprime aussi: «Je refuse de croire en un Dieu qui joue aux dés avec le monde.»
Juillet-août Quoi ma messe? Qu’est-ce qu’elle a ma messe? (Thierry Schelling)
Nos diocèses sont en mutation structurelle: des laïcs/laïques sont nommé.e.s représentant.e.s de l’évêque là où des prêtres œuvraient comme vicaires épiscopaux; des paroisses n’ont plus de curés mais des administrateurs, obligeant à revoir le sacrosaint programme des messes à la baisse, en regroupant les fidèles (pas toujours complaisants); et des initiatives de l’ordre du service de l’autre (Rom, migrant, requérant, divorcé, LGBT, etc.) et du soin à la création sont mises désormais en avant comme « expression d’Eglise» autant que la liturgie. Dans ce «chantier», les réactions de fidèles sont parfois aux antipodes de ce à quoi on aurait pu s’attendre (compréhension, solidarité, compassion) au vu de leur fréquentation de la messe qu’on leur diminue…
Septembre Vers une Eglise de retraités? Calixte Dubosson)
Souvent, nos assemblées dominicales ou de semaines sont fréquentées par ce qu’on appelle non pas les têtes couronnées mais les «têtes blanches», allusion au fait que les célébrations sont suivies en majorité par des personnes âgées ou vieillissantes. Pourtant, ce phénomène ne se réduit pas aux messes ou aux cultes mais aussi au niveau de l’organisation des paroisses à tel point que de plus en plus de personnes retraitées sont nommées à des postes importants pour la bonne marche de la communauté. Allons-nous donc vers une Eglise de retraités?
Octobre Evolution de l’architecture chrétienne (Amandine Beffa)
La fin des persécutions donne la possibilité aux chrétiens de bâtir des lieux de culte. Au début, ceux-ci sont inspirés de l’architecture romaine à laquelle un nouveau sens est donné. Dans les siècles qui suivent, l’architecture chrétienne se développe progressivement vers des codes qui lui sont propres. C’est à la période romane que le plan devient fixe. L’architecture devient alors symbolique: plan en croix latine, orienté vers l’Orient… A partir de cette période, l’architecture reflète ce à quoi on croit. Elle évolue avec les pèlerinages et les grandes processions, jusqu’à la réforme liturgique du Concile Vatican II.
Novembre Faire feu de tout bois (Myriam Bettens)
LOn estime que la chasse aux sorcières a fait 100’000 morts en Europe. La Suisse, quant à elle, détient le sinistre record du nombre de victimes. Des crimes imaginaires qui mènent à se demander comment en arrive-t-on à tuer en toute impunité ?
Décembre L’Exégèse (François-Xavier Amherdt)
Autrefois réservée aux théologiens, l’exégèse permet de passer les textes bibliques au crible de l’analyse et de la raison. A travers les médias notamment, ses résultats sont aujourd’hui à la portée du grand public. De quoi donner un nouveau regard sur l’Ancien Testament et le Nouveau ?

Rubriques 2024

Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2023.

En 2024, nous vous proposons deux nouvelles rubriques

sous la plume de Nicolas Maury

Ecclésioscope: Secrétaires, sacristains, sacristines, fleuristes… A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande.

sous la plume de Pascal Ortelli

Ciel, ma médaille ! : «La piété populaire est un trésor pour l’Eglise», affirme le pape François. Oui, mais face à l’abondance d’objets de piété, sait-on encore à quel saint se vouer? Dans cette nouvelle rubrique, une infographie vient décrypter ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons, et ce pour mieux comprendre notre foi.

Magazine au format B5

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-5 Eclairage Tournus de la rédaction
6 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
7 Le Pape a dit… Thierry Schelling
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe
9 Jeunes et humour M.-C. Follonier
Pascal Ortelli
Calixte Dubosson
10-11 Small Talk Myriam Bettens
12 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
13 Ecclésioscope Nouveau! Nicolas Maury
14 Merveilleusement scientifique Pierre Guillemin
15 Ciel, ma médaille! Nouveau! Pascal Ortelli
16 En librairie Calixte Dubosson

Magazine au format A4

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-3 Eclairage Tournus de la rédaction
4 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
4 Le Pape a dit… Thierry Schelling
5 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
6 Small Talk Myriam Bettens
7 Merveilleusement scientifique Pierre Guillemin
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe
8 Ecclésioscope Nouveau! Tournus externe

Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand.

