Visages de notre UP

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Saint-Protais (FR), septembre 2021

Par Lucienne Broillet-Page
Photos : lbp

1. Présentez-vous en quelques mots…
Maya : Maya Heimoz, étudiante au collège de Gambach en 4e année, option biologie-chimie.

2. Quel est votre engagement sur notre Unité pastorale ?
Maya : Je me suis engagée en tant que lectrice à la messe du dimanche à Rossens, après avoir été servante de messe depuis ma première communion.

3. Qu’est-ce qui vous a motivée à accepter cette tâche dans votre paroisse ?
Maya : Ma famille est bien engagée dans la paroisse, maman est sacristine, pour moi c’était logique de continuer mon service d’une autre façon après les servants de messe. De la même façon, ça permet de faire quelque chose durant la messe, on est plus motivé à y aller. 
On peut ainsi mettre sa pierre à l’édifice.

4. Quel est votre meilleur souvenir dans cette activité ? 
Maya : Quand j’étais toute petite, vers 9-10 ans, j’ai failli me brûler les cheveux à un cierge alors que je servais lors d’un enterrement…

5. Qu’est-ce que cette activité vous apporte ?
Maya : Cette activité me permet d’approfondir et de m’intéresser aux textes du dimanche, ce qui me fait mieux retenir les paroles inspirantes de la Bible lues.
Et aussi de mieux ensuite le faire comprendre. ça me donne
une occasion de transmettre vraiment quelque chose.

6. Pour vous aujourd’hui, l’Eglise devrait être…
Maya : … un lieu de tolérance, sans jugement, où chacun
a sa place. La bienveillance devrait être toujours présente.

1. Présentez-vous en quelques mots…
Lydia : Lydia Jaquier, étudiante au collège Saint Michel en 4e année, option biologie-chimie.

2. Quel est votre engagement sur notre Unité pastorale ?
Lydia : Je me suis engagée en tant que lectrice à la messe du dimanche à Rossens, après avoir été servante de messes depuis ma première communion.

3. Qu’est-ce qui vous a motivée à accepter cette tâche dans votre paroisse ?
Lydia : C’est pour rester active dans ma paroisse, pour changer un peu, je devenais trop grande pour servir la messe.

4. Quel est votre meilleur souvenir dans cette activité ? 
Lydia : L’encens me faisait toujours rire, un peu comme un gaz hilarant. Et il y a beaucoup de réactions lorsque nous le faisons brûler, certains n’aiment pas du tout ça, surtout les enfants, et c’est assez drôle !

5. Qu’est-ce que cette activité vous apporte ?
Lydia : J’adore le théâtre, et j’ai vu que certains lecteurs pouvaient rendre les textes plus vivants, plus intéressants, et j’ai eu envie de faire la même chose. J’aime beaucoup faire passer les émotions et les histoires vécues dans la Parole de Dieu. 

6. Pour vous aujourd’hui, l’Eglise devrait être…
Lydia : … un endroit de rencontre pour toutes les générations, pas seulement pour les personnes âgées. J’aimerais voir plus de jeunes de mon âge !

Le Serv’camp, la belle aventure

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), septembre 2021

Organisé la première fois en été 2002 par les prêtres Joseph Voutaz et Etienne Catzéflis, le Serv’Camp représente un encouragement et une reconnaissance aux servants de messe des paroisses du secteur.

PAR PATRICIA BARRAS, CATÉCHISTE-ANIMATRICE DES 19 DERNIERS CAMPS
PHOTOS : DR

Cette belle aventure commence avec 70 jeunes et une dizaine d’animateurs. Durant ces 19 ans, une cinquantaine d’animateurs, jeunes et moins jeunes, se sont succédés au fil des années pour la semaine, et environ 500 jeunes ont profité de ces magnifiques moments de partage et de prières. Accompagnés également, à tour de rôle, par les prêtres Joseph Voutaz, Etienne Catzéflis, Jean-Pascal Genoud et Pablo Pico, nous collaborions aussi avec la communauté de l’hospice.

Chaque camp se déclinait autour d’un thème. Le matin était réservé aux ateliers catéchétiques : des ateliers tournants permettaient aux servants de messe d’approfondir leur foi et leurs connaissances. La messe était célébrée chaque jour, soit à la chapelle de l’hospice, soit en plein air, là où nous nous trouvions. Le répertoire de chants était vaste et, à défaut de chanter toujours juste, nous y mettions tout notre coeur.

Je repense avec émotion aux belles nuits d’adoration, quand les enfants, qui dormaient, étaient réveillés en douceur pour se rendre en silence à la chapelle, en pyjama et avec leur duvet. Le Saint Sacrement les y attendait. Ces moments exceptionnels restent gravés en nous.

Les journées à l’extérieur, dans de ce magnifique site du col, et la traditionnelle sortie du mercredi : une balade en car aux Iles Boromées, à Milan, à Swissminiatur à Melide, à Locarno, à Orta et bien d’autres. Ces balades étaient, bien sûr, ponctuées par le traditionnel moment des « gelati ».

Les animations : jeux de piste, loto, bricolage, soirée film ou contes. Nous avons même eu la chance d’accueillir le clown Gabidou.

Préparation de nos fameux tee-shirts en batik aux différentes couleurs des équipes, que les jeunes avaient beaucoup de plaisir à porter et à ramener à la maison.

Depuis quelques années, les servants de messe sont de plus en plus rares. Nous avons alors décidé d’accueillir au camp tous les jeunes du secteur et d’ailleurs. Malheureusement, le Covid et notre temps toujours plus chargé ont été plus forts que l’enthousiasme. Le camp de cette année, qui devait être le vingtième, n’a pas eu lieu par manque d’inscriptions.

Un 20ème camp en l’an 2022 ?
La question est posée et la réponse plane encore dans l’air. Dans cette attente, je tiens à remercier toutes les personnes qui se sont engagées auprès des jeunes durant ces années pour que ces merveilleux moments passés ensemble puissent rejaillir dans nos vies, notre entourage et notre secteur et que chacun garde en son coeur cette aventure comme un cadeau.

Ordinations à Saillon

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), septembre 2021

La foule était nombreuse à Saillon dimanche 27 juin dernier pour les ordinations de Valentin et Simon Roduit, ainsi que de Christian Thurre. La joie aussi était au rendez-vous : la joie d’accompagner ces trois hommes au cours de cette étape dans l’Eglise, au service du Peuple de Dieu ; mais aussi, en ces temps particuliers de pandémie, la joie toute simple de se rassembler et de se retrouver. Valentin nous est particulièrement proche par son année de stage pastoral vécue dans les paroisses de Collombey et de Muraz. Toute notre prière l’accompagne ainsi que notre reconnaissance pour son engagement comme prêtre pour le service de l’Eglise. Merci Valentin et bonne suite à toi !

PAR LES PÈRES DIDIER BERTHOD ET VALENTIN RODUIT | PHOTOS : COLLECTIF ORDINATIONS 2021

« Suis-moi » (Jn 21, 19). Ces deux mots résument ma vocation, et la raison pour laquelle j’ai été ordonné prêtre. Un appel du Seigneur à le connaître et l’aimer, pour le transmettre. Un appel qui passe par une mise en route permanente. L’ordination est un tournant entre le chemin qui m’a amené jusque-là, avec tous ceux qui m’y ont accompagné, et le chemin qui commence, avec ceux qui me seront confiés. Je m’en réjouis, ce sont de nouvelles aventures avec le Bon Dieu qui commencent ! » (Père Valentin Roduit)

Lourdes autrement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), septembre 2021

Du 19 au 23 juillet 2021, une vingtaine de jeunes se sont retrouvés à Saint-Maurice pour vivre le pèlerinage de « Lourdes autrement ».

PAR JUSTINE BAGNOUD ET AUDE MUDRY
PHOTOS : JUSTINE BAGNOUD ET AUDE MUDRY

Les « Jeunes de Lourdes » ont débuté cette semaine par un temps d’accueil puis ont animé la messe d’ouverture qui était retrans-mise en direct sur internet. Le lendemain, nous avons écouté les témoignages de membres du groupe afin de partager des mo-ments de vie. Après un bon repas, nous sommes allés à l’institut « La Castalie » pour célébrer la messe. Nous avons pu également chanter avec les résidents et, dans un second temps, nous avons partagé les délicieux gâteaux préparés par leurs soins. La journée du mardi s’est terminée par une veillée de prière.

Mercredi nous nous sommes rendus, avec le groupe des ados, à Fribourg pour vivre notre journée avec une communauté de « L’Arche ». Durant l’après-midi, tout le groupe, rejoint par quelques pèlerins, a célébré la messe à Notre-Dame des Marches. Ensuite, les scouts d’Europe nous ont accueillis, ados, jeunes et résidents, et nous ont fait découvrir leur quotidien. Cette belle journée s’est clôturée par une procession aux flambeaux jusqu’à la grotte à Grandvillard, réplique de celle de Lourdes.

Cet article est écrit alors que nous avons déjà vécu des rencontres enrichissantes et des moments émouvants, et pourtant nous ne sommes qu’à la moitié de notre semaine.

Nous remercions les instituts et les scouts d’Europe pour leur ac-cueil chaleureux, l’internat de Saint-Maurice pour avoir été notre foyer, la commune de Lens pour nous avoir fourni des masques, et tous les autres qui permettent qu’une telle semaine prenne vie.

Nous espérons nous retrouver l’année prochaine, du 18 au 23 juillet 2022, pour vivre le pèlerinage à Lourdes.

Ma foi sur le web

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Unités pastorales du Grand-Fribourg (FR), septembre-octobre 2021

Nous vous proposons une nouvelle rubrique intitulée « Ma foi sur le web ». Sans prétention à l’exhaustivité, nous vous suggérons de découvrir différentes offres existant dans le monde digital pour nourrir sa foi, l’approfondir, mais aussi la partager, se mettre en communion avec d’autres personnes, ou même de vivre un pèlerinage virtuel dans votre sanctuaire préféré.
Depuis la généralisation de l’accès à internet, puis l’avènement des réseaux sociaux au tournant des années 2000, l’ évangile s’est naturellement propagé sur ce que Benoît XVI appelait un « nouveau continent à évangéliser ». Ainsi de très nombreuses offres cohabitent et permettent cette présence des chrétiens dans le monde numérique.

PAR PAUL SALLES
PHOTOS : MEDIA TECH, PATRICK NOLLET

Pour commencer cette rubrique en douceur, nous vous proposons de découvrir la version numérique des biens connus outils qui nous aident à nourrir notre prière quotidienne.

Vous connaissez sûrement les petits livrets que l’on reçoit chaque mois et qui contiennent les textes bibliques de la messe du jour, ainsi que des petites méditations ou prières quotidiennes ou la présentation du saint du jour (Magnificat, Prions en Église, Parole et Prière, …). Toutes ces revues mensuelles disposent de leur version numérique, soit en ligne, soit avec l’application sur votre smartphone. Outre des tarifs d’abonnement moins élevés que pour la version papier, l’avantage de ces versions numériques est surtout pratique : vous avez en tout temps votre revue sous la main, ou plutôt dans votre téléphone.

Dans la même idée, d’autres applications ont été créées et n’existent qu’en ligne. Par exemple « youPray » (application lauréate en 2018 du prix Oremus lors de la soirée Pitch My Church, destinée à promouvoir l’innovation dans l’église) vous propose des neuvaines thématiques, des chapelets à l’école d’un saint, ou encore de créer vos playlists de chants pour nourrir votre prière.

Sans doute connaissez-vous aussi la prière de la liturgie des heures (laudes, vêpres, complies, …), celle que tous les religieux, consacrés, prêtres et diacres ont
choisie d’embrasser pour rythmer leurs journées. Le bon vieux bréviaire est maintenant disponible en ligne, et en application, par exemple l’App « Liturgie », « AELF », ou « iBreviary ».

Il va sans dire que cette présentation n’est qu’un petit échantillon de ce qui existe en langue française, tant les offres sont multiples… tant notre prière quotidienne est le ciment de notre vie chrétienne.

Du changement dans l’air entre Bagnes et Martigny !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

La rentrée est souvent une belle occasion de faire du neuf ou de repartir sur de nouveaux chemins. Notre équipe pastorale n’est pas en reste à l’orée de cette nouvelle saison pastorale.

PAR PASCAL TORNAY

PHOTOS : GÉRARD RAYMOND, DR

Le chanoine Simon Roduit – qui vient d’être ordonné prêtre à Saillon en compagnie de son frère Valentin et de Christian Thurre qui, lui, est devenu diacre permanent – a été nommé au poste de vicaire à 100% dans notre secteur pastoral.

Pour sa part, le chanoine José Mittaz, en plus d’une nouvelle mission dans le domaine de la formation catholique en Suisse romande, rejoint lui aussi notre équipe comme prêtre auxiliaire à 20%. Nous leur souhaitons la bienvenue et bon vent dans leurs nouvelles missions respectives.

Après quelques années de ministère dans le secteur de Martigny, notre vicaire le chanoine Joseph Yang, s’en va assumer
la charge de curé dans le secteur de Bagnes en compagnie du Père Damien Niyoyiremera. Le chanoine Jean-Michel Girard, prévôt de la communauté du Grand-
Saint-Bernard, prendra une part de la charge pastorale à 50% et offrira ainsi son appui.

Avec les communautés vers qui chacun est envoyé, nous leur souhaitons de pouvoir porter le fruit que le Seigneur veut voir se développer et leur disons : bon vent !

L’accueil et l’au revoir à nos amis prêtres auront lieu à l’église de Martigny-Ville le dimanche 29 août à 10h. Après la messe, l’apéritif sera offert.

Grand merci !

par le Chanoine Joseph Yang

Nous vivons dans un monde où tout se passe vite, tout change à tout moment. Les gens changent de travail, de poste, de lieu de vie, etc. La vie est mouvement. Certains vivent difficilement le changement, d’autres plus facilement. Personnellement, je vis ces semaines un temps de changement. Je dois vous quitter pour aller vivre et travailler dans le secteur de Bagnes. Ce n’est pas une petite chose de vous quitter après toutes ces années. Mais je vis cela dans la paix. Je considère qu’il s’agit de la volonté de Dieu et je suis sûr que c’est lui qui m’envoie. Au moment de vous quitter, je vous dis un grand merci pour toutes ces années de vie, de partage, de joie. Je continue de vous inclure dans ma prière. J’aimerais que vous soyez toujours plus près du Christ et que vous viviez dans la joie. Enfin, n’oubliez pas de prier pour moi, s’il vous plaît ! Encore grand merci pour tout.

Gratitude

par le Chanoine José Mittaz

Le bienfait reçu en votre communauté paroissiale, lors de ma première mission comme nouveau prêtre il y a 22 ans, m’a accompagné tout au long des missions qui m’ont été confiées, à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard et dans le secteur de Bagnes. Aujourd’hui, s’ouvre devant moi un nouveau chapitre. Je suis engagé à 80% au service de la formation et de l’accompagnement des futurs prêtres et agents pastoraux de Suisse romande, ainsi que dans la formation permanente en Eglise (à Fribourg). Dès cet automne également, le vicaire général Pierre-Yves Maillard me passera le témoin de la direction spirituelle du pèlerinage estival de la Suisse romande à Lourdes.