« Il restera de toi… » Les adieux de Paul

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

« Il restera de toi ce que tu as donné au lieu de le garder dans tes coffres rouillés. Il restera de toi ce que tu as semé, que tu as partagé aux mendiants du bonheur. Ce que tu as donné, en d’autres fleurira. Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera. Ce que tu as semé, en d’autres germera. »

Ce chant des funérailles nous rappelle à juste titre quel est le sens des reliques (reliquia, en latin) : ce qui demeure de la personne décédée, après son départ, physiquement et spirituellement ; ce qui atteste sa présence historique parmi nous et nous invite à la fidélité envers son message et son existence ; ce qui reste de son œuvre et demande à être poursuivi. Dans le cas de certains saints, ce sont les ossements ou des objets qui nous convient à la mémoire.

Vers la fin du livre des Actes des apôtres (20, 17-38), Paul laisse aux anciens d’Ephèse – les « responsables », presbuteroi en grec, ce qui donne « prêtres » en français – un discours d’adieux poignant, où il les presse à la vigilance et à la générosité, à son exemple. 

Il veut mener à bonne fin sa course et son témoignage envers l’Evangile de la grâce, ainsi qu’il l’a fait lui-même dans l’humilité et les larmes. Il ne s’est jamais dérobé à l’annonce du dessein de Dieu en faveur de la communauté qu’il avait fondée.

Il demande aux guides de l’Eglise de demeurer ses gardiens, au nom du sang du Christ, quand bien même de faux prophètes risquent de les soumettre à la tentation. Il confie tous les fidèles à la Parole de l’Esprit qui bâtit l’édifice du Corps du Christ et leur procure l’héritage du Père. 

Sa principale consigne : venir en aide aux faibles et aux petits, parce qu’« il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (20,35). Quelle « relique », quelle perle que cette parole ! Alors tous éclatent en sanglots, parce qu’ils savent qu’ils ne verront plus son visage. Mais ils conservent dans leur cœur la pépite que l’apôtre leur laisse.

Les Tables du Rhône : une histoire de solidarité

 

Par Sylviane Vanderlinden (adapté par Pascal Tornay) 
Photo : DR

Vendredi 28 juillet dernier, je découvre, avec la responsable de Martigny, Mme Christiane Torrione, l’association Les Tables du Rhône, une œuvre à but non lucratif qui récolte les surplus alimentaires dans les commerces pour les distribuer ensuite aux personnes en situation de précarité. « Lutter contre le gaspillage alimentaire tout en aidant les gens dans la précarité. C’est la mission défendue par Les Tables du Rhône depuis 11 ans », lance Christiane.

En ce moment un nombre important d’Ukrainiennes se présente à l’accueil de la salle du Verger de la paroisse protestante de Martigny qui est transformée, chaque vendredi après-midi, en centre de distribution alimentaire. Des personnes bénévoles préparent la distribution du jour : produits laitiers, œufs, fruits, légumes, viande, pain, boissons… « Nous avons beaucoup de tomates aujourd’hui », explique l’une d’elles. « Nous sommes 18, plus quelques remplaçantes et fonctionnons à 9, à quinzaine. Nous avons la chance d’avoir l’aide de M. Léonard Gianadda qui contribue à l’achat de produits et nous permet d’offrir davantage de produits frais aux personnes. »

Pour un franc symbolique, et munies de leur carte de bénéficiaires (donnée par l’Aide sociale), les personnes défilent avec leurs sacs pour s’approvisionner. « C’est la première fois que je viens. Ce n’est pas facile, mais ça aide beaucoup ! », s’exclame une femme à la jeune bénévole qui contrôle les cartes et qui la rassure aussitôt, avec un peu d’humour.