Quel sens aura donc le 20% d’engagement comme prêtre auxiliaire au service de votre communauté paroissiale ? Mon engagement sera momentané et accessoire, en tout cas si l’on en croit Le Larousse ;-)… Sûr de pouvoir m’enraciner dans la gratitude auprès de chacun de vous, je prie que le Seigneur vous fasse du bien et qu’il vous remercie déjà pour le cadeau de votre hospitalité !

La grâce des changements !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

PAR JEAN-PASCAL GENOUD | PHOTO : MARION PERRAUDIN

Je me souviens de mon arrivée en paroisse l’été 2015 : l’énergie des débuts, la stimulation de la nouveauté. Spontanément l’envie de s’adapter, de changer tout ce qui peut l’être, de trouver les collaborations utiles ou nécessaires. Et puis, avec le temps, cette énergie s’épuise. Il y a bien des choses à améliorer – il y en a toujours assez ! – mais je prends conscience que ces changements sont exigeants, qu’ils demanderaient beaucoup d’efforts. Une certaine fatigue s’installe accompagnée du sentiment d’une complexité toujours plus emprisonnante.

Dans ce contexte, l’arrivée de deux nouveaux visages dans l’équipe des prêtres est un vrai cadeau de Dieu, d’autant plus que ces confrères viennent avec la force de leur jeunesse. C’est tout particulièrement une grâce insigne d’accueillir Simon Roduit, récemment ordonné prêtre, pour ses débuts en pastorale paroissiale. Evidemment, il nous faudra le protéger quelque peu et éviter de tout lui mettre sur le dos, en nous disant qu’il est jeune et qu’il dispose d’un tempérament particulièrement énergique !

Mais nous n’allons pas bouder cette aubaine. Simon Roduit à plein temps et José Mittaz à temps très partiel constitue une chance de nous renouveler tous et de laisser l’Esprit nous déplacer un peu plus pour assumer la mission d’une Eglise en constante évolution dans un monde rempli de défis nouveaux.

Et il nous reste à souhaiter le même élan à ceux qui nous quittent, Jean-Michel Girard et Joseph Yang qui, eux aussi, sont appelés à permettre aux paroisses du Val de Bagnes de vivre quelque chose de la nouveauté inépuisable du Christ Jésus.

La première rose en souvenir de lui

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Il y a plus de vingt ans, j’ai accompagné un de mes oncles dans ses derniers jours parmi nous. Il m’en reste un souvenir lumineux et une expérience forte que je vous partage ici.

PAR DOMINIQUE PERRAUDIN | PHOTOS : PIXABAY

Ce matin à la messe, pendant le Credo, une grande joie a ébranlé tout mon être. Un bonheur intérieur que l’on ne saurait expliquer a enflammé mon esprit. Une petite voix susurrait : « Dominique ne te reproche pas ta distraction. Laisse plutôt ton âme rester l’enfant que tu désires être lorsque que tu pries. » La paix envahissait mon âme. Tout à coup, m’est revenu à la pensée, le visage d’un oncle que nous avions hébergé, mon épouse et moi, durant les cinq derniers mois de sa vie.

Il y a de cela plus de vingt ans, un matin, notre oncle arrive chez nous en larmes avec son vélomoteur. Il annonce : « Marie, mon épouse est décédée. » Mon épouse et moi l’avons alors réconforté. Je lui ai dit que, s’il le voulait, je m’occuperais de toutes les formalités. Comme il vivait seul, nous lui avons proposé de prendre pension chez nous quelque temps. Ce qu’il accepta.

Peu de temps après, il me dit : « Dominique, j’ai un cancer. » Durant toute une année, la maladie n’a pas évolué. Il prenait son souper à la maison. Nos enfants étaient heureux de le recevoir. Un soir, après le repas, il me murmura : « Dominique je dois entrer à l’hôpital. » Je regardai mon épouse et, d’un commun accord, nous l’avons accueilli chez nous. Il souffrait beaucoup. Il ne se plaignait jamais. Les infirmières lui prodiguaient quelques soins et, en plaisantant avec elles, il les remerciait chaleureusement.

Non, ce n’était pas une « grenouille de bénitier », mais un dimanche il me dit : « On devrait aller à la messe. » Mon épouse l’aida à se mettre sur son trente et un. Ce que nous ignorions, c’est que ce dimanche-là était un dimanche où avait lieu la fête de la confirmation et l’église était bondée ! Pas une place assise. Il souffrait beaucoup et de la sueur perlait sur son front. Je m’approchais et lui dit : « Viens oncle, on reviendra un autre jour à la messe. » Il me fit des gros yeux et
me rétorqua : « Jésus a certainement plus souffert que moi, donc on reste jusqu’à la fin. »

La souffrance le minait, mais, avec force, il résistait à cette maladie qui le dévorait. Souvent, il m’expliquait sa vie de charpentier et me parlait en patois en disant : « Tous les matins, la caisse à outils sur le dos, à pied du Châble à Verbier, je me rendais au travail pour sept heures. » Il aimait m’expliquer également comment, à l’époque, le bois traversait la frontière en contrebande. En effet, le bois était précieux pour le chauffage l’hiver « Le garde forestier surveillait les contrevenants. Il fallait agir avec ruse », confirmait-il.

Peu temps avant de décéder, il fit un souhait peu banal : il me fit promettre d’apporter sur sa tombe au cimetière la première rose d’un plan qu’il nous avait donné et qui refleurissait chaque année. Je tins ma promesse et chaque année, j’emmenais cette première rose dans un petit pot.

Tout ce que cet oncle a apporté à nos enfants et à notre couple a été un exemple de vie. Un jour, nous voyant un peu tendus, il me dit les larmes aux yeux : « Je crois
que je veux aller à l’hôpital. » A mon
tour je lui fis les gros yeux et lui dit : « Jamais ! » Alors, un petit sourire égaya son visage.

Il s’en est allé un matin comme il était venu, en paix, presqu’avec le sourire. De ma vie, jamais je n’ai vu un homme aussi fier d’avoir accepté tout ce que la vie lui a donné, avec autant de paix, de joie et d’amour. Tout cela dans la souffrance. J’ai ainsi compris que la sainteté n’est pas souvent le fruit d’actions spectaculaires, mais surtout d’un amour humble qui ne s’exprime pas nécessairement au grand jour, mais au fond du cœur et en toute simplicité. Merci mon oncle.

Le Vestiaire paroissial de Martigny : pour toi et pour moi !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Le Vestiaire paroissial est une affaire de famille ! Marie-Noëlle Farquet(-Duay), 57 ans, en est la responsable depuis 15 ans. Alors que je me rends sur les lieux un bel après-midi pour la rencontrer, j’entre et croise toute une cohorte de personnes farfouillant dans les rayons à la chasse à la bonne affaire… Après la fermeture, c’est autour d’un café que se poursuit la rencontre avec Marie-Noëlle et « ses assistantes »…

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Marie-Noëlle, comment est né le Vestiaire paroissial ?

Vous en sauriez davantage si vous interrogiez le chanoine Jean-Michel Girard (actuel prévôt), car, avec les Sœurs de Sainte-Jeanne-Antide, c’est lui qui est à l’origine du projet.

Comment vous êtes-vous engagée dans le projet ?

Un beau jour, il y a 18 ans, je suis passée au Vestiaire comme cliente. J’étais intéressée par une activité qui me permette de sortir de la maison et de me changer les idées ! J’ai demandé à Sœur Marie-Marcelle, la responsable à l’époque (Sœurs de Sainte-Jeanne-Antide), si elle avait besoin de bénévoles. Elle a répondu que oui et c’est ainsi que j’ai commencé petit à petit. Il y a trois ans, la Sœur a dû rejoindre une autre communauté et, après toutes ces années d’engagement, elle m’a laissé les clés…

Aujourd’hui, quelles sont les motivations profondes qui vous tiennent à cœur ?

Ma principale motivation, c’est l’entraide ! Devenue maman très jeune, j’ai toujours préféré les vêtements et le matériel de seconde main. Pouvoir donner un coup de main aux autres est très gratifiant. Les rencontres et les contacts avec des personnes d’horizons très divers me plaisent beaucoup. Enfin, le fait de pouvoir sensibiliser les gens au principe « zéro déchet », valoriser les vêtements que personne n’utilise sont des dimensions auxquelles je tiens tout autant. Ce sont toutes ces valeurs qui me poussent à continuer et à faire connaître le Vestiaire paroissial.

Quels articles vendez-vous le plus ?

Les dames sont notre principal public. Les vêtements pour elles sont donc les plus demandés. Le linge de maison et les chaussures viennent ensuite. En revanche, les peluches pour les enfants ne trouvent pas souvent preneur, tout comme les livres… que nous avons décidé d’offrir. J’ajoute que, deux fois par an – été et hiver –, nous procédons à un déstockage. Durant une période, tout est à Fr. 2.–, puis nous liquidons tous les articles pour les remplacer par un tout nouvel assortiment.

Vous arrive-t-il de refuser des articles offerts ?

Nous avons régulièrement à faire à des arrivages d’articles en mauvais état : sales, tachés, troués ou trop usés. L’introduction de la « taxe au sac » n’a pas arrangé les choses. Certains, ne voulant pas payer l’évacuation de leurs objets, nous les amènent. J’aime rappeler que nous ne sommes pas une déchetterie ! Jetez ou recyclez donc les articles que vous n’aimeriez pas vous-mêmes acheter. Aidez-nous en nous offrant des articles propres et en bon état, car le travail de tri prend un temps considérable.

Les articles que nous ne proposons pas à la vente sont livrés au Centre régional travail et orientation (CRTO) à Monthey. Il s’agit d’un organisme de réinsertion professionnelle qui s’occupe du recyclage.

Quels contacts entretenez-vous avec vos client.es ?

Dans l’immense majorité des cas, les contacts sont très cordiaux et se passent à merveille. Je connais une grande partie de notre fidèle clientèle depuis plusieurs années.

Mais les contacts peuvent aussi être ambigus. J’ai régulièrement à faire à du vol et cela me met très mal à l’aise. J’ai beau expliquer que le Vestiaire est une œuvre caritative, mais, malgré les prix bas et le fait qu’il m’arrive régulièrement de donner certains articles gratuitement, certaines personnes ne parviennent pas à maîtriser leurs désirs.

Il faut aussi « me battre » pour tenir bon face aux élans de négociations de certaines personnes. Pour les gens de certains pays, marchander fait partie de la culture. Pour nous Européens, ce n’est pas toujours simple à gérer. Le fait que les articles n’aient pas un prix fixe affiché renforce ce phénomène. Le prix d’un article peut varier suivant les marques, l’état, etc. Des jeunes viennent aussi régulièrement car ils sont intéressés par les articles de style « vintage ». Certains sont très recherchés…

Que faites-vous de vos recettes ?

L’argent récolté sert à l’entraide. Nos recettes sont intégralement reversées au prieuré qui les redistribue à d’autres personnes en situation de précarité. Cela représente entre Fr. 5’000.– et 10’000.– par an (les recettes ont diminué durant la pandémie !).

Quels sont les principaux défis à relever actuellement ?

Ce qui me tient le plus à cœur serait que le public comprenne que le Vestiaire paroissial est une boutique de seconde main comme une autre. Le préjugé est tenace selon lequel le Vestiaire serait seulement à disposition des personnes en situation de précarité… Pas du tout ! Toute personne y est la bienvenue. C’est pourquoi, j’ai créé une page Facebook qui permet de mettre en lien le Vestiaire paroissial avec d’autres catégories de personnes.

Le Vestiaire en bref…

Quoi ? – Le Vestiaire paroissial est une boutique de 2e main. Vous y trouverez également des bijoux, des livres, des peluches, des sacs, des articles de literie, de la vaisselle, etc. Une vraie mine d’or !

Pour quel public ? – Tout un chacun, sans aucune distinction, est le bienvenu !

Où ? – En plein cœur de Martigny, à deux minutes de la Place centrale, dans l’enceinte de la Maison du Saint-Bernard (Rue de l’Hôtel de Ville 18b).

Quand ? – Ouvert le premier et le dernier mardi de chaque mois de 13h à 16h.

D’où vient la marchandise ? – Tous les articles qui se trouvent dans notre boutique ont été offerts. Chacun peut déposer ou emmener ce dont il ne se sert plus et les offrir, pour autant que les objets offerts soient propres et en bon état. Notez que le Vestiaire paroissial n’est pas une déchetterie ! Devant l’Eglise un conteneur à vêtements est à votre disposition. Déposez-y vos affaires.

Quels prix ? – Les prix des articles ne sont pas affichés. Ils varient entre Fr. 2.– et Fr. 30.–. Ceci dépend de l’état de l’article et s’il s’agit d’un objet pour un adulte ou un enfant. Par exemple, vous trouverez des pantalons ou chemises pour adultes à Fr. 5.– environ. Des bodys ou robes bébés entre Fr. 1.– et Fr. 3.–.

Des employés ? – Toutes les personnes qui y travaillent sont des bénévoles.

L’équipe du Vestiaire paroissial se réjouit de vous y rencontrer.

Les servants de messe du canton en rallye dans les rues du vieux Fribourg

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Saint-Protais (FR), septembre 2021

Quelque 300 servant-e-s de messe, venus de tout le canton, ont convergé le 12 juin 2021, vers Fribourg pour une grande journée de rallye dans les églises et les rues de la Basse-Ville. L’ambiance était au beau fixe pour cette journée estivale, achevée par la célébration de la messe dans les jardins de la commanderie de Saint-Jean.

PAR CATH.CH/MP | PHOTO : CHRISTINE ANDREY

« D’habitude on ne se rencontre pas au-delà de la paroisse, note Adélaïde, de Belfaux. Là j’ai pu rencontrer plein de copains ». Pour Fabiana c’était une journée cool : « On a beaucoup marché, on s’est amusé.
On a appris plein de trucs et on était avec Jésus. »

La malle au trésor

Arrivés à la Commanderie de Saint-Jean, après leur périple dans les églises et autour des fontaines de la cité médiévale, les enfants découvrent une malle. Une fois libéré de ses cadenas et de ses chaînes, le coffre au
trésor, dont il a fallu ramener la clef, livre son contenu. Il est plein de petites boîtes en carton en forme de cœur. Une pour chacun.

Dieu a-t-il besoin de nous?

« Dieu a-t-il besoin de nous ? » interroge Mgr Morerod, lors de la messe de ce rassemblement. Oui, pour parler de lui ! Jésus aime tout le monde, mais les gens ne le savent pas toujours. Osons le leur dire. Si un camarade te demande ce que tu as fait dimanche, tu peux lui répondre j’ai servi la messe, c’était super. »

Beau succès pour une première

Gérard Dévaud, responsable de la journée, se félicite de ce succès pour une première. A refaire ? Sans doute mais plutôt tous les deux ou trois ans.