L’association possède six camionnettes frigorifiques qui font le tour des magasins et récoltent, chaque jour, les denrées invendues. Une belle histoire de solidarité !

Forum alimentaire du Valais romand

Sous l’égide du Service diocésain de la Diaconie, un Forum regroupant plus d’une dizaine d’organisations actives dans l’aide alimentaire a vu le jour. Il a pour but de fédérer les énergies de ces acteurs et de permettre un travail commun, notamment en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire. On note la présence des Tables du Rhône et des Cartons du Cœur du District de Martigny entre autre associations partenaires.

Fête patronale de la Saint-Michel

Par Nicolette Micheli
Photo : Stéphanie Reumont

Pour la messe festive de la Saint-Michel, le dimanche 1er octobre, la salle Tauredunum des Evouettes a été aménagée et fleurie. Derrière l’autel, entre les fleurs de tournesol, notre Saint Patron peint en couleurs vives sur une tenture par Elisabeth Borgeaud, veille sur l’assemblée. 

Le Père Joseph entouré du Père Innocent, du Père John et d’Arnaud préside la messe. Le Chœur liturgique, dirigé au piano par Antoine Oberholzer rehausse la liturgie par ses chants bien rythmés, tandis que la fanfare, l’Echo du Grammont, ponctue l’office par sa musique calme et recueillie. 

C’est l’occasion pour les paroissiens d’accueillir les futurs communiants entourés de leurs familles et de l’équipe responsable du parcours. Chacun reçoit une croix pour marquer le début de cette nouvelle aventure avec Jésus. Dès le début de la messe, deux mamans animatrices de l’Eveil à la foi réunissent les jeunes enfants pour un atelier. Plus tard, ils rejoignent l’assemblée tout joyeux avec une main gravée dans la pâte à sel en lien avec une histoire de la Bible. A la fin de la cérémonie, le Père Innocent, la voix chargée d’émotion, fait ses adieux à ses paroissiens tout aussi émus. Il vivra désormais à Fribourg, mais promet de revenir de temps à autre retrouver ses amis du Haut-Lac. Michel, le sacristain, redit combien ce départ le touche.

Après le partage d’un apéro offert par la Commune, on se retrouve autour d’une spaghetti-party avec ses délicieuses sauces maison. Notre nouveau curé Patrice Gasser apporte son aide aux habituels tenanciers du bar. Organisation ad hoc comme d’habitude par Pierre Curdy, Stéphanie Gonzalez Lema et l’équipe des bénévoles : un franc succès et un beau moment de partage !

Des reliques et des règles

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Cadeaux appréciés

« La confirmation du chemin que nos Eglises ont parcouru en se rapprochant les unes des autres. » Voilà en substance comment François explique le don de reliques de saint Pierre à son homologue Bartholomée, patriarche de Constantinople et primus inter pares de l’orthodoxie byzantine. Paul VI et Athenagoras, leurs prédecesseurs et pionniers dans le dialogue entre les deux Eglises, s’étaient offert des œuvres d’art.

Avec des reliques, on passe – pardonnez l’expression ! – à la vitesse supérieure…

Et la réponse du patriarche est explicite : « [Ce don] est une nouvelle pierre milliare, un pas crucial » vers l’unité des Eglises.

Quelques règles de gestion

Le 16 décembre 2017, l’alors Congrégation (aujourd’hui Dicastère) pour la cause des saints a publié une instruction sur l’authenticité et la conservation des reliques qui explicite notamment la confection de reliques et leurs exhibitions (processions, voyages-pèlerinages, etc.). Commerce et (re)vente des reliques sont absolument interdits, comme il se doit (on apprend de son histoire !) (art. 25) et les scientifiques que sont les anatomopathologues, médecins légistes et experts sont sollicités pour les aspects pratiques.

Reliques religieuses, mais pas que…

Mais il y a aussi des « reliques profanes », que sont par exemple les trois fragments du Parthénon restitués à la Grèce en mars 2023 après avoir été exposés dans les Musées du Vatican pendant plus de deux siècles. « Un geste d’amitié et de solidarité avec le peuple grec », a expliqué l’envoyé.