Echos de la fête des ordinations

Etre la sœur de Simon et Valentin

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), septembre 2021

PHOTOS : LAURENCE BUCHARD ET GÉRARD RAYMOND
PAR NADINE BENDER

Si les émotions des ordinations elles-mêmes sont indescriptibles, belles et fortes, plus intenses furent pour moi les premières messes du lendemain : est-ce vraiment mon petit frère Valentin à la place du curé de ma paroisse de Saillon que je voyais tous les dimanches de mon enfance ? Est-ce bien mon petit frère Simon qui prêche à l’hospice du Grand-Saint-Bernard ?

Quelques souvenirs me reviennent alors.

Lorsque Valentin nous annonce son choix de devenir prêtre, mû par des réflexions intérieures et silencieuses, la surprise est au rendez-vous. Mais c’est pour moi une évidence. Puis Simon nous fait part de son appel à entrer au Grand-Saint-Bernard, plus attendu depuis son cheminement à la garde suisse, mais tout autant évident pour moi.

Des inquiétudes de grande sœur ont évidemment suivi : le choix de l’un ne va-t-il pas éclipser celui de l’autre, très similaire, alors que leurs vocations sont différentes ? Nous avons presque le même âge : n’est-ce pas trop jeune pour un tel choix ? Tant de questions assez vite balayées par une grande confiance en Celui qui les appelait et grâce à leur grande joie.

De petits frères, ils étaient déjà devenus mes amis à l’adolescence. Avec leur Oui, ils sont devenus mes « grands frères » dans la foi. Merci, simplement.

PAR ÈVE-MARIE FAHRNI

Si vous me demandez comment j’ai vécu les ordinations de mes deux « petits » frères Simon et Valentin, je dirais que ce dimanche-là a été une des journées les plus exceptionnelles de ma vie.

Mes deux frères sont devenus prêtres. VRAIMENT ! Même s’ils se préparaient depuis de longues années à le devenir, c’est pendant la messe d’ordination, à ce moment unique et précis que cela s’est réalisé, VRAIMENT ! Les paroles de mon fils de 5 ans, après que Simon et Valentin ont revêtu la chasuble, le montrent : « Maintenant c’est vraiment des prêtres, ça se voit ! »

Les mots me manquent pour exprimer les émotions ressenties pendant la célébration, mais aussi toute la journée, la veille et le lendemain. Les deux moments forts ont été pour moi le chant d’invocation à l’Esprit Saint et la litanie des Saints. J’ai senti très fort la puissance et la présence de Dieu. Je n’ai pu retenir les larmes qui se sont mises à couler sur mes joues… Et ce n’étaient ni les premières, ni les dernières de la journée ! La chorale et les musiciens nous ont offert des chants d’une qualité incroyable et ont ainsi porté nos prières durant toute la célébration. MERCI à eux !

MERCI mon Dieu pour les grandes grâces dont tu nous as comblés ce jour-là (météo idéale, règles sanitaires allégées, etc.).

MERCI aux organisateurs (Marc-André en particulier).

MERCI Simon, MERCI Valentin !

Question de liberté…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Depuis quelques mois, il est souvent question de liberté et de droits : droit de disposer de sa liberté de choix (vaccination, port du masque, par exemple), de sa santé, de son corps, de s’exprimer… En ce moment, les débats vont bon train. En tout cas, ce ne sont pas le droit et la liberté de s’exprimer sur n’importe quel ton qui font défaut… Qu’en penser ?

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTOS : PIXABAY

Ces crises de colère concernant la liberté sont interpellantes… Certains vont jusqu’à parler de dictature, de décisions liberticides ! Mais qu’est-ce qu’une dictature ? Que sont des décisions liberticides ? Mesure-t-on la portée de ces mots jetés à tort et à travers ?

Lorsque j’étais adolescente, lorsqu’on parlait de dictature à l’école, en groupe ou autour de la table familiale, il s’agissait clairement des pays de l’Europe de l’Est ou d’Amérique latine sous l’emprise de régimes politiques marqués par la terreur ou le totalitarisme. Ou encore l’Afrique du Sud sous le joug de l’apartheid, et d’autres Etats encore, dans lesquels l’intégrité physique et mentale de la personne ainsi que sa dignité, étaient quotidiennement bafouées, massacrées.

En 1983, j’ai traversé le Rideau de Fer. J’ai vu les miradors et les mitraillettes nous surveiller de très près lors de notre entrée en Tchécoslovaquie, ainsi que toute la surveillance dont nous avons fait l’objet en Pologne durant notre séjour. Je me rappelle les longues files d’attente pour obtenir une bouteille de lait, une miche de pain, et autres denrées alimentaires de base.

J’ai vu, dans un mortel silence, le camp d’Auschwitz : des barbelés, le mur où étaient mitraillés certains déportés, les fours crématoires, les chambres à gaz, les effets personnels de tous les déportés qui ont souffert l’enfer dans ce lieu, le crochet de pendaison. J’ai vu les traces de la liberté mutilée et je ne pourrai pas l’oublier. Nous en étions sidérés.

Excusez cette macabre énumération, mais c’est pour mieux la mettre en écho avec toutes ces manifestations de crise concernant la soi-disant mise à mal de notre liberté, parce qu’on nous oblige à porter un masque, à continuer à respecter les gestes barrières, etc. Comble de tout : on serait confronté à une incitation liberticide à nous faire vacciner !

Mais de quelle liberté est-il question ?

Une liberté individuelle, qui évoque une liberté égoïste, qui
s’attache au bien-être, au bien-vivre strictement personnel… Etre libre de faire ce que l’on veut, comme on le veut, où on le veut, quand on le veut, avec qui on le veut, sans contrainte, ni limite, sans s’occuper, au fond, de toutes les conséquences que cette attitude peut engendrer. Ce qui tue la liberté, c’est de ne la vouloir que pour soi-même, et à tout prix. Ne dit-on pas justement que « la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence » ? C’est la première chose qui me vient à l’esprit dans cette polémique. La vraie liberté, celle qui se puise à l’intérieur de nous-mêmes, est celle de choisir la responsabilité personnelle et collective, au-delà de nos peurs. C’est la liberté de celle ou celui qui pose un acte citoyen en vue du bien de tous. La liberté est ce qui ouvre la vie pour chacun.

Un progrès à double tranchant

Nous nous vantons des progrès de la science, mais, lorsque ceux-ci concernent directement notre vie personnelle dans l’objectif de lutter contre une situation dangereuse, pourquoi la peur et le refus devraient l’emporter au nom de cette fameuse sacro-sainte liberté qui en fait n’en est pas une, puisque qu’elle va porter atteinte à autrui à un moment ou à un autre.

Le Christ ?

« Qui a accepté de donner librement sa vie, sans qu’on la lui prenne, pour libérer l’homme ? » Jésus. Pourtant sa liberté totale a passé par des mains liées, par la torture et une mort violente ! Quoi de plus liberticide ? Pourtant, Jésus a renoncé librement à sa vie pour qu’elle devienne ferment de libération pour tout homme.

Comme Don Bosco en pleine pandémie

Lorsque je permets aux autres de respirer, de bouger, d’être en sécurité, je « donne la vie » à ma manière. Et « donner la vie », c’est sûrement donner de la liberté, la plus belle liberté, celle qui permet la croissance, le développement, la dignité. « Bons chrétiens et honnêtes citoyens… », c’était dans cet esprit que Don Bosco à Turin envoyait ses jeunes venir en aide aux malades du choléra en leur demandant d’observer strictement des règles d’hygiène. Aujourd’hui, c’est un effort de comportement citoyen et responsable qui est demandé à chacun d’entre nous.