Le dernier Pape à fournir des reliques est bien évidemment Jean-Paul II : une mèche de ses cheveux se trouve à l’église Saint-Etienne de Lausanne depuis 2016, où se rassemble la communauté polonaise. Leur authenticité ne tient-elle pourtant pas qu’à un fil ?

Bovernier et son nouveau curé!

Photos : Gérard Puippe

Samedi 23 septembre 2023, jour de fête patronale à Bovernier : c’est avec joie que la communauté a accueilli son nouveau curé : une célébration  riche en émotions, surtout  lorsque l’abbé Charles Aka, doyen du Secteur de Sion, a remis les insignes de sa nouvelle juridiction ecclésiastique au chanoine Joseph Yang. Nous avons partagé ensuite un moment convivial lors d’un apéro dînatoire.

Programme visite pastorale secteur Haut-Lac du 4 au 10 décembre 2023 par notre évêque Jean-Marie Lovey et Pierre-Yves Maillard

Photo : DR

Lundi 4 décembreVionnaz, fenêtre de l’Avent 18h-20h, occasion de rencontrer des gens hors église.
Mardi 5 décembreBouveret, chapelle protestante, 18h-22h, soirée sur la vie œcuménique
du secteur avec repas soupe, pain, fromage, ouverte aux intéressés.
Mercredi 6 décembreRencontre avec les membres des quatre conseils de communauté.
Jeudi 7 décembreRencontre au home Riond-Vert avec les aînés, messe au home à 16h30,  puis rencontre avec les conseils de gestion et les autorités de nos communes.
Vendredi 8 décembre
Immaculée Conception
Eglise du Bouveret, 18h30, messe de l’Immaculée Conception avec notre évêque suivie d’une rencontre conviviale avec les paroissiens de Port-Valais.
Samedi 9 décembreEglise de Revereulaz, 10h, messe avec notre évêque suivie d’une rencontre  conviviale avec les paroissiens de Revereulaz.
Vouvry après-midi (horaires à préciser) : rencontre formation et échange  pour tous les âges avec notre évêque et Pierre-Yves Maillard.
Eglise de Vionnaz, 17h30, messe KT avec notre évêque suivie d’une rencontre conviviale avec les paroissiens de Vionnaz.
Dimanche 10 décembreEglise de Vouvry, 19h30, messe avec notre évêque suivie d’une rencontre conviviale avec les paroissiens de Vouvry et Miex.

L’Eglise, ma Mère

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. L’abbé Paul Martone, porte-parole de l’Evêque de Sion pour la partie germanophone du diocèse, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par l’abbé Paul Martone | Photo : kath.ch

Nous tous, sommes bouleversés par les récits d’abus et d’agressions commis par des agents pastoraux qui ont ainsi trahi tout ce qui était sacré pour eux. Ils ont ainsi blessé physiquement et moralement de nombreuses personnes, et parfois même les ont détruites. Nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour rendre justice aux victimes et prévenir les abus sexuels à l’avenir. 

Ces graves scandales ont pour conséquence de jeter une ombre de suspicion sur tous les prêtres, voire sur l’Eglise en tant que telle. N’oublions cependant pas que l’Eglise n’est pas simplement une vieille institution, mais qu’en elle agit le Christ vivant et ressuscité. Notre espoir et notre joie sont là où le Christ vit. 

C’est ce lien que nous devons remettre au centre. La solution ne se trouve pas dans une modification des structures, la suppression de l’obligation du célibat et l’introduction du sacerdoce féminin. Chacun et chacune d’entre nous, pas seulement les ecclésiastiques, mais tous les chrétiens et chrétiennes doivent entreprendre un véritable chemin de purification et de conversion, vers le Christ crucifié. Cette question est au cœur de l’Evangile. Si l’Eglise perdait de son prestige et de son influence, nous ne devrions pas le regretter, car nous correspondrions peut-être mieux ainsi au plan de Dieu pour elle. 