Quel(s) moins pour plus de plus ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), septembre 2021

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

(R)entrée… un mot doux aux oreilles des besogneux que nous pouvons être, plus âcre pour les élèves récalcitrants (ma première nièce passe au… Cycle d’orientation !), mais incertain pour beaucoup dans le contexte pandémique…

Non, les choses ne reviendront pas exactement comme avant… pourquoi continuer à espérer ? Vaine tentative car si le monde tourne souvent en rond, la chrétienne / le chrétien que nous sommes ne peuvent aller que de l’avant ! Ce n’est pas un optimisme béat de curé déconnecté 1 qui l’affirme, c’est ma foi en un Dieu présent et actif ici et maintenant !

C’est ma foi en un Christ mort puis ressuscité, en une Eglise au rite tridentin puis romain (merci au pape François pour l’ajustement de cet été 2), en une certaine façon de pratiquer sa foi puis en une autre (faut-il rappeler les modif’ liturgiques depuis plus d’une année ? Qui eût cru que la messe était aussi… réarrangeable ?) qui va s’affiner encore…

Pourtant… mon feeling, c’est que d’aucun.es trépignent d’impatience de reprogrammer les activités pastorales, paroissiales, ecclésiales sur des tabelles peaufinées (on en a eu le temps !) et exhibées comme avant… Pourquoi donc ? Pour quoi ?

Ok, on les a faits, ces JO 2020 en 2021, tout comme les Paralympiques (tristement, on n’en entend pas parler… ç’eût été un tonifiant exemple de moins pour plus pourtant… comme quoi…). Mais sans spectateurs, fallait oser !

Oui, moins pour plus. En Eglise, aussi. Moins de tout ce que nous avions et faisions avant – réunions, comités, sorties, activités polychromiques, publications… – pour plus : plus de présenceS, plus de véritéS, plus de silenceS, plus de soi, plus de Dieu : « Ce n’est pas d’en savoir (d’en faire, d’en vouloir…) beaucoup qui rassasie et satisfait l’âme, mais de sentir et de goûter les choses intérieurement », enseigne saint Ignace qui, il y a 500 ans, blessé au siège de Pampelune et puis alité pendant des mois, se voit réduit dans toutes ses ambitions : esthétique, militaire, sociale, économique, spirituelle…

Moins pour plus… que choisissons-nous du coup pour basculer nous aussi dans notre et puis, sereinement ? Les adeptes de la relecture ignatienne savent que relire son passé, c’est pour mieux s’ancrer dans le présent et se rendre disponible pour demain… Alors, quel(s) moins pour plus de plus ?

 

1 Une critique que l’on m’a récemment adressée… et que je partage bien volontiers tellement elle m’a fait rire !

2 Cf. le motu proprio Traditionis custodes
de juillet dernier sur vatican.va !

 

Théâtre et foi

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), septembre-octobre 2021

La Compagnie La Marelle revient cet automne à Nyon et Gland avec un texte de l’écrivain franco-belge Eric-Emmanuel Schmitt, « L’Evangile selon Pilate ». Un spectacle de qualité qui aborde la Résurrection sous un jour qui ne nous est pas familier : le point de vue de Pilate.

COMMUNIQUÉ

Garant de l’ordre romain, imperméable à la « folie juive », détestant ce trou perdu de Judée où on l’a envoyé, et par-dessus tout cette capitale du mensonge qu’est Jérusalem, Pilate s’apprête à passer une Pâque plutôt plan-plan, avec quinze arrestations et trois crucifixions à peine. Sauf que, par la faute d’un rabbin contestataire nommé Jésus, dont tout le monde semble s’être entiché, tout part à vau-l’eau.

Pour sortir de ce guêpier, une solution: retrouver le corps du crucifié mort ou vif afin d’étouffer la rumeur qui en fait déjà un ressuscité. Est-ce Hérode qui a fait le coup ? Joseph d’Arimathie est-il complice de l’escamotage ? Que cache l’association contre nature entre Caïphe et le Sanhédrin ? Claudia, la femme de Pilate, est-elle la mystérieuse quatrième femme au pied de la Croix ? Bref, y a-t-il un « mystère Jésus » ? A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s’insinue dans son esprit. Et avec le doute, l’idée de la foi.

Une pièce mise en scène par Jean Chollet. Le public rétribue librement les artistes à la sortie.

Représentations

Dimanche 10 octobre à 17h au temple de Nyon

Dimanche 7 novembre à 17h à la salle communale de Gland

Jeux, jeunes et humour – septembre 2021

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Pourquoi mange-t-on de la tarteaux pruneaux au Jeûne fédéral ?
Le 3e dimanche de septembre, la Suisse est en fête. Catholiques et protestants célèbrent le Jeûne fédéral : toute la population est invitée à remercier Dieu pour les bienfaits accordés à notre pays et à prier pour les défis à relever. Autrefois, comme les gens passaient la plus grande partie de la journée à l’église, ils n’avaient pas le temps de cuisiner un vrai repas et grignotaient une tarte préparée la veille à base de pruneaux, fruits qu’on récolte à cette période.

par Pascal Ortelli

Humour

C’est un gars qui est malade et qui va voir son docteur. Alors qu’il patiente dans la salle d’attente, il voit sortir une religieuse de la salle de consultation. Elle a l’air effondrée et hagarde. Lorsque le docteur le fait rentrer, le gars lui demande :

– Je viens de voir sortir une religieuse de chez vous… Elle avait l’air vraiment mal en point. Je n’ai jamais vu quelqu’un avec une si mauvaise mine ! Le doc lui répond : 

– Ah oui ! Je venais de lui dire qu’elle était enceinte. 

– C’est pas vrai ?

– Non, bien sûr que non, elle n’est pas enceinte, mais ça lui a guéri son hoquet !

par Calixte Dubosson

Via Jacobi: Lausanne – Saint-Prex

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Saint-Prex, le long du Léman à la découverte d’églises romanes.

Départ depuis la gare de Lausanne, 4h40 aller simple, 19,5 km

1. Depuis la gare CFF, prenez le métro jusqu’à Ouchy. Longez les quais jusqu’à la Maladière.

2. Traversez le parc archéologique pour rejoindre la plage de Vidy. Ne manquez pas d’observer le panneau indicateur, haut lieu symbolique : vous êtes en effet au point de croisement de la Via Jacobi avec la Via Francigena !

3. Empruntez le petit pont sur la Chamberonne pour rejoindre les quartiers résidentiels de Saint-Sulpice. Ne manquez pas de vous désaltérer au restaurant du Débarcadère juste à côté du temple.

4. La suite du chemin en direction de Préverenges, toujours au fil de l’eau, offre de superbes points de vue, entre réserves pour les oiseaux et espaces pour la baignade. Vous traverserez la Venoge, rivière célébrée par le poète vaudois Jean Villard Gilles.

5. A Morges, Cité de la tulipe, ne manquez pas de vous prélasser dans le parc ombragé avant de continuer vers Saint-Prex par le Sentier de la truite.

6. Après Tolochenaz, remontez le Boiron et prenez à gauche le long des voies pour rejoindre le bourg.

Le retour se fait aisément en train. Attention, de nombreux tronçons le long du lac sont interdits aux vélos.

Curiosité

Le temple de Saint-Sulpice, église romane construite au XIe siècle et flanquée d’un prieuré qui dépendait de l’abbaye d’Aulps en Haute-Savoie et de Molesmes.

Coup de cœur

Le bourg de Saint-Prex et la tour de l’horloge, dominés au-dessus par une autre église romane dans laquelle repose le corps de saint Protais ou Prex (640-699), évêque de Lausanne et constructeur de la cathédrale, qui donna son nom à la localité.

Un pas vers le désencombrement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), septembre 2021

PAR STÉPHANIE WALPEN

PHOTO : RAPHAEL DELALOYE

L’art du désencombrement, la méthode Marie Kondo, le minimalisme, la thérapie par le vide… Tant de mots pour définir des méthodes psychologiques très à la mode dans notre monde occidental consumériste et avide de possessions en tout genre.

On pourrait penser que la recherche de « l’allègement » est récente.

Et pourtant ! Depuis tant de siècles, sages de toutes religions et spiritualités, moniales et moines, ont fait ce choix radical de se détacher et de s’appauvrir pour offrir une place à l’Essentiel.

Jésus ne ménage pas l’homme sage, respectueux des commandements, qui lui demande ce qu’il doit faire pour avoir la vie éternelle en héritage. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » (Marc 10, 21)

Par ces paroles, Jésus lui a offert une méthode toute simple de mieux-être, de bonheur. Il lui a donné la clé d’un vrai chemin de Vie.

Mais qu’il est dur ce chemin pour cet homme de l’Evangile et pour nous tous, femmes et hommes de tous temps ! Si notre conscience ou notre foi nous invitent à faire ce choix, si notre cœur goûte déjà aux bienfaits d’une telle décision, notre éducation, nos peurs, les conseils de nos proches, notre besoin d’être rassurés nous emprisonnent et nous empêchent de nous lancer en toute confiance sur ce Chemin de Vie.

Nos attaches sont si nombreuses : argent, biens matériels, certitudes, orgueil, agendas trop remplis, sollicitations infinies, réseaux sociaux chronophages…

Il ne s’agit pas de nous débarrasser du jour au lendemain de tout ce qui nous encombre. La tâche serait trop ardue. Et si vous me ressemblez, après deux jours, les bonnes résolutions se seraient déjà envolées. Mais je vois en ce début d’année pastorale et scolaire, l’occasion de faire un choix, un petit pas vers ce désencombrement bienfaisant que Dieu ne manquera pas de combler de ses bénédictions.

Belle année pastorale désencombrée et lumineuse à tous !

Jubilé des couples

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), juillet-août 2021

En la fête de la Trinité, dimanche 30 mai, la communauté de la Colombière fêtait six couples jubilaires. L’occasion de célébrer la fidélité mutuelle et sa source, l’amour de Dieu, qui n’a cessé de la nourrir au long des ans à travers joies et peines.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET | PHOTOS : PHILIPPE ESSEIVA

« Nous célébrons aujourd’hui l’amour ! Un amour tout particulier. Nous accueillons six couples qui fêtent cette année un anniversaire spécial dans leur parcours d’amour », a dit en guise d’accueil Magda Pedace, de l’équipe de préparation au mariage de la paroisse. En ce jour, la communauté honorait « un amour tout particulier, celui entre un homme et une femme qui se sont choisis et qui se choisissent chaque jour et qui se donnent l’un à l’autre chaque jour d’une façon exclusive. C’est possible ! C’est fou ! C’est vrai ! ». Et rendait grâce à Dieu « pour le cadeau que leur amour représente pour nous tous ! ». Les couples présents fêtaient 1, 20, 25, 35, 55 et 60 ans de mariage.

Porte ouverte à Dieu

Dans son homélie, l’abbé Jean-Claude Dunand, curé modérateur, l’a rappelé aux jubilaires : « Dieu est présent dans vos parcours de vie, dans tous nos parcours de vie, présent avec son amour, avec sa lumière, avec sa force, aux jours clairs comme aux jours gris et même aux jours noirs ». « Le jour de votre mariage, vous avez ouvert la porte à Dieu, et vous avez continué à le faire tout au long de votre vie de couple, et avec vos familles, a-t-il relevé avec admiration. Vous avez ouvert la porte à Dieu, et il s’est engagé avec vous. Et aujourd’hui, votre cœur est plein de gratitude envers lui parce que, quelque part, vous reconnaissez qu’il n’a cessé de vous accompagner, de vous éclairer, de vous soutenir tout au long de ces années. »

« Quand on a saisi que Dieu est amour, qu’il y a en lui un partage incessant d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit, et que l’être humain est à son image, on comprend que la vocation humaine est d’aimer et non de dominer, a-t-il poursuivi. Ainsi, la famille est déjà une première image de Dieu. Dans un monde où dominent les revendications et la soif de libertés individuelles, nous oublions trop souvent l’importance et les bienfaits de l’amour familial. Une société juste et équitable est aussi à l’image de Dieu et c’est pourquoi la Bible insiste tant sur l’idée d’un univers où règnent le droit, la justice et le pardon. »

Ainsi, la vraie vie réside dans le don. Mais attention, « il ne s’agit pas de créer un cercle fermé sur lui-même où quelques-uns partagent entre eux en excluant les autres. Créons autour de nous des cercles ouverts pour que l’amour que nous partageons déborde sur les autres ! ».

Roses, prière et apéritif

L’assemblée a prié pour les jubilaires : « Que le Seigneur les garde tous les jours de leur vie dans le bonheur de l’amour mutuel, qu’il les soutienne dans l’adversité ou les épreuves, qu’ils sortent renforcés des temps de crise et qu’il répande en abondance ses bénédictions sur leur maison ». Sans oublier les familles en difficulté : « Père saint, Dieu fidèle, soutiens les familles dispersées, éprouvées, en difficulté à cause du chômage, des violences, des déplacements de populations qui mettent les foyers à l’épreuve ».

Après la communion, les maris jubilaires ont reçu une rose rouge qu’ils ont offerte à leurs épouses. Et chaque couple une prière d’action de grâce. A l’issue de la messe, les couples ont partagé un apéritif dans la cour de l’église.

La piété itinérante

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), juillet-août 2021

PAR PATRICK MULAMBA | PHOTO : F. THEYTAZ

Oser croire en Dieu comme valeur essentielle de nos vies n’est pas un acte banal. Il suppose un enracinement dans un contexte de valeurs qui sous-tendent toute notre existence. L’on ne peut sauter cette étape ni en faire l’économie, sans compromettre la qualité de la relation que le « Tout Autre » vient établir avec l’homme dans la diversité de contextes et les itinéraires historiques de ce dernier.

Acte risqué, le fait de croire suppose un bouleversement de toutes nos échelles de valeurs et nos références vitales. Il en faut de l’audace pour dépasser la tentation du narcissisme culturel, et parfois cette tendance naturelle à vivre en autarcie, en prenant soin de garder un terrain conquis où le poids de l’habitude et le confort du statu quo nous empêchent de nous aventurer en terre inconnue, fermant la porte de nos vies à toute nouveauté et au mouvement. Le migrant, l’itinérant spirituel et le nomade sont souvent suspectés et perçus comme une menace, un danger pour la survie d’une foi qui ne s’interroge plus sur ce qui la fonde et la motive. Le risque à prendre est d’autant plus grand qu’il s’agit de nous laisser interpeller par des voix venues d’ailleurs, et pas toujours en phase avec nos canons d’interprétation du rapport intime au Transcendant, ni la façon de l’entretenir. Ce mouvement d’ouverture aux autres devrait s’inscrire dans une vraie dynamique d’échange qui est à l’origine de tout acte de « croire » authentique. Car la foi, de par son essence même, naît et s’épanouit à partir de l’écoute des « autres » comme témoins privilégiés et situés du donné révélé, une « Fides ex auditu ».

Il s’agit là, pour nos Eglises, d’un risque majeur qui devient un défi important pour notre foi et sa cohérence. Il faut absolument relever ce défi dans un monde devenu un « village global » où les discours du « tout sécuritaire », les intégrismes de tout bord, et les vents des nationalismes véhiculés par les extrémismes galopants, imprègnent et inondent la vie de nos sociétés.