Mais malgré tout, l’Eglise reste notre mère. Karl Rahner la décrit avec justesse : « L’Eglise est une vieille femme avec beaucoup de rides et de ridules. Mais elle est ma mère. Et on ne frappe pas une mère. » 

Chacun de nous est invité à aimer, à ressentir et à penser avec cette Mère-Eglise : « Non seulement l’Eglise du passé, ni l’Eglise qui n’existe pas encore, mais l’Eglise concrète et présente, dont les rides et les taches doivent être effacées, même par notre humble aide. » (Jean-Paul II pendant sa visite à Sion en 1984)

La première étape pourrait être : sans vouloir minimiser ce qui s’est passé, retrouver le courage de parler de ce que cette mère nous a fait de bien, et de dire pourquoi nous l’aimons malgré tout.

Mourir c’est naître à la vie

La Croix au col du Grand-Saint-Bernard.

Texte et photo par Marion Perraudin

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans le pardon
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Pour que tombe le masque de la toute-puissance,
Et que la lumière d’en haut brille dans le regard

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans la charité
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Pour nous dépouiller du superficiel,
Et accueillir l’Essentiel et s’ouvrir à la Vie éternelle.

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans l’espérance
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Qui prépare au rendez-vous de l’Amour.
Où Dieu nous ouvrira ses bras et son cœur empli d’amour,
Pour nous accueillir dans sa vie sans fin.

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans l’amour
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Et qu’au crépuscule de notre vie,
Dans l’humilité de notre mort, pauvre de tout,
Nous naissions à la vie en Dieu.

Il suffira d’un signe…

Texte et photos par Pierre Moser

Gnostique, moi ? Peut-être… un peu. En tout cas suffisamment pour regarder certains colifichets de haut. Ces reliques, objets de superstition, m’ont toujours paru d’un autre âge. Je ne les utilise donc pas pour affermir ma foi… Mais voilà, sauf si ma mémoire me joue un tour des plus pendables, je crois, moi aussi, sans avoir vu (cf Jn 20 : 29).

Certes, cette foi m’a été donnée, mais je l’ai aussi façonnée et consolidée à l’aide de signes. Quels signes ? C’est quoi ces signes ? La définition qui me parle le mieux est celle d’un « reste ». Plus qu’une pure traduction du latin reliquiae, elle désigne quelque chose qui a résisté au temps. Au temps qui lui était normalement imparti. Et qui me parle, qui m’inspire. Les restes de construction romaine, même si leur survie est surprenante, ne sont rien d’autre que des empilements de cailloux morts. Les signes vivants sont, eux, beaucoup plus impressionnants.

L’Eglise en est un. Plus de deux mille ans que les humains essayent de la détruire, de bonne ou de mauvaise foi. Et pourtant elle est toujours debout. Ni plus ni moins abimée qu’à ses débuts. Sous des formes bien différentes au cours des âges. Avec des soucis en rapport avec la société dans laquelle elle s’insérait. Catacombes pour se cacher des bourreaux, chevaliers pour jouer les bourreaux, sécularisation pour rendre à César ce qui est à César. Un tel signe ne peut et ne doit pas être en mains humaines, c’est une évidence.

La résurrection en est un autre. Comme le dit si bien Paul, si elle n’existe pas, alors notre foi est vaine. Mais nous y croyons, et ce même après deux millénaires de tentatives de déconstruction. Un même événement qui, cependant, a été reçu de manière différente : les apôtres ont cru, les légionnaires, eux, ont oublié. Mais ni les uns ni les autres n’auraient pu l’imaginer a fortiori. La Bible, et je conclurai avec elle, c’est le « reste » qui a le plus défié le temps. Non pas son écriture, qui a été soumise aux capacités de l’homme, mais sa tradition orale millénaire qui a mené à une retranscription écrite juste avant le début de notre ère.

La différence entre ces signes qui me soutiennent avec ceux, un peu plus… charbonniers… est leur désincarnation. La Sainte Epine et le Saint Suaire ont des réalités bien physiques alors que mes signes sont un peu plus… abstraits… Mais ni vous ni moi n’avons participé, ni même assisté, à leur naissance. Heureux qui croit sans avoir vu.

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