Je crois que la vitalité et le dynamisme révolutionnaire de notre foi en Jésus résident dans ce mouvement d’échanges incessants de nos expériences de vie, dans le respect et l’acceptation de nos différences. Nos expressions diverses de la même foi feront de nous des « pèlerins » audacieux, humbles et lucides, en route pour la « montagne de Dieu ».

 

La Bible côté rire

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), juillet-août 2021

Sérieusement, c’était pour rire ! La quatrième soirée «Saveurs de Dieu», animée par le groupe de conteurs NaBi, a rassemblé jeudi 29 avril à l’église de la Colombière à Nyon une trentaine de paroissiens. Pour un voyage imagé à travers la Bible.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET
PHOTOS : DR

Autour de l’autel, sur les marches, près de l’orgue, sept conteurs, hommes et femmes du groupe NaBi (narration biblique et « prophète » en hébreu) prenant la parole à tour de rôle pour raconter, avec leurs propres mots, des histoires de la Bible que nous avons tous dans un coin de notre mémoire : la soirée « Saveurs de Dieu » du 29 avril, sur le rire, a tout à la fois ravi et surpris les paroissiens venus tendre l’oreille. Et les a renvoyés, par le biais du spectacle « C’est pour rire », à leur propre lecture de la Bible à travers des mots inédits en lien avec leur vécu.

D’Abraham à Samson

« Au commencement se tenait la vieille. » De son ventre, elle fait naître un rire. Ce rire façonne le ciel et la terre, et de leur amour les astres. Et lorsqu’elle creuse, la vieille, elle fait jaillir l’eau qui donne vie aux arbres et aux animaux; avec elle et un peu de terre, elle façonne l’homme et la femme, que le vent anime de son souffle. Vous n’avez jamais entendu la création du monde racontée ainsi ? Pourquoi pas ? Surprenant ! Mais tellement beau ! Un conte qui vous met plein d’images dans les yeux et vous invite, comme « la vieille », à tricoter, vous aussi, votre propre histoire.

Mais déjà viennent, du fond des âges, Abraham et ses visiteurs, cette histoire d’hospitalité racontée en Genèse 18 que nous avons tous entendue. Une histoire de rire, aussi, face à l’annonce incroyable du Seigneur : Sara, une femme stérile, engendrera une descendance. Alors elle rit. L’avez-vous entendu, ce rire ? Eh bien, il a résonné durant toute l’histoire racontée par NaBi ce soir-là à la Colombière et il a gagné les spectateurs… devenus acteurs: et si le Seigneur m’annonçait quelque chose d’impossible à mes propres yeux, comment réagirais-je ?

Puis c’est au tour du petit Simon, juif, d’entrer en scène, avec tous ses copains, pour « jouer au prophète Elie », « héros national, le prophète des prophètes ». Suivi du prophète Balaam avec son ânesse qui n’en fait qu’à sa tête, « mais, dans cette histoire, allez savoir qui c’est l’âne ». Et du prophète Jonas, qui tente de se dérober à sa mission dans la grande ville de Ninive et qui, une fois que ses habitants sont convertis, est contrarié : décidément, il ne comprend plus Dieu ! « Un prophète est mal payé, il n’est pas écouté et en plus, l’Eternel change d’avis ! » Pour clore la première partie du spectacle, consacrée à l’Ancien Testament, l’histoire de Samson, avec force péripéties dessinant l’opposition entre le bien et le mal qui traverse toute la Bible.

Dépasser la loi

Puis les conteurs emmènent les spectateurs après la Résurrection, en compagnie du gardien de la prison où se trouvent les disciples. Inquiet, il peine à trouve le sommeil… et pour cause: disparus, les disciples, ces « illuminés qui rassemblaient les gens sur les places », et retrouvés à prêcher dans le Temple de Jérusalem. Cela lui rappelle rudement le tombeau vide… « Où va-t-on si les prisonniers s’échappent sans qu’on sache comment et si les morts ne restent plus tranquilles dans leurs tombes ? »

Retour, en fin de spectacle, à l’Ancien Testament avec l’histoire des sages-femmes Shifra et Poua qui, contre l’ordre de Pharaon, laissèrent en vie les bébés hébreux mâles. « Elles obéissent à une loi plus haute que celle de Pharaon. C’est ainsi qu’elles sont mères et sauveurs en Israël. » Et pour boucler la boucle, NaBi est revenu à Abraham… parce que lui aussi, « tombant le visage contre terre », il avait ri !

Narrer la Bible

NaBi propose une ou plusieurs narrations bibliques articulées autour d’un thème qu’il choisit ou en réponse à une invitation. Le groupe est né suite à un week-end de formation à la narration biblique avec Alix Noble qui rassemblait des personnes de diverses communautés protestantes de Fribourg en mars 2008. Puis Alix Noble a mis en contact Débora Kapp, pasteure réformée, et Olivier Fasel, pasteur évangélique. Un week-end de formation à la narration biblique a été proposé et un groupe de cinq personnes a poursuivi ce travail d’oralisation des récits bibliques.

NaBi a commencé en racontant une seule histoire à quatre ou cinq voix, chacun prenant en charge un épisode ; ensuite, sous une tente à FestiBible, fête œcuménique et bilingue autour de la Bible à Fribourg en 2010, les conteurs ont mis bout à bout leurs histoires préférées et formé une association qui s’est dotée de statuts en 2012. Puis le groupe a choisi ses récits dans un seul évangile : ainsi est né « Nectar de Marc » en 2013. S’y sont ajoutés une légère mise en scène et un accompagnement musical. Sont venus « Bouchées de Sagesse » en 2014, « Regards croisés sur la Résurrection » en 2017 et le Festival de Pâques à Fribourg en 2018. En 2020, « C’est pour rire ».

Œcuménique et dynamique

NaBi est à géométrie variable selon les disponibilités: il est composé de chrétiens, mais il serait heureux de pouvoir accueillir des membres d’autres religions. « Pour que la voix plurielle continue à se chercher, se décliner, résonner », dit Débora. Avec deux éléments importants : l’oralité et les textes bibliques. Ceux-ci demandent une attention soutenue pour, relève-t-elle, « ne pas nous encroûter dans une forme de prise de parole et ne pas être trop sûrs d’avoir compris un texte biblique ».

Le groupe est œcuménique « parce que, relève Danilo, la Bible est donnée à tous les chrétiens et ce regard pluriel enrichit notre lecture, puis notre compréhension et notre narration. C’est du joyeux choc de nos idées que naissent les projets que nous aimons présenter ». L’occasion, pour chacun, de « relire la Bible avec un regard renouvelé ».

Un défi ? « Conter hors les murs, au bistrot ou sur la place publique par exemple, avance Débora. En cheminant vers plus d’intériorité dans la mise en scène et en quittant le patois de Canaan pour se risquer à une langue moins connotée. »

Une communauté éphémère

La rencontre se fait avec le public dans la complicité et la surprise et il se forme, au moment de la narration, une communauté éphémère et intense « dans une Parole qui nous traverse et nous élève », constate Débora. « La dimension éphémère me plaît, car elle apparente nos spectacles à de l’art performatif, ajoute Olivier : dans le même lieu, une rencontre est opérée entre les artistes et le public présent corporellement. C’est une sorte d’incarnation incontournable, véritable nourriture de l’âme. »

Des projets ? Les évangiles de l’enfance en novembre en lien avec la prochaine brochure sur l’évangile selon saint Matthieu pour les équipes de l’Evangile à la maison. Et un spectacle autour d’Abraham.

 

